LES VIGILANTS

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 La Corne d'Eros

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Poulpe
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MessageSujet: La Corne d'Eros   Lun 24 Avr - 17:05

Chapitre un : Mission pour Arachnos

Le grésillement incessant des ordinateurs de la base d’Arachnos vrillait les tympans de Bloody Kris. Elle commençait à en prendre l’habitude, mais cela lui était toujours insupportable au bout de deux heures d’attente. Dans les corridors aux résonances métalliques, des gardes surentraînés faisaient les cent pas, dans l’esprit de leur ronde quotidienne, ajoutant au vacarme des appareils. Soupirant de plus belle, la jeune femme entreprit de se détendre.

Cela avait commencé par un simple appel, un message laissé par la Veuve Fantôme. Depuis sa mise à l’épreuve, la Veuve était son seul contact véritable au sein de l’organisation. Le message était clair et sans ambiguïté, il fallait que Bloody Kris entre en contact avec l’agent Willer, membre éminent d’Arachnos, connu pour ses travaux sur les armes d’origine magique. Qu’un ordre soit donné à la super-vilaine pour entrer au service d’un subalterne ne pouvait signifier que deux choses : ou l’agent Willer devait être surveillé, ou il ne disposait pas d’agent apte à accomplir une mission bien particulière. Depuis, Kris s’était rendue dans la base où officiait son nouveau contact.

Au bout d’une nouvelle demi-heure d’attente, des mouvements indiquèrent que le gradé venait d’arriver. Des talons claquaient, signes du passage d’un officier supérieur. Dans le corridor précédant le bureau devant lequel elle était assise, les soldats se mirent au garde-à-vous, confirmant ce que Bloody Kris soupçonnait : l’agent Willer revenait de sa tournée d’inspection. Il stoppa devant la jeune femme, la dévisageant sans retenue, puis sortit une clé de sa poche et ouvrit la porte de son bureau.

Comme le reste de la base, le bureau était presque entièrement composé de métal, des murs jusqu’au pupitre qui devait servir de bureau à Willer. Ce dernier s’assit, puis invita Kris à faire de même. Mais celle-ci déclina l’offre.

- « Vous êtes en retard ! » gronda t’elle.
- « La patience est une vertu. » répondit-il.
- « Dans ce cas, je suis au regret de vous annoncer que je n’ai pas beaucoup de vertu. Et qu’un coup pareil pourrait vous coûter cher ! »
- « Puis-je savoir à qui je m’adresse ? Kinra ou Cristel ? »
- « Les deux, si vous voulez le savoir. Nous n’avons pas de période d’alternance. »
- « Et ‘on’ a pensé à vous pour cette mission ? J’aimerais bien connaître le nom du fieffé coquin qui vous a jugé apte pour … »
- « Je suis sûre que Lord Recluse serait ravi d’apprendre ce que vous pensez de l’un de ses ‘agents très spéciaux’ ! » rétorqua t’elle, brandissant l’ordre écrit, signé de la main du maître d’Arachnos. Willer fouilla dans sa poche pour en sortir une vieille paire de lunettes usagées, puis examina le papier avec attention.
- « Oui. C’est bien de lui. Mais il ne vous décrit pas de la manière dont vous vous êtes présenté. Il m’assure que vous êtes dignes de confiance, toutes les deux, mais ne vous présente pas comme des agents spéciaux. Je reste persuadé que l’un de mes Scorpidés serait plus à même de remplir cette mission. Parce que, très honnêtement, je n’envisage pas de confier une mission aussi cruciale à …. une psychotique schizophrénique. Comme quoi, il arrive à n’importe qui de faire des erreurs, même à quelqu’un comme Lord Recluse ! »

Il éclata d’un petit rire narquois, ouvrant les tiroirs pour y trouver un petit verre et une bouteille contenant un liquide ambré. Il se servit une bonne rasade, qu’il porta aussitôt à sa bouche. L’alcool était frais, très frais. Trop frais, remarqua t’il. Quand il voulut retirer le verre de ses lèvres, il s’aperçut qu’il ne pouvait pas. L’ensemble était attaché par le gel à sa langue, et il comprit instantanément que Bloody Kris venait d’agir. Le verre et l’alcool gelé l’empêchaient d’appeler à l’aide, et il du se contenter d’écouter la jeune femme.

- « Bien, voilà qui vous rendra plus conciliant. Ecoutez-moi bien, petit bureaucrate sans cervelle. Si vous êtes encore vivant, c’est parce que je le veux bien ! Et parce que je n’ai pas reçu l’ordre de vous tuer. Maintenant, donnez-moi le but de la mission, avant que je ne me décide à enfreindre mes instructions. »

L’alcool gelé dans la bouche de Willer fondit presque instantanément, et il resta quelques secondes à toussoter, pour évacuer les derniers morceaux de glace encore coincés entre ses dents. Il regarda dans la direction de Bloody Kris, jaugeant du regard cette femme qui venait de le faire s’étouffer à moitié, évaluant les chances qu’il avait de s’en sortir si il ripostait. Si elle était vraiment une envoyée spéciale de Lord Recluse, et qu’il attentait à sa vie, sa position deviendrait alors peu enviable et risquée. Combien sont déjà mort d’avoir provoqué l’ire du seigneur de l’organisation ?

- « Le but de la mission est de retrouver et de ramener un artefact, connu sous le nom de Corne d’Eros. »
- « Pas très original … Vous savez où je peux la trouver ? »
- « Là est le problème : le musée du super-héroïsme de Paragon se vante d’avoir l’original en sa possession. J’ai déjà envoyé plusieurs espions de mon équipe sur les lieux. Ils sont tous prêts à affirmer que c’est un artefact authentique. En revanche, aucun d’eux n’est capable de s’en emparer. »
- « Des incapables. Nous sommes vraiment cernées par des incapables. » Willer se rendit compte que ce ‘nous’ désignait les deux femmes captives de la même enveloppe charnelle, et ne l’englobait pas, le classant dans l’autre catégorie. Mais il s’abstint de tout commentaire.
- « Autre chose. J’obéis à la lettre en vous le disant : il faudrait que vous recrutiez un comparse pour vous aider, sinon vous n’y arriverez pas. Et il est primordial que vous réussissiez du premier coup. »
- « Un … comparse ? Et vous avez des suggestions à me faire, je présume ? »
- « Non, aucune. Débrouillez-vous par vous-même. »

Willer invita alors Bloody Kris à prendre congé, la laissant se débattre avec son nouveau problème. Bloody Kris ne connaissait que peu de super-vilains, et ceux qu’elle connaissait n’avaient aucune allégeance ou loyauté envers Arachnos. Il lui fallait donc recruter quelqu’un en cherchant dans les archives de l’organisation. De retour à sa planque, elle se connecta à la base de données d’Arachnos et entreprit d’examiner les dossiers des alliés potentiels dont elle pourrait avoir besoin.

Elle en extirpa une longue liste de noms, dont la plupart n’étaient pas fiables, comme cette Brenda Smithson, une ex-agente de l’Arc particulièrement malchanceuse, considérée comme une traîtresse par ses anciens amis. Cependant, elle ne l’était pas. Tout au plus un malheureux concours de circonstances l’avait-il fait échoué ici. Quelques grammes d’innocence au milieu du Mal ambiant.

D’autres nom se gravèrent sur la liste, certains évocateurs, d’autres plus ténébreux. Bad Trip, Docteur Robotique, Radar, Hulk Return, Alanor, … tant de noms, et si peu de candidats. Les dossiers concernant ces individus présentaient des manques manifestes d’informations, complétés par des conjectures et des rumeurs, dont les sources étaient peu viables. Bloody Kris mit son visage dans ses mains, geste indiquant son exaspération. Quand elle se redressa, elle vit un nom qu’elle n’avait pas encore remarqué. Comme pour les autres, son dossier était singulièrement creux, mais les rapports sur les attaques de banque qu’il avait mené laissaient entrevoir un individu qui savait se servir de sa tête aussi bien que de ses muscles.

-« Il faut bien se décider pour quelqu’un. Je crois qu’il fera l’affaire. »

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Poulpe
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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Mar 25 Avr - 14:54

Chapitre deux : Recrutement du comparse

-« Rends-toi, et on te fera pas mal. Enfin, pas trop ! » cria l’un des agents de sécurité.
-« C’est marrant, c’est toujours les gars acculés qui ont des phrases comiques dans ce genre ! » répondit Mister Zane, de son éternel ton sarcastique.
-« Pourriture ! Quand on en aura fini avec toi … »
-« Comptez plutôt le nombre de balles qu’il vous reste, les petits gars ! »
-« Grrrr ! »

Les gardes s’entre-regardèrent, l’un semblant malencontreusement approuver les paroles du super-vilain. Les trois gardes restant de la banque s’étaient retranchés près de la porte blindée du coffre, vite rejoint par Mister Zane et ses robots. Depuis, une sorte de siège s’était installé, et les gardes avaient à plusieurs reprises fait usage de leurs armes en tirant vers la porte, dès qu’un mouvement suspect se faisait voir. De fait, Zane s’était arrangé pour faire passer ses robots à intervalles irréguliers, afin d’épuiser les munitions restantes des gardes.

Confortablement assis, dos au mur, Zane manipulait son bracelet électronique, attendant patiemment que les gardes fassent le faux pas qu’il espérait : presque à court de munitions, ils se jetteraient sur le super-vilain et ses robots. Au pire, quand ils commenceraient à être vraiment démunis, il lancerait l’assaut lui-même. Les pertes de son côté seraient minimes, voire inexistantes.

Pendant que le plan de Zane se déroulait, une forme résolument féminine entra dans la banque. Bloody Kris, vêtue de son costume violet et noir, jeta un regard circulaire, contemplant les agents de la Police des insoumises affalés, abattu par des armes à impulsions. Le bruit de la lutte se répercutait dans les couloirs, lui indiquant que le braquage était loin d’être fini. De son pas nonchalant et provocateur, elle prit la direction de la salle du coffre.

-« Alors, combien il vous en reste ? De balles ? » questionna Zane à la cantonade.
-« Suffisamment pour te farcir de pruneaux ! »
-« Bon, et bien j’arrive alors ! »

Il surgit alors devant les gardes, provoquant leur stupeur. L’un d’eux, récupérant ses esprits, décocha une rafale en direction du vilain. Les balles rebondirent en tous sens, révélant à l’impact un écran bleu-vert entourant le jeune homme. Les deux autres, tentèrent ensuite leur chance, sans plus de succès. Lorsque le cliquetis des armes renseigna Zane sur l’état de leurs munitions, il leva la main droite, et, aussitôt, une troupe de robots entra à sa suite dans la salle du coffre. La résistance des gardes fut de courte durée, de même que la durée de vie de la porte blindée. Elle sauta dans une explosion dont le son fut entendu dans tous les quartiers alentours.

Zane se dépêcha alors de ramasser son butin, et, sacs en main, il se prépara à recevoir la visite d’indésirables. C’était un classique : une fois la porte du coffre ouverte, une nouvelle vague d’assaut arrivait, comme si les gardes attendaient dans des box d’être lâchés comme des chiens de chasse. Pitoyable, pensait-il, et totalement inutile.

Mais il fut surpris. Au lieu du trio habituel de gardes armés, prêts à sauter sur tout ce qui ressemblait à un super-vilain, il ne vit arriver qu’une jeune femme, magnifique dans son costume qui semblait tout droit sorti d’une soirée d’Halloween.

-« Houlà, ma beauté. Ne reste pas au milieu du passage, sinon, ces brutes sans cœur vont te piétiner. »
-« Rien à craindre. Il faudrait déjà qu’ils soient en état de venir. »
-« Ha ? Toi aussi, ton contact t’a dit que le coffre était plein à craquer ? Dans ce cas, je veux bien partager … »
-« Je ne suis pas venu pour ça. Les banques ne sont pas ce qui manque dans le coin. »
-« Alors, pourquoi un canon comme toi viendrait elle ici ? Pour m’admirer dans mes œuvres ? »
-« Presque. Disons que je cherche de l’aide. Je travaille pour Arachnos. »
-« Comme à peu près quatre-vingt pour cent de la population du coin. Je suis désolé de t’apprendre que tu n’es pas une exception. »
-« On m’a confié une mission. Je cherche quelqu’un de suffisamment intelligent pour m’apporter son concours. »
-« Ca paye bien ? »
-« Arachnos paie toujours bien. »
-« C’est pour t’assister, tu dis ? Tu es sûre ? C’est bien ta mission ? Tu ne vas pas te faire remplacer par un quelconque barbu une fois que j’aurais accepté ? »
-« Me faire remplacer par un barbu ? Non. C’est à moi qu’on a confié cette mission, je l’accomplirais sans personnes interposées. »
-« Alors, si c’est pour faire équipe avec une beauté comme toi, ça marche pour moi ! »
-« Voilà qui est inattendu. » pensa Kris, tandis que Zane la dévorait des yeux. « Un obsédé, et il a fallu que ça tombe sur moi ! »

Pendant que Zane ajustait sa tenue pour se présenter sous son meilleur jour, des bruits de pas retentirent dans les couloirs, révélant une troupe de gardes, venus prêter main-forte à ceux qui étaient tombés. Les robots de Zane se mirent en position de combat, tandis que l’air ambiant se refroidissait rapidement.

