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 Effrit, une vilaine 'enflammée'

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Poulpe
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MessageSujet: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Mer 11 Jan - 18:16

Une petite BG exclusive pour le forum des Vigilants, celle de l'histoire d'Effrit.

Un peu d'histoire : à l'origine, j'avais créé Cold Beast pour l'équipe opposée à la PPSHT (Paragon Police Super-Heroes Team). Cependant, le froid devenant trop redondant chez mes personnages, j'ai refait un nouveau perso axé sur ... les flammes. Ainsi est née Effrit, Corruptrice Feu/Feu d'origine technologique.

Mon souci actuel est que le personnage me plait bien. Bien plus que Fleur de Mort. Il se pourrait donc que, dans un avenir très proche, Fleur de Mort décède subitement, et qu'il soit remplacé par Effrit. En prévision de ce jour, je vous poste ici la suite d'évènements qui ont conduit cette jeune femme à devenir ce qu'elle est.

Bonne lecture !


Le jour se lève sur l'hôtel Marcus. Je dis 'le jour', et non pas 'le soleil'. J'ignore quel phénomène météorologique en est à l'origine, mais les îles Insoumises sont toujours cachées sous une masse nuageuse importante. Peut-être cela est-il fait exprès, afin de camoufler ce petit coin de paradis pour super-vilains en balade. Dans ce cas, je peux affirmer que c'est raté ! Il y'a plus de flics au mètre carré que n'importe où ailleurs dans Paragon. Et les flics d'ici, c'est pas les femmelettes de la grande cité. Ce sont les rois de la bavure, les empereurs des interrogatoires musclés, les spécialistes des fautes professionnelles ! Jamais vu un tel ramassis d'empaffés, toujours avides de passer à tabac un vilain qu'ils auraient attrapés.

La clarté pénètre dans ma chambre d'hôtel, mais ce n'est pas elle qui me tire du sommeil. Je suis déjà réveillé depuis une bonne vingtaine de minutes, écoutant paresseusement l'autre folle jouer à la marelle en chantant à tue-tête. Ou peut-être est-ce moi qui suis folle. Car, si vous entrez dans ma chambre à ce moment précis, vous ne verrez et n'entendrez rien. Ca a toujours été comme ça, depuis si longtemps. Personne ne la voie, pourtant elle est là. Une gamine, joyeuse, enjouée, et qui pourtant me pousse à commettre les pires actes. Une gamine que je connais bien, puisque je voyais son visage dans le miroir quand j'avais huit ans.

Si je suis devenue femme aujourd'hui, elle, cependant, n'a pas bougé d'un iota. Les cheveux noirs coupés courts, un peu comme un garçon, surplombent un visage infantile baigné d'un sourire mièvre qui ne colle pas à sa véritable personnalité. Elle bouge aisément dans sa salopette en jean et son tee-shirt blanc à manches longues, et cela m'ennuie. Qu'elle ait tant de vigueur la pousse à chanter ainsi de bon matin. Je sais pourquoi elle fait cela. Elle cherche à me mettre en colère, pour que réduise en cendres l'immeuble dans lequel je dors. Pas question. J'ai payé pour une chambre et un petit-déj', alors je ne vais pas tout faire cramer avant d'avoir l'estomac plein.

A cette pensée, elle s'arrête. Elle devine qu'elle n'y arrivera pas aujourd'hui aussi facilement, alors elle abandonne. Pour l'instant, tout au moins. Elle recommencera plus tard, quand je ne m'y attendrais pas. Heureusement, elle ne peut intervenir physiquement sur moi. Mais elle me connaît mieux que quiconque. Elle sait parfaitement que dire et que faire pour me pousser à la faute. Ca fonctionnait régulièrement son petit truc, mais de moins en moins fréquemment. Je maîtrise une peu mieux mes nerfs depuis quelques années. Je l'observe, ses yeux gris plongent dans les miens, elle soupire et disparait. Une manche pour moi, petite conn*sse !

Je commence à enfiler ma tenue rouge moulante, ma ceinture sertie d'anneaux dorés, et j'enfile par dessus mon blouson en cuir. J'ouvre la fenêtre pour pouvoir fumer sans déclencher l'alarme incendie. Je cherche dans mes poches. Gauche, droite, intérieure. Pas de briquet. Quà cela ne tienne, je l'allumerais par mes propres moyens. Un claquement de doigt et une flamme jaillit au bout de mon pouce, ce qui me permet d'allumer tranquillement ma cigarette. En regardant par la fenêtre, je vois Port Oakes qui s'éveille, les Prospecteurs sont déjà à l'oeuvre. Avec un peu de chance, mon contact me demandera peut-être de chasser quelques-uns de ces types. Des larbins aux ordres de Midas. Je déteste les types trop faibles pour se contenter d'obéir. Ils me débectent.

Ma clope terminée, je descends au restaurant de l'hôtel, me servir une bonne collation comme petit déjeuner. Autant en profiter pour me goinfrer, je ne sais pas si je pourrais manger à midi. Je vois bien que les autres clients me regardent, c'est pas souvent qu'on voit une super-vilaine à la peau rouge déjeuner dans un hôtel. Je suis étonnée, d'ailleurs, que le tenancier de ce boui-boui minable n'ait pas contacté les Wyvernes ou un autre truc du genre. Probablement que ce type tient à ce que son hôtel ne soit pas réduit en miettes lors de la bagarre. Mais je suis persuadée que, dès que je serais sortie d'ici, il se précipitera sur son téléphone pour prévenir quelqu'un. Boaf. On verra bien d'ici ce soir. Une embuscade de plus ou de moins dans la journée, ça ne fera pas grande différence.

Une fois mon estomac rempli, je paie ma note, rubis sur l'ongle et je quitte les lieux. Le gérant de l'hôtel ne me demande même pas d'où je tiens ma liasse de billets dans laquelle j'ai pioché pour le payer. Il veut simplement toucher son dû. Normal qu'il soit méfiant. Qui, normalement constitué, ferait confiance à quelqu'un qui sort de seize années de Zig ? La réponse saute aux yeux. Personne, absolument personne. Une fois dans la rue, je me retourne une dernière fois, me demandant si je ne vais pas brûler cet immeuble insalubre aux murs décrépis. Allons bon, si je me mets à incendier tous les lieux où je dors, les Insoumises ressembleront bientôt au désert de Gobi ! La petite punaise m'y aurait pourtant certainement encouragé. Bien, il est temps d'y aller. Faut gagner ma pitance quotidienne, et un gros supplément pour me payer mon opération.

C'est là mon but principal. Je veux redevenir humaine, me débarrasser de cette peau synthétique, retrouver une vie normale. Je pense que mon hallucination, cette gamine censée me représenter étant jeune, est dûe au traumatisme subi dans mon enfance. Car j'ai bel et bien subi un trauma.

Mon père était boulanger, Josef Miles de son vrai nom. Il avait épousé ma mère en première noce, mais ce n'était pas un bon mari ... ni un bon père. Ramener de l'argent à la maison, ça, il savait le faire. Rester avec sa femme et sa fille pour leur tenir compagnie, ça lui était insupportable. Le matin aux fourneaux, l'après-midi à jouer aux cartes avec les copains, tandis que ma mère faisait tourner la boutique. Quand à moi, il a fallu que j'apprenne à me débrouiller seule. Et puis, un soir, ça a été la catastrophe. Mon père est rentré plus tôt que prévu, écumant de rage et de colère.

Il attrapa ma mère par les cheveux, la traînant jusqu'aux fourneaux, l'insultant de tous les noms. Ca lui pendait au nez, et il n'avait pas vu. Pas vu que ma mère recevait des hommes dans l'arrière boutique. Elle avait prétexté être fatiguée de rester debout toute la journée, et il avait consenti à lui installer une petite couchette, qui lui servait non pas à se reposer, mais pour ses ébats sexuels. Je le savais, du moins, je le devinais, parce que, à plusieurs reprises, elle m'envoya faire des courses à l'autre bout du quartier, pour des choses dont elle n'avait pas besoin. Trop contente de gagner une petite pièce pour aller me promener, je ne soufflais mot de ceci à personne.

