LES VIGILANTS

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 Triwulff

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Poulpe
Poulpe Fiction
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Vigilant : Snow, Tigerwolf, Ogre Noir, Miss Victory et Waka
Date d'inscription : 26/10/2005

MessageSujet: Triwulff   Jeu 19 Jan - 14:49

Le maton poussait Kevin en avant avec sa matraque, la plaçant au creux des reins du condamné, pour le faire avancer plus vite. Kevin Bryan, revêtu de sa combinaison orange de prisonnier, portait ses maigres possessions, dans les sombres couloirs étriqués de la Zig. Les cellules succédaient aux cellules, dans un univers de métal sentant la rouille et l'urine.

- "Ouais, ça va ! Y'a pas le feu ! Je suis là pour un moment, alors je peux bien me permettre cinq minutes de retard, non ?"
- "Avance, crevure de Krâne ! Ici, t'es plus dans la rue, t'es plus le roi ! T'es à la Zig, pas au Ritz ! Les portiers, ici, c'est nous ! Alors t'as intérêt à filer doux et faire ce qu'on te dit !"
- " 'faites moins les marioles, hein, dans les rues, quand vous avez pas de super-héros derrière les fesses ?"
- "Ecrase et avance. T'as droit à une chambre en pension complète, tout frais payés par le contribuable. Quel luxe, pour des vermines comme vous ! Je préfererais vous voir vous balancer au bout d'une corde, mais les politiques sont trop conservateurs pour ça !"
- "Rigole, empaffé, rigole. Quand je sortirais d'ici, tu verras ce que je te mettrais !"
- "Si tu savais le nombre de mec de ton genre qui me disent la même chose ! Ca fait quinze ans que j'entends la même litanie. Et j'attends toujours de vous voir ! Tiens, voilà ta cellule !"
- "P'tain ! Elle pue plus que les autres ! Vous y avez mis un animal crevé ou quoi ?"
- "Tu veux un conseil, crétin des abysses ? Si j'étais toi, je tâcherais de fermer mon clapet, parce que le type qui vit ici, il a aucune patience. Personnellement, t'es le quatrième compagnon de cellule qu'on lui colle. Les trois autres sont à l'hosto, dans un état grave. Alors, à ta place, je me ferais petit. Et pis écrase, à cette heure-là, il dort. Si tu le réveilles, il sera encore de plus mauvais poil !"

La cellule ne comprenait qu'un lit à étage, et le précédent occupant avait jugé bon de s'octroyer celui du dessus. Les choses changeront demain, se dit le prisonnier, il comprendra vite que les Krânes sont pas des rigolos. Kevin s'allongea alors sur la couchette du dessous, sans prendre la peine de tirer la couverture. Il commençait à s'assoupir quand des ronflements venant de la couche supérieure se firent entendre.

D'étranges ronflements, se dit-il. C'était en effet une sorte de renâclement, ressemblant fort à un grognement, à la fois sourd et puissant. Finalement, se dit Kevin, je n'attendrais pas demain matin pour mettre les choses au clair. Il balança un grand coup de poing dans le matelas du dessus, qui apparaissait au travers des lattes. Aussitôt, le bruit cessa, vite remplacé par, cette fois, un véritable grondement. Quelque soit l'être qui se trouvait au dessus de Kevin, ça n'avait pas apprécié d'être réveillé de cette manière.

L'individu en question sauta de son étage, bien décidé à en découdre. Cela arrangeait Kevin, car cette situation lui permettait de clarifier les rôles au sein de la cellule. Il se redressa aussi, et alluma la lumière afin de régler ce différent dans des circonstances qu'il voulait optimales. Il regretta aussitôt son geste.

L'être avec lequel il partageait la cellule n'était pas un humain. Si il avait vaguement une forme humanoïde, deux bras et deux jambes, sa tête était celle d'un loup, le corps dénudé recouvert d'une épaisse toison brune, masquant pratiquement sa peau. Les gardiens de la prison avaient enfermé Kevin ici sachant manifestement qu'un loup-garou se trouvait être son compagnon de cellule.