-« Il meule, ici. C’est de toi ? » demanda Zane.
-« Oui. » répondit brièvement Bloody Kris.
-« Faudra que tu me réchauffes, après ! »
-« Ils sont là ! Arrêtez-les ! »

Le cri du garde coupa court à la réponse de la jeune femme, la forçant à réagir presque instinctivement. Une plaque de verglas se forma sur le sol, juste à l’endroit où la demi-douzaine de gardes venait d’arriver. Leurs jambes se dérobaient sous eux, les empêchant d’être trop agressifs. Durant leurs chutes, les robots de Mister Zane donnèrent l’assaut, et les tirs de laser fusèrent en direction des malheureux gardiens de la paix, incapables de se tenir debout. En quelques instants, l’endroit fut nettoyé de toute présence, hormis celle des deux super-vilains.

Ils prirent le couloir, en direction de l’entrée, et parvinrent à sortir du bâtiment sans rencontrer de difficultés particulières. Zane rajusta son col, tandis que Bloody Kris défroissait sa cape. Il attendait apparemment que la jeune femme lui donne la suite des informations.

-« On s’arrache. Je t’expliquerais tout quand nous serons dans un endroit plus tranquille. »
-« Je connais l’endroit idéal pour ça ! »
-« Ah oui ? »
-« Oui. Un petit restaurant sympa comme tout, à deux pas d’ici. On s’offre un petit tête-à-tête ? »
-« Contrôle tes hormones ! »
-« Plus sérieusement, j’ai un endroit où je me planque, pas loin d’ici. Le temps que l’ambiance se calme … »
-« Passe devant, maître des robots. Je te suis. »

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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Jeu 27 Avr - 16:02

Chapitre trois : Préparatifs et mise en place

La cachette de Zane était un vulgaire entrepôt décrépi, qui servait sans nul doute, d’ordinaire, à abriter des caisses de contrebande. La teinte passée des murs indiquait l’âge avancé du bâtiment, tandis que quelques bruits de fonds laissaient supposer que des clochards –ou pire- avaient pris pension en ces lieux. Bloody Kris interrogea du regard son comparse, mais celui-ci ne faisait que peu de cas de la présence d’autres ici. Elle parvint à la conclusion que cet endroit ne devait vraiment être qu’un lieu de transit pour le super-vilain.

-« Un peu limite, comme endroit, pour inviter une femme. » fit-elle remarquer, provocatrice.
-« Ah, belle demoiselle, ce n’est que du très temporaire. Une fois que l’agitation des rues sera calmée, je nous emmènerais dans un lieu plus prospère aux débats. Ou aux ébats. » répondit-il avec un clin d’œil égrillard.
-« Plutôt aux débats. »

Ils se lancèrent des piques encore quelques minutes, tandis que Zane ne quittait pas l’extérieur du regard. Puis, il leva la main en geste de silence.

-« Arc. Une escouade rien que pour nous deux. On a la côte, ma belle ! »
-« Et tu proposes de les recevoir ? »
-« Non. On va plutôt les laisser se démener avec nos amis du Conseil, qui se servent de cet entrepôt pour stocker les pièces de leurs précieux robots Zenith. »
-« Alors, les bruits que nous entendions … ? »
-« Et oui. »
-« Et tu le savais ? »
-« Et oui. »
-« Et tu ne m’en as rien dit ? »
-« Et oui. »
-« Qu’aurions-nous fait si ils étaient venus ici ? »
-« Je t’ai dit que je connais ce coin, pas vrai ? Ils ne se servent jamais de cette pièce. Ce n’est pas la première fois que je me planque ici. »

Des détonations claquèrent, soulignant le début des hostilités entre les deux groupes. Bloody Kris se dirigea vers la porte, et l’entrebâilla légèrement. Elle pu ainsi constater que Mister Zane avait bien préparé son coup : l’esprit des agents de l’Arc, dépêchés pour arrêter les suuper-vilains, était accaparé par ce nouvel ennemi inattendu. Les agents du Conseil proféraient des invectives, soupçonnant d’avoir été trahi. Quand Kris se retourna pour donner l’ordre à son comparse de partir, elle ne vit que le vide. Zane avait disparu.

Avant même qu’elle ne réalise ce qui était arrivé, un cocon d’énergie l’enveloppa, et elle disparut de la pièce, où, un bref instant plus tard, battraient en retraite les soldats du Conseil. Elle se trouvait désormais sur un bateau amarré à quai, à côté de Mister Zane, souriant et détendu.

-« Toujours préparer une échappatoire. Tant qu’il y’ait des coups à prendre, je préfère que ce soit les autres qui en profitent ! »
-« Oui, c’était pas mal trouvé. »
-« Bon. On y va. »

Zane décrocha l’amarre, puis se mit à la barre du petit bateau. Ils quittèrent rapidement l’embarcadère, tandis que le Mastermind commençait à diriger son véhicule en direction de l’île Clémence. Rejoint par Bloody Kris, qui avait pris un peu l’air, il engagea la conversation sur un ton plus professionnel.

-« Quel est le contrat, Miss ? Une personne à kidnapper ? Un coffre à vider ? »
-« On m’a demandé de retrouver la Corne d’Eros. »
-« C’est quoi ça ? »
-« Un artefact des temps anciens. Il est dit qu’Eros, Dieu de l’Amour, se servait de la corne pour faire s’aimer les gens. On dit aussi que si des personnes mal intentionnées s’en emparaient, elles pourraient se faire haïr les gens. »
-« Encore plus qu’ils ne le font déjà ? Et bien, ce serait du propre ! »
-« La Corne a été perdue. Selon une légende, connaissant son pouvoir, Hadès, Dieu des Enfers, l’aurait volé puis abandonné sur Terre, dans l’espoir que les Hommes s’en serviraient. Un demi-dieu, peut-être Hercule, l’aurait alors trouvé, puis dissimulé, afin qu’Eros puisse la récupérer quand il aurait le temps. Mais le Dieu de l’Amour aurait trouvé une autre voie pour atteindre le cœur des Hommes, et aurait renoncé à la retrouver. »
-« Ha ha ha ! »
-« Qu’est-ce qui te fait rire ? »
-« Ben, je m’imaginais Lord Recluse en Dieu de l’Amour ! Il serait pas mal, en toge avec des colliers de fleurs ! Ha ha ha ! »
-« Tu trouves ça drôle ? »
-« Ouais, hilarant même ! Trèves de plaisanterie ! Tu as une piste pour retrouver cette Corne ? »
-« Une des plus sérieuses : le musée du super-héroïsme de Paragon aurait acquis la Corne, et elle est exposée en ce moment même ! »
-« Se balader à Paragon ? Assez risqué, comme plan, ma puce ! J’espère que tu ne m’emmènes pas visiter le Zig, avec cette ânerie ! »
-« C’est là que tu entres en scène, Golden Boy ! Il parait que tu sais te servir de ta tête, alors trouves un moyen pour qu’on y parvienne sans encombre ! »

Une fois arrivé, Zane amarra le bateau, puis s’assit sur le bastingage, réfléchissant. Les idées défilaient dans sa tête, accompagnées de noms et de lieux. Bloody Kris se tenait adossée à la cabine de pilotage, l’observant en penchant un peu la tête, pour voir où se dirigeait son regard. Elle croisa les bras, tandis que Zane tapotait des doigts sur la rambarde métallique, tout en chantonnant d’un air faux. Il se redressa, fit les cent pas tout en chantonnant, s’arrêtant parfois pour lever les yeux au ciel, avant de reprendre sa marche.

-« Pas évident, cette affaire ! De toute manière, à moins d’être cinglés, et ce n’est pas le cas, il est inutile de se rendre à Paragon en tant que super-vilains ! On ne fera pas deux pas sans être interceptés. »
-« Et tu avais besoin d’autant de temps pour arriver à cette simple conclusion ? »
-« Mais non, jolie tête de linotte ! C’est la base de mon raisonnement, c’est tout ! »
-« Alors, abrège le suspens, et explique-moi ton plan. »
-« On infiltre Paragon en tant que citoyens. »
-« Bravo, quel plan génial ! Je commence à croire que j’aurais mieux fait de me débrouiller toute seule ! »
-« Ah, oui ? Alors, dis-moi, qui va te faire rentrer dans Paragon ? »
-« Euh … »
-« Et oui, c’est moins simple que ça n’en a l’air ! C’est pour ça que j’ai réfléchi si longtemps : je cherche qui pourrait nous permettre de nous infiltrer. »
-« Et tu connais cette personne ? »
-« Joey Franson. C’est un magouilleur de première. Il est connu sous pas moins de huit identités. Je suis même pas sûr que ce soit son vrai nom ! C’est le roi des faux papiers, et des techniques d’infiltration. »
-« Reste plus qu’à le convaincre de nous aider ! »
-« Et surtout le trouver ! Il est sans arrêt en déplacement, pour éviter de se faire toper. Mettre la main dessus, ça risque d’être un peu complexe. »

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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Mer 3 Mai - 14:05

Chapitre quatre : Introduction dans Paragon

Effectivement, retrouver Joey Franson ne fut pas une partie de plaisir. Les contacts de Bloody Kris ignoraient l’existence de cet homme, et ceux de Mister Zane ne savaient pas où il pouvait se trouver. Finalement, au bout de quelques jours, un appel téléphonique d’un allié de Zane, qui garda secret son identité, lui donna une adresse où il serait susceptible de le trouver. Le tuyau s’avéra fiable, et Zane obtint l’aide de Franson, nonobstant une rémunération substantielle.

Ainsi, au terme d’une semaine, Monsieur et Madame Andrews, originaires du Connecticut, arrivaient à Paragon, officiellement pour trouver du travail. Ho, bien sûr, ils auraient pu se faire passer pour des frères et sœurs, mais Zane avait insisté pour faire un couple, ‘moins sujet à controverse’ avait-il argumenté. Les papiers fournis par Joey étaient d’excellente facture, et l’on avait peine à imaginer que ceux-ci étaient des faux. Les deux super-vilains avaient évidemment modifié leur apparence, afin de se rendre méconnaissables.

Zane avait abandonné sa tenue de cuir noir pour un costume léger en tissu, et ne s’était pas rasé depuis une semaine, pour se vieillir un peu. Kris, de son côté, avait coloré ses cheveux, afin que sa teinte naturelle bleuté ne révèle pas sa véritable identité. Elle avait revêtu un jean et un tailleur, de composition courante. Les deux individus étaient devenu un couple tel que l’on pouvait en voir débarquer par centaine chaque année à Paragon City. Rien de notable, un couple bien ordinaire.

Après une courte attente en transit, l’ensemble des gens émigrant à Paragon passèrent à la Mairie. La législation en cours surveillait de près les entrées et sorties dans la grande cité, afin de mieux contrôler l’activité super-héroïque. Quelle utilité, en effet, de savoir qu’un individu pouvait, à tout moment, devenir un super-héros. De plus, des enquêtes étaient souvent menées sur les antécédents des nouveaux arrivants, afin de déterminer la présence d’espions. Bien sûr, dans les Insoumises, on sait que les espions, les greffiers de Paragon en laissent passer des dizaines, car il est impossible de tout contrôler. Cependant, sans un bon appui et des documents solides, il est difficile d’y entrer.