Et maintenant, c'est l'heure du règlement de comptes. Il frappa ma mère violemment, jusqu'à ce qu'elle tombe au sol, tandis que je pleurais, le suppliant d'arrêter. Puis il me regarda de ses yeux fous, voyant en moi un enfant adultère. Du moins, c'est ainsi qu'il s'est justifié plus tard. Il me mit un coup de poing sur la tempe, m'étourdissant complètement, puis me souleva et m'emmena aux fours à pain. Il ouvrit alors le plus grand et me mit dedans, refermant sans ménagement la porte de celui-ci. Puis il manipula les instruments. Vive, il allait me tuer en me brûlant vive. Il s'en alla, non sans prendre un rouleau à pâtisserie sur la table de travail. Il allait achever le travail avec sa femme.

Je reprenais doucement conscience, et déjà les picotements me courraient sur la peau. Les flammes dévoraient chaque parcelle de mon être, et une odeur me monta aux narines. L'odeur de ma propre chair en train de cuire. Je perdis de nouveau connaissance, mais, un instant avant de sombrer dans l'insconscience, je perçus des exclamations et des cris, et une sensation de soulagement se fit sentir dans mon corps. Sauvée. Oui, mais à quel prix !

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Poulpe
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MessageSujet: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Mer 11 Jan - 19:04

Quand j'ai repris conscience, j'étais à l'hôpital, dans un état que je qualifierais de pitoyable. Quand j'ai vu un médecin pour la première fois, il m'a dit, sans me regarder en face, que j'avais déliré pendant une dizaine de jours, mais que je n'étais plus en danger. Une question me dérangeait depuis mon réveil, qu'était-il advenu de ma mère ? Je lui posais la question, mais sa réponse fut évasive, comme son regard. Il évitait soigneusement de me regarder, ce qui me fit interroger. Qu'étais-je devenue ? J'eus hélas la réponse en regardant mon bras droit. Si le reste de mon corps était à l'image de celui-ci, ça ne devait pas être beau à voir.

Au fur et à mesure que je reprenais des forces, ce dégoût que j'inspirais autour de moi créait un malaise profond au fond de mon coeur. Je ne parlais à personne, même pas à l'espèce de psychiatre que le docteur Mahler avait fait venir. D'ailleurs, cela devait bien l'arranger, ce psy. Il a pû ainsi justifier calmement de son inaptitude à soigner quelqu'un qui ne souhaitait pas s'engager sur la voie de la guérison en observant un mutisme complet. Quand je ne restais pas cloîtrée dans ma chambre, comme une pestiférée, c'était pour passer sur le billard. Je ne sais pas ce qu'ils m'ont fait quand ils m'ont opérée. Tout ce que je sais, c'est que ça n'a pas eu l'air de marcher. Je suis toute flasque, je n'ai aucune énergie. Les infirmières doivent me droguer ma nourriture, je ne vois aucune autre explication.

J'ai mis du temps à me rétablir de cette situation de junkie, et, quand j'ai enfin retrouvé tous mes esprits, j'ai pu interpeller le docteur Mahler pour l'interroger sur ma mère. Là encore, il s'est montré très évasif sur ses réponses, mais au moins deux points étaient clairs : mon père avait tué ma mère, et allait finir ses jours en prison, me laissant ainsi seule au monde. Au vu de mon apparence, je sais inconsciemment que personne ne voudra de moi. Aussi, je ne suis pas plus surprise que cela quand le toubib me dit qu'il n'arrive pas à contacter la famille de mes parents. Quand je demande le nom du super-héros qui m'a sauvé, le docteur me dit qu'il n'a pas laissé son identité. Merci, Super-Zéro, de m'avoir sauvé ! Il aurait été plus humain de me jeter du haut d'une falaise !

Récapitulons : plus de famille, plus d'amis parce que je suis un monstre carbonisé, pas d'argent, plus rien. J'ai alors arrêté de me nourrir, pour en finir. Mais ils ne veulent pas que je meure. Le docteur Mahler me dit alors qu'il mettra tout en oeuvre pour me rendre apparence humaine. Haine de l'échec ou gentillesse ? Toujours est-il que cela me donne un but dans la vie, un objectif à atteindre. Je n'ai plus de raison de mourir.

Une année. Pratiquement une année passée à l'hôpital. Mais je ne pouvais y rester éternellement, cela aurait été trop beau. Un représentant de l'oeuvre des pupilles orphelins de Paragon vient me chercher, un jour. Un orphelinat. Je n'ai pas le choix. Mon seul réconfort me vient d'un calendrier que me fixe le docteur, pour s'assurer de mon état de santé. Et peut-être m'annoncer qu'il a trouvé une solution pour me rendre un visage humain. Mais déjà, le doute s'installe. Je ne pense pas qu'il ait les compétences nécessaires pour y parvenir. Je me surprends à lui faire confiance, à espérer qu'il y arrive. Pendant que le docteur Mahler établit le calendrier des visites, le mec venu de l'orphelinat me dit, sans me regarder, que je suivrais des cours à part. Encore une fois mise à l'écart, ma pauvre Roberta ! Tant que tu ne seras pas redevenue comme avant, il faudra t'y faire.

L'orphelinat est triste et sans décoration, on dirait une prison. Les fenêtres grillagées laissent présager du pire. Le monsieur qui est venu me chercher me conduit au bureau de la directrice de ce pensionnat. Fort heureusement, si l'extérieur ne paie pas de mine, l'intérieur est un peu plus jovial et accueillant. La directrice a la mine sévère d'une ancienne institutrice, et semble stricte et affreusement exigeante. Mais comme les autres, elle détourne le regard face à mon corps. Encore une. Je ne m'habituerais jamais à ce dégoût que j'inspire. Elle m'amène ensuite à ma chambre, où je resterais la plupart du temps, pendant une année, supportant les cours privés d'un précepteur.

Les visites au médecin n'apportaient aucun élément nouveau, aucune chance de guérison. Dans le même temps, le précepteur qui me faisait cours demanda à la directrice que l'on confie cette tâche à quelqu'un d'autre. Seule, encore une fois. Je tombe alors dans un gouffre de désespoir sans nom. J'arrête de manger, je ne veux plus voir personne. Je veux ... en finir ... pour de bon. J'ai le droit au défilé : la directrice, le docteur Mahler, des voisins (ceux qui ont prévenus ce bon-à-rien de super-héros), d'anciens copains d'école. Tous ressortiront sans avoir réussi à m'arracher un seul mot. Je planifie déjà de m'en aller d'ici. Qui sait, avec un peu de chance, je pourrais peut-être trouver mon bonheur dans les rues de Paragon. Une rumeur a circulée jusqu'à mes oreilles : un jeune médecin, du nom de Vahzilok, opère, semble-t'il, toutes les maladies, et soigne tous les maux.

J'ai tenté de quitter l'orphelinat, une nuit, mais je me suis faite prendre. Le gardien m'a alors enfermé dans ma chambre, attendant le lendemain matin pour faire son rapport à la directrice. Celle-ci pense que je fais ainsi pour attirer l'attention sur moi. Grossière erreur, Madame ! Je ne pense en fait plus qu'à une chose, retrouver mon ancienne apparence. Elle me donne une punition, que je ne ferais pas. Que vont-ils me faire si je refuse d'obéir ? M'interdire de sortir ? C'est trop tard ! Ils me cloîtrent comme une forcenée, augmentant ainsi mon désir de liberté. Ils ne commettront qu'une erreur, dont je profiterais pour m'enfuir. Je ne veux plus les revoir. Aucun d'entre eux !

Mais la Police en décidera autrement. Il faut dire qu'une gamine carbonisée, ça ne passe pas inaperçue aisément. Je suis rapidement reconduite à l'orphelinat, mais j'ai pu voir que quelqu'un m'avait remarqué, un type étrange, un grand noir vêtu d'un costume trois pièces sombres, avec une étiquette sur le torse, sur lequel se trouvait quatre lettres en dégradé de bleu : CREY.

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MessageSujet: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Jeu 12 Jan - 13:20

Depuis hier, donc, Effrits (avec un s : y'a déjà quelqu'un qui a pris le nom sur Vigilance !) remplace désormais flower de Mort, décédé dans la flower de l'âge. Elle est pour l'instant level 4, et j'arrêterais sa progression au level 5, pour respecter mon histoire de paliers Wink . Maintenant, place à la suite !

Les gens de l'orphelinat m'ont de nouveau enfermé dans ma chambre, ma geôle, comme je la surnommais, cherchant désespérement un moyen de me faire 'redescendre sur Terre'. Ils perdent leur temps, ma décision est prise et irrévocable. Je ferais TOUT pour redevenir celle que j'étais avant, quitte à me lancer dans les activités les moins recommandables. Au point où en sont les choses, de toute manière, il ne me restait que deux choix possibles : attendre patiemment que quelqu'un de suffisamment intelligent se penche sur mon cas, et j'ai déjà vu ce que cela donnait. Ou prendre les devants et contacter tous ceux qui ont des connaissances avancées dans le domaine médical. J'avais déjà choisi la seconde solution, et ma fugue n'avait pour seul but que de me conduire près de Vahzilok.

