LES VIGILANTS

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 Le Converti

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Poulpe
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MessageSujet: Le Converti   Lun 13 Fév - 15:57

Un être étrange se tient droit et immobile, perché en haut d'un vieil immeuble, observant sans relâche les gardes de l'Arc, qui doivent être à leur huitième ronde. Jusqu'à présent, personne ne l'a vu, nul ne sait qu'il est là. Le ciel est sombre et pluvieux, encore aujourd'hui, et les gens de la rue se hatent avant d'être surpris par l'averse. Les gardiens de l'Arc restent, cependant, vigilants, cherchant à s'assurer que la zone est sécurisée. Ils se méfient, car ils savent que leur opération a été éventée. Des bruits ont courus, colportés par des extérieurs, et il est maintenant certain que l'information a filtrée jusqu'aux oreilles les plus infâmes.

Le bruit des pas des agents de l'Arc résonnent sur les vieilles pierres dallant la rue principale. Cette dernière n'a pas été entretenue depuis longtemps, et le lichen a envahi certaines zones, proches des bouches d'égoûts. De toute manière, se dit le l'aspirant Hercksley -manquant de peu de glisser-, qui voudrait entretenir ce coin maudit, envahi par la lie de l'humanité ? Arachnos y est le Maître, et les efforts déployés par les organisations super-héroïques ne changent pas la donne. Tout au plus permettent-ils d'empêcher la progression du Mal vers la grande cité. Les Insoumises portent hélas bien leur nom.

Hercksley, avec sa coupe de cheveux impeccable et son allure de jeune premier, aurait pu faire une carrière de mannequin ou d'acteur. Cependant, ce fils de bonne famille, héritier par son père d'une longue lignée de super-héros, malheureusement sur le déclin, a préféré mettre ses talents d'illusionniste au service de la paix et de la justice. Les pouvoirs des Hercksley, d'origine mutante, s'estompaient pourtant de génération en génération, noyés au milieu de gênes humains normaux. En désespoir de cause, il avait choisi d'intégrer cette faction réservée à ceux qui ne peuvent devenir super-héros, mais cherchent à aider leurs prochains. Il repense alors à son père, et à sa vie ...

Mais là n'est pas le sujet de notre histoire. Hercksley est là pour capturer des prisonniers évadés, et le véritable personnage principal de ce récit est l'homme mystérieux perché en haut de son immeuble, comme un faucon cherchant sa proie. L'individu attends patiemment, enveloppé dans un large imperméable volant au vent, le chapeau rabattu sur son visage. Une bourrasque soulève de nouveau le pan de son manteau, lui murmurant deux prénoms féminins à l'oreille.

- "Myra ... Suzy ..." murmure-t'il.

Il voit un mouvement en contre-bas, et les choses semblent s'accélérer. Un autre agent de l'Arc fait son apparition, surgissant d'une camionette en stationnement. Ce dernier est un gradé, preuve en est qu'il porte une espèce de casque métallique, symbole de son autorité. L'homme perché pousse un soupir de soulagement, et ôte son ample vêtement. Ce faisant, il dévoile une carrure de déménageur, et s'exhibe enfin à nos yeux.

De la tête aux pieds, son corps est orné de pointes, que ce soit sur la tête, les épaules, les bras ou les chevilles. Même sa ceinture en est garnie. L'intégralité de son corps est couvert de plastrons de métal noirs, fixement accrochés à une épaisse cotte de mailles rouge. Son visage est recouvert d'un masque hideux, d'où dépassent des ergots, divisant son faciès en deux parties distinctes : rouge et noir, comme le reste de son aspect. Il s'accroupit, plongeant de nouveau son regard en direction du Lieutenant de l'Arc.

- "Je t'ai trouvé, Moslaid !" dit-il, ricanant à l'évocation de ce nom.

Le Lieutenant Moslaid n'est parvenu à ce grade que grâce à son infiltration au sein d'Arachnos. De fait, il était même agent d'Arachnos avant de retourner sa veste. La fidélité n'est plus une valeur reconnue, pense l'homme vêtu de rouge et noir. Hercksley discute alors avec le Lieutenant, l'entretenant de quelque chose que, de sa hauteur, il ne peut entendre. Négligeant toute précaution, il s'est alors redressé de toute sa hauteur, puis, d'un pas relativement leste pour quelqu'un de sa carrure, s'est dirigé vers les escaliers de secours, pitoyable passerelle métallique qui pouvait lâcher à tout instant.

Si l'on peut percevoir le bruit de ses bottes lorsqu'il descend, on ne peut cependant pas le voir. Seul les échos de ses pas sur la surface métallique trahissent sa présence, et cela ne durera que jusqu'à ce qu'il atteigne le bas de l'échelle, d'ici un instant.

Revenons à présent dans notre rue, où se pressent les agents de l'Arc.

- "Alors, Hercksley, des nouvelles ?"
- "Encore rien de précis, Monsieur. Nous avons pu attraper deux individus sur la liste d'évasion que vous nous avez ramené, mais le plus gros de celle-ci nous est encore inaccessible."
- "Ils les font sortir au fur et à mesure. Je vois. Retenez bien ceci, Hercksley ! Recluse est loin d'être idiot ! Savez-vous pourquoi il fait sortir les détenus un par un ?"
- " ... " le regard de l'aspirant se perdait dans le lointain. Puis il finit par avouer son incompétence. "Non, Monsieur, je ne vois pas."
- "Parce qu'en cas d'intervention -comme celle-ci-, cela limite les risques que nous les attrapions tous d'un seul coup. Tout simplement."
- "Oui, vous avez raison." reconnu le jeune homme.
- "Sur ce, je retourne dans le camion de surveillance. Continuez d'ouvrir l'oeil, Hercksley !"
- "A vos ordres !"

Le Lieutenant remonta dans le véhicule en stationnement, refermant la double porte derrière lui. Il s'assit ensuite tranquillement derrière son poste de réception radio, s'apprêtant à reprendre sa transmission d'ordre à tous les éléments de son équipe, quand une épine stoppa net ses gestes. Il faut bien reconnaître qu'une épine de plusieurs dizaines de centimètres surgissant de son propre thorax est prompte à se faire poser des questions. Moslaid pouvait dire ce qu'il voulait, ce morceau de corne qui venait de lui déchirer les poumons ne lui appartenait pas. Il s'effondra alors sur son siège, un filet de sang coulant de la commissure de ses lèvres, tandis que son menton s'affaissait sur sa poitrine, lui donnant l'air d'être endormi.

Apparu soudain derrière lui, l'être vêtu de rouge et de noir, qui ôta délicatement l'épine qu'il venait d'enfoncer, comme si il craignait de faire plus de mal à sa victime. Il la réssuya sur des uniformes de l'Arc, pendus là par souci de propreté, puis se pencha de manière à ce que sa bouche se trouve à moins de deux centimètres de l'oreille de Moslaid.

- "T'as le bonjour d'Arachnos !" sussura-t'il.

Il disparut à nouveau, puis, comme par magie, la porte avant droite du camion, celle du passager, s'ouvrit seule, et se referma de même, sans un bruit. Inquiets de ne plus recevoir d'ordre de son supérieur, Hercksley se rendit jusqu'au véhicule, et n'y trouva que son chef, mort. Sur la paroi, derrière celui-ci, un énorme C, tracé avec du sang et du camboui, dans un étrange mélange de rouge et de noir.

Le Converti était passé par ici.

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Poulpe
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MessageSujet: Re: Le Converti   Mar 14 Fév - 13:19

Lundi 13 Février 2006, Steel Canyon, à 10h30.