-« Monsieur et Madame Andrews. » appela le greffier.
-« Nous voici. » Zane et Kris arrivèrent en face de l’homme.
-« Asseyez-vous. » invita t’il poliment. « Alors, comme ça, vous venez chercher du travail à Paragon ? »
-« Oui. » répondit Zane.
-« Je lis pourtant ici que vous aviez votre propre affaire ? »
-« Malheureusement, ça a mal tourné. J’étais associé avec un individu peu scrupuleux. Et il a vidé les comptes de la société pour son bénéfice personnel. Je suis obligé de repartir à zéro. » Le scénario avait été appris par cœur.
-« Mais pourquoi ici, à Paragon ? »
-« J’ai trouvé une place possible dans les entreprises Crey. Et puis, si ça ne marche pas, et que je veux me remettre à mon compte, il vaut mieux que ce soit dans une grande cité, non ? »
-« Effectivement. » Le greffier remua quelques papiers, cherchant sans doute une source d’inspiration pour poser de nouvelles questions. A défaut, il tourna son regard vers Kris. « Et vous, Madame, vous cherchez aussi du travail ? »
-« Oh, non. Moi, je l’accompagne surtout pour … »
-« Avoir des enfants. » coupa Zane. « Dès que ma situation sera régularisée, je pense que l’on va s’y mettre sérieusement. Pas vrai ma chérie ? »
-« … » Elle ne répondit rien et lança un regard froid à Zane.
-« Elle déteste quand je lui coupe la parole. » se justifia t’il auprès du greffier. « Mais j’aime la mettre en colère. Elle est si mignonne quand elle prend ce visage ! »

Le greffier pencha la tête, ses yeux contemplèrent le jeune couple un court instant, puis il redevint droit et tamponna deux papiers à l’entête officiel de la Mairie de Paragon.

-« Voilà. Vous êtes désormais citoyens de Paragon City. » Il leur tendit à chacun un papier, qu’ils plièrent et rangèrent dans leurs poches.

Kris se releva de sa chaise, puis, d’un mouvement brusque, détourna le regard de l’entrée de la Mairie. Ses yeux semblaient trahir sa panique, et Zane, comprenant que quelque chose n’allait pas, lui désigna les portes des toilettes. Il vit ensuite ce qui l’avait tant perturbé. Au milieu de l’entrée, discutant avec la représentante de la Mairie, se trouvait une femme de petite taille, aux cheveux et à la peau blancs comme la neige. L’héroïne Snow était entrée dans la Mairie pendant la discussion qu’ils avaient eue avec le greffier.

Bloody Kris savait que, malgré son déguisement, Snow la reconnaîtrait aisément. Elle avait d’abord tenté de se cacher derrière Zane, et celui-ci, devinant la raison de son angoisse, lui avait indiqué la direction des toilettes. Elle s’y était réfugié, et s’était enfermé dedans. De son côté, Zane observait celle qui avait fait fuir sa complice. Une femme de taille réduite, au costume bleu et blanc, orné d’une étoile à cinq branches, le symbole des Vigilants. De par sa sœur, il savait qui ils étaient, leurs noms et leurs spécificités. Celle-ci était classée Blaster, manipulant la glace comme une virtuose. Le vilain n’eut aucune peine à déterminer qu’un affrontement direct leur coûterait cher. Trop cher en tout cas, surtout pour une mission où la prudence était de rigueur.

Snow bavarda quelques minutes avec la représentante de la Mairie, suffisamment longtemps pour faire s’inquiéter le greffier sur la santé de Kris, toujours enfermée dans les sanitaires.

-« Vous êtes sûr que votre femme va bien ? » questionna t’il.
-« Oui. Ca doit être le stress. » mentit-il. « Vous savez ce que c’est. On change de vie, de ville, de travail. C’est beaucoup pour une femme ! Ca doit agir sur ses intestins »
-« Très certainement. » Il sourit à ce propos, se rappelant un épisode de son passé.

Quand Snow fut partie, Zane se rendit devant la porte des toilettes pour femmes et frappa trois petits coups secs avec le plat de la main.

-« Ca va, ma chérie ? »
-« Oui, oui. Je crois que j’ai pris froid. La porte est fermée, il n’y a plus de courant d’air ? » Zane ricana à cette phrase élégamment tournée.
-« Oui, tu peux sortir sans souci. »

Elle quitta la pièce exiguë, regardant alentours pour voir si Zane ne lui montait pas un bateau. Rassurée devant l’absence de l’héroïne, elle reprit confiance et prit le bras de son comparse. Finalement, se dit-elle, il a eu raison : quoi de plus innocent qu’un jeune couple ? Ils s’en allèrent, bras dessus – bras dessous, et se dirigèrent vers la ligne de métro de Paragon. Ils s’orientèrent ensuite vers Steel Canyon. Là-bas, ils louèrent une suite d’hôtel, avec une vue imprenable sur le Musée du Super-Héroïsme de Paragon.

Il leur restait encore à établir un plan pour voler la corne, et, d’entrée de jeu, Zane reconnut que ce ne serait pas une mince affaire. Ils allaient devoir préparer soigneusement leur coup. Zane se posta à la fenêtre de la chambre pour voir le bâtiment, tandis que Kris s’assit sur le grand lit, serrant dans ses bras l’un des oreillers.

-« Ton Joey aurait pu nous prévoir un job au musée, ça nous aurait simplifié la tâche. »
-« Tu as vu les contrôles exercés pour entrer à Paragon ? Et bien, ce n’est rien à côté de ceux qui sont utilisés sur tous les salariés du Musée : on passe tout au crible, de leurs parcours scolaires à l’intégralité de leur famille. Avec nos passés trafiqués, on aurait été refoulé dès l’entrée ! »
-« Pourquoi tant de sécurité ? »
-« Ils conservent des objets puissants, et ne peuvent se permettre de les perdre. C’est normal. Rien que ta fameuse corne … tu vois son impact sur une ville comme celle-ci ? »
-« Alors, pourquoi l’exposent-ils ? »
-« Curiosité humaine, dirons-nous. Les trucs comme ça, ça attire les badauds ! »
-« Au fait, j’ai une question d’ordre personnel. »
-« Laquelle ? »
-« Pourquoi tu donnes des noms pareils à tes robots : Radius, Cubitus, Humérus, Clavicule, Rotule et Sternum … ce sont des noms d’os, ça ne va pas à des robots ! »
-« C’était la dernière chose que j’ai appris à l’école. C’est aussi simple que cela. J’ai aussi une question. »
-« Pourquoi j’ai peur de Snow ? »
-« Non. Tu préfères être au-dessus ou en-dessous ? » L’oreiller que tenait Bloody Kris fit une longue course jusqu’au visage de Mister Zane.
-« Je dors sur le lit ! Et toi … tu dors par terre ! »

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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Mer 10 Mai - 12:57

Chapitre cinq : Effraction au musée

Zane se leva, gémissant de la douleur de ses courbatures. Bloody Kris avait tenu sa promesse et il dormait depuis maintenant deux semaines sur le sol de la chambre d’hôtel. Il se consolait en se disant qu’elle l’autorisait à dormir dans la même pièce qu’elle, ce qui traduisait une certaine confiance qu’elle lui accordait. Il s’étira et contempla le spectacle de sa comparse endormie.

La teinture qu’elle avait utilisée s’effaçait, révélant la couleur inhabituelle de ses cheveux, ce blanc mâtiné de bleu. La couverture lui remontait jusqu’aux aisselles, cachant son corps au regard du Mastermind. Mais cela, il n’en avait cure. Elle n’hésitait pas à se promener en sous-vêtements, ou dans des tenues légères, et plus d’une fois elle avait demandé à Zane d’arrêter de loucher.

Sans s’occuper plus longtemps de l’anatomie de Bloody Kris, il se précipita dans l’entrée de la suite qu’ils avaient louée, et entreprit de déjeuner. Le service d’étage fut ponctuel, et Zane se demanda combien de temps ils pourraient continuer de se payer un luxe pareil, sans attirer l’attention. En effet, qu’un jeune couple loue une telle suite, sans pour autant avoir l’air de travailler, ça ne passerait pas longtemps inaperçu.

Kris arriva, prétextant avoir senti l’odeur du café, dans une chemise de nuit en soie bleue, baillant et s’étirant comme une forcenée. Zane remplit une tasse du liquide noir, puis lui tendit. Elle l’avala d’un trait, semblant ignorer que celui-ci était encore bien chaud. La conversation dériva ensuite sur le programme de la journée. Encore une fois, ils allaient prendre part à une ou plusieurs visites organisées, se glisser dans la foule, et étudier de près le système de protection. Ils s’étaient arrangés pour s’alterner, moyennant quelques jours où ils ne s’y rendaient pas, afin que leur présence ne soit pas jugée suspecte, bien qu’ils s’arrangeaient pour changer de tête et d’apparence à chaque visite.

-« Tu prends ce matin ou cet après-midi ? » demanda Zane.
-« Je crois que l’on va se prendre la journée … tous les deux ! »
-« Ho ho … Tu as décidé d’accélérer le mouvement ? »
-« Deux semaines, ça commence à faire long. Je crois qu’on va appliquer ma bonne vieille méthode : on rentre, on casse, on prend, et on se barre. »
-« Vas-y, alors, explique-moi comment on s’échappe ? »
-« Euh, et bien …. Euh … On trouvera bien à ce moment là ! »
-« Je suis d’accord sur ‘on rentre, on casse, on prend’, mais pas sur le dernier. »
-« Puisque tu es si malin, dis-moi comment on fait ! »
-« On se rend à Skyway, moi d’abord, avec ma téléportation, pour éviter les drones de la Police. Ensuite, je te ramène près de moi par le même chemin. On pique un hélico de l’Arc, on passe par Siren’s Call, et ensuite, direction la maison ! »
-« Ben voilà, tu vois que tu savais ! Pourquoi tu ne me l’as pas dit avant ? »
-« Tu ne me l’as pas demandé ! »
-« Très drôle ! »
-« J’aurais le droit à une petite récompense en nature, pour avoir trouvé l’issue de secours ? »
-« ‘Faut vraiment que tu te calmes, le pervers ! »
-« On attaque quand ? »
-« Ce soir, quand la nuit sera tombée ! »

Lorsque l’obscurité enveloppa la cité toute entière, faisant s’allumer les fenêtres et s’endormir les enfants, deux formes indistinctes quittèrent l’Hôtel Geneva, et, discrètement, traversèrent l’avenue qui, quelques heures auparavant était bondée. Face à l’immense bâtiment, l’une des deux formes sembla hésiter, puis, silencieusement, elle s’éleva gracieusement dans les airs, avec la légèreté d’une plume. L’autre forme s’entoura d’un halo de lumière, révélant sa nature humaine masculine, avant de disparaître de la rue et de réapparaître sur le toit. Il fut rejoint en quelques instants par sa comparse volante.

Ils avancèrent ensuite de concert vers l’immense baie vitrée qui formait le toit du bâtiment, jetèrent un regard inquisiteur à l’intérieur, avant de s’orienter vers une autre issue, plus petite mais aussi moins surveillée, un simple vasistas coulissant qui donnait accès à un bureau à la surface réduite. La femme voulut ouvrir la fenêtre, mais Zane attrapa sa main avant qu’elle ne s’accomplisse, lui montrant du doigt un petit appareil sophistiqué, habilement camouflé près de la charnière du vasistas. Il fit alors quelque chose qui stupéfia la femme. Il pointa son index vers le bureau vide, faisant apparaître un point d’énergie. Puis, de la même manière, il en fit surgir un autre du néant, un peu plus bas. Entre les deux points s’ouvrit une porte dimensionnelle, de laquelle surgit l’un des sbires de Mister Zane. A peine Cubitus commença t’il à bouger dans la petite salle que l’alarme sonna.

Le robot fit alors demi-tour et sauta dans le portail encore grand ouvert. Les deux points disparurent et l’accès à l’autre monde s’évanouit comme par enchantement. Bloody Kris regarda avec inquiétude son compagnon, qui lui répondit avec un clin d’œil et en mettant l’index sur ses lèvres, signe évoquant le silence. Quelques secondes plus tard, et l’alarme toujours tonitruante, ils virent débarquer dans le petit bureau une poignée de gardes, arme à la main, qui s’étonnèrent de trouver la salle vide. L’un des gardes se mit alors face au panneau de contrôle de l’alarme et saisit un code.

-« 1-4-7-0-0-2-5-9. » répéta Zane, lisant les mouvements du garde en question.
-« Je dois reconnaître que je me suis demandé ce que tu faisais. Et je dois bien avouer que c’était bien trouvé ! »susurra Kris.
-« Je ne fais jamais rien gratuitement ! » riposta l’homme.
-« Et comment tu comptes faire pour désactiver l’alarme sans entrer dans la pièce ? »
-« Laisse-moi faire. » répondit-il, tandis que les gardes quittaient un à un la pièce, pestant contre la faible tolérance des alarmes.