J'attendais une nouvelle opportunité de m'enfuir, mais un nouvel évènement changea la donne. Je reçu la visite de deux personnes étranges, vêtus de costume sombre, qui répondaient aux noms de Smith et Swanson, des employés de Crey Industries, une société en plein essor, à la pointe du progrès, mais aux activités controversées. La visite fut de courte durée, et Smith ne me posa qu'une seule question.

- "Mlle Miles, voulez-vous retrouver une apparence un peu plus humaine ? Je ne vous promets pas que vous serez de nouveau comme avant, mais cela devrait déjà améliorer votre situation."
- "Oui." répondis-je sans hésitation.
- "Parfait. Nous reviendrons bientôt vous voir, pour vous arracher à cet endroit."

Une solution, pas absolue, mais une solution quand même, se présentait à moi, sans que j'ai à la chercher. J'aurais été folle de l'ignorer. Je ne savais pas grand chose sur ces gens. Seule comptait à mon regard l'aternative qu'ils me proposaient, retrouver une apparence moins hideuse. Pendant plusieurs jours, je restais à le fenêtre, impatiente à l'idée de les voir revenir, et m'emmener loin d'ici, pour toujours. A jamais, dirais-je aujourd'hui, au vu de la voie sur laquelle je m'engage. Mon attente fut de courte durée, et ils revinrent assez tôt. Je les entendais dans le couloir, discutant de vive voix avec la directrice. Il semblerait qu'elle ne fasse aucune difficulté particulière pour me laisser partir. Elle doit même se dire que c'est un bon débarras, une chambre de libre pour un élève 'normal'.

Ils rentrent tous les trois dans ma chambre, les deux hommes toujours impeccables dans ces costumes noirs. Ca leur arrive de changer de vêtements ? A croire que non ! A l'évocation de mon départ, la directrice a tout de même une réaction d'inquiètude. Les papiers sont-ils bien en règle ? demande-t'elle. A ces mots, l'un des hommes, Swanson, exhibe une feuille à l'entête officielle de la Mairie de Paragon, qui gère cet orphelinat. Tout est fait dans les normes, et mon départ est rapide, sans adieux ni au-revoirs. Je vois bien qu'elle s'interroge, qu'elle se demande où ils m'emmènent. Mais il est trop tard pour se soucier de ma personne.

La voiture dans laquelle ils me font monter est de la même couleur que leurs habits, et les rues de Paragon défilent devant mon regard, tandis que je suis cachée sous un épais manteau, la capuche rabattue sur mon visage. Inutile de faire une publicité trop monstrueuse à Crey, ils ont déjà assez des héros qui ternissent leur réputation. La voiture suit son bonhomme de chemin tandis que je fais le vide dans ma tête. Ca ne sert à rien de s'encombrer avec des doutes, maintenant. Une nouvelle vie s'ouvre devant moi, dès que j'aurais retrouvé un aspect à peu près normal. Le chauffeur braque le volant, nous entrons dans le parking souterrain d'un immeuble gigantesque. Une fois la voiture arrêtée, je descends, et suis les deux hommes venus me chercher. Mais, arrivés à l'ascenseur, ils me confient à une autre personne. Un petit maigrichon revêtu d'un tablier vert et blanc de médecin, le visage caché derrière un masque chirugical. Encore une opération ?

L'ascenseur monte les étages un à un, à une vitesse impressionnante pour un engin de ce gabarit. Nous pourrions tenir à une vingtaine là-dedans, en respectant un large espace vital pour son voisin. Puis, soudainement, une sonnerie retentissante résonne dans la cabine, tandis qu'une voix uniforme et impersonnelle énumère l'étage.

- "Etage 36. Recherches en bio-technologies. Laboratoires des professeurs Hildus, Caine, Sarvo, Zaccharias et Helmut. Merci de vous identifier à l'accueil."

Toujours en suivant l'homme de Crey, je parvins à un poste de sécurité vitré. Là, après quelques explications et un coup de fil au dénommé Sarvo, un garde armé prit mes empreintes et, après quelques secondes, me donna un badge d'identification, orné d'une longue bande de chiffres et d'un code barre. Ensuite, nous nous dirigeâmes vers l'entrée principale. En passant le badge devant l'appareil de contrôle, la porte en verre blindé s'ouvrit automatiquement, dévoilant une odeur d'ether et de désinfectant. "Protocole de nettoyage." me dit ensuite, d'une voix grave, mon accompagnateur. Nous sommes alors passé dans des vestiaires séparés, et une femme m'y attendait, elle m'ordonna de me dévêtir, pris mes frusques, et les jeta dans une trappe ornant le mur. "Incinération." dit-elle. Elle me poussa ensuite, après s'être aussi déshabillée, jusqu'aux douches.

Elle eut un instant d'hésitation, en voyant mon corps, mais parut moins offusquée que tous ceux que j'avais rencontré jusqu'à présent. Cependant, elle ne fit aucun geste en ma direction, se contentant de m'ordonner un nettoyage complet, ainsi que les produits qu'il me fallait utiliser dans cette optique. Quand cela fut fait, et que je fus propre, elle me donna une blouse de patient, que je mis sans plus attendre. Après la douche, je dus me plier à une série de tests physiques, qui devaient mesurer, selon leurs dires, le 'taux de synchronisation avec la peau artificielle', la 'compatibilité psioniques', les 'temps de réaction comparés'. A l'époque, je ne comprenais rien de ces termes, et je n'ai fait l'effort de les retenir que parce que je voulais comprendre, un jour, ce qu'ils allaient poser sur mon corps.

Ensuite, la femme me conduisit à un laboratoire. Sur la grosse porte vitrée, rendue flou de manière à ce que les détails de ce qui se passait à l'intérieur restent troubles, était inscrit en grosse lettres jaunes :

LABORATOIRE DU Dr SARVO : PROTHESES ET ORGANES BIO-TECHNOLOGIQUES

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MessageSujet: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Ven 13 Jan - 13:38

La femme qui m'avait accompagné à la douche fit les présentations, relativement sommairement, et j'appris ainsi que le petit bonhomme qui était venu me chercher à l'ascenseur n'était autre que le Docteur Sarvo lui-même, chef de projet pour la société Crey. Le nom du projet, Effrit ne m'évoquait rien, à l'époque. Mes connaissances sur les contes et légendes se bornaient au Petit Chaperon Rouge et autres contines pour enfant. Je n'avais, je le rapelle, que dix ans, à l'époque, dont deux années de retard scolaire par rapport aux enfants de mon âge. Inutile de préciser que j'ignorais jusqu'au terme d'Effrit, donc que je ne pouvais connaître sa signification.

Une étape devait être franchie avant de m'appliquer la peau synthétique expérimentale dont ils envisageaient de me doter. Je dois bien reconnaître que c'était l'épreuve la plus terrible de ma courte existence : le retrait complet des croutes qui couvraient mon corps tuméfiés. Une horreur complète, une souffrance inimaginable. Même si cela a été vite grâce à une de leur invention, la douleur qui en résulta était sans nom. Je finissais par me dire que cela était quand même cher payé, puis je me souvins de mon objectif, du comportement des gens autour de moi face à mon apparence et à une maxime célèbre : 'il faut souffrir pour être belle' ! A ce point-là, je ne m'imaginais même pas.

Une fois que ce traitement fut appliqué, jusqu'à la moindre parcelle de mon corps, Sarvo me fit déshabiller entièrement et entrer dans une autre salle, m'ordonnant de garder les yeux fermés. Une fois au centre de la pièce, et mes yeux clôs, je fus bombardé par des sortes de tuyau d'arrosage, qui couvrait ma chair à vif d'une sorte de pâte gluante, qui finit par me recouvrir entièrement, et sembla durcir en quelques instants, sans que ma liberté de mouvement soit compromise. Cependant, ce traitement obstruait tous les orifices de mon corps, mais je n'attendis pas longtemps que quelqu'un arrive avec un objet pointu et tranchant, et qu'il perce la où c'était nécessaire. Quand je pûs rouvrir les yeux, je vis que c'était la femme de la douche.