- "Purée, t'es comme les autres, hein ! Tu veux faire ta loi ici, pas vrai ?" Le monstre avait une grosse voix rocailleuse, qui s'accompagnait de grognements inquiètants.
- "Bordel de merde ! T'es quoi, toi ?"
- "Ton pire cauchemar !"

Le loup-garou sauta ensuite sur Kevin, tout crocs dehors, et entreprit savamment de le mettre en pièce, à la grande insatisfaction des occupants des cellules voisines, qui pourtant n'émirent que quelques 'Chuts !' timides et craintifs. Quand il en eut terminé avec son compagnon de chambrée, le loup le posa de manière rude sur le lit. Du sang coulait le long de la tête de Kevin. Le combat avait été rude, et le monstre avait plusieurs fois frappé au niveau de la tempe.

- "Quand on emmerde Triwulff, on en paie les conséquences !" lança-t'il dans un grognement à l'intention du blessé.

Le lendemain, Kevin Bryan était transféré de sa cellule à la morgue de l'hôpital, et on constatera que son décès est dû à une fracture du crâne. Personne n'ayant témoigné contre son compagnon de cellule, le dénommé Triwulff, la presse se donna à coeur joie de transformer cet incident en 'brutalité des gardiens'. Mais au sein de la gigantesque prison, on savait fort bien que le semi loup-garou était responsable de sa mort.

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Poulpe
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MessageSujet: Re: Triwulff   Ven 20 Jan - 18:48

- "Ce n'est pas drôle." s'exclama le Docteur Peran. "Nous avons affaire à un cas unique dans toute l'histoire de l'humanité ! Son cas devrait être l'objet de toutes les attentions !"
- "Doc', " répondit, toujours en ricanant, Ralph Grisham, un des rares procureurs assez courageux pour mettre les super-vilains en prison, "personnellement, je trouve que ce Triwulff est bien à sa place en prison ! Il n'en sortira qu'une fois sa peine purgée ! A ce moment-là, vous pourrez en faire ce que vous voulez ! Le disséquer si tel est votre bon vouloir ! Une fois sorti d'ici, son destin ne me regarde plus !"
- "Vous rendez-vous compte que vous détenez ici le seul et unique exemplaire au monde d'homme ayant résisté à une morsure de loup-garou ?" appuya la mystique Shahana.

Jamais un duo n'aurait paru aussi dissemblable, même au cinéma, pourtant habile à faire cohabiter deux personnes que tout semble opposer, et en faire des alliés. Pourtant c'était bien le cas : le Docteur Peran et la prophétesse Shahana formait un couple, à la ville comme dans la vie professionnelle, aux allures de duos disparates. Vêtu en scientifique, une blouse blanche couvrant un costume trois pièces bien taillé, et chaussant des mocassins de grande marque impeccables, le Docteur Peran s'était forgé une solide réputation de démystificateur. Sa femme, quand à elle, était habillée à la mode gitane, sa peau légèrement mate trahissant des origines porto-ricaines, un vaste châle orné de motifs ésotériques se logeant sur ses frêles épaules.

Ils s'étaient rencontrés il y'a déjà huit ans, sur le tournage d'une émission consacrée au paranormal, en tant qu'opposés sur un débat qui passionne toujours les foules, les sciences para-normales. Le débat avait duré plusieurs jours, mais seule une infime partie, les propos les plus choquants, ce qui passerait mieux en terme d'audimat, avaient été sélectionnée, tout cela pour tenir en moins d'une heure. N'ayant réussi à convaincre le Docteur Peran de la réalité de la magie, elle l'avait poursuivi jusque chez lui, et avait fini par lui prouver l'existence des démons, des forces surnaturelles et de beaucoup d'autres mystères inexpliqués. Cette folle recherche sur l'ésotérisme avait fini par aboutir, au bout d'un an, dans une petite chapelle de Philadelphie, ou les deux individus se marièrent sans trop de cérémonie.