Il ouvrit un panneau de son bracelet électronique, dévoilant un petit clavier, puis y tapa des instructions, dans un langage que Kris n’avait jamais vu auparavant. Quand il eut fini, il posa la main à plat sur le toit, et un compartiment s’ouvrit dans son bracelet, laissant s’échapper plusieurs minuscules bulles lumineuses. Celles-ci se dirigèrent vers la fenêtre, et, contre toute attente, entrèrent dans la salle, sans que l’alarme ne se déclenche.

-« Mais que … ? »
-« Ce sont des nano machines. En tant normal, elles me servent à réparer mes robots. Mais je peux les reprogrammer pour d’autres tâches électroniques, comme de rentrer un code pour désactiver une alarme. »
-« Très ingénieux ! Dis-moi, qui est ton grossiste en ferraille ? »
-« Taratata ! Il ne travaille pas pour Arachnos ! »
-« Dommage pour lui ! »
-« Ca dépend de quel point de vue !
-« Il pourrait y trouver des avantages … »
-« Laisse tomber, beauté ! Il n’est pas du coin. »
-« Et alors ? »
-« Alors ? Le seul qui puisse aller le voir, c’est moi. A moins que tes copains n’aient un moyen de se rendre dans une dimension inaccessible avec un portail autre que le mien ! »

Tandis qu’il coupait court à la conversation, les nano machines retournèrent dans le bracelet, courant le long de la jambe de Zane pour retourner dans l’emplacement qui était le leur. L’homme fit un signe à sa compagne, et ouvrit la fenêtre en large. Semblant flotter doucement dans les airs, Kris se laissa descendre comme portée par une brise dans le bureau, suivie de près par Zane qui descendit de manière plus conventionnelle, mais avec beaucoup de discrétion. Kris entrouvrit la porte, jetant un œil rapide sur la fréquentation du couloir. Ce dernier se trouvait être vide.

-« Pas beaucoup de patrouille. » se lamenta Kris. « C’est louche ! »
-« Mais non, c’est normal, belles gambettes ! Pourquoi veux-tu qu’ils surveillent les bureaux administratifs ? Il n’y a rien ici ! »
-« Ils ont pourtant accourus, tout à l’heure. »
-« Au cas où les effractions se dérouleraient ici. Mais les pièces à surveiller sont dans le grand hall, y compris celle qui nous intéresse. »
-« Qu’est-ce que tu attends ? Amène tes robots. »
-« T’as jamais entendu une troupe robotique se déplacer ? Y’a rien de plus bruyant ! Hors, ce dont on a besoin, c’est de discrétion ! Je les appellerais si jamais on doit se battre ! »

Traversant les couloirs au pas de course, ils arrivèrent jusqu’à la salle centrale, sur le balcon qui surplombait celle-ci. En dessous d’eux, au milieu de la salle, se trouvait une statue, relique de la gloire passée de la ville, avant l’invasion des Riktis. Un peu excentrée, sous une cloche de verre, la Corne d’Eros reposait, objet de la convoitise des deux super-vilains. Mais ils n’étaient pas les seuls à vouloir s’en emparer.

Ce fut d’abord un individu revêtu d’une robe verte, capuche rabattue sur son visage, une arbalète à la main, qui entra par le couloir principal. Il fut bientôt suivi par un autre personnage, les yeux luisants, apparaissant derrière lui. En quelques minutes, ils étaient une dizaine à contempler la salle dans ses moindres détails. L’un d’eux pointa ensuite un long doigt crochu vers la vitrine.

-« Il semblerait que nos amis du Cercle aient eu la même idée que nous ! » déplora Zane. « L’avantage, c’est qu’à mon avis, on a plus à se soucier des gardes. En revanche, on va se ramasser une tripotée de super-héros sur le coin de la face ! »

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MessageSujet: La Corne d'Eros, Chapitre 6   Ven 2 Juin - 17:19

Chapitre six : Un court instant

Pendant un court instant, Zane et Kris restèrent plantés, inertes. Puis les réflexes revinrent à la normale, engrangeant chez Kris cette folie meurtrière qui précédait chaque combat, et chez Zane, ce détachement absolu vis-à-vis de l’endroit où il se trouvait. Seule comptait à ce moment la lutte qui allait s’ensuivre avec les membres du Cercle des Epines. Dépliant sa cape, la jeune femme s’éleva de nouveaux dans les airs, tandis que la température autour de son corps semblait chuter de secondes en secondes. Zane se contenta d’effleurer son mystérieux bracelet électronique, et, presque instantanément, une horde robotisée surgit du néant.

Six engins, de forme humanoïde, étaient apparus, dans un vacarme effarant, révélant leur position aux ennemis de leur Maître. L’un des Guide dressa sa main en direction du haut de l’escalier, en désignant, dans une langue étrangère, les deux super-vilains en posture de combat. Suivi de plusieurs de ses alliés, il arriva en bas des marches, une arbalète à la main. Avant même qu’il n’ait eu le temps de tirer, une décharge d’énergie l’atteint de plein fouet, le faisant s’envoler sur plusieurs mètres en arrière. Bloody Kris avait entamé les hostilités.

De son côté, Mister Zane n’était pas en reste. Fusil à impulsion en main, il donnait des instructions à ses robots, qui obéissaient sans faillir. Chaque tir était accompagné d’une chute de leurs ennemis. Mais ceux-ci étaient aussi nombreux qu’obstinés. Une plaque de glace se forma en bas des escaliers, empêchant les membres du Cercle de monter, les obligeant de se contenter d’attaques à distance, nombreuses mais moins mortelles que des coups au corps à corps.

-« On arrivera pas à grand-chose, comme ça, si ce n’est à leur permettre de s’enfuir avec la Corne ! » suggéra Zane à sa comparse.
-« Tu proposes sans doute de descendre dans la gueule du loup ? »
-« Oui, mais pas comme ça ! »

Joignant le geste à la parole, il se redressa, et fit un mouvement des bras. Venue de nulle part, un énorme champ de force entoura Zane, protégeant Kris et la troupe de robots. Toujours armé, et suivi de ses engins de guerre, le Mastermind descendit les marches, quatre à quatre, pour finalement arriver en bas des marches, prêt à en découdre de plus belle. S’abritant derrière Sternum, son gigantesque robot d’assaut, il ordonna à ses sbires d’attaquer tous les sorciers à proximité immédiate de la Corne.

Kris, quand à elle, continuait de maintenir la pression avec ses attaques énergétiques, descendant au niveau de son acolyte afin de lui faire bénéficier de la protection supplémentaire qu’accordait le courant d’air froid l’entourant. La Bulle de Dispersion et l’Air Arctique maintenaient les assaillants hors de portée. Le combat était à l’avantage des deux super-vilains, plus à l’aise dans les combats à distance. Les robots de Zane faisaient preuve de précision, soutenus par les attaques rapides et projetante de Bloody Kris. De temps en temps, celle-ci ne rechignait pas à user de ses pouvoirs d’entrave et de glaciation, ce qui l’obligeait à rester alors un peu en retrait, ceux-ci consommant beaucoup de son énergie.

Les membres du Cercle se battaient vaillamment, cependant, et chaque fois qu’ils tombaient, ils étaient remplacés par d’autres. Leur nombre semblait inépuisable, à la grande exaspération de Kris.

-« Bon sang, ils sont toujours aussi collants ! »
-« Tu as l’air de bien les connaître. »
-« Une partie de ma personne les connaît on ne peut mieux ! »
-« Ravi de l’apprendre. Peut-être que cette ‘partie’ pourrait leur expliquer pourquoi on doit prendre la Corne ? »
-« Nous nous sommes quittés en d’assez mauvais termes ! »
-« Evidemment ; rien n’est simple avec toi, dis-moi ! »
-« Ho ho ! »
-« Quoi ? »
-« Invocation ! Ils ont tracés un cercle sur le sol ! »

Comme pour confirmer les dires de la femme, une forme étrange, glacée et gluante, surgit à l’endroit où, pendant la bataille, les mages avaient écrit sur le plancher. Un Seigneur Démon Spectral venait d’apparaître, effrayant et hurlant. L’ectoplasme se rua en direction des deux super-vilains, et manifestement, ce n’était pas pour leur serrer la main.

-« Bouh, qu’il est laid ! » plaisanta Zane, arme en main.
-« Méfies-toi, ils sont plus puissants que tu ne l’imagines ! Heureusement, ils n’ont pas invoqué un Seigneur Béhémoth ! »

Cependant, contre toute attente, le premier coup qui atteint le spectre ne fut pas un rayon d’énergie, mais une flèche. Surgissant d’un couloir, une équipe de super-héros, vêtus de blanc et vert, la poitrine orné d’une étoile à cinq branches, tous équipés d’arcs, avait donné l’assaut. Ils enjoignaient leurs ennemis à se rendre. Zane pesta contre cette apparition imprévue, tandis que Kris continuait de tirer sur les membres du Cercle, sans se préoccuper plus longtemps des héros.

La venue du Super-Groupe de la Vigilant Archery avait considérablement perturbé l’attaque du Cercle et des super-vilains, et, ainsi, les sorciers se trouvèrent pris entre deux feux. Un Mage de Ruine, plus audacieux que les autres, se dirigea alors directement vers la Corne. Il lança son attaque sur le pupitre contenant l’artefact, faisant voler en éclat le verre, puis s’empara prestement de l’objet. Ce dernier en main, il jeta un regard circulaire autour de lui, cherchant une issue par laquelle il pourrait s’échapper. Il s’enfuit du mieux qu’il put vers la porte du bureau du conservateur, mais, à deux mètres de la poignée, fut stoppé net par une flèche.

Le jeune archer FluXion avait aperçu le fuyard, et avait entreprit de préserver l’artefact. Le sorcier s’était cependant suffisamment approché de l’endroit où Zane et Kris continuaient de se battre, se défendant à la fois contre les héros et les membres du Cercle des Epines. Voyant la Corne à quelques mètres d’elle, Bloody Kris se jeta au sol, dans l’espoir de l’attraper. Sa main entra en contact avec, et elle le serra contre elle, fière de sa prise. FluXion rajusta la corde de son arc, prêt à faire lâcher prise à la super-vilaine, mais celle-ci fut vite abritée derrière un champ de force.

En ayant remarqué que sa complice s’était déplacée aussi vivement, Zane avait deviné qu’elle avait vu la Corne, et qu’elle l’avait attrapé. Il s’était aussitôt arrangé pour se replier, se rapprochant d’elle, afin de mieux la couvrir. La flèche rebondit sur l’écran bleu-vert du Mastermind, sans causer de dégâts, tandis que le reste de la troupe d’archers détruisait le Seigneur Demon Spectral. Alors que ce dernier poussait sa plainte d’agonie, avant de sombrer de nouveau dans le néant, Zane et Kris reculèrent vers la porte du bureau du conservateur du musée.

Les membres du Cercle étant presque anéantis, il était évident que la troupe de héros allait se précipiter vers les deux super-vilains présents sur les lieux. La retraite risquait d’être coupée à tout instant, et Zane préférait éviter d’être placé en détention. FluXion les gardait cependant à l’œil, pointant sa flèche vers eux, appelant ses alliés à l’aide. Ces derniers achevaient le dernier mage, qui résistait avec ardeur, avant de s’écrouler sous les pouvoirs de cette équipe pour le moins originale.

Les robots de Zane lancèrent alors l’assaut sur les archers exténués, tandis que leur maître et sa complice refluaient dans le bureau du conservateur, sous le couvert du plus grand des robots du Mastermind. Les archers proféraient des menaces envers les deux super-vilains, tout en se battant contre les sbires métalliques.

-« Il faut abattre leur maître ! » cria FluXion, de toute sa voix, pour couvrir le bruit de ferraille des robots.
-« Certes, compagnon ! Mais il m’apparaît que ces machineries ne nous laisseront pas faire ! » répondit l’homme au Stetson. Jesus Argos se débattait contre deux des plus petits robots.
-« Arrêtez-les ! » annonça l’asiatique, chef du groupe, Yuki Hime.
-« On fait ce qu’on peut ! » soupira l’elfe Cynwael, ajustant son tir.
-« Pas facile ! Des flèches contre des robots, ça ne donne pas grand-chose ! » appuya l’homme aux cheveux hirsutes répondant au nom de Malko.