La société Arkos-Media est une société relativement importante employant plusieurs centaines de personne et leurs bureaux occupent tout un étage de la tour Salkowski. C'est ici que se trouvent les organes directeurs et les services administratifs de cette grande société. Si, au démarrage, elle se contentait de produire des publicités, elle s'est maintenant tournée vers des activités plus ou moins liées, telles que la mise sous format informatique, des programmes de PAO, et tant d'autres choses. De fait, la société Arkos-Media est devenue, de fil en aiguille, une multinationale dont le chiffre d'affaires fait rougir.

L'ascenseur s'arrête silencieusement, et seul le Ping sonore indique à l'hôtesse d'accueil qu'il est arrivé. Conformément au protocole, elle se lève de son siège, prête à saluer le nouvel arrivant. Le patron ne plaisante pas avec les bonnes manières. L'occupant de l'ascenseur surgit alors, et il s'agit d'un homme d'une quarantaine d'années, au cheveux parsemés de mèches grises tombantes, vêtu d'un costume rayé. Avec lui se trouve un autre homme, petit et râblé, de minuscules lunettes rondes posées sur un nez aquilin, le crâne dégarni.

- "Bonjour, Liliane. Voici Monsieur Arvic, des Constructions Arvic."
- "Bonjour, Monsieur Arvic. Bonjour, Monsieur le Directeur." fait la jeune femme.
- "Contactez Monsieur Helm, dites-lui que son client veut lui parler."
- "Bien, Monsieur."

Les deux hommes s'avancèrent alors dans le couloir à la moquette pourpre, aux murs lambrissés, présentant avantageusement. Il fallait montrer que la société était en bonne santé. Les portes de bureaux, en merisier, se succédaient les unes aux autres, et seul l'écriteau qu'elles portaient permettait de savoir qui occupait la place. Ils continuèrent à travers ce dédale de luxe, jusqu'à arriver à une autre porte. Sur celle-ci se trouvait une petite pancarte en onyx sur laquelle était écrit : "Mattias Helm, préposé aux relations clientèles".

L'homme élancé aux cheveux grisonnants frappa trois petits coups secs, et la porte s'ouvrit presque instantanément. L'homme imposant qui l'ouvrit semblait obéir lui aussi à un protocole, et il est clair qu'il attendait le signal pour ouvrir la porte.

- "Bonjour, Monsieur Arvic. Bonjour, Monsieur Johnson."

Il avait un ton très grave, et proféré ses salutations comme un souffle léger et discret. Sa carrure laissait supposer l'ancien sportif, probablement un joueur de foot américain reconverti, mais son visage trahissait une certaine lassitude de la vie. On pourrait croire, en voyant son air de basset mélancolique, qu'il portait sur ses épaules la tristesse du monde. Vêtu d'un sombre costume trois pièces, il aurait pu se faire passer pour un croque-mort sans aucun problème. Il invita ensuite les deux hommes à s'asseoir en face de lui.

Le bureau était relativement austère, et aucune fantaisie ne venait égayer ce lieu. Les murs, blancs et fonctionnels, ne faisaient montre que de graphiques de nature professionnelle. Les meubles étaient clôs, soigneusement étiquetés, et il n'y avait nul trace de documents traînassant paresseusement, attendant d'être vu et traité par l'occupant de la pièce. Seuls quelques papiers traînaient sur le bureau de type présidentiel, et il s'agissait probablement du travail sur lequel planchait actuellement Mattias Helm. Il les fit disparaître à une vitesse impressionnante dans une chemise à élastique rouge, qui disparut elle-même dans un des nombreux tiroirs. Cette fois, le lieu était d'une propreté étincelante, comme si personne ne venait travailler ici.

- "Et bien, Monsieur Arvic, que pensez-vous de la campagne promotionnelle que notre service publicitaire a mis au point pour vous ?" questionna Helm. "Avez-vous quelconques remarques sur la prestation fournie ?"
- "Mon associé, celui qui est devenu majoritaire depuis quelques temps, a été impressionné par l'ensemble de l'action accomplie. Je dois bien reconnaître que je l'ai rarement vu aussi satisfait. Il n'est jamais heureux, mais il sait reconnaître le talent quand il en voit."
- "Parfait," approuva Johnson, "je craignais que ..." Il suspendit sa phrase, jetant un regard en biais à Helm, puis détourna le sujet. "Tout est bien qui finit bien. La campagne s'est bien déroulé, j'espère que votre compagnie en tirera prochainement les bénéfices."
- "Seul le temps nous le dira." prononça d'une voix pleine de sagesse le dénommé Arvic.

Ils examinèrent ensuite tout les trois quelques graphiques que Mattias sortit d'un autre tiroir, présentant les quelques résultats que les actions publicitaires laissaient déjà entrevoir, et ils continuèrent à en discuter jusqu'à ce que le téléphone portable de Johnson vibre, le rappellant à l'ordre.

- "Messieurs, je dois hélas vous laisser, un autre rendez-vous se profile. Monsieur Arvic, je vous laisse entre les mains expertes de Monsieur Helm. Il vous raccompagnera quand vous désirerez vous en aller."

Ce qui signifiait évidemment "Ne restez pas trop longtemps, je n'aime pas vous savoir à détourner l'attention de mes employés ! Le boulot est fait, tirez-vous !". Il partit, claquant doucement la porte derrière lui, laissant Arvic et Helm en tête-à-tête. L'attitude du petit monsieur chauve changea alors du tout au tout. Si jusqu'à présent, il s'était tenu droit et attentif, il s'affala négligemment dans le fauteuil présidentiel destiné aux clients, croisa ses jambes et toisa Helm de manière équivoque.

- "Cette pièce est sûre ?" demanda Arvic.
- "Je vous le garantis." répondit Helm.
- "Je dois admettre que j'étais assez incrédule, quand Lord Recluse m'a demandé de faire appel à un agent extérieur, pour accomplir cette mission. Quelle surprise, quand il m'envoie ici sous le couvert d'une innocente campagne de pub -qui n'est pas trop mal réussie, je dois bien l'avouer- pour vous contacter. Il a été fort impressionné par vos prestations -criminelles, s'entend-."
- "La tâche est accomplie. Pourquoi avez-vous tenu à rester aussi longtemps ? Avez-vous quelque chose à me dire ?"
- "Oui. Scirocco aussi a été très impressionné par vos qualités. Il aimerait assez que vous rejoignez Arachnos, sous ses ordres. Cela ..."
- "Mes conditions restent inchangées. Ni Maître, ni loyauté."
- "Bien, je transmettrais. Soyez cependant sûr qu'il n'en restera pas là. Vous risquez gros en refusant."
- "Je ne risque plus rien : je n'ai plus rien de précieux à perdre." affirma Helm, en regardant Arvic, avec son regard humide et son air abattu.
- "Si vous le dites ... Monsieur Le Converti."

Mattias Helm accompagna ensuite son visiteur jusqu'à l'ascenseur, signala le départ de Monsieur Arvic a l'hôtesse, qui le notifia sur son calepin. Les dirigeants de la société se renseignaient sur la durée des échanges avec le client, pour estimer une rentabilité approximative. Arvic serra la main de l'homme massif, et celui-ci, une fois les portes de l'ascenseur refermées, tourna les talons et s'en alla vers son bureau, d'une démarche lourde et pesante.

Le Converti retournait à son espace de travail.