Je contemplais alors mon corps, recouvert d'une pâte gluante noire, comme une seconde couche. Mais j'ai vite compris, à la discussion qui s'ensuivit, que ce n'était encore qu'une étape intermédiaire, et qu'il fallait maintenant attendre que la sous-couche durcisse suffisamment pour m'appliquer la peau synthétique. On me fit alors rhabiller, et la femme (qui se prénommait Nina) me conduisit dans une pièce faiblement décoré, un bureau de travail. Elle alluma son écran d'ordinateur, et me mit un jeu vidéo en route, me demandant de patienter jusqu'à la prochaine, et dernière, selon elle, étape du processus de 'couverture épidermique'. Mais je n'étais pas disposée à jouer, et lui demandais si des personnes avaient déjà subi ce traitement.

Elle s'étonna de mes questions et fit de son mieux pour répondre. Oui, plusieurs personnes étaient passées avant moi. Non, aucun d'entre eux n'avait mes problèmes, ils étaient tous volontaires pour tester la peau synthétique. Oui, les résultats étaient satisfaisants, mais leur patronne voulait que ça marche encore mieux. Oui, après cette étape, ce serait terminé. Elle m'expliqua ensuite quelques petites choses sur la nature de l'épiderme qu'on allait me poser sur la chair. Par exemple, qu'il était de couleur rougeâtre, flexible et extensible comme de la vraie peau, tout en étant un peu plus résistant. Qu'ensuite ... et bien, je m'en rendrais compte quand je l'aurais sur moi. A ce moment-là, j'ai eu un soupçon, je trouvais le comportement de Nina étrange. Comme si elle me cachait quelque chose de grave et très important. Mais cette préoccupation disparut avec le déjeuner qu'elle m'offrit.

L'après-midi devait voir l'édification de ma nouvelle peau. Encore une fois, on me fit déshabiller. Je commençais à en prendre l'habitude, et à me montrer moins pudique. On me plaça ensuite dans une étrange machine, composée d'une ellipse verticale, de couleur de l'acier inoxydable, fixée à deux grandes barres qui surgissaient du sol. Au pied de l'ellipse se trouvait un anneau de la même matière, et celui-ci devait, selon toute vraisemblance, monter le long des barres métalliques. Un petit piedestal fut placé en bas de l'ellipse, et on me fixa à celle-ci à l'aide de quelques filins, tellement fin que je croyais qu'ils se briseraient dès que les savants retireraient mon support. Mais ce ne fut pas le cas, et leur nombre me permit de ne pas être étranglée, en fait, j'étais plutôt suspendue de manière raide, mais sans mal. Je constatais, en plus de cela, que les filins était composés d'une matière filandreuse rougeâtre. Cette matière devait être la même que celle qui composait la peau synthétique, et se fondre avec.

J'avais raison sur un point. L'anneau remonta effectivement le long des barres, projetant sur tout mon corps des dizaines de milliers de filins rougeâtres, recouvrant ainsi la totalité de mon corps. Les filins se fondaient entre eux, formant ainsi, sur la matière gluante noire, une nouvelle forme d'épiderme. D'accord, je serais un peu étrange, avec cette peau rouge, mais au moins, les gens pourront me regarder. Pendant que l'anneau arrivait à hauteur de ma taille, et au vu de sa vitesse, j'eus le temps de poser quelques questions, notamment d'ordre capillaire. En fait Sarvo me répondit que la peau synthétique était poreuse, et permettrait très certainement l'implantation de cheveux, dans un avenir proche. Ensuite, le silence me fut imposé. L'anneau arrivait à hauteur du cou, et il me fallait fermer les yeux et la bouche. Totalement recouverte, les savants me ramenèrent mon piedestal, et me décrochèrent, en coupant au scalpel les filins.

Enfin, j'avais presque retrouvé une apparence humaine.

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MessageSujet: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Ven 13 Jan - 17:58

C'est après que tout à dérapé. Quand je suis descendue du piedestal, elle était là, une fillette d'environ huit ans. Une fillette que je connaissais bien, puisque je la voyais dans le miroir avant d'être défigurée. Une gamine aux cheveux noirs, coupés courts, à la manière d'un garçon manqué, revêtue d'une salopette en jean d'un bleu délavé, et d'un tee-shirt d'un blanc immaculé, une tenue que j'affectionnais particulièrement. Elle me regardait de ses yeux gris, son visage éclairé d'un rayonnement maléfique. Ele était apparue, comme cela, et je me rendais compte que personne d'autre que moi ne la voyait. C'est pour cela que je ne fis pas un seul commentaire sur sa présence. Qu'on me remarque, maintenant que j'ai la peau rouge, d'accord. Qu'on me prenne pour une folle, pas question. J'ignorais, tant que faire se peut, sa présence, et tentait de m'intéresser aux savants qui vérifiait que toutes mes articulations fonctionnaient normalement.

Tout était au point, hormis cette présence qui me dérangeait. Elle courrait à gauche et à droite, regardant les machineries complexes, le visage armé d'un sourire qui se voulait inquisiteur et inquiètant. Elle semblait chercher quelque chose, fouillant les moindres recoins de la pièce. Je la surveillais du coin de l'oeil, bien que je pus constater que Nina voyait que mon attention était attiré par quelque chose, et, à plusieurs reprises, elle tenta d'axer sa visée sur l'endroit que je regardais, sans ne rien remarquer d'inhabituel. Les savants se succédaient devant Sarvo, leur faisant un rapport complet sur ma personne, et vantant le succès de l'opération. Mais ils semblaient attendre autre chose, une autre réaction. Je revêtais ma blouse de patient, comme si de rien n'était, quand, tout à coup, la gamine, fruit de mon imagination, se planta devant moi, avec un sourire moqueur. Elle me parla.

- "Hé, t'as pas vu ?"
- "Vu quoi ?" dis-je à voix basse, pour éviter que quelqu'un m'entende.
- "Ton bras gauche est en feu !"

Effectivement, quand mes yeux se posèrent sur mon membre, je pus voir qu'il était en flamme. Vous imaginez-vous ma panique ? Vous rappellez-vous que j'ai failli être brûlée vive ? Pouvez-vous concevoir ma réaction ? J'ai crié, de tous mes poumons, de toute mon âme, courant partout, boutant le feu à chaque chose que je touchais, provoquant l'émoi et la fuite des savants, hormis de Sarvo qui murmurait "Ca ne se peut pas ! Nous n'avons pas encore déclenché ! Ca ne ...", avant qu'un de ses assistants ne l'attrappe par le col et le traîne hors du laboratoire. Le système anti-incendie se déclencha alors, mais en pure perte. Bien au contraire, les flammes d'échapèrent de moi avec plus de virulence et de puissance. Je sortis dans le couloir, pour m'échapper, trouver un énorme plan d'eau où je pourrais éteindre ce feu.

Dans le couloir, ils étaient deux à m'attendre, une femme et un homme, casqués, leurs corps d'athlètes camouflés derrière des tenues bleues et jaunes, se dressant en protecteur du Docteur Sarvo. Ce dernier hurlait des imprécations telles que "Arrêtez-là ! Sans la tuer ! La Comtesse la veut vivante ! Et moi aussi !". Il s'approchèrent alors de moi. L'homme, bien plus grand et massif, ne semblait pas effrayé par les flammes. Une certaine forme d'invulnérabilité, pensais-je. Il m'attrappa par le bras, et me le serra très fort. Trop fort.

- "Saute-lui dessus ! Il fait pas le poids !" suggéra la gamine, qui me suivait dans le chaos que je semais.

Je le fis, posant ma main incandescente sur son casque. Les flammes entourèrent le corps du protecteur, augmentant d'intensité progressivement, tandis que je hurlais à la mort. Mes cris furent bientôt accompagnés par les siens. Invulnérable, mais pas invincible. Malgré as douleur, il tint bon, serrant mon bras encore plus fort, augmentant par la même la chaleur du feu que j'entretenais, inconsciemment autour de lui. Ce combat ne dura que quelques dizaines de secondes, au terme desquelles il s'écroula. Son beau costume coloré n'était plus que guenilles cendrées. La femme voulut alors se lancer à l'attaque.

- "Arrête-là, elle aussi ! Elle te veut du mal ! Ils te veulent tous du mal ! C'est pour ça qu'ils t'ont mis le feu !" criait à tue-tête la petite fille.