Zane referma la porte du bureau derrière lui, puis poussa un meuble devant pour les empêcher de les suivre. Ca ne les retiendra pas longtemps, se dit-il, mais c’est toujours mieux que rien. La femme qui l’accompagnait le regarda avec insistance, son regard questionnant l’homme.

-« Et maintenant ? »
-« Mes robots les retiendront suffisamment longtemps pour nous permettre de fuir. Tu as la Corne ? »
-« Oui. »
-« Il faut fuir, alors. Notre but est accompli ! »

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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Mar 20 Juin - 17:13

Chapitre sept : Faux et usage de faux

Tandis que Bloody Kris contemplait avec admiration l’objet de sa convoitise, Zane se dirigea vers la fenêtre, conservant une partie de sa concentration sur les bruits qui parvenaient de la grande salle d’exposition du musée. Les cris ne cessaient pas, indiquant que quelques-uns de ses robots maintenaient une bonne distance entre le groupe d’archers et l’entrée du bureau. Le Mastermind sourit légèrement, imaginant la frustration des héros qui n’arriveraient que trop tard. Ses yeux se portèrent sur le toit d’un bâtiment, et, dans un éclair de lumière, il disparut de la pièce. Considérant que plus grande serait la distance entre lui et les héros serait, mieux il se porterait, Zane se téléporta encore sur deux autres bâtiments, avant d’arriver près de la ligne jaune.

Pendant ce temps, les archers avaient obtenu victoire sur les robots, et avaient défoncé la porte du bureau du conservateur, dans lequel Bloody Kris était toujours.

- « Par ma foi, quelle infamie ! Comment diantre une dame peut elle descendre à de telles extrémités ? » regardant la jeune femme.
- « Rends-toi, » lui intima FluXion « et nous ne te ferons aucun mal ! »
- « Où est ton complice ? » demanda Cynwael. Avant même la réponse, Bloody Kris disparut de leur vue dans un cocon d’énergie
- « Fichtre ! L’ennemi s’est enfui ! »
- « Mince ! Le temps qu’on se batte, l’autre s’est barré ! Comment on fait pour les retrouver ? »
- « Bon sang ! Et ce quartier qui s’ouvre vers tous les endroits possibles ! »

Pendant que les membres de la Vigilant Archery se répartissait les différentes sorties possibles, Zane et Bloody Kris, eux, se dirigeaient déjà vers Skyway City. L’issue avait été de longue date prévue par Zane, mais un impondérable survint. Sur le chemin conduisant à l’hélicoptère qui les ramènerait sur les Insoumises, ils croisèrent deux formes pour le moins étranges, devisant sur les bas côtés.

Les deux individus étaient singuliers, l’un étant immense et massif, camouflant ses yeux derrière d’épaisses lunettes de protection, en dépit de la nuit qui s’avançait. L’autre ressemblait à un amalgame entre un être humain et un tigre, et sa queue remuait dans tous les sens.

- « Et moi, je te dis qu’on perd notre temps, Ogre ! Les braqueurs vont aller à Independence Port, pour piquer un bateau, et … »
- « Et ça, c’est quoi ? » répondit le géant en désignant les deux super-vilains.
- « Ben, ça … »

Il ne fallut pas quelques dixièmes de secondes à Tigerwolf pour reconnaître l’odeur de Zane. Fort heureusement, voyant qu’il était accompagné, il s’abstint de tout commentaire, se contentant de regarder poliment le Mastermind. De son côté, Zane comprenait parfaitement, pour en avoir discuté avec sa sœur, à quel genre de héros il avait affaire. Un combat avec Ogre Noir et Tigerwolf était d’office exclu, les individus disposant d’une relative notoriété, ce qui n’était pas rien, même pour une ville comme Paragon.

- « Allez, soyez sympas, rendez-vous ! » intima Tigerwolf.
- « Vous êtes coincés. »
- « Dans tes rêves ! » riposta Bloody Kris. Tandis qu’elle parlait, Ogre Noir vit l’objet qu’elle tenait serré contre elle.
- « La Corne d’Eros ? »
- « Quoi ? » questionna l’homme-tigre.
- « Ils ont pris la Corne d’Eros. »
- « Exact. Et nous n’avons pas envie de la rendre ! » répondit Zane en souriant, cherchant du regard une possible échappatoire.
- « Laissez-moi deviner. » fit Ogre Noir. « On vous a envoyé la voler, espérant que celle-ci aidera un certain Recluse à semer le chaos ? » Zane et Kris se regardèrent, tous deux étonnés qu’une masse de muscles pareille puisse faire étalage d’une telle connaissance. « Vous savez, ce n’est qu’une légende. Sans compter que je ne suis même pas sûr que ce que vous tenez soit la véritable corne. »
- « Comment ça ? »
- « Sa facture est trop récente, sans compter que ses formes sont bien trop harmonieuses pour avoir été conçu il y’a des millénaires. De toute manière, vous allez nous la rendre gentiment et déposer les armes, sinon … »
- « Sinon, quoi ? » Bloody Kris tenta une intimidation. Zane n’eut pas le temps de la prévenir.

Le poing d’Ogre Noir se chargea d’énergie, et il défonça un pan de mur sur lequel s’était replié Kris. Les briques volèrent en éclat, alors que Kris s’était baissée pour éviter l’assaut. Mais elle comprit vite qu’Ogre Noir avait fait exprès de ne pas l’atteindre, afin de répondre à l’intimidation. De son côté, sortant ses griffes, Tigerwolf se préparait aussi à combattre. Zane, quand à lui, tenta une ultime négociation. Il savait par sa sœur qu’Ogre Noir, sans être une sommité de l’archéologie, disposait de solides connaissances dans les objets anciens. Et, après rapide examen de la corne que tenait Kris, il avait fini par se ranger de l’avis du super-héros.

- « Bon, okay, c’est pas la bonne. L’idée que je propose est la suivante : on vous la rend, vous nous laissez partir, vous êtes les héros du jour, les méchants sont vaincus, on rentre chez nous la queue entre les jambes. Ca vous convient ? »
- « Non. Vous n’irez qu’à un seul endroit : la prison ! Rendez-vous ! » Cette fois, c’était Tigerwolf qui avait pris la parole, soutenu par le hochement de tête de son allié.
- « Mais, c’est que … ça m’arrange pas tout ça, quoi … allez, les mecs, soyez conciliants ? »
- « Nous avons déjà assez fait de compromis. » ajouta Ogre Noir. « L’heure est à l’action et pas aux paroles ! »

De nouveau, ses poings se chargèrent d’énergie. En son for intérieur, Zane envisageait une retraite, la situation échappant à son contrôle. Quelque soit les forces de ses adversaires, il savait qu’ils ne lui laisseraient pas le temps de téléporter ses sbires mécaniques. Le seul espoir du Mastermind résidait donc dans son pouvoir de transfert. Il cherchait un point où il pourrait apparaître, et le trouva, quelques mètres plus haut et plus loin, sur le toit d’un immeuble.

Avant même qu’il ne puisse faire quoique ce soit, cependant, une plaque de glace se forma à l’endroit précis où se trouvaient les deux super-héros. Ces derniers chutèrent, permettant à Zane de mettre ses pouvoirs en action, et de disparaître, pour arriver, sans effort à l’endroit qu’il visait. Dans la foulée, il fit mine de ramener quelque chose à lui, par le biais d’un quelconque fil imaginaire. Dans un cocon d’énergie, Bloody Kris apparut à ses côtés. Courant à perdre haleine, ils parvinrent au pied de l’immeuble sur lequel se trouvait l’hélicoptère qui les conduirait à Siren’s Call.

Le garde ne fut qu’une simple formalité, et le pilote n’eut pas d’autre choix que d’emmener les deux super-vilains hors de la cité de Paragon. Une fois sur place, Bloody Kris le congela, pour l’empêcher d’appeler des renforts, et ils s’enfuirent en direction des engins d’Arachnos, qui les ramèneraient chez eux. Les Insoumises leur tendaient les bras, tandis que Zane s’interrogeait toujours sur l’authenticité de la Corne qu’ils avaient ramenée avec eux.

Il saisit alors la Corne et souffla dedans, n’en tirant qu’un bruit rauque et incongru, rien qui puisse suggérer un quelconque pouvoir, devant une Bloody Kris stupéfaite.

- « Qu’est-ce que tu fais ? »
- « Je vérifie les dires du géant. Il a raison. C’est rien qu’un objet sans pouvoir. Toi qui as une partie ‘magique’, tu pourrais peut-être me dire si ce truc est enchanté ou pas ? »
- « Je vais essayer. » Elle posa les mains dessus, et l’on pouvait voir ses paupières cligner, alors qu’elle tentait vainement de trouver une trace d’énergie magique. « Rien. Pas la moindre once d’énergie. Qu’elle soit d’origine magique ou pas. »
- « Bien ce que je craignais. »
- « En gros … »
- « Tout ce temps pour rien. On rentre bredouille. »

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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Lun 31 Juil - 16:25

Chapitre huit : Retour aux Insoumises

- « C’est la cata, tout ce temps perdu pour rien ! Et Willer et ses informations erronées ! Attends un peu que je lui mette la main dessus, à celui-là, il va souffrir ! »
- « Keep cool, beauté. Il faut juste trouver une nouvelle piste, tout n’est pas encore terminé. »
- « Bravo, belles paroles. Et concrètement, ça donne quoi ? »
- « Ca donne qu’il va falloir chercher, chacun de notre côté, chez des contacts qui pourraient avoir des indices, des idées, n’importe quoi qui ressemblerait à une quelconque piste. » Bloody Kris eut un sourire dédaigneux.
- « Tu imagines que les quelques bouffons qui nous rencardent sur les bonnes affaires du coin sauront quoi que ce soit sur un artefact de grande magie ? »
- « J’ai l’impression que tu les sous-estimes, belle demoiselle. Tu sais, nos contacts, même si ils prétendent le contraire, en savent toujours plus qu’ils ne nous disent. Ca fait partie d’une certaine méfiance vis-à-vis de nos personnes. Même si ils font semblant de te mettre dans la confidence, ils gardent quelques secrets, afin de mieux te contrôler. Tu serais surprise de savoir ce qu’un contact menacé de passer de vie à trépas peut t’apprendre, et ce bien malgré lui ! »

Bloody Kris imaginait sans peine la scène, voyant Mister Zane ordonner à ses robots de passer à tabac un contact un peu trop discret. Elle réfléchit quelques secondes, puis hocha la tête d’un air approbateur. Certains de leurs contacts, bien placés, savaient peut-être quelque chose qu’ils n’avaient pas jugé utile de leur dévoiler quand ils se sont présentés. Pendant qu’elle réfléchissait, Zane avait sorti son téléphone portable, et semblait consulter la liste des gens qui étaient dessus. Il s’assit sur un muret proche, exhiba de sa poche interne un calepin agrémenté d’un petit crayon, et commença à griffonner des noms sur une page vierge.

- « Qu’est-ce que tu fais ? »
- « Tu n’imagines tout de même pas que je vais m’offrir le luxe de faire tous mes contacts ? »
- « Et alors ? »
- « Et bien, charmante personne, je fais déjà un premier tri, pour repérer ceux de mes contacts qui ont des accointances avec le milieu de la magie et de l’histoire. Tout simplement. Je t’encourage à faire de même. Si ceux-là ne donnent rien, nous pourrons toujours nous rabattre sur les autres. »
- « D’accord. Pour la suite des opérations … »
- « Je vois où tu veux en venir. Effectivement, ce sera plus simple de nous séparer même temporairement. De toute manière, j’ai quelques contacts extrêmement discrets, et donc, ils refuseront ne serait-ce que de me voir si je suis accompagné, qui plus est par une personne rattachée publiquement à Arachnos. »
- « Comment te contacterais-je ? »
- « Je vais te laisser mon numéro. » Zane tendit une nouvelle page qu’il venait d’arracher à son calepin à Bloody Kris. « Il me faudrait le tien. »
- « Pour que tu me laisses des messages pervers ? Hors de question ! »
- « Et si je trouve quelque chose, comment je te le fais savoir ? »

N’ayant d’autres alternatives, la super-vilaine, réticente, donna au Mastermind son numéro de téléphone portable, se promettant, dès que cette affaire serait terminée, de changer celui-ci. Ils se séparèrent ensuite, chacun dans sa direction, se faisant un petit signe d’au revoir. Mister Zane se dirigea vers Saint Martial, tandis que Bloody Kris s’envola en direction de l’Île du Requin.