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MessageSujet: Re: Le Converti   Mar 14 Fév - 18:37

les Crevasses

Ils sont là, autour de moi. Les acolytes du Cercle des Epines. Le rituel bat son plein, je fais salle comble. Il ne comprennent pas pourquoi ça ne marche pas, pourquoi l'âme des ceux qu'ils ramènent disparait quand ils la font entrer dans mon corps. Ils ne saisissent pas que je m'en nourris, afin d'alimenter mon pouvoir naissant. Encore deux ou trois comme cela, et je serais surpuissant.

Ce sont eux qui m'ont tout pris. Le Cercle. Et ces maudits héros aussi. Je suis seul. Myra ... Suzy ... Ils vous ont ôté à mon affection. Je n'ai plus rien, je suis seul.

Myra ... mon seul et unique amour, celle qui a vu plus loin que le joueur populaire de foot de la fac. Toi qui a fait naître en moi tous ces sentiments. Mon coeur, éteint jusqu'alors, s'est illuminé quand nous nous sommes rencontrés. Il s'est assombrit quand tu es morte en donnant naissance à notre fille, me faisant promettre de veiller sur elle. J'ai échoué, et notre petite Suzy doit être à tes côtés, à présent.

Suzy ... mon ange. Il y'a un mois maintenant que je t'ai perdu. Définitivement. Comment pouvais-je savoir que le Cercle des Epines kidnappait des enfants pour des sacrifices ? Ceci n'est cependant pas une excuse. Je les ai laissé t'emmener. Je n'ai rien pu faire pour te sauver. Tu n'avais que six ans, tu ne méritais pas ça.

Et ces héros, à attendre devant cette grotte de savoir comment ils allaient répartir la prime de la Hero Corps ... Je les hais, presque autant que je me hais moi-même. "Cinq minutes plus tôt et la petite aurait été sauve !" Ces mots prononcés par le médecin qui a constaté la mort de ma fille .... ces quelques mots .... resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Pourquoi ces policiers m'ont-ils retenus ? Je sais que j'aurais pu te sauver, mais ils m'en ont empêché.

Et maintenant, je tiens ma revanche, me nourrissant des âmes qu'ils essayent d'implanter dans mon corps. Ils tuent les enfants, au nom de leurs dieux infernaux, mais les adultes servent à faire revenir les âmes de leurs alliés. Ils ont cru faire une affaire avec moi. Ils se sont trompés.

J'ai réappris pendant un mois les sorts qu'utilisaient mon grand-père. De la pure magie. Avant d'être pris, j'ai pu lancer une incantation, avant même que les membres du Cercle ne se doutent de quoi que ce soit. Un sort basé sur ma personne, inscrit à même mon âme.

Ce sort s'appelle Dévoreur d'Ame, il sert à s'approprier les pouvoirs des revenants. Je sens déjà que cela fonctionne. Une partie de mes pouvoirs magiques latents se nourrissent des âmes qu'ils m'envoient. Encore un peu, juste un peu, et je serais votre équivalent ... et votre fin ! Ils s'arrêtent, hélas bien trop tôt. Le Devoreur d'Ame arrive au bout de sa durée, mais j'ai acquis suffisamment de force, assez pour vous faire regretter ce que vous m'avez fait.

L'ombre qui planait au-dessus de nous s'étend, comme porteuse de sinistres présages. Le ciel s'ouvre en deux, laissant surgir une main titanesque, dont la peau noirâtre et couverte de cloques purulentes semble morte. Elle cherche à me saisir, pour mieux me contrôler. Je sens presque l'haleine vénéneuse de son propriétaire, à travers l'épaisse couche de nuages. Mais je lui échappe, courant jusqu'à ce que je sois invisible.

Ni Maître, ni loyauté. Tels doivent être mes priorités ...

La main m'attrape alors, m'écrasant comme une poupée.


Mardi 14 Février 2006, Atlas Park, à 2h28.

Mattias Helm sursaute en sueur, le souvenir de l'étrange main encore bien présent sur son corps. L'appartement est vide et froid, austère comme sa vie. Le lit est presque complètement défait, et la bouteille d'eau, qu'il a posé à côté de sa table de nuit, est renversée. Son sommeil est toujours aussi agité, et cela dure depuis presque un an maintenant. Il s'assied alors au bord du lit, et met son visage dans le creux de ses mains. Un sanglot se fait alors entendre.

Il se relève ensuite, pour se diriger vers un tiroir verrouillé. Le tiroir.

Il s'agenouille devant le meuble et glisse la main derrière celui-ci, cherchant à tatons un objet. Le contact du métal est froid, et fait apparaitre des frissons sur sa nuque. Mais cela ne l'arrête pas. La clé en main, il actionne alors la serrure du tiroir, et le tire vers lui.

A l'intérieur, un masque noir et rouge le contemple, symbole de celui qu'il devient quand le remords devient trop intense.

Le remords pour n'avoir pu tenir la promesse faite à sa femme mourante.

Le remords pour n'avoir pu sauver la seule chose qu'il lui restait d'elle, leur fille.

Il enfile le masque, et aussitôt le remords se transforme en une haine féroce et implacable. Depuis qu'il a consommé les âmes des tortionnaires de sa fille, c'est la seule échappatoire qu'il lui reste. Une fois le masque mis, il n'est plus Mattias Helm.

Il n'est plus que celui qui a fait semblant de se convertir au Cercle des Epines. Celui qui hait aussi bien les vilains que les héros. Celui qui a pour devise Ni Maître Ni Loyauté.

Quand sa rage atteint son paroxysme, il devient alors Le Converti !

Note de l'auteur : Voilà donc la présentation 'globale' du Converti, mon nouveau piti reroll, un Rôdeur Epines/Régénération, avec un trait RP : si il a l'occasion de se faire du Cercle, il saute dessus !

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MessageSujet: Re: Le Converti   Ven 17 Fév - 13:17

Le mage du Cercle s'étouffe avec son propre sang, tandis que le Converti retire son épine de la gorge de celui-ci. La mort vient alors chercher sa nouvelle proie, laissant l'assassin de cette dernière savourer cette petite victoire. Un de plus, pense-t'il, encore combien en reste-t'il ?

Les grottes humides ne laissent entendre aucun son. Chemin faisant, le Converti a conscencieusement vidé les allées, éliminant toute présence hostile, déchargeant sa colère et sa frustration sur les êtres qui s'en sont pris à sa fille unique, sa fille chérie. Ce n'est qu'une maigre consolation face au chagrin de cet homme.

Devant le néant résidant en ces lieux, Mattias repart, décidant de retourner chez lui, pour pouvoir se rendre à son travail demain matin. Ce n'est qu'une couverture, mais il en a besoin. Elle lui permet de prendre contact plus facilement avec ses employeurs. Ni Maître, ni loyauté, tel est le principe qui dirige ses actes.

Il rentre par la grande porte, invisible aux yeux de tous. Cette capacité à disparaître fait partie de son héritage, de ces choses que sont grand-père lui a appris. Un homme qu'il n'avait pas revu depuis sa plus tendre enfance. Une dispute avait séparé son père et son grand-père, concernant l'usage de quelque chose dont Hector, le père de Mattias, ne voulait plus entendre parler, et dont il voulait éloigner ses enfants.

Une enfance assez heureuse, normale, entre un père qui travaillait dans une compagnie d'assurance, et qui gagnait assez bien sa vie, une mère, restée à la maison pour élever les enfants, douce et gentille, haussant parfois le ton pour se faire obéir, et un grand frère, taquin, un peu voyou sur les bords, mais terriblement attachant. La famille Helm au grand complet présentait les atouts d'une famille américaine modèle.