Depuis, le duo était devenu relativement célèbre, tant pour démontrer que certaines mises en scène macabres n'étaient que supercheries destinées à camoufler de plus amples projets, que pour prouver à la face du monde que des évènements à plus haute échelle étaient rigoureusement impossible à analyser scientifiquement. Entretemps, deux enfants étaient nés de ce mariage, deux jeunes filles âgées de cinq et trois ans. Récemment, les époux tombèrent sur un journal évoquant l'apparition d'un loup-garou parlant, agressif mais sans plus du côté du Massachussets. Mais le temps qu'ils soient commandités et arrivent de Philadelphie, le monstre avait été transféré.

Ils avaient ensuite retrouvé sa trace, sans énormément de difficultés, dans la grande prison de la cité de Paragon, la prison de Ziggourski, aussi connue sous le nom de Ziggourath, plus communément dénommée Zig. Ils obtenurent un droit de visite pour voir l'être qu'ils recherchaient, et lors de l'entretien qu'ils eurent avec, furent convaincus qu'il racontait la vérité. L'entrevue s'était déroulée dans une ambiance calme et détendue, chose impensable, d'après Shahana, avec un véritable loup-garou. Ils s'étaient présentés à la Zig, après obtention d'un droit d'accès au parloir, et avaient attendu que le garde les fasse entrer dans la salle où avaient lieu les rencontres avec les prisonniers. Les hauts-parleurs avaient crachés, dans le couloir uniforme où ils attendaient, la phrase suivante :

- "Matricule 653-F-852, Vincenzo Mogliani, vous êtes demandé aux parloirs pour une visite. Présentez-vous au poste de garde le plus proche pour y être conduit !"

Après une courte attente d'environ une dizaine de minutes ("elle est vraiment grande, cette prison" sussura Shahana), ils furent introduit dans le vaste parloir, aux murs blancs immaculés. Ils s'assirent en face de l'homme-bête, et Shahana put confirmer à son mari que l'être les regardant avec des yeux interrogateurs était bien un loup-garou. Le système pileux développé, des pattes arrières d'animal en guise de jambes, le visage déformé ressemblant à celui d'un loup, en ayant toutefois conservé quelques traits humains, tels que les yeux. Une étrange marque boursouflée dépassait de son uniforme de prisonnier, au niveau de la jointure du cou avec l'épaule. Shahana décrocha le téléphone.