Plusieurs jours passèrent sans que Kris n’ait de nouvelles de son comparse. Elle le comprenait, puisque elle-même, de son côté, ne trouvait aucune trace de la Corne. La plupart de ses contacts la renvoyèrent vers des lieux et des gens qui n’en savaient pas plus qu’eux. Bien des fois, elle eut envie de vérifier si ce que Zane lui avait raconté quand à la relative discrétion des contacts sur certaines informations était exact. Elle se retint, considérant que de tels actes pourraient conduire à des représailles contre l’organisation qu’elle tentait de défendre.

Une nouvelle semaine s’ajouta à la précédente, engendrant un état de panique avancé chez Cristel, se demandant si il était possible que ce cuisant échec l’oblige à quitter Arachnos. Elle voyait dans ses rêves le visage rayonnant de Willer, annonçant que, malgré ses indications, elle n’avait pas été capable de ramener la Corne. Tous ses contacts n’avaient pu lui fournir le moindre indice. Elle s’apprêtait à renoncer, quand elle reçut l’appel de Zane, qu’elle n’attendait plus, imaginant que le Mastermind avait repris ses anciennes activités.

- « Allo, allo ? »
- « Zane ? Tu sais quelle heure il est ? »
- « Allons, y’a pas d’heure pour les braves ! Ne me dis pas que tu es déjà couchée ? Il est à peine onze heures du soir ! Continue comme ça, et tu pourras former un fan-club des couche-tôt avec ma frangine ! »
- « Tu as une sœur ? »
- « Ouais, bon. Là n’est pas la question. Nous pouvons nous voir quand ? »
- « Demain, je dirais. Mais où … »
- « Rends-toi à Port Oakes, à huit heures, devant le ferry, nous devrions pouvoir nous promener sans éveiller l’intérêt de gens trop curieux ! »
- « D’accord. A demain. »
- « Dis … »
- « Quoi ? »
- « Tu ne veux pas que je vienne te border ? »

Kris raccrocha au nez de Zane, en soupirant d’exaspération. Le lendemain, elle se rendit au lieu de rendez-vous, d’apparence encore passablement endormie. Les pouvoirs d’énergie la fatiguaient beaucoup, et seul le sommeil pouvait l’aider à récupérer. Devant le ferry, elle fit les cent pas, histoire de ne pas s’endormir debout. Quand huit heures sonnèrent à sa montre, elle ne vit rien. Croyant que Zane s’était moqué d’elle, elle s’apprêtait à l’appeler avant de repartir. Soudain, dans un jaillissement de lumière, le Mastermind apparut.

Il tenait à la main sa liste de contacts, dont les noms avaient été barrés et sur lequel des annotations manuscrites avaient été rajoutées. Il avait l’air las de quelqu’un qui passait ses nuits à vadrouiller. Quand il vit la jeune femme, il lui fit un grand sourire, et faillit se jeter sur elle, les bras largement ouverts.

- « Ma petite caille ! »
- « Je ne suis pas … »
- « Comment ? C’est ainsi que tu me reçois, après tout ce que j’ai fait pour toi ? »
- « Tu as trouvé quelque chose ? »
- « Oui. Ca n’a pas été évident. Je te l’ai dit, qu’ils nous cachaient des choses, ces fichus contacts ! Après huit missions dans les grottes du Cercle, une franche explication au laser avec tes amis sorciers, quarante huit phalanges de brisées, un crâne fendu, une voiture explosée, un immeuble en flamme, j’ai enfin mis le doigt sur un indice susceptible de nous aider. »
- « Quel est t’il ? »
- « D’après une source non officielle –un contact qui va devoir annuler son week-end à la pêche pour cause de bras brisé-, il apparaît qu’un patron de bar, connu des services de police de Paragon et qui s’est réfugié sur les Insoumises, fait miroiter ses clients avec la légende de la Corne d’Eros. Il dit qu’il sait que celle exposée au Musée était fausse, bien qu’aucune publicité n’ait été faite à ce sujet, et qu’il a les moyens de connaître où est la vraie. Arachnos ne s’est jamais arrêté à ces propos, estimant qu’il s’agit de racontar de bistrot. Mais les récents évènements me laissent supposer que si l’individu savait que la Corne que nous avons essayé de prendre était une fausse, le reste de son histoire pourrait bien être vraie aussi. »
- « Et où est-ce qu’on peut trouver ton ami ? »
- « Il s’appelle Jay Bluesky, et il est le patron d’un rade mal famé, connu sous le nom de Ventre de la Baleine. »

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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Mar 1 Aoû - 14:38

Chapitre 9 : Dans le Ventre de la Baleine

- « Ce n’est pas le genre d’endroit que je visiterais, surtout la nuit ! » fit Kris.
- « Navré de ne pas t’offrir un dîner aux chandelles, mais le coin ne s’y prête guère ! »
- « Le Ventre de la Baleine … c’est là. »

Ils s’arrêtèrent tous deux devant un vieux bâtiment, aux murs de briques rouges écaillées, surplombés par une pancarte représentant une baleine bleue de profil, à travers laquelle on voyait les ombres des clients à l’étage, à l’endroit où devait se situer son estomac. Probablement inspiré par l’histoire de Pinocchio, Jay Bluesky n’avait pas trouvé mieux pour nommer son bar. Les fonds de la porte grincèrent, tandis qu’ils pénétraient dans l’immeuble.

Comme prévu, c’était un bouge mal famé, peuplé essentiellement de pochards avinés, venus dépenser leur paye durement acquise sur les docks, et de marins, venus s’offrir une soirée de détente avant de repartir. Une épaisse fumée de tabac flottait en l’air, donnant l’impression d’un brouillard narquois et épais, empêchant de bien voir les visages. Quelques clients tournèrent la tête à l’entrée du couple, puis reprirent leurs occupations, bien que certains montraient Kris du doigt en ricanant.

- « Sympa … » remarqua Bloody Kris.
- « Bah, je préfère les restaurants trois étoiles ! » répondit Zane, tandis qu’ils s’avançaient vers le bar.
- « On trouve nos renseignements vite fait et on se sauve. Je n’aime pas cet endroit ! »
- « Ca marche, faut juste demander au barman où est le patron. »
- « Et si jamais ces renseignements ne sont pas exacts ? »
- « On aura qu’à briser les doigts de Bluesky pour lui apprendre à raconter des sornettes ! »
- « Décidément, briser des os, tu aimes ça. Il y’a des manières plus raffinées pour faire souffrir. »
- « C’est surtout que c’est ce que j’ai de plus simple à faire faire à mes robots ! »
- « Oui. A ton avis, c’est lequel … Hey ! »

Kris fit volte-face, tandis que le marin éméché reposait sa main sur la table. Il riait aux éclats, devant la réaction de la femme sur laquelle il venait de procéder à quelque privauté. L’œil magique de Kris flamboya de sa lueur rouge surnaturelle.

- « Alors, on cherche ses petits copains à la maternelle ? »
- « Ca, tu vas me le payer ! »
- « Allez, mignonne, viens t’asseoir sur mes genoux ! » fit le marin, tendant les bras vers l’avant.

Il n’eut pas le loisir d’approcher davantage. Les mains tendues devant elle, Kris lâcha une rafale d’énergie qui heurta le thorax de l’homme, l’envoyant promener plusieurs mètres derrière la table. Ses compagnons réagirent de suite, se levant en proférant des jurons, tandis que les serveuses, affolées, se réfugiaient derrière le comptoir. Une nouvelle rafale d’énergie emporta un second marin, alors qu’un froid polaire faisait se dissiper le nuage de fumée.

- « Je te laisse t’amuser, beauté ! Je vais chercher nos renseignements ! » dit Zane, s’adressant à sa comparse.
- « C’est ça, ne viens pas dans mes jambes ! »

Le Mastermind se tourna vers le barman, et commença à discuter.

- « Un peu caractérielle, la petite dame ! Mais franchement, j’aimerais avoir le culot qu’à eu ce type de lui passer la main au … Euh, excusez-moi ! Je pense encore à voix haute ! »
- « Vous désirez ? » demanda t’il d’une voix où l’on sentait un léger tremblement. Recevoir des super-vilains ne devait pas être une habitude.
- « J’aimerais parler à Monsieur Bluesky. Pourriez-vous m’arranger une entrevue, dans l’immédiat ? »
- « Je ne crois pas. Vous savez Monsieur Bluesky n’est pas souvent là et … »

Cependant, les yeux de l’homme le trahissaient. Il regardait régulièrement en biais, vers une porte banale, sur laquelle était simplement affiché le mot privé. Zane eut un large sourire, remercia le barman, ignorant superbement un des dockers qui venait d’être propulsé derrière le comptoir, les autres peinant à tenir debout sur le sol verglacé. Il fit quelques pas au milieu de la salle, et personne ne tenta de l’arrêter.

Zane ouvrit la porte d’un coup de pied, ayant juste le temps de voir Jay Bluesky sortir par la fenêtre. Il se lança à sa poursuite, sans plus attendre. Les échos des pas de Bluesky donnaient sa position au Mastermind, qui siffla sa fidèle troupe de robots. Sur les toits proches, des bruits de mécaniques se mirent en branle, et Zane se lança, sans trop se presser, à la poursuite du patron du bar.

Dans les ruelles étroites et humides, Jay courrait de toutes ses forces, cherchant à mettre le plus de distance entre lui et l’homme qui cherchait à le voir. Il craignait que ce ne soit des agents de l’Arc, venus exprès sur les Insoumises pour le rattraper. Il continuait de foncer à toute allure, soufflant comme un morse, quand soudain, il entra en contact avec une forme grande et dure. Il tomba à la renverse et quand il releva la tête, il vit face à lui un gigantesque robot. Il entendit ensuite les bruits de pas derrière lui. Le Maître du robot arrivait.

- « Dites, vous fuyez souvent quand on vient vous demander des renseignements ? Vous n’avez pas la conscience propre ? »
- « Vous … vous n’êtes pas de l’Arc ? »
- « Non, assurément ! »
- « Dieu merci ! Je croyais que vous veniez pour moi. »
- « Je ne suis pas de l’Arc, mais vous n’êtes pas sauvé pour autant ! J’ai besoin de renseignements, Monsieur Bluesky. Des renseignements sur la Corne d’Eros. Il parait que vous êtes bien informé à ce sujet. »
- « En fait … »

Une dizaine de minutes plus tard, Zane libéra Jay, puis revint dans le bar, avec les informations qu’il voulait. A l’intérieur de la bâtisse, le froid était encore glacial, et il ne restait plus que trois hommes, sur la quarantaine qu’il y avait au début. Probablement qu’une partie de ceux-ci, craignant d’avoir affaire à une super-vilaine s’était enfuie. Il ne restait qu’une dizaine de corps allongés, meurtris.

- « Pas encore fini ? » s’étonna Zane.
- « Désolée. Ils étaient nombreux, et j’ai pas mal usé de mes pouvoirs glaciaires, ce qui m’a ralenti. »
- « Besoin d’aide ? »
- « Ah bon, » hurla l’un des marins, celui-là même qui avait eu un geste malencontreux « tu sais te battre, gringalet ? »
- « Me battre ? Houlà, non, quelle horreur ! Ca laisse des traces ! Comment voulez-vous que je plaise aux femmes après, avec le visage tuméfié ? »
- « Alors comment tu comptes l’aider ? »
- « Avec ces mains-là ! » répondit il.

Il dressa le bras, et instantanément, le bar se remplit d’une demi douzaine de robots. Les canons commencèrent à faire entendre le bruit de leur chargement, tandis que les robots s’échangeaient des signaux compréhensibles de eux seuls. Kris recula en direction de Zane, tandis que les serveuses et le barman sortaient par une porte dérobée.

- « Vous nous excuserez, mais nous avons nos renseignements, et je pense que nous n’avons plus de temps à perdre avec des petits joueurs ! »

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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Jeu 10 Aoû - 17:52

Chapitre 10 : La Grotte des Divinités

Après avoir copieusement arrangés les trois hommes, Zane et Kris sortirent du bistrot, le Mastermind les mains dans les poches, Kris en se les frottant comme pour faire partir la poussière. Dès le dernier homme à terre, les robots étaient retournés, sur ordre de leur maître, dans leur dimension d’origine. Les deux super-vilains firent quelques pas dans le calme de la nuit, avant que la Dominatrice ne se décide à poser la question qui lui brûlait les lèvres.