Il ne restait qu'une tâche à ce parfait portrait : le père d'Hector, un saltimbanque, qui avait espéré que son fils ou ses petit-fils reprennent son flambeau, et deviennent détenteurs de son savoir. Mattias avait au plus six ans quand son père et son grand-père eurent une violente dispute, ayant débouchée sur le départ précipité et définitif de Julius Helm, fâché de la décision de son fils. Ils restèrent longtemps sans nouvelles, car Julius avait été embauché par un cirque itinérant, et ne semblait pas vouloir faire la paix avec son fils.

Mattias a donc grandi sans connaître autre famille que celle de sa mère, son père ayant coupé les ponts avec tous ceux qui pouvaient avoir un lien de parenté avec lui, comme si il craignait que quelques secrets viennent noircir sa réputation et le présenter comme un être étrange. Mais à part cela, tout se passa bien dans la famille Helm. La belle-famille gâtait les enfants Helm, leur mère étant fille unique. Les parents étaient toujours amoureux, comme au premier jour. Les fils Helm se montraient vifs et intelligents, un peu espiègles, comme des garçons normaux. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Ils rentrèrent tous les deux à la faculté, et Max, le frère de Mattias, bien que plus âgé, dû vivre dans l'ombre de son petit frère, devenu la star de l'équipe de football américain. Si Max était grand et minde, efflanqué diraient certains, Mattias était plutôt petit et trapu, ce qu'il lui avait valu une place dans l'équipe, et quelques coups d'éclat lui valurent rapidement le surnom de Bull, le taureau, et à sa manière qu'il avait de charger le porteur du ballon avant même que celui-ci ne puisse réagir. (Nota Bene : sa position était Linebacker, c'est-à-dire qu'il doit empêcher les porteurs du ballon d'avancer, et les intercepter, ce sont des joueurs de défense pure).

Au cours de ses études, il rencontra Myra qui devint sa femme. En fait, si ses résultats sportifs étaient bons, il avait quelques difficultés à maintenir une moyenne acceptable. C'est à ce moment qu'il demanda de l'aide à Myra, une des meilleures élèves de sa classe. Les évènements s'enchaînèrent rapidement, débouchant, après l'obtention des diplômes, sur le mariage, et huit années de vie commune. Ils eurent du mal à avoir un enfant, et quand ils réussirent enfin, cette grossesse emporta Myra, et cette dernière confia à Mattias le soin d'élever leur fille.

Il portait le deuil en permanence, n'affichant son sourire que lorsque Suzy était près de lui. Cela a abouti à l'air abattu qu'il porte désormais quotidiennement. Pendant six ans, sa fille fut son seul réconfort, la seule raison qui l'empêcha de tout casser autour de lui. Ses parents étaient partis en Californie, profiter de leur retraite, et son frère voyageait en Europe, en tant que courtier en bourse. La seule famille qui restait à Mattias, c'était Suzy.

Mais cela aussi, on lui prit. Le Cercle kidnappa l'enfant, afin de l'offrir en sacrifice à un Béhémoth. Le temps que les héros interviennent, il était trop tard.

Mattias noya alors son chagrin dans l'alcool, et eut des écarts de conduite avec des super-héros, ce qui lui valut quelques séjours en prison. Son employeur, la société Arkon Média, menaça de se séparer de lui. Mais il s'en moquait éperdument, puisque ce qu'il avait de plus précieux au monde lui avait été retiré.

Quand on le libéra, il erra sans but dans la grande cité, jusqu'à ce qu'il croise un cirque itinérant, qui s'installait dans un parc, attirant l'attention des badauds qui se rendaient au travail. Mais bien plus que le cirque en lui-même, c'est l'homme qui était en charge de monter le chapiteau qui l'interpellait.

C'était son grand-père, qu'il n'avait pas vu depuis des années.

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MessageSujet: Re: Le Converti   Jeu 23 Fév - 17:48

La discussion entre Mattias et son grand-père dura jusque tard dans la nuit, et il confia sa souffrance à cet homme qu'il avait à peine connu. Julius Helm était encore bien conservé, à la grande stupéfaction de son petit-fils qui n'arrivait pas à déterminer ce qui avait changé chez cet homme, depuis son départ il y'a tant d'années.

- "Il est toujours le même ! Il n'a pas vieilli !"

Telle fut la conclusion à laquelle il parvint. Effectivement, plutôt que du vénérable vieillard approchant les quatre-vingt printemps, Julius ressemblait plutôt à un homme dans la cinquantaine. L'étrangeté de ce fait réveilla un souvenir dans sa mémoire, celui d'une dispute.

- "Grand-père, explique-moi ..."
- "T'expliquer quoi ? Que veux-tu savoir ?"
- "Plusieurs choses. Comment se fait-il que tu n'ai pas changé, depuis si longtemps ? Pourquoi Papa tenait-il à ce que tu ne nous enseignes pas quelque chose ? Et d'ailleurs, de quoi voulait-il nous éloigner ?"
- "Il y'a certaines réalités que ton père a voulu fuir. Il voulait devenir quelqu'un de ... comment dire ? De normal. Je n'ai pas d'autre mot. Il désirait plus que tout quitter mon monde, et vous en préserver. Peut-être craignait-il que, comme ton grand-père, toi et ton frère ne décidiez de quitter votre foyer pour vivre sur la route, au jour le jour, comme le vieil illuminé qu'il estimait que j'étais."
- "De quoi parles-tu ?"
- "D'un art ancien, aux origines obscures et inconnues. Quand j'ai commencé à vouloir lui apprendre, il est parti, préférant devenir un citoyen modèle de la société. Pour perpétrer cette tradition, je voulais que toi ou ton frère deveniez l'un de mes apprentis, et c'est là la raison de notre dispute, à ton père et à moi."
- "Quel est cet art ?"
- "Avant de continuer, j'aimerais que tu me dises si l'idée de mourir t'effraies."
- "Non ..."
- "Pourtant, tu n'as pas tenté de te suicider, malgré tes ennuis. Alors, je te repose ma question. As-tu peur de mourir ?"
- " ... " cherchant sa réponse au plus profond de son être, il se vit tel qu'il était : un homme qui désirait être détruit mais qui n'avait pas le courage de le faire lui-même. "Oui ... j'ai peur ... pourtant, je ne supporte plus le poids de mes pêchés."
- "Dans ce cas, j'accepte de te faire part de mon enseignement."
- "M'aidera-t'il à vaincre ma douleur ?"
- "Je ne sais pas si tu t'en débarrasseras jamais. Cependant, cela peut t'aider à la diminuer."
- "Grand-père ... veux-tu bien m'apprendre ?"
- "Oui. D'ailleurs, commençons la leçon tout de suite. Sais-tu ce qu'est un glyphe ?"
- "Un symbole, non ?"
- "Plus que ça. On dit que les glyphes sont magiques, et cela est vrai. Pourquoi, me diras-tu, est-ce que n'importe qui traçant un symbole n'obtient pas un résultat ? D'abord, il doit y avoir la capacité à cerner le glyphe dans son intégralité : sa forme, sa signification, l'endroit où il doit se trouver, la matière dont il doit être composé. Ensuite, il faut alimenter le glyphe avec de la magie, pour le rendre opérationnel. Alors, seulement, il révelera sa véritable force."
- "Mais ... il doit y'en avoir des milliers !"
- "C'est vrai. Mais tu t'apercevras vite que de concevoir un glyphe prend du temps et demande beaucoup de réflexion. Il existe déjà des glyphes, dont l'origine se perd dans la nuit des temps ; ceux-là, il est conseillé de ne pas y toucher, sauf absolue nécessité."
- "Pourquoi ?"
- "Parce qu'ils ne sont pas les tiens ! Un véritable glyphe, tu dois le concevoir de toi-même, l'imaginer, étudier son sens, sa signification. C'est là le but de mon apprentissage."
- "Mais ..."
- "En règle général, un scribe de glyphe en invente trois ou quatre au cours de sa vie. Ce n'est pas exhaustif, mais c'est une limite que s'imposent tous ceux qui en manipulent. Au-delà ... et bien, le glyphe, je te l'ai dit, est alimenté par de l'énergie magique, provenant de ton âme même. Au-delà de quatre glyphes, ton énergie magique décroit de manière stupéfiante. L'idéal est de s'en servir de trois. C'est une moyenne acceptable, permettant à ton niveau de magie de rester stable."
- "Tu t'en sers de combien ?"
- "J'en ai écris trois. Deux d'entre eux me servent, dont un en quasi-continuité. Tu peux d'ailleurs en voir l'effet. Je suis tel que j'étais à cinquante ans. Ce glyphe ne m'empêche pas de vieillir, tout au plus de conserver mon aspect. Si je l'avais mis au point plus tôt, j'aurais encore une allure de jeune homme. Le deuxième me sert à ... mais je vais te montrer."