- "Vous êtes Vincenzo Mogliani ? Le loup-garou du Massachussets ?"
- "Lui-même ! Et vous, vous êtes qui ?"
- "Je m'appelle Shahana, et voici mon mari, Matthew Peran. Nous sommes intrigués par votre histoire. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de nous ?"
- "Vous êtes le couple qui s'occupe de tout ce qui touche au surnaturel, je crois ?"
- "Oui, c'est bien cela !"
- "Je vous connais de nom, mais pour tout vous dire, je croyais pas trop au surnaturel, à Dieu et aux trucs dans le genre ! Ben maintenant, j'y crois !"
- "La marque que vous avez au cou, c'est la morsure, c'est ça ?"
- "Ouais, c'est là qu'il m'a mordu. Ca commence à dégonfler, vous auriez dû voir à quoi ça ressemblait, il y'a trois semaines !"
- "Que s'est-il passé ?"
- "J'avais emmené ma copine avec moi, dans les bois, pour une sortie ... crapuleuse ... vous voyez, quoi ! On était en bonne voie, quand tout à coup, un hurlement de loup l'a fait sursauter. Elle avait peur, elle voulait rentrer chez elle. Vu comme on était lancé, je voulais pas arrêter pour ce que je croyais être un chien errant qui hurlait à la lune. Je suis donc descendu de la voiture, en dépit des protestations de ma copine, et, lampe-torche à la main, j'ai entrepris de chercher dans les fourrés avoisinants. C'est là qu'il m'a chopé. Il m'a sauté dessus, un bond de plusieurs mètres, avec une violence inouïe, je suis tombé, et il m'a mordu à l'épaule. Heureusement, ma copine a allumé les pleins phares de ma vieille Dodge, ce qui a obligé le bestiau à lâcher prise et à s'enfuir."
- "Qu'avez-vous fait après ?"
- "J'étais mal en point, mais pas encore mort. J'ai roulé à tombeau ouvert jusqu'à l'hôpital le plus proche, pendant que la fille qui m'accompagnait épongeait ma blessure."
- "Vous avez prévenu la Police qu'il y avait une bête sauvage ?"
- "Je voulais pas trop les mêler à ça."
- "Pourquoi ?"
- "Ma copine était mineure ... c'était un coup à se retrouver au gnouf, même si elle était consentante ! Surtout que son père est flic, et qu'il aurait pas apprécié de savoir que moi et sa fille ... enfin, bref, pas content de savoir que sa 'petite fille' était devenue une femme."
- "D'accord. Poursuivez."
- "Elle est partie, et c'est après que ça a commencé. D'abord, y'a eu ces poils qui ont commencé à apparaître autour de la blessure. Après, ça été des déformations qui ont commencé à apparaître. Quand j'ai été métamorphosé, c'est comme si je voyais à travers une visière rouge, comme si le monde était tout teinté de sang. Ca a commencé à me dévorer le cerveau, et à me faire comporter bizarrement. Comme une bête en fait. J'ai ensuite constaté que j'avais pas de griffes, comme le truc qui m'avait sauté dessus. J'étais à moitié conscient, seulement, et c'était plus la 'bête' qui conduisait la machine. J'ai dévasté l'hôpital, puis j'ai commencé à chercher une arme de remplacement. J'ai attaqué mes premières victimes avec un bout de tuyau que j'avais trouvé en démolissant l'hosto. Puis j'ai dévalisé plusieurs boutiques d'armes avant de trouver ce qui allait."
- "Quoi donc ?"
- "Un sabre japonais. Mais pas une imitation, hein ! Un vrai ! Tranchant et tout ! J'aillais attaqué le gros carnage quand soudain mes sens ont repris le dessus. Je me suis rendu bien sagement. De toute manière, y'avait déjà le SWAT sur place, j'aurais pas fait long feu. Ils m'ont collé en cellule, et comme ils savaient pas quoi faire de moi, ils m'ont envoyé ici, en se disant qu'un monstre tel que moi ne serait à sa place que dans une prison où l'on enferme ses semblables. Comme j'étais pas agressif et que je m'étais rendu de mon plein gré, on m'a placé avec les droits communs, sorte de traitement de faveur."
- "On nous a dit que vous aviez agressé d'autres détenus. Est-ce vrai ?"
- "De temps en temps, la nuit surtout, le voile rouge redescend. A ce moment-là, je contrôle plus rien."

Cette conversation avait convaincu les deux époux que le jeune homme n'était pas pas mythomane, et que sa version des faits devait être la vraie. Il avait cependant écopé de six ans de prison pour des voies de faits et diverses destructions de biens privés et publics. Ils avaient ensuite monté un dossier pour obtenir sa complète relaxe, avant que sa nature ne soit pervertie complètement par la lycanthropie. Le même dossier se trouvait désormais entre les mains de Ralph Grisham, le procureur qui avait condamné Triwulff (qui est la seule chose que Vincenzo se souvienne de ses états bestials, probablement son nom animalier), et les conclusions qu'il contenait avait fait rire l'homme de loi, ce qui nous ramène au début de notre histoire.

Shahana et Matthew virent bien que Grisham n'était pas disposé à libérer le dénommé Mogliani avant que sa peine ne soit purgée. Et au vu de son comportement dans l'enceinte de cette prison, on pouvait être sûr que la durée de son incarcération ne fasse qu'augmenter.

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