Je ne sais pas comment j'ai pu faire ça. Je n'y arrive plus maintenant. Probablement que ma colère mélangée à ma peur irraisonnée du feu m'a permis de faire cet exploit : un énorme dragon de feu, de forme serpentine, jaillit de mes poings, embarquant la protectrice jusqu'au fond du couloir, la bloquant sur le mur tandis que le dragon s'écrasa de toute sa masse sur la femme. Il ne restait plus, après, qu'une forme noire et carbonisée, dressant ses bras comme pour se protéger. De sa petite voix flûtée, la gamine continuait de me parler.

- "Sauve-toi !"

Je courrais comme une folle, me dirigeant vers l'ascenseur, sans que personne ne tente quoi que ce soit. Qui aurait osé, de toute manière ? Le feu m'enveloppait toujours, mais déjà ma crainte s'apaisait. Les flammes ne semblaient plus me mettre en danger, même si elles étaient omniprésentes, et elles m'accompagnaient, comme des animaux familiers. La cabine tinta lorsqu'elle atteint le rez-de-chaussée, et les portes s'ouvrirent sur un hall d'entrée marbrée, vide de toute présence. L'alarme incendie avait fait son oeuvre, et chacun avait pris le chemin de la sortie. Je quittais les portes, provoquant l'émoi des quelques personnes qui attendaient de voir intervenir les pompiers.

Steel Canyon.

Je continuais à courir, écoutant les dires de la jeune fille qui me collait aux basques. Elle m'encourageait à fuir, me mentant en disant que j'étais suivie, enchaînant sur une nouvelle gerbe de flammes. Je hurlais de nouveau, comme une possédée, écartant ainsi toute trace de vie sur mon passage. Enfin presque toute.

Devant moi se postaient des super-héros de Paragon. Le souvenir de cet empathe, responsable de ce qui m'était arrivé, surgit au fond de mon être, agrémentant ma colère. Ils étaient six, prêts à tenter de me maîtriser. Un nouveau cri jaillit de ma gorge, mais cette fois, plus de rage que de peur. Les flammes m'enrobèrent encore plus qu'avant, et la chaleur en émanant faisait s'envoler les feuilles d'arbres tombées au sol. Je levais ma main, d'un geste brusque et impatient, et l'abattit avec une rapidité foudroyante, déclenchant un phénomène pour le moins singulier, car une petite boule de flammes s'envola vers l'un des héros. Cette attaque fut suivie d'une autre, que je fis plus grosse, à deux mains, et qui explosa, envoyant deux des héros à terre. Les quatre autres, cependant, eurent raison de moi, notamment ce Contrôleur qui me fit perdre conscience.

Je n'entendais déjà presque plus la voix de la fillette qui m'exhortait à me relever et à les attaquer. Le sommeil me gagnait totalement, et les flammes cessèrent leurs courses folles. C'est tout ce que je voulais, arrêter le feu.

Quelque part, au fin fond de l'océan ...

Le Poulpe repose dans les méandres obscurs de sa faille. Aucun mouvement, rien n'est perceptible, si ce n'est quelques bulles qui remonte doucement vers la surface. Seules ces quelques pensées parviennent en écho dans les cerveaux des télépathes les plus puissants de la Terre :

Raté. C'est dommage, elle était bien partie.
Je vais lui laisser cette illusion d'elle-même. Qui sait, peut-être un jour sortira-t'elle de ce que les humains appellent prison. En attendant, elle reste un candidat idéal comme messie de la fin de l'humanité !


Aucun d'entre eux n'expliquera jamais ces paroles.

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MessageSujet: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Lun 16 Jan - 16:28

Quand j'ai repris conscience, je me trouvais enfermée dans une étrange bulle de verre, opaque, dont la structure semblait spécialement étudiée pour y mettre une personne. Pendant plusieurs heures, je n'ai vu personne. Je me demandais si on m'avait abandonné ici, en attendant que je guérisse ... ou que je meurs. Les flammes avaient recommencé à courir le long de mon corps, mais, contrairement à ce qui m'était arrivé avant, elles ne se propageaient pas. Mon comportement trahissait un calme olympien, comme le beau temps arrivant après une tempête désastreuse.

- "Ils t'ont enfermé, encore une fois." dit une petite voix flûtée. L'hallucination était encore là.
- "Lâche-moi. T'existes pas. Disparais."
- "C'est pas gentil, ça !"
- "Je sais qu'ils m'ont enfermé ! Pas besoin de me le dire, j'ai vu ! Fous le camps !"

Elle resta plantée devant le lit de métal sur lequel j'étais allongée. Les flammes s'éteignaient tout doucement. L'excitation du réveil avait fait place à cette forme de déprime chronique qui m'arrivait au moins une fois par an depuis le passage du four à pain. J'attendis encore quelques heures, avant que la porte ne s'ouvre sur un homme. Vêtu d'un costume marron rayé, de petites lunettes rondes glissant au bout d'un nez aquilin, il répondait au nom d'Angus Blavien, mon avocat commis d'office. J'allais passer en jugement, et il voulait savoir tout ce que je pourrais lui apprendre pour plaider en ma faveur. A l'époque, encore jeune et naïve, j'ai cru qu'il serait efficace. Avec le recul, je sais maintenant que les avocats commis d'office sont des avocats ratés. Rien à en tirer !

Le jour du jugement, j'étais toujours en pleine déprime. On m'emmena au tribunal dans une cage de la même matière translucide que ma geôle, insensible aux flammes. Le juge était un petit gros à lunettes rectangulaires, un certain Gustav Blossomheart. A son air ravi quand je suis entrée dans la salle, je sentais qu'il exultait d'avoir quelqu'un tel que moi à punir. Ne me demandez pas de rapporter ce qui s'est passé le jour du jugement, car je n'en ai pas compris le quart, ce qui est normal compte tenu du fait que je n'avais que dix ans. Des termes juridiques, compliqués, obsolètes dans leur sens pour le commun des mortels, fusaient de parts et d'autres des deux camps en opposition. Je me suis vite aperçue que le procureur de l'opposition était plus efficace que mon avocat. Il reprenait ce dernier sur tous les points évoqués, y compris l'implication de la société Crey dans cette série d'accidents pyromanes.

Les jurés se retirèrent et, après une courte délibération, rendirent leur sentence. J'étais jugée criminelle par inconscience, et en tant que telle, j'allais être enfermée tout le restant de ma vie dans une cellule spécialement conçue pour moi, dans cette immense abattoir que l'on appellait la Ziggourath. Toujours dans cette même cage de matière translucide, on me transféra dans une espèce de cage ignifugée dont je ne sortirais qu'au bout de seize longues années. Pendant ce temps, j'appris à maîtriser mes pouvoirs de feu, et mes cheveux repoussèrent, m'offrant ainsi cette apparence particulière qui me valu ce surnom : Effrits, les esprits malveillants du feu. Je continuais de suivre des cours d'école, via des enregistrements. En ce sens, les tauliers se sont montrés plus humains que les autres personnes que j'ai pu rencontré par le passé.

Seize longues années passèrent. Le monde changea, je pouvais le voir sur le poste de télévision camouflé derrière un panneau translucide, les hauts-parleurs crachant leurs litanies sur les erreurs de l'humanité. J'attendais patiemment, mais sans être seule. La gamine était toujours là. Elle est en permanence près de moi. Elle m'a soufflé de profiter d'une expertise psychiatrique pour tenter de m'enfuir. Mais j'ai échoué. Qu'à cela ne tienne. Un jour, ils commettront une erreur. Ce jour-là, je ne manquerais pas l'occasion.

Et cette occasion, c'est Arachnos qui me l'a fournit.

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MessageSujet: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Lun 16 Jan - 16:40

Interrogatoire de Josh Randall, gardien au pénitencier de Ziggoursky, suite à l'évasion massive de certains détenus (la direction de la prison semble vouloir s'assurer qu'aucun de ses salariés n'ait été impliqué dans cet incident)

Vous vous appellez vraiment Josh Randall ?

Oui, bon ça va. Si, je vous assure, c'est mon vrai nom ! Demandez à mes parents de vous expliquer pourquoi ils m'ont appelé comme ça ! J'en ai déjà pris plein la face quand j'étais gamin ! Concentrez-vous plutôt sur vos questions !

Depuis quand êtes-vous gardien ici ?

Ca a fait juste onze ans il y'a un mois. J'ai repris la suite du vieux Simmons, qui surveillait les détenus spéciaux, il y'a neuf ans. Je savais même pas qu'ils existaient avant !

Que savez-vous d'Effrits ?