- « Alors, t’a-t-il appris quelque chose d’intéressant ? »
- « Oui. Il y’a une grotte située sur une petite île au large des côtes. C’était, parait-il, un repère de brigands, de corsaires et de pirates, ce qui n’aurait rien d’étonnant, compte tenu de l’histoire des Insoumises. De nombreux trésors y étaient enfouis, mais les lieux ont été vidés depuis longtemps. Cependant, il reste quelques légendes non résolues, dont certains indices sont donnés par des énigmes écrites sur les parois. Notre fameuse Corne fait partie de ces légendes, et on dit qu’un pirate célèbre s’en servit pour se faire aimer d’une fille de gouverneur et ainsi devenir gouverneur à son tour. »
- « Très intéressant. Où se trouve ton île ? »
- « Hélas, pas toute près. Tu imaginais sans doute y aller en volant ? »
- « Oui. »
- « Je ne te le conseille pas. D’abord, en pleine nuit, tu pourrais te perdre. Ensuite, le voyage serait trop long et trop fastidieux. Pour finir, tu arriverais là-bas ruinée de fatigue, et à la merci de n’importe qui aurait eu la malencontreuse idée d’aller voir si les pilleurs n’auraient pas oublié quelques petites choses. »
- « Si tu le dis. Que faisons-nous, alors ? »
- « Nous allons faire un petit voyage en hélico ! »

Ils se retrouvèrent le lendemain sur l’aéroport de Cap au Diable, Bloody Kris discutant d’arrache-pied avec le propriétaire d’un des hélicoptères d’Arachnos. La conversation semblait houleuse, et seule l’arrivée de Mister Zane l’interrompit un court instant. Dès qu’il se fut présenté, les éclats de voix recommencèrent.

- « Il faudrait savoir ! Willer veut-il que nous retrouvions son artefact, oui ou non ? »
- « Je ne suis pas au courant des affaires de Willer, et je m’en fiche. Tu as beau être un séide d’Arachnos, j’ai des responsabilités aussi. Si jamais il arrive quoi que ce soit à cet appareil, c’est moi qui serais puni. Donc, pas question, il ne bougera pas. »
- « Quelle tête de mule ! »
- « C’est comme ça, pas autrement ! »
- « Il ne veut pas nous y emmener ? » questionna Zane.
- « Non. Et il est têtu comme une mule ! » grogna Kris.
- « Vous ne voulez pas nous conduire à cette île et en revenir ? » Le Mastermind interrogea directement le pilote.
- « C’est cela. »
- « Même pas pour quelques subsides ? »
- « Que voulez-vous … » Le soldat d’Arachnos n’eut pas le temps de finir sa question que Zane sortit une liasse de billets de sa poche, en compta cinq et lui tendit.
- « Voilà qui devrait couvrir vos faux frais, mon ami ! » Le pilote recompta les billets, puis adressa un large sourire à Zane.
- « Je savais bien qu’on pouvait se comprendre entre mecs. » fit-il à l’adresse de Zane.
- « Nous partons quand ? »
- « Je fais faire le plein, et je suis à votre disposition. De toute manière, je n’ai rien à faire aujourd’hui. »
- « Parfait. »

Le soldat d’Arachnos s’éloigna à grands pas, courrant prévenir un technicien du prochain envol de son appareil. Zane souriait, comme à son habitude, de ce petit sourire niais et innocent, tandis que Bloody Kris était partagée entre la fureur et la stupéfaction. Elle fit trois pas en direction de l’endroit où était allé le pilote, se ravisa, revint près de Zane et le regarda dans les yeux, fulminante.

- « Tu … tu l’as acheté ! »
- « Ben, oui. »
- « Il m’a pratiquement traité comme une moins que rien ! Il a refusé de me rendre service alors que je travaille pour Arachnos aussi ! Il m’a envoyé paître ! Alors que toi, tu arrives, tu le payes, et voilà qu’il est tout conciliant ! »
- « Les payes ne sont pas grosses chez Arachnos, apparemment ! »
- « Mais, c’est du délire ! Complètement dingue ! »
- « Bienvenue dans le monde réel, ma belle ! »

Le pilote revint alors, et, après dix minutes pendant lesquelles l’hélicoptère noir de l’organisation fut alimenté en carburant, l’engin s’envola dans les airs, avec, à son bord, deux super-vilains, dont l’une était furieuse d’avoir été ainsi manipulée, et l’autre satisfait d’être obligé de se coller à sa comparse, à cause de l’étroitesse de la cabine.

- « Hum, la vue est splendide ! » remarqua Zane.
- « Tu manques de goût, on ne voit que de la flotte à perte de vue et … » répondit-elle avant de s’apercevoir que le regard du Mastermind plongeait directement dans son décolleté.
- « Je sens venir la claque ! » plaisanta t’il.
- « Et tu ne l’as voleras pas, celle-là ! Attends qu’on atterrisse ! »
- « On arrive bientôt, Jack ? » Zane interpella le pilote.
- « Encore huit minutes environ, Mister Zane. »
- « Okay. Préviens-moi quand nous serons en vue de l’île ! »
- « Bien. »

Le reste du voyage continua dans une relative tranquillité. Bientôt, un monticule de roches fut visible de la cabine de pilotage. Précisément aux coordonnées qu’avait donné Bluesky se dressait comme un pic de montagne cerclé par une plage au sable blanc. Zane questionna Jack pour savoir si cela était bien leur destination. Sur la réponse affirmative du pilote, il prévint sa comparse, et les deux se préparèrent à l’atterrissage.

Posant avec délicatesse son engin sur la plage de sable fin, Jack aida les deux super-vilains à descendre. Il leur promit qu’il les attendrait au moins une heure, leur indiquant qu’au-delà, la météo laissait présager de funestes orages, et qu’il ne pourrait rester plus. Zane lui promit qu’ils seraient de retour bien avant, et ils quittèrent la plage pour commencer à gravir le pic rocheux. Au terme de quelques mètres d’escalade, ils parvinrent à l’entrée de la grotte, comme l’avait indiqué Bluesky. S’enfonçant dans les profondeurs de la petite montagne, ils traversèrent un long couloir humide avant de parvenir à une immense salle qui serait noyée dans la pénombre si un rayon de soleil ne parvenait pas à travers une faille dans la paroi rocheuse. Ils pouvaient entendre le ressac de l’océan de là où ils étaient. D’un signe de tête, ils convinrent de se séparer.

- « J’ai des gribouillis illisibles ici. »
- « Concentres-toi sur ce qui est lisible, et en terme latin ! Bluesky a dit que les indications étaient en latin. »
- « Je vais demander à Kinra de lire. Elle connaît le latin ! »
- « Excellente idée ! »
- « Et toi ? »
- « Quelques mots, tout au plus. Souvenirs scolaires ! »

Pendant un quart d’heure, ils cherchèrent chacun de leur côté. Enfin, un cri de victoire s’éleva dans la grotte. Bloody Kris avait, semble t-il, mis la main sur les indications recherchées. Elle tentait une lecture à voix haute, mais abandonna bien vite. Si l’inscription commençait par l’évocation de la Corne d’Eros en latin, le reste du texte laissait la femme perplexe.

- « C’est du latin, mais du latin de cuisine, mélangé avec de l’espagnol, du portugais, de l’anglais et du français. Ca ne ressemble à rien ! »
- « Pas d’accord. Ca veut forcément dire quelque chose. »
- « Tel que, je ne vois pas ce que ça peut signifier. »
- « On va mettre tes relations avec les araignées à contribution. »
- « Comment cela ? »
- « Il parait que Scorpion Noir a récemment mis la main sur un déchiffreur de code. Nous allons lui emprunter ! »

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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Ven 11 Aoû - 15:59

Chapitre 11 : Exploration sous-marine

Le garde faisait les cent pas, d’un air résigné mais où perçait cependant une certaine lassitude. Ses pas le conduisaient d’un côté et de l’autre de la porte d’entrée de la base d’Arachnos, et il prenait sa tâche de garde, même de mauvaise grâce, très au sérieux. Au moment où il fit demi-tour sur ses talons, un bruit lui parvint aux oreilles et, avant même qu’il ne se retourne, la déflagration d’une arme à énergie l’atteint de plein fouet, le faisant s’envoler sur quelques mètres avant de retomber lourdement sur le sol. Le robot tireur fit son apparition, suivi de près par son maître, sa comparse, et les autres robots constituant la troupe de Mister Zane.

- « Joli tir ! » fit remarquer Bloody Kris.
- « On parlera précision plus tard. Pour l’instant, seul la précipitation est importante. Compte tenu de la nature de l’appareil que nous venons chercher, il y’a de fortes probabilités qu’ils préféreraient le détruire plutôt que de nous le laisser prendre. »
- « Bien vu. En revanche … »
- « Je sais, ça t’ennuie de te mettre à dos un grand ponte d’Arachnos. Moi pas. Si ça te gêne tant que ça, reste en extérieur et fait celle qui n’a rien vu ! »
- « Et si tu te fais prendre, je fais comment ? » Zane lui fit une moue grimaçante.
- « Tu me prends pour qui, beauté fatale ? »
- « Je préfère quand même venir, quitte à me justifier après. »
- « C’est parti ! »

La porte s’ouvrit dans un silence feutré, laissant pénétrer dans la pénombre Bloody Kris et Mister Zane. Les robots faisaient un vacarme terrifiant, fort heureusement couvert par le ronronnement incessant des gros ordinateurs de l’organisation. Ils avancèrent de quelques mètres avant que Zane n’interrompe leur course, en tendant le bras gauche.

- « Quoi ? »
- « Petite mise au point de la stratégie. »
- « Décidément, tu réfléchis beaucoup. Parfois même trop ! »
- « Je conseille d’avancer et d’effacer toute résistance jusqu’au fond de la base. C’est sûrement là qu’est conservé notre cible. »
- « Et si ils essayent de la détruire ? »
- « Ils ne le feront qu’en dernier recours, quand ils se rendront compte qu’ils ne peuvent pas nous battre. En revanche, il faudra faire vite quand nous aurons l’appareil en visuel. »
- « Ca marche. »

Les quelques équipes de gardes en faction ne furent pas assez fortes pour ralentir la progression de Mister Zane et de Bloody Kris. La force de frappe robotisée, répondant instantanément aux injonctions de leur maître, faisait état d’une virtuosité et d’une précision sans égales. Les dégâts s’additionnaient aux effets glaciaires et énergétiques de la Dominatrice, offrant la possibilité au Mastermind de dévoiler l’intégralité des capacités de ses automates de combat. Au terme de quelques minutes, le duo arriva à une vingtaine de mètres de l’endroit où était parqué l’appareil.

Pour prévenir toute tentative de destruction de ce qu’ils étaient venus chercher, l’assaut fut donné en respectant quelques consignes de dernières minutes données par Mister Zane. S’entourant de son air glacial, Bloody Kris devait se concentrer sur la défense de l’appareil, congelant systématiquement tout ennemi s’en approchant. Pour l’occasion, Zane lui avait demandé de se montrer moins agressive et donc de se baser essentiellement sur ses pouvoirs de glace. Dès leur apparition, les soldats exécutèrent leurs ordres, en tentant de démolir le fragile appareil.

La tactique de Mister Zane fut payante. Entourée par son air arctique, Bloody Kris créait la confusion chez ses adversaires. Quand ceux-ci approchaient trop près de l’engin, elle gela le sol, créant ainsi une gigantesque plaque de verglas. Elle développa ensuite une plaque de glace afin de provoquer la congélation de ses trop nombreux adversaires. Entre-temps, le Mastermind donna de toute la puissance de son armée robotisée, allant jusqu’à donner le coup d’impulsion final qui mit fin à l’assaut. Le Chasseur Scorpidé s’effondra dans un long râle d’agonie. La mission était réussie, et les deux super-vilains quittèrent la base, emportant l’objet de leur convoitise. Ils l’installèrent dans un des nombreux repères secrets de Zane, et ce dernier commença à y introduire les données récupérées.