Tirant la manche de sa chemise, il montra à Mattias son avant-bras droit, sur lequel était visible un symbole. En regardant de plus près, il vit que son grand-père avait fait son glyphe en faisant couler du métal encore en fusion sur sa peau. Julius toucha alors la fine couche métallique, qui se mit à luire d'un feu étincelant. Mattias regarda alors avec stupéfaction le corps du vieil homme se courvrir d'une couche argenté, de la même teinte
que la matière qui composait son glyphe.

- "Transmutation de la peau en métal. La meilleure des armures."
- "Inc... Incroyable !"
- "Pendant une semaine, je vais te donner des leçons sur l'écriture de glyphes. Après, tu passeras un examen d'écriture, c'est-à-dire que tu devras me soumettre un glyphe que tu auras créé. Si il est réussi, tu deviendras scribe de glyphe officiel. Sinon, tu devras subir une nouvelle semaine de cours. Et je te prie de croire que tu en auras vite assez !"

Effectivement, les cours se révélaient ardus, obligeant Mattias à se lever de très bonne heure, pour aller se coucher tard le soir. Cependant, tandis qu'il exécutait les travaux donnés par son aïeul, la culpabilité le torturait moins, et son esprit était tout entier voué à un but qu'il s'était fixé : faire payer la mort de Suzy à ses agresseurs, et à ces maudits héros. Au terme d'une semaine, Julius réveilla son petit-fils en sursaut.

- "Fin de la semaine, jeune scribe. Il est temps pour toi de me présenter ton travail."
- "Mon ... travail ? Mais je n'ai pas encore ..."
- "J'ai dit que tu devais me présenter un glyphe au terme de la semaine, pas vrai ?"
- "Mais j'ai à peine eu le temps de ..."
- "On est reparti pour une semaine de cours !" soupira Julius.
- "Quoi ? ... Mais ... "
- "Tu n'as pas compris le but, hein ? Il faut que tu écrives ton glyphe en même temps que d'apprendre ce que tu lis ! C'est un art que l'on acquiert en pratiquant. Enfin, je me doutais que tu ne l'aurais pas fait. Ca m'aurait étonné aussi."
- "Combien de temps ..."
- "Ca m'a pris quatre mois avant d'obtenir mon titre. Ton père a mis près de six mois. En plus, n'oublie pas que ton glyphe doit être opérationnel, c'est-à-dire qu'il te faut le tester !"

Une nouvelle semaine s'écoula ainsi. En plus de la lecture assidû d'ouvrages ésotériques traitant des glyphes et de leur puissance, Mattias s'aperçut vite que pour en écrire un, la chance ne servait à rien. Seul l'acharnement permettait de saisir la nuance dans l'écriture du glyphe dont la forme devait être parfaite. Ajoutant à cela que les composants à sa rédaction devait être parfait aussi, l'homme compris enfin que cela ne serait pas aussi simple que ce qu'il avait imaginé.

Deux nouvelles semaines passèrent, sans que Mattias ne parviennent à réussir l'examen. Il avait cependant progressé, au point que, sur un cahier de brouillon récupéré dans les affaires de sa fille, il avait déjà la première étape de son glyphe, sa propre création. La forme en était strictement définie, ce n'était plus une ébauche. A côté, annoté au crayon de bois, des indications prônaient l'usage de certains matériaux. Certains étaient barrés, d'autres finis par un point d'interrogation. Cependant, deux des indications se terminaient par une coche.

Mattias s'était inspiré du glyphe permettant à son propriétaire d'avoir des griffes, mais avait sensiblement modifié la structure même du symbole, cherchant, de toute évidence, à obtenir autre chose. Il avait aussi changé les composantes permettant d'inscrire le glyphe. De là, il ne lui manquait plus que la matière qui permettrait de le retranscrire, et c'est là qu'il piétinait. Passant devant les cages des animaux du cirque, il toruva la réponse de manière inespérée, en admirant les défenses de l'éléphant équilibriste. Il retourna rapidement près de son grand-père.

- "Grand-père, est-ce que tu as une corne de rhinocéros, quelque part ?"
- "Je dois avoir ça, dans la grande cantine bleue, en dessous de tes affaires."
- "Merci."
- "Examen dans deux jours, je te rappelle."
- "Je sais, et ce sera prêt d'ici là !"

Mattias entreprit alors de tester son glyphe sur lui-même. Il commença alors à broyer des ossements avec de la cendre, ajoutant de temps en temps une espèce de pâte blanchâtre qui solidifiait le tout. Il malaxa son mélange pendant pratiquement une heure, jusqu'à l'obtention d'une espèce d'encre un peu épaisse, de couleur noire. Il prit ensuite la corne empruntée à son grand-père, en trempa l'extrêmité dans le récipient, puis ouvrit sa chemise.

Il dessina alors sur sa propre cage thoracique, suivant le modèle qu'il avait fait dans le cahier, avec la corne imibiée de son encre spéciale, le glyphe qu'il avait mis au point. Mais ce n'était pas de l'encre qui s'étalait sur sa peau, c'était la corne qui s'imprimait à même son épiderme, lui arrachant une grimâce de douleur. Il ne s'arrêta pas, cependant, et poursuivit le traçage de son glyphe jusqu'au bout. Quand il eut terminé, un étrange dessin fait de corne ornait son thorax.

- "Tu as apparemment fait un glyphe, et trouvé ses composants." fit une voix derrière lui. Julius venait d'assister à la fin de la scène.
- "Oui."
- "Es-tu sûr que ça marche ?" Mattias ferma les yeux, se concentrant, puis, sans prévenir, des Epines sortirent de nombreux endroits de sa peau.
- "Oui. J'en suis sûr."
- "Impressionnant. Tu as réussi à devenir scribe en un temps record !"

Les Epines se rétractèrent cependant assez vite, au grand désarroi de Mattias.

- "Il n'y a pas moyen d'augmenter la durée ?"
- "La durée dépend de ta réserve de magie. Elle augmente par l'entraînement et les années."
- "Grand-père, j'en ai un besoin urgent."
- "Ou sinon ..."
- "Sinon ?"
- "Il y'a le Dévoreur d'Ames."
- "C'est un glyphe, non ? Il me semble que je l'ai vu."
- "Oui. Il permet de s'accaparer la puissance magique d'une âme en la consumant, et ainsi d'augmenter la capacité de contenance magique de celui qui la dévore."
- "Je croyais que l'on ne devait pas utiliser les glyphes des autres ?"
- "Il est conseillé de ne pas s'en servir. Mais ce n'est pas interdit. Cependant, avant que tu ne partes dans ta croisade, je te conseillerais de mettre au point un ou deux glyphes supplémentaires de ton cru."