Mes copains de boulot l'avaient désigné comme 'ma petite femme'. Elle avait dix-sept ans, quand j'ai commencé à la surveiller. Je garde l'oeil sur une vingtaine de prisonniers, mais particulièrement celle-là. On est pas fait différemment des autres, n'est-ce pas ? Sur les vingt détenus, c'était la seule femme. Je regardais souvent ... pour me rincer l'oeil à moindre frais. Evidemment, ça a fini par arriver aux oreilles des potes, et je me suis fait charrier. Surtout que je suis pas marié.

A-t'elle tenté de s'échapper ?

Elle a jamais essayé sous la surveillance du vieux Simmons, une fois avec moi, quand on a voulu lui faire subir une expertise psychologique pour une liberté conditionnelle. Inutile de dire qu'elle a grillé sa chance. Sans mauvais jeu de mots.

Avez-vous noté des traits particuliers de son caractère ? Avait-elle l'air d'attendre une quelconque intervention ?

Pas à ma connaissance. Une fois par an, environ, elle nous faisait un gros coup de déprime. Elle mangeait plus, restait prostrée pendant des heures. Et puis ça revenait à la normale. Quand à dire qu'elle attendait une intervention de l'extérieur .... Je vais vous dire : en neuf ans de surveillance, elle a pas reçu une seule lettre, pas eu une visite, rien. J'avais fini par croire que les gens qui l'avaient mis ici l'avaient oublié. Surtout, que, d'après mes infos, elle n'était censée rester ici que jusqu'à ce qu'elle apprenne à contrôler ses pouvoirs. Ils ont raté le coche, ça faisait belle lurette qu'elle savait s'en servir. D'après le vieux Simmons, elle a appris à les maîtriser en moins de deux ans. Mais personne n'est jamais venu la libérer.

Savez-vous où elle pourrait se cacher ? Qui pourrait l'aider à disparaître ?

Vous êtes bouchés ou quoi ? Je viens de vous dire que cette femme a pas un parent qui s'intéresse à elle. Y'a personne de son entourage qui aurait voulu ne serait-ce qu'entendre parler d'elle ! Elle est toute seule.

Avez-vous une idée de ses motivations ? Pourquoi aurait-elle cherché à s'enfuir ?

Ben, je dirais qu'elle fait plus confiance à personne. Après ce qui lui est arrivé, ça se comprend un peu. Quand à ce qui la pousse à agir ainsi ... peut-être que ...

Quoi ? Vous savez quelque chose ?

Voilà, j'en ai fait la remarque au psy de la prison. Y'a des fois où elle m'inquiètait vraiment. Elle regardait une direction, en face d'elle, en contrebas, et parlait à voix basse, comme si y'avait un gosse en face d'elle, au vu de la taille. J'ai essayé d'écouter ce qu'elle racontait, mais impossible. Elle chuchotait presque, comme si elle ne voulait pas qu'on croie qu'elle parle seule.

Je crois que ce sera tout. Merci de votre collaboration.

A vot'service, m'sieurs !

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MessageSujet: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Mar 17 Jan - 13:56

La secousse avait fait trembler l'immense prison jusque dans ses fondations. Seize longues années sans pouvoir sortir, et soudain, inexplicablement, une brèche béante dans le mur m'offre cette liberté que je n'espérais plus. Il n'y eu aucune hésitation dans mes pas, je savais ce que j'avais à faire, sans que la gamine ne me le dise. J'avais décidé depuis longtemps de ne pas la laisser diriger mes actes sans arrêt. En ce sens, mon emprisonnement avec elle a été salutaire, car elle fut ma seule compagnie, et j'avais appris à la combattre, à ma manière. Il y'a bien quelques fois où elle arrivait à me provoquer, mais cela était de plus en plus rare. La brèche dans le mur me conduisit dans les couloirs de la grande prison.

J'étais perdue. Je n'avais vu ces couloirs qu'une fois il y'a seize ans, quand ils m'ont conduite ici, et ce souvenir était si lointain. Je courrais dans les couloirs, écoutant la rumeur d'une bataille lointaine. Quelque chose ne tournait pas rond : les matons n'étaient que peu présents dans la structure. Quelqu'un organisait une évasion massive, et toutes les forces devaient être mobilisées à l'extérieur, pour empêcher toute fuite. Quand je descendis, pour la deucième fois, les escaliers menant aux cellules des 'droits communs', quelqu'un m'apostropha.

- "Hey, t'es qui, toi ?" Un prisonnier, vêtu de l'uniforme orange traditionnel du Zig, me regardait de la tête aux pieds. Il se présenta comme s'appellant DC, mais je ne désirais pas lui donner mon véritable nom.
- "Effrits." répondis-je simplement. C'était le premier nom qui me vint à l'esprit. Il regarda ensuite sur un bout de papier froissé qu'il tira de sa poche.
- "T'es sur ma liste, beauté ! Viens voir par ici, Arachnos veut te parler !"

Voilà qui était étonnant, et sommes toutes assez surprenant. Comment pouvaient-ils savoir que j'étais ici ? Qui se souvient de ce qui s'est passé il y'a dix-huit ans ? Comment pouvaient-ils deviner que je ne donnerais pas mon véritable nom et que je déciderais de masquer mon identité sous un surnom ? Effrits n'existait pas réellement jusqu'à présent. C'était juste un nom de code pour prémunir mon identité au sein de la prison. Finalement, je finis par me dire qu'Arachnos devait avoir des espions un peu partout, et que ceux-ci n'avaient fait que leur transmettre mon pseudonyme. Une série de personne défilèrent, chacun m'envoyant vers un autre, après une courte épreuve. Puis je sortis de la prison. Enfin. Après seize longues années.

Ensuite, j'ai accompli quelques missions pour le compte de diverses personnes. Je cumulais, petit à petit, de l'argent, élément indispensable pour m'offrir l'opération que je voulais. Il m'en fallait cependant plus, beaucoup plus. Ce n'était pas les quelques banques de l'île Mercy qui pourraient me suffirent. Il me fallait viser plus haut, dans des sphères que je ne pouvais, pour l'instant, qu'effleurer du doigt. Je continuais donc à progresser, pour acquérir plus de puissance et de notoriété, quand un évènement impensable m'arriva à Port Oakes.

Une boutique était ouverte, avec devanture sur la place. 'Josef Miles, boulanger'. Cette ordure avait été libéré, et avait refait sa vie, après avoir détruit la mienne. Pire que cela, je le vis avec une femme et deux gosses. Il s'était remis de notre disparition, à Maman et à moi, et s'était établi ici. Logique, puisque tout le monde savait que c'était un assassin à Paragon. Il est venu ici pour reconstruire ce qu'il avait détruit, dans un environnement où les gens ne se jugent pas entre eux.

- "Tu vas le laisser s'en tirer à si bon compte ?" Elle était là, la sale gamine, et posait à haute voix la question qui me torturait l'esprit.
- "Pas question." fis-je. "Chacun son tour d'avoir envie de tout détruire !"

Je rentrais dans la boutique, provoquant l'émoi de la caissière. Sa femme. Sa nouvelle femme. Elle me demanda poliment ce que je désirais, tremblant visiblement de peur. Mon apparence rougeâtre et mon visage peu amène à ce moment là ont probablement été les déclencheurs de cette phobie. J'exigeais de parler à son mari, qu'elle alla chercher dans l'arrière-boutique, tandis que les deux gamins de huit ou dix ans, des jumeaux, restaient collés au jupon de leur mère.

- "Vous désirez ?" questionna-t'il. Il avait pris un sacré coup de vieux.
- "Tiens donc, tu ne me reconnais pas ?"
- "Je devrais ?"
- "Je vois que tu t'es refait une petite vie tranquille. Tellement tranquille. Surtout après ce que tu as fait, il y'a dix-huit ans. Ce que tu m'as fait !"
- "Pardonnez-moi, mais je ne comprends ..."

Ses yeux s'écarquillèrent de surprise et de désarroi, et il ne s'attendait certainement pas à ce qu'une erreur de son passé le rattrape aussi soudainement. Il commença à bégayer, mangeant à moitié ses mots d'excuses pour ce qu'il avait fait, voyant qu'aucune de ses lamentations ne m'atteignaient. En fait, j'avais déjà décidé, sous la pulsion des exclamations de haine qui émanaient de mon hallucination, de le tuer, lui et sa famille. Un juste retour des choses, pensais-je, une justice exacerbée, en compensation de ce qu'il m'a fait, et de ce qu'il m'oblige à faire pour redevenir normale. Je fis mine de m'en aller, mais je me contentais de fermer à clé la porte d'entrée. Si il a aménagé sa boutique comme celle où j'ai grandi, la sortie de secours est coincée derrière un monceau de marchandises. Au pire, je les pourchasserais jusqu'en enfer.

Le feu prit soudain, émanant de mon propre corps, dévastant les étagères et faisant fondre les sucreries qu'elles contenaient. Les flammes grimpèrent ensuite aux tentures, et à la tapisserie, sans compter que le linoléum commençait déjà à se déformer sous la chaleur. Une véritable vision d'enfer pour un homme qui avait tout fait pour oublier ses crimes, et reconstruire sa vie comme si rien ne s'était passé. Ils criaient et pleuraient tous, mais ça ne m'atteignaient pas. Seule comptait, à ce moment précis ma vengeance. Ils coururent tous les quatre vers l'arrière-boutique, mais mes souvenirs étaient exacts. L'issue de secours, seule praticable en cas d'incendie, était dissimulée derrière des tonnes de sacs de farine. Même si ils essayaient de sortir par là, ça leur prendrait des heures pour tout retirer.

Ensuite, mon père tenta de m'amadouer, de sauver la vie de sa femme et de ses enfants, en échange de son sacrifice.

- "As-tu pensé un seul instant à me sauver la vie, avant de mettre le four en marche ?" le questionnais-je. "Cette fois le rôle est inversé ; cette fois, c'est moi qui me venge d'avoir été trompée et trahie ; cette fois, le four ... c'est moi !"

Je l'attrapais alors par le cou, embrasant son corps. Il mourut de manière horrible, mais suffisamment vite, devant les yeux de sa nouvelle famille. Mais cela ne me suffisait pas. Les flammes coururent encore de mon corps vers une autre destination : la braillarde et ses deux moutards. Mes frères ? Quelle importance ? Qu'ont-ils à voir avec moi ? Rien, strictement rien ! La seule qui me tienne lieu de famille, c'est cette hallucination ! C'est tout ce qu'il me reste ... un souvenir de celle que j'ai été. Et que je ne serais peut-être plus jamais.

La boutique s'effondre sur elle-même, la structure étant fragilisée par le feu. Mais je suis déjà sortie depuis quelques minutes. Les pompiers arrivent, pour maîtriser l'incendie. Cependant, il ne reste plus personne à sauver et j'ai fait ce que j'avais à faire. Il ne me reste plus qu'à retrouver apparence humaine, et à redevenir celle que j'étais avant, faire comme mon père, et effacer mon passé.

Jusqu'à ce que ce dernier me rattrape.

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MessageSujet: Re: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Ven 27 Jan - 16:20

Je n'imaginais pas qu'il était si dur d'être une super-vilaine. Je pensais que tout viendrais au fur et à mesure : la gloire, la richesse, la célébrité. En fait, cela prend plus la forme d'un long cheminement que d'une promenade de santé. Chaque vilain doit connaître son chemin de croix. J'ai ainsi eu beaucoup de mal à trouver à me loger. Dans des hôtels, de temps en temps, moyennant un petit pourboire pour que le portier dise ne pas m'avoir vue. Plus le don est large, plus le mensonge est grand. Une vérité que l'on apprend vite, au sein de ces îles.

Après quelques temps, j'ai réussi à mettre la main sur un logis. Une grand-mère, aux allures d'empoisonneuse de pommes, louait la chambre de son fils dans un antique immeuble. Ce petit meublé pas trop cher me convenait, et la vieille rombière ne paraissait pas craindre les ennuis. Héberger une super-vilaine ne lui causait apparemment aucun souci. J'ai même eu tendance à penser, et cela la gamine illusoire qui m'accompagne l'a ressenti aussi, qu'elle avait dû être une célébrité en son temps. Quelque chose comme la Tarentule, une super-vilaine qui a disparue il y'a relativement longtemps.

En revanche, elle se montre d'une discrétion absolue quand à mes entrées et sorties. Je me méfie, tout de même, car qui sait ce qui peut se passer derrière ce vieux visage fripé. Enfin, tant qu'elle ne tente rien de louche, elle restera en vie. Elle me rappelle cette femme qui vivait dans mon quartier étant gamine : on ne la voyait jamais, elle semblait honnête et tranquille. Ce n'est que quand la Police l'a embarqué que nous avons su qu'elle louait les corps de ses deux nièces, à peine pubères, à de vieux gâteux amateurs de chair fraîche. Comme quoi, les apparences sont souvent trompeuses.

Un nouveau jour se lève, le soleil traverse avec difficultés la masse nuageuse. Quelle heure est-il ? Huit heures ... j'ai bien dormi et cela m'étonne. La gamine doit être partie, qui sait peut-être définitivement. J'avoue que cela m'arrangerait bien, mais je n'y crois pas trop. Elle est ma punition d'avoir vendu mon corps pour retrouver une apparence à peu près normale. Je ne m'en débarrasserais que lorsque cette peau syntéthique me sera retirée. Je crois que ses pouvoirs augmentent ; dernièrement, il y'a d'étranges choses qui se déroulent autour de moi.

Par exemple, ce matin, je ne trouve plus mes clopes. Je sais pourtant où elles étaient hier soir : sur la table de nuit, à côté de mes lentilles luminescentes. Or, elles n'y sont plus. De deux choses l'une : ou je les ai fait tombées, ou elle me les a planqué. Quand je regarde sur le lit, je vois la gamine qui dort. Curieux, je n'imaginais pas qu'une illusion puisse éprouver le besoin de dormir. Il se passe quelque chose de bizarre, avec elle. On dirait qu'elle prend consistance. Plusieurs fois, des gens ont regardés dans sa direction, comme si ils ressentaient sa présence.

Je continue de chercher mes cigarettes, fouillant un peu dans le lit. Elle ouvre les yeux, se redresse et s'étend en baillant longuement. Puis elle va jusqu'au siège le plus proche et s'installe dedans, me regardant remuer les draps en soupirant d'énervement.

- "Purée, elles sont où ?"
- "Qui ?"
- "Mes clopes !"
- "Je les ai jeté. C'est mauvais pour toi de fumer !"
- "La voilà qui joue les moralisatrices, maintenant. Assez rigolé, où est-ce que tu les as planqués ?"
- "Dans le vide-ordure."
- "Arrête de me raconter n'importe quoi ! Tu n'es qu'une illusion, tu ne peux pas toucher les objets !"
- "Tu crois ?" répond-elle en se levant. "Alors, regarde !"

Elle se dirige vers le placard de la chambre, dont la porte est encore grande ouverte. Elle se saisit de la poignée et ... claque le battant un grand coup. Elle l'a manipulé. Elle peut toucher les objets.

- "Ah, merde ! J'en suis quitte à aller me racheter un paquet !"
- "Non. je t'en empêcherais ! Arrête de fumer !" Les choses vont changer, si elle peut désormais me toucher.
- "Mais tu vas ..."
- "Regarde plutôt la lettre que ce type étrange a glissé sous ta porte !"

Effectivement, une enveloppe blanche gît sur la moquette. Qui ? Qui a bien pu rentrer ici et poser cette lettre ? Le papier ne porte que quelques mots : 'à l'attention de Mlle Roberta Miles, AKA Effrits'. Aucun doute, je suis espionnée !

Le document que j'en sors est un courrier qui m'est adressé, le tout saisi sur un ordinateur et édité sur une imprimante. Rien que du très classique, pas de quoi en tirer des conclusions. Plus inquiètant est l'entête de la lettre, représentant une araignée stylisée. Je connais ce symbole depuis que je suis arrivée ici. Arachnos, l'organisation de Recluse, celui qui m'a sorti de ma geôle, a besoin de mes services. Le papier me donne un endroit où je dois me rendre, et je le connais : il n'y a qu'une cabine téléphonique hors d'usage dans ce coin-là !

Je m'y rends et j'attends patiemment. La gamine ne m'a pas accompagné, elle est restée devant la télé, à regarder les dessins animés. J'y pige plus que dalle, je croyais qu'elle devait tout faire pour me transformer en monstre de flammes, et voilà qu'elle ne vient même plus avec moi. J'arrive à peine devant l'antique appareil de téléphonie, et déjà celui-ci se met à couiner, alors qu'il devrait ne pas fonctionner.