Plus tard, faisant semblant de vouloir se convertir au Cercle des Epines, Mattias utilisa le Devoreur d'Ame pour s'emparer de la puissance magique des âmes des revenants du Cercle. Puis il écrivit deux nouveaux glyphes. Le premier améliorait considérablement sa récupération physique, lui permettant de mieux survivre. Le second ...

Mélangeant plusieurs herbes et un résidu de roche cristalline récupéré d'un membre des Terres Nourricières, Mattias obtint une substance qui lui servirait de catalyseur. Il inscrivit un glyphe à l'intérieur d'un masque de clown inquiètant, récupéré dans les malles du cirque itinérant, un masque qui représentait un visage humain dont une moitié était rouge et l'autre noire.

- "Rouge comme le sang, noire comme les ténèbres."

Le nouveau glyphe qu'il venait de créer, il l'avait nommé l'Inverseur. Quand le glyphe fonctionnait, il changeait le comportement de Mattias. Son remords, sa culpabilité, ce sentiment d'être faible et impuissant, tout cela se métamorphosait en une haine virulente, noyant le désespoir sous une rage incontrôlable. C'était la seule échappatoire à sa douleur. Devant son oeuvre, Mattias enfila le masque.

- "Ni Maître, Ni Loyauté." furent ses premiers mots.

Bien qu'il ne se soit pas encore nommé, le Converti venait de naître.

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MessageSujet: Re: Le Converti   Mer 1 Mar - 16:54

Alvin Johnson arpentait les couloirs de la société Arkos-Média, d'un pas de conquérant, rabrouant au passage quelques salariés qui discutaient, les renvoyant d'office dans leurs bureaux pour y travailler.

- "Allez, hop, hop, hop ! Pas de ça ici ! Du rendement, pas des chuchotements ! Filez donc à vos places !" Tels furent ses mots.

Il avait été nommé Directeur d'Agence il y'a environ quatre ans, quand le siège social fut déplacé de Philadelphie à Paragon, lui-même étant en poste dans la Cité des Héros depuis une dizaine d'années. Les dirigeants voulaient quelqu'un qui connaissait le terrain à la tête de l'agence représentant l'organe principal de la société. Après avoir évincé ses concurrents, Johnson restait seul en lice, et donc le choix avait été rapide. En fait, il avait procédé à des manipulations frauduleuses pour avoir le champ libre : chantage, corruption, pot-de-vin, menaces ... tout l'arsenal du truand de base y était passé. Johnson avait les dents longues et était déterminé à ne pas finir ses jours sous la houlette d'un grand ponte venue de Philadelphie.

Le seul point noir au tableau était la présence de Mattias Helm. Cet homme était une insulte aux yeux de Johnson. Engagé par Monsieur Arkos lui-même, le grand manitou de la boîte, Helm avait abouti en peu de temps à la place de préposé aux relations avec la clientèle, poste auquel Alvin n'avait accédé qu'après deux ans passés en tant que stagiaire. Cette promotion inquiètait sérieusement le Directeur, qui voyait déjà en lui un rival potentiel. Fort heureusement, le décès inopiné de sa fille avait mis Helm dans un état lamentable, au grand soulagement de Johnson. Les responsables du personnel avaient cependant fait preuve de compassion, et n'avaient pris aucune sanction contre lui, même après ces quelques arrestations, au grand dam d'Alvin.

Revenu au bout d'un moment à sa place, Johnson prit immédiatement en grippe cet individu démoralisé, qui infligeait à chacun son éternel air de chien battu. Il attirait la sympathie, sans que l'on puisse lui reprocher quoi que ce soit dans l'exécution de son travail, et cela irritait encore plus Johnson. Depuis maintenant près d'un an, il cherchait à faire tomber Helm, en lui donnant toutes les affaires délicates. A chaque fois, le client revenait satisfait. De même, plusieurs personnes tenaient à n'entrer en contact qu'avec lui, et à chaque fois Johnson se faisait écarter comme un intrus. Même Arkos, le grand patron, avait tenu une fois à confier à Helm "une affaire délicate, que je ne peux confier à personne d'autre".

Ce souvenir énerva encore un peu plus Alvin, et il en bouscula une secrétaire, faisant choir la pile de dossiers qu'elle portait. Il ne prit aucunement la peine de l'aider à ramasser, et se contenta d'un reniflement dédaigneux. Johnson n'aimait pas le petit personnel, et ils lui rendaient bien. Il s'arrêta ensuite devant la porte sur laquelle le petit écriteau indiquait le nom et la fonction de Helm, et il entra sans frapper. Helm, assit derrière son bureau, manipulait son ordinateur, tandis que de son imprimante sortait un graphique en couleur, probablement destiné à une quelconque étude publicitaire.

- "Dites-moi, Helm, vous le faites exprès pour m'ennuyer ou quoi ?"
- "Quel est le problème, Monsieur le Directeur ?"
- "Cette tête de martyr que vous affichez à chacun de vos clients ? Vous pourriez faire un effort, mon vieux. Souriez de temps en temps."
- "Je n'ai lu nulle part dans le règlement intérieur que le sourire était obligatoire."
- "Changez d'attitude, ou sinon ..." dit Alvin, pointant son index vers la poitrine de Mattias.
- "Sinon ?" reprit celui-ci.
- "..." Johnson baissa son doigt. Il n'avait aucune autorité en matière de gestion du personnel, juste des suggestions à faire, et celles-ci étaient rarement écoutées. "J'ai les moyens de vous rendre la vie infernale !"
- "Je me demande bien comment ..." soupira Mattias, détournant le regard de son supérieur pour se replonger dans son travail.
- "On en reparlera !" La phrase était habituelle chez Johnson, et indiquait clairement qu'il était à court d'arguments.

Il sortit en trombe du bureau, claquant sauvagement la porte derrière lui, maugréant quelques paroles désagréables. La secrétaire, qui venait de finir de ramasser ses dossiers, se tassa contre le mur pour le laisser passer, puis elle entra à son tour dans le bureau de Mattias.

- "Bonjour, Mattias. Voici les dossiers des affaires Arvic et Soleno."
- "Merci, Yolanda. Pose-les ici, s'il te plait." répondit-il en désignant un coin vide de son bureau.
- "Qu'est-ce qu'il a encore, le chieur ?" C'était le surnom attitré de Johnson.
- "Un problème avec ma tête, apparemment."
- "Toujours la même rengaine. N'y prête pas attention. Ce type là n'a pas de coeur, il ne sait pas ce que c'est de perdre ..." Elle suspendit sa phrase. "Désolée, je ne voulais pas te rappeller de mauvais souvenirs."
- "Ce n'est pas grave. Ce n'était pas intentionnel."
- "Tu sais pourquoi Johnson est d'humeur exécrable en ce moment ? J'ai entendu dire qu'il avait lancé une OPA sur la boîte, et que ça avait foiré !"
- "Ce ne serait pas étonnant. Johnson a les dents longues. Beaucoup trop, je dirais. Il finira par avoir des ennuis avec Monsieur Arkos."
- "Je vais partir avant qu'il ne revienne. Bonne journée, Mattias."
- "Au revoir."

Quand elle fut partie, le silence revint dans le bureau, seulement interrompu par le bruit de l'imprimante qui continuait d'éditer des documents. Pendant encore une heure, Helm plancha sur son ordinateur, puis il classa ses papiers, mettant bon ordre dans la liasse qu'il venait de sortir d'un de ses tiroirs. Le silence fut à nouveau rompu, mais par la sonnerie du téléphone, cette fois-ci.

- "Mattias, bonjour. Phil Arkos au téléphone."
- "Bien le bonjour, Monsieur le PDG."
- "Dites-moi, les services du Converti sont toujours bien à louer ?"

Il y'a un peu moins d'un an, Arkos avait découvert, de par ses relations avec quelques individus pour le moins suspects, qu'un tueur à gages solitaire faisait parti de ses effectifs, et il avait tenu à l'engager personnellement pour éliminer son gendre, qui avait quitté le domicile conjugal pour s'enfuir avec une strip-teaseuse. L'affaire avait été bien gérée par le Converti, et Arkos, depuis, faisait semblant de ne rien savoir. Probablement, en son for intérieur, savait-il qu'il prendrait de gros risques en essayant de se débarrasser de Helm. Peut-être aussi se disait-il qu'il pourrait avoir besoin de ses services une autre fois. C'est pour cela que les remarques incessantes de Johnson quand au comportement de Mattias passaient systématiquement à la trappe.

- "Oui, Monsieur. Mêmes conditions que d'habitude."
- "Ni Maître, ni loyauté. Je vous paie, vous décidez de la manière dont vous allez exécuter le contrat, puis c'est fini. Je n'ai pas oublié."
- "Quelle serait la cible ?"
- "Je vous annonce officiellement que le poste à Johnson sera à pourvoir prochainement. Peut-être serez-vous intéressé ?"
- "Non merci. En revanche, je vous fais une ristourne sur ce contrat. De toute manière, il commençait sérieusement à m'échauffer."
- "Voilà qui arrange bien du monde."
- "Y'a-t'il un dernier mot à dire à la victime ?"
- "Oui. Dites-lui de ma part que je déteste que l'on tente de me baiser."
- "Bien, Monsieur. J'exécute la cible dès que le virement est effectué sur mon compte."

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MessageSujet: Re: Le Converti   Mer 26 Avr - 17:32

Devant le 45, Meadour Street, 20h15

Les pneus du cabriolet de Johnson crissèrent sur les gravillons. Il descendit de sa voiture, d'un pas pressé, bien qu'il ne lui était nullement nécessaire de se précipiter. Avoir sacrifié son existence toute entière à la société Arkos ne lui avait pas permis d'avoir une famille. Après tout, quel besoin en avait-il ? Il avait passé sa jeunesse partagé entre son père et sa mère, divorcés, et ne savait pas réellement ce qu'était la famille. Loin d'être devenu des exemples, ses géniteurs l'encouragèrent à vivre seul, et à profiter de la vie un maximum, sans s'engager maritalement.

Bien sûr, il y'a eu Jessica. Mais chaque fois qu'elle commençait à parler mariage, il changeait de discussion, s'orientant sur des sujets qui l'intéressaient lui. Lassée de représenter un simple jouet sexuel à ses yeux, elle était parti, un jour, sans laisser de message ni d'adresse. Pas grave, pensa t'il, les femmes, ce n'est pas ça qui manque. Mais apparemment, plus qu'il ne le pensait. Des rencontres fortuites, pour une nuit, il en eu. Des relations durables et stables, c'était plus compliqué. Le psy le lui avait dit : refus de s'engager, par peur de la routine quotidienne. Il revoyait sans cesse ses parents, ayant fait un mariage d'amour, pour finir par ne plus pouvoir se voir. Alvin était devenu le messager entre les deux, jusqu'à ce que, majeur, il s'en aille vers les études, s'éloignant de ses géniteurs, qu'il avait si peu connu.

La clé tinta dans la serrure, puis il ouvrit la porte de chêne massif au large. L'allumage automatique éclaira le vestibule, dévoilant une pièce tout en longueur, débouchant sur une demi douzaine de porte, avant de se terminer en cul-de-sac. Les murs étaient absolument vides, et parfois, des marques indiquaient qu'un tableau avait été suspendu. Après avoir retiré son veston, qu'il accrocha sur un porte-manteau, seul ornement visible, Alvin referma la porte et s'orienta vers la deuxième porte de droite. Là aussi, la lumière s'alluma seule, à sa simple entrée, révélant une cuisine sophistiquée, mais dont quelques meubles avaient disparu. Johnson ouvrit le mini-bar, qui ne contenait plus qu'une seule bouteille.

Il alla ensuite dans un meuble accroché au mur, et en extirpa un grand verre. Il remplit à moitié celui-ci avec le contenu de la bouteille, avant d'aller dans la pièce adjacente, et de s'effondrer, verre à la main, dans le sofa de couleur beige. Tatonnant dans les plis du canapé, il cherchait la télécommande de sa télévision, avant de se rappeller que, comme beaucoup de son mobilier, il l'avait revendu pour faire son OPA. De fait, dans le salon, ne restait plus que le sofa, et quelques cartons qui contenaient les rares biens qu'il n'avait pas revendu. Les quelques tableaux de maître qu'il avait acquis à prix d'or étaient désormais chez de vieux antiquaires. L'un d'eux, un dénommé Gabriel Sinclair, moins rapace que les autres, avait conseillé Johnson. "Ce tableau pourrait valoir beaucoup plus que ce que vous m'en demandez, vous savez ? Conservez-le encore quelques années, avant de le revendre. Et si vous devez le revendre, faites-le dans une vente aux enchères !"

Hélas, c'était immédiatement qu'il avait besoin de cet argent. Il ne pouvait se permettre de perdre davantage de temps, et il avait besoin de fonds rapidement. Ses économies avaient fondues à vue d'oeil dès le début de l'OPA, l'obligeant à piocher dans son patrimoine constitué de quelques oeuvres, et à hypothèquer sa maison. Il ne lui restait plus, comme bien de luxe, que ses costumes de renom et sa voiture de sport. "Signes extérieurs de richesses ... tu parles ! C'est tout ce qu'il me reste !"

L'OPA avait lamentablement échouée. Il n'avait pu racheter les actions d'une partie des associés, fortement ancrée dans le cocon familial d'Arkos. Le peu de fonds étant revenu à Johnson lui avait permis de rembourser l'hypothèque sur sa maison, et il avait fait des estimations. "En considérant que je ne risque pas de prendre du galon dans la société après ça, mais sachant qu'ils ne peuvent pas me rétrograder, ni se débarrasser de moi, je risque de ne rester que directeur d'agence. Avec mon salaire actuel, il me faudra environ dix ans pour pouvoir remettre ça. Bon sang, j'ai vraiment raté le coche !"

Il entendit ensuite un crissement. Une sorte de raclement, comme si un pied botté avait affleuré un meuble. De son service militaire, Alvin johnson n'avait appris qu'une chose : il savait quand quelque chose ne tournait pas rond. Et ce bruit venait de réveiller en lui une peur ancestrale. Il sauta sur ses pieds, et courut jusqu'à l'un des nombreux cartons qui composait le décor de son salon. Le retournant à toute vitesse, il en fit chuter le contenu et pu ainsi attrapper ce qu'il cherchait : une arme semi-automatique, un Colt, qu'il enserra dans sa main droite, après avoir retiré le cran de sûreté, puis il pointa le canon du revolver dans le vide.

Il sentait bien que quelque chose ne collait pas, mais n'arrivait pas à déterminer son origine. La pièce apparaissait vide, sans que rien ne donne à penser que quelqu'un d'autre que lui-même s'y trouve. Cependant, son instinct lui commandait de rester adossé au mur, et de pointer son flingue devant, prêt à vider le chargeur sur tout ce qui pourarit se présenter. La sueur perlait en grosses gouttes sur son visage, et sa chemise prenait des teintes sombres au niveau des aisselles, preuve de sa sudation excessive. Quoi que ce fut, jamais il n'avait ressenti une telle peur. Il craignait de voir la chose surgir de l'ombre, et aurait préféré ne jamais avoir un tel don pour sentir le danger.