- "Effrits ?"
- "Elle-même."
- "Bien, je voulais confirmation. Je vous vois, vous savez, mais les gens de l'Arc sont si ... machiavéliques ! Ha, ha, ha !"
- "Vous êtes qui et vous me voulez quoi ?"
- "Du calme ... je dois d'abord m'assurer que vous êtes bien celle que vous prétendez !"
- "Ca suffit, je m'en ..."
- "Stop. Il s'agit seulement d'une petite question ! Quelque chose que nos amis de l'Arc ne peuvent pas savoir : comment s'appelle la femme de Crey qui s'est occupé de vous ?"
- "Elle s'appelait ... Nina."
- "Parfait. Sachez simplement que cele-ci travaille pour Arachnos désormais, et que nous avons accès à quelques infos vous concernant. Bon, si vous voulez bien vous présenter à l'entrepôt 285, sur les embarcadères de Port Oakes. On vous y présentera vos nouveaux amis ! -clic-"

Mes nouveaux amis ? Ils ne comptent tout de même pas m'intégrer dans une équipe ? Je vais y aller. Si Nina travaille vraiment pour eux (ce dont je doute, ils ont dû la torturer pour avoir des infos), elle aura peut-être une solution pour mon corps.

Je n'ai rien à perdre d'essayer !

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MessageSujet: Re: Effrit, une vilaine 'enflammée'   Lun 5 Juin - 15:54

Crabby, le Colonel Smugglers, Geldan, Wild Claws, et moi. Une équipe vouée à combattre une autre équipe, composée, elle, de super-héros. Nommé à la tête de la bande, Wild Claws s'était livré à un travail minutieux pour retrouver nos identités, bien que j'ignore encore de quelle manière il s'y était pris. C'était un homme étrange, discret et silencieux, mais qui savait exactement où regarder quand il cherchait quelque chose. Il en savait plus sur moi que n'importe qui d'autre dans l'équipe.

Je pense que c'est lui qui nous a trahi, vendu à l'équipe qui nous opposait résistance, et à l'Arc. Comment auraient-ils pû savoir, sinon, l'endroit où nous nous terrions ?

Je me suis vite retrouvée opposée à Tempest Rider, la défenseuse. Ses décharges n'avaient pas beaucoup d'effets sur ma peau spéciale, grâce en soit rendue à ses concepteurs. En revanche, mes attaques de flammes ont eu tôt fait de la réduire au silence. Elle s'est téléportée, au dernier moment. Maudite balise !

C'est à ce moment là que l'autre est arrivé. Devil's Send, un démon, ou quelque chose comme ça. Il m'a tiré dessus, et je suis tombée. Au premier coup. Mais étrangement, je me sentais mieux, comme si le brouillard qui obscurcissait mon esprit s'était envolé, comme par miracle. J'ai cru que j'étais morte, que tout était fini, que les choses allaient enfin reprendre leur cours normal.

Mais la douleur m'a réveillé.

J'étais dans une chambre aseptisé, que je ne connaissais pas. Etrangement, la gamine n'était pas là, alors que je m'attendais à la voir surgir à mon réveil, pour m'exhorter à reprendre le combat. Je ne l'aurais pas écouté cette fois. Je ne l'écouterais plus, m'étais-je dit. J'avais retrouvé un calme serein, presque surnaturel, depuis que cet homme m'avait tiré dessus. Je me sentais bien, beaucoup mieux, moins oppressée, comme si on m'avait retiré une charge excédentaire. J'ai commencé à bouger pour voir où j'étais, et la machine qui mesurait mes pulsations s'est mise à couiner, comme pour prévenir quelqu'un qui surveillerait.

La porte s'ouvrit, et deux femmes entrèrent dans la chambre. L'une était grande, brune, les cheveux coupés courts, revêtue d'une blouse blanche de médecin, des lunettes rectangulaires posées sur un nez fin qui semblait à peine les porter. L'autre était de petite taille, vêtue d'un costume bleu et blanc, orné d'une étoile à cinq branches, la peau et les cheveux blancs comme la neige.

- "Bonjour, Mademoiselle Miles. Je suis la doctoresse Willys, et voici une amie, Snow, super-héroïne de son état."
- "Bonjour." répondis-je.
- "Et bien, tu reviens de loin !" s'exclama l'héroïne.
- "Comment ça ?"
- "Vous nous avez fait deux arrêts cardiaques." reprit la doctoresse. "A chaque fois, les infirmiers se sont battus pour vous faire revenir."
- "Vous les remercierez de ma part."
- "Nous n'y manquerons pas." Ce disant, la doctoresse lança un regard interrogateur à l'héroïne. "Tu as effectivement raison," lui dit-elle "il y'a effectivement quelque chose qui cloche."
- "Quoi donc ?" demandais-je.
- "Votre comportement a changé." répondit la super-héroïne. "Vous ne ressemblez plus à la vilaine enflammée que vous étiez quelques jours auparavant. Une amie, spécialisée dans le Contrôle Mental, nous a révélés des altérations dans votre psychisme. Il semblerait que le dénommé Devil's Send ait fait plus que vous tirer dessus : comme pour votre collègue Geldan, ses balles ont eu pour effet de détruire vos mauvais instincts, ne laissant plus que ... vous, telle que vous n'auriez jamais dû cesser d'être."
- "C'est donc pour ça ..."
- "Quoi ?"

Je leur racontais tout, de mon enfance au moment du combat décisif, en passant par les opérations qui m'avaient implantés cette peau. Tout, y compris l'existence de la gamine, une illusion qui commençait à se matérialiser. Elles me regardaient, non pas comme une folle, mais comme des gens qui s'attendaient à ce que j'allais dire.

- "Le Poulpe ?" demanda la doctoresse.
- "Ca lui ressemblerait assez ! Fichue bestiole, avec ses pouvoirs mentaux !"
- "Qui est ce 'Poulpe' ?"
- "Une créature millénaire, qui aurait semble t'il pour ambition de détruire toute trace de l'humanité. Il a apparemment eu envie de te faire péter un câble et de te faire exploser .... au sens propre comme au figuré !"
- "Pourquoi ne fait-on rien ?"
- "On ignore où il est exactement, et il ne semble pas vouloir se montrer autrement qu'avec des avatars. Quand à le détruire ... Nous parlons quand même d'un être qui existerait depuis la naissance du monde !"
- "Qu'allez-vous faire de moi ?"
- "Et bien, compte tenu de ton passé, et des éléments récupérés en ta faveur, tu devrais t'en tirer avec une courte peine de quelques mois, en cellule quatre étoiles, puis on te relâchera !"
- "Mais comment pourrais-je être réhabilitée ? Avec cette peau démoniaque ..."

Je venais de soulever mon bras, et je ne voyais plus cette peau rougeâtre qui me donnait l'air d'être écarlate. Sur mon bras, je ne voyais plus que de la peau normale, blanche et laiteuse, comme celle de quelqu'un qui aurait été enfermée dans l'obscurité trop longtemps.

- "Que ... mais que ... ?"
- "Une surprise que nous avons découvert lorsque nous vous avons opéré pour fermer les plaies." dit la doctoresse. "Votre peau artificelle vous aurait durée moins d'un an, d'après nos estimations. Votre véritable épiderme, stimulé par la chaleur émise par votre peau artificielle, a commencé à se régénérer. La nature est bien faite, je dirais."
- "Ca alors ... ça alors !"
- "Votre surprise fait plaisir à voir." commenta Snow.
- "Je suis ... de nouveau ... normale !" Je souriais, comme une bienheureuse.
- "Votre épiderme repousse la peau artificielle. Bien qu'elle n'ait pas encore recouvré la surface totale de votre corps, ce qui a déjà été dégagé vous permettra de vous promenez en toute impunité."
- "Merci. Merci infiniment !"

Quelques jours plus tard, je passais en jugement, et, au terme de quelques mois d'emprisonnement, je redevins libre, capable de reprendre une vie normale. Trouver du travail n'était pas une mince affaire, jusqu'à ce que l'on me propose une place dans un cirque itinérant, en tant que ... cracheuse de flammes ! Je revis, en prenant une voie que je rêvais de prendre étant gamine, celle des saltimbanques.

Cet homme, celui qui s'occupe des animaux, Matthias Helm ... je crois que je lui plais. Il a l'air d'avoir connu bien des malheurs, lui aussi. Deux malheureux ensemble, se consolant l'un et l'autre ...

Je pense que ça ira mieux, maintenant.

Maintenant et jusqu'à la fin.

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