Les secondes s'égrenèrent lentement, faisant place aux minutes. Alvin Johnson commençait à avoir une crampe au bras, mais ne fléchissait pas de son attitude. De fait, il avait l'air un peu fou, les yeux exorbités, l'arme pointée sur du vide. Il commença alors à bouger, doucement, pas à pas, dos au mur, en direction de la porte de sortie. Il fut bloqué à un moment par un des ses propres cartons. Ce dernier était collé au mur, et bien trop lourd pour pouvoir être déplacé au pied. Alvin fit une savante manoeuvre afin de passer au-dessus. Mais son pied traversa le couvercle du carton, le faisant détourner les yeux pour regarder ce qu'il en était. Une courte inattention qui lui sera fatale.

L'épine transperça son poumon droit, lui faisant cracher du sang, tandis qu'un être de stature imposante, du corps duquel sortait des épines acérées, apparaissait. Vêtu d'un costume sordide, noir et rouge, il ne pouvait pourtant pas passer inaperçu. Comment ai-je pu ne pas le voir ? se lamenta Johnson. Le revolver tomba sur la moquette, dans un bruit sourd, tandis que les jambes d'Alvin, privées de vitalité, se dérobaient sous lui. Il glissa le long du mur, un filet de sang toujours coulant de la commissure de ses lèvres, regardant avec effroi l'homme qui venait de le blesser.

- "Qui ..." il toussota, et du sang fut expulsé de sa bouche. "Qui êtes-vous ?"
- "Quelqu'un qu'on a embauché pour te tuer."
- "Qui ? Qui vous a engagé ?"

Plutôt que de répondre, l'être s'agenouilla, de manière à faire face à Johnson. Il souleva, d'une main habile, son masque, et montra son visage à sa proie. Johnson s'étouffa en regardant le visage de Mattias Helm, qui affichait une expression de colère et de fureur qu'il ne lui connaissait pas.

- "Monsieur Arkos te fait savoir qu'il n'aime pas qu'on tente de le baiser."

Mattias abandonna un court instant sa victime, toujours effondrée, dans le salon, puis posa au milieu de la pièce une sorte de réveil mécanique antique. De couleur argenté, c'était un vieux modèle, dont la sonnerie était produite par un percuteur frappant à répétition deux cloches situées de parts et d'autres de celui-ci. La dorure avait été grattée, et sur le percuteur avait été fixées deux petites pierres, comme des silex.

C'est alors qu'Alvin Johnson sentit l'odeur. Du gaz. Il comprenait alors l'origine du crissement qu'il avait entendu : pendant qu'il buvait dans le sofa, Helm avait arraché l'arrivée de gaz dans la cuisine. Et il comprenait le pourquoi des pierres : quand le réveil sonnerait, les pierres produiraient des étincelles, qui enflammeraient le gaz. La cuve de gaz étant enterrée sous la maison, elle la soufflerait dès que le feu prendrait. Helm se tourna alors vers Johnson. Une épine, encore plus longue que celle qui avait transpercé l'homme d'affaires, surgit de son bras. Mattias eut ensuite un mouvement sec, et l'épine se détacha et vint se loger, comme une lance, dans l'abdomen du blessé. Le peu de chance qu'il restait à Johnson venait de s'envoler.

Le Converti quitta alors la pièce, disparaissant avant même de franchir la porte. Alvin Johnson tenta de se dégager, mais le sang qu'il avait perdu, et son poumon perforé, avaient miné sa force, et il se révéla incapable de faire bouger l'épine qui le maintenait cloué au mur. Il n'arrivait qu'à compter les secondes, jusqu'à ce que la sonnerie du réveil se déclenche.

Devant le 45, Meadour Street, 21h00

Jessica Hunter, femme d'affaires active, approchait de la maison d'Alvin Johnson, pour faire la paix. Qui sait, peut-être après une année de séparation, l'homme qu'elle avait aimé éprouverait le besoin de faire amende honorable. Et peut-être qu'ils pourraient se remettre ensemble, tous les deux, comme au bon vieux temps ? Elle préparait tous les scénarios possibles sur le comportement de son ex-amant. Plus que vingt mètres avant la porte. Comment allait-il se comporter ?

Elle ressentit d'abord une bouffée de chaleur, puis un vent puissant la propulsa en arrière. Le bruit de la dégradation l'obligea à se couvrir les oreilles, et elle se releva en hurlant, de peine et de douleur.

Si Alvin Johnson était dans la maison au moment de l'explosion, il n'avait pu y survivre.

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MessageSujet: Re: Le Converti   Lun 5 Juin - 16:13

Je les ai vu dans les flammes de la maison de Johnson.

Myra et Suzy.

Elles me regardaient d'un air désapprobateur. Le genre de regard perçant qui déstabilise un homme.

Je n'avais pas pu me sauver assez vite, et l'explosion m'avait soufflé comme un fétu de paille. Toujours invisible, j'avais atterri dans les massifs de fleurs. C'est là, en contemplant mon oeuvre, que je les vis. Toutes les deux, telles que je les voyais dans mes souvenirs, mais avec une expression de tristesse dans les yeux, que je ne leur connaissais pas.

Depuis, je les vois partout.

Ca fait une semaine que ça dure, et à chaque fois, c'est ce regard empreint de reproches, et cet air triste. Sont-elles tristes pour moi, ou pour ce que je suis devenu ? Me venger sur le Cercle des Epines ne m'apporte plus rien. J'essaye sans l'Inverseur, mais cela n'agit pas. Ces regards me font mal, bien plus que les douleurs résiduelles de l'explosion. Johnson est mort, son remplaçant est un type bien, qui connait bien la société, et qui est apprécié par tout le monde.

Je suis retourné voir mon grand-père. Nous avons discuté, longtemps, et j'ai fini par comprendre d'où naissait la magie. C'est une énergie générée par les vivants, explosant quand l'être meurt. Il est donc possible, d'après grand-père, que des traces de ceux qui furent subsistent en elle. L'utilisation des glyphes m'a rapproché un peu du monde des morts.

J'ai donc décidé de cesser de me servir de ces pouvoirs. J'ai quitté tout ce qui me rappellait mon ancienne vie, de ma place chez Arkos jusqu'à mon appartement, dont j'ai revendu l'intégralité, hormis quelques photos, afin de conserver des souvenirs des êtres aimés.

Comme Julius, j'ai rejoins le cirque itinérant. Je ne sais pas faire grand chose, et je n'ai pas la carrure pour faire le clown, alors on m'a confié de m'occuper des animaux.

Depuis peu, les apparitions de Myra et Suzy sont plus espacé, et elles semblent de nouveau me sourire. Lorsque j'ai commencé à parler à la nouvelle cracheuse de feu, Roberta, elles ont totalement cessé d'apparaître. Mais la dernière fois que je les ai vu, elles avaient l'air heureuses.

Elles étaient heureuses pour moi. Elles n'ont jamais souhaité que mon bonheur. Et moi, je l'ai ignoré.

Mais cette fois, la leçon est retenue.

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Jeux à terminer :

Cradle
Deponia Doosmday
Divinity Original Sin 2
Rage
The Elders Scroll : Skyrim

Prochaines acquisitions :

Darksiders 3
Ghost of a Tale (si jamais il sort)
South Park, l'Annale du Destin
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Le Converti
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