- « Alors ? » questionna Kris.
- « Minute ! Il n’y a pas de mode d’emploi, je suis obligé d’y aller au pif ! »
- « Allez, sers-toi de ta tête. »
- « Je ne fais que ça. Voilà. Encore quelques données, sur l’âge présumé du code. Traitement en cours. »
- « C’est long ! »
- « Tu es impatiente, je le comprends. Mais la machine prend son temps. Ca y’est, code déchiffré ! »
- « Qu’est-ce que ça dit ? »
- « Des chiffres. Des coordonnées géographiques. Je dirais même des coordonnées maritimes. Longitude, latitude, méridien. Notre Corne est quelque part au fond des océans ! »
- « Charmante perspective ! »
- « Après la promenade en hélicoptère, une croisière. Décidément, j’aurais tout fait avec toi. »
- « Ca va, arrête ton numéro de playboy. »
- « Tu as déjà fait de la plongée ? »
- « Oui. »
- « Un bon point pour toi. Qu’est-ce qu’il me tarde ! »
- « Pourquoi ? »
- « De te voir dans la tenue moulante de plongée ! »
- « Assurément, tu es un pervers … »

La location d’un petit bateau de plaisance et d’équipement de plongée fut relativement simple. Cependant, Zane insista pour embarquer quelques équipements supplémentaires, au grand étonnement de sa compagne. Elle fut surprise de le voir embarquer plusieurs systèmes de renflouement constitués de ballons qui devaient être gonflés par une bouteille d’hydrogène. Elle demanda à Zane si cela était vraiment nécessaire, ce à quoi le Mastermind répondit qu’il ignorait exactement ce qu’ils allaient trouver, et qu’il préférait prendre plus que de devoir faire demi-tour pour revenir chercher du matériel.

Au terme d’un voyage de presque quatre heures sur l’océan, ils parvinrent au point précis indiqué par le message récupéré sur les parois de la grotte. Les super-vilains s’équipèrent, se préparant à la plongée, tandis que Zane ne perdait pas une miette du spectacle que représentait Bloody Kris dans sa combinaison moulante.

- « Je vais avoir du mal à me concentrer ! » lui avoua t’il.
- « Et bien, fait un effort. Un gros effort ! »
- « Ca sera dur. Enfin, je pense que j’y arriverais si tu me promets de venir me laisser te frotter le dos sous la douche … »
- « Rêve ! »
- « Bouh, pas gentille ! »
- « Allez, on y va. Mets tes bouteilles au lieu de raconter des âneries ! »

Il s’assit sur le bastingage, finit de s’équiper, puis tomba dos en avant dans l’océan. L’été battait son plein, et il y avait quelque chose de rafraîchissant à plonger ainsi dans les profondeurs océaniques. Zane regarda autour de lui et vit les remous provoqués par le plongeon de Bloody Kris. Quand celle-ci commença à nager, il lui adressa un léger signe de la main, et ils commencèrent la descente dans l’obscurité de l’océan. Le grand soleil qui régnait en surface faiblit alors qu’ils avançaient dans la pénombre, et que l’eau devenait de plus en plus glacée et pénétrante. La descente dura une bonne demi-heure, jusqu’à ce que Kris informe par signaux lumineux qu’elle avait vu quelque chose.

Perché sur une pointe se trouvait un authentique galion espagnol. Il ne restait plus de lui qu’une coque vermoulue, percée par endroit, et Zane craignait que cela ne soit devenu le repère de quelques requins. Il fit part de ses inquiétudes à sa comparse, qui lui demanda comment il comptait si prendre pour le vérifier. Tendant son bras devant lui, dans un geste devenu machinal, il tapota quelques instructions sur son bracelet électronique. Au fond de l’océan, dans un torrent d’énergie, apparurent alors les six robots du Mastermind. Ils pénétrèrent dans l’antique bateau, et, à deux reprises, des éclairs lumineux indiquèrent que des menaces avaient été éliminées. Quand trois des robots sortirent, Zane proposa à Bloody Kris de se rendre dans l’épave.

Il leur fallait faire preuve d’une grande prudence, car le bois se fendillait et craquelait en de nombreux endroits. Zane craignait que le bateau ne cède au moindre contact, dévoré qu’il était par l’eau salée. Prudemment, pas à pas, ils parvinrent à la cale du bateau, que Zane fit ouvrir à son robot Sternum, et découvrirent ce qu’ils cherchaient. Kris ne put contenir son étonnement.

La Corne d’Eros était une longue trompe, dont le corps formait des spirales, mesurant au moins quatre mètres au point le plus haut, et longue d’une vingtaine. Elle ne s’était pas attendue à ce qu’un artefact se présente sous la forme d’un tel monument, et se réjouit intérieurement d’avoir choisi Mister Zane comme compagnon pour cette aventure. N’importe qui d’autre serait venu en pensant trouver un instrument de musique ordinaire. Lui avait déjà deviné que la Corne serait quelque chose de plus grand.

Il fit plusieurs signes pour expliquer à Kris de ressortir, lui indiquant de remonter à la surface, et de l’attendre. Elle quitta la structure moisie de l’épave, tandis que le Mastermind posait ses ballons à hydrogène pour renflouer la Corne. Elle se posait la question de savoir si il avait pensé que la structure du bateau était encore intacte, et qu’il n’arriverait pas à sortir la Corne verticalement, mais, à mesure qu’elle sortait, elle entendit plusieurs craquements. Sortant de la coque, elle commença à agiter ses pieds vêtus de palmes et remarqua que les robots s’acharnaient à démonter des pans entiers du pont du galion, offrant ainsi à la Corne la possibilité de sortir.

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MessageSujet: Re: La Corne d'Eros   Ven 11 Aoû - 16:03

Chapitre 12 : Point final

Une fois en surface, Kris grimpa à bord du bateau, et attendit patiemment que Zane remonte. Cela prit environ une heure, au cours de laquelle le Mastermind revint pour changer ses bouteilles de plongée. Au terme de l’heure, une douzaine de ballons jaunes firent surface, avec, à leur extrémité, la si convoitée Corne. Zane surgit à son tour à la surface de l’eau, et leva le pouce en signe de réussite. Il ne sortit pas de l’eau tout de suite, et demanda à Kris de lui donner d’autres ballons. Il repartit ensuite sous l’eau, et Kris s’aperçut vite qu’il constituait un bouclier de ballons autour de la Corne pour que celle-ci émerge un peu plus de l’eau. Cette tâche accomplie, Zane remonta à bord et se changea.

- « Elle sera moins lourde à tracter, comme ça. »
- « J’avais deviné. »
- « Direction Port Oakes. Il va falloir que tu préviennes la personne qui t’a refilé cette mission, qu’il vienne avec un camion et des soldats, pour la reprendre. »
- « D’accord. Dis, au fait … »

Au moment de leur descente dans l’eau, Zane avait été obligé de rattraper Kris, qui se dirigeait vers une profonde crevasse. Il avait du la secouer un peu pour lui faire reprendre ses esprits, et elle avait semblé émerger d’un rêve.

- « Dans cette crevasse, j’ai eu l’impression que … »
- « Ouais, il y’a un truc qui y vit. Un machin énorme qu’il ne vaut mieux pas déranger. J’ai senti sa présence aussi. Mais je sais aussi qu’il ne peut pas en sortir. Laisse-le là-dedans, il y sera certainement moins dangereux. »
- « Tu penses que … »
- « Je pense que ce truc est là depuis un bon paquet de temps. Et je pense qu’il y sera encore pour un moment. Pense à autre chose, ma belle. »

Le voyage de retour se déroula sans encombre, mais prit deux heures de plus qu’à l’aller, compte tenu du poids tracté. Zane refusait aussi d’aller trop vite, craignant que la structure de la Corne, affaiblie par les nombreuses années passées dans l’eau, ne cède sous la traction. Kris était restée un moment à l’arrière du bateau, à contempler l’artefact. Elle avait revêtu un maillot de bain deux pièces, tandis que Zane avait revêtu son pantalon de moto et son tee-shirt.

- « C’est quand même immense. Comment savais-tu que la Corne devait être imposante ? » cria t’elle pour que Zane l’entende du poste de commande.
- « Petite déduction. Dans la mythologie, les dieux sont souvent représentés comme des individus titanesques. Je me suis dit que, si cette Corne était effectivement la propriété d’un Dieu, ou créée pour l’être, elle devait être massive elle aussi. »
- « Oui, effectivement. »
- « Tu sens de l’énergie magique ou quelque chose dans ce goût là ? »
- « L’objet a subi des enchantements, c’est déjà une chose de sure. Je ne ressens pas une magie surpuissante, mais cela ne veut rien dire. La puissance de la magie se mesure mieux au moment où le pouvoir a un impact sur le monde l’entourant. »
- « C’est bien de travailler avec une spécialiste. »
- « Je vois quelques marques sur le corps de l’instrument. Peut-être des glyphes. Je suis trop loin pour bien voir. Par contre, je n’arrive pas à déterminer la matière dont il est fait. »
- « Ca m’a travaillé aussi, pendant que je fixais les ballons. Rien à dire à ce niveau-là, nous avons trouvé un artefact. Je me demande si ce dont il est composé n’est pas de la roche météorique. Ca pourrait venir de l’espace, un peu comme les Shivans. »
- « C’est une probabilité. »
- « Port Oakes en vue. Apparemment, tes alliés sont déjà sur place, je vois un attroupement tout de noir vêtu ! » Mister Zane avait prit les jumelles.
- « Quand y arriverons-nous ? »
- « A ce rythme, dans dix minutes. Pendant ces dix minutes, si nous parlions de ma petite récompense ? »
- « Les chiffres, évidemment. Alors Arachnos devait me payer cinquante mille, que nous divisons par deux, ça nous fait … »
- « Si tu dégrafes le haut de ton maillot, et que tu me laisses les toucher, je m’en passerais ! »
- « Je disais donc, vingt cinq mille. »
- « Même pas un petit bisou entre les deux ? Pour mes bons et loyaux services ? » Kris soupira et se leva.

Le bateau s’amarra à quai, tandis que les hommes d’Arachnos lançaient des grappins sur la Corne pour la hisser hors de l’eau. Willer lui-même avait fait le chemin jusqu’au port pour voir si Kris ne lui avait pas menti. Mister Zane et Bloody Kris descendirent du bateau, ayant revêtu leurs costumes habituels de super-vilains. Kris semblait satisfaite d’elle-même, tandis que Zane se massait la joue sur laquelle apparaissaient encore les marques d’une main.

- « Que lui est-il arrivé ? » demanda Willer.
- « Disons qu’il est beaucoup trop impatient ! » fit Kris.
- « Gna, gna, gna ! » répondit Zane, toujours en se massant la joue. On aurait dit un enfant à qui l’on vient de refuser un caprice.
- « Et bien, voilà votre fameuse Corne. Je ne manquerais pas de signaler que vos informations initiales étaient totalement erronées, Monsieur Willer. Sans ces informations, nous n’aurions pas perdu un temps précieux à nous introduire à Paragon. »
- « Si vous oubliez ceci, je veux bien … hmmm … mettons que je vous devrais un service. En plus d’une petite récompense supplémentaire … Disons, dix mille ? »
- « Ca me va. » répondit-elle.
- « Dites, vous me laisseriez utiliser une petite fois la Corne ? » demanda Zane, en désignant discrètement Kris avec le doigt. Mais celle-ci s’en aperçut. « Ho ho ! »
- « Une autre claque, ça t’intéresse ? »
- « Franchement, non ! »
- « Alors, couché ! »
- « Grmmmmblllll ! » grogna le Mastermind, s’éloignant en maugréant. Quand il se fut suffisamment écarté, Willer prit Kris à part.
- « Maintenant, si vous voulez, je peux vous en débarrasser. Il vous suffit de me le dire et … »
- « Non, pas la peine. Il est utile, et franchement, je ne pense pas que vous soyez de taille à l’inquiéter. » Willer tiqua.
- « Mes troupes … »
- « Il dispose des siennes, et il est suffisamment intelligent pour esquiver un combat perdu d’avance et revenir quand il sera sûr d’avoir l’avantage. Si vous cherchez à lui faire quelque chose, il se vengera, et, croyez-moi, il vaut mieux le savoir à ses côtés que dans le camp adverse ! »
- « Je ne vous proposais qu’une alternative. »
- « Elle est refusée. »

Les soldats continuaient pendant ce temps de charger la Corne sur un camion. Au terme d’un quart d’heure, l’instrument gigantesque fut chargé, fixé et Willer lui–même monta dans la cabine pour conduire le poids lourds. Le moteur se mit en marche dans un vacarme aussi horripilant que le bruit des robots de Mister Zane, et le camion s’éloigna en direction du ferry. Probablement que Willer retournait mettre la Corne à l’abri dans ses locaux de Fort Cerbère, sur l’Île Clémence.

- « Et voilà, c’est fini. » dit Zane en revenant près de Bloody Kris.
- « Oui. Une affaire de réglée. »
- « Quand à moi, je me suis encore fait avoir. »
- « Comment ça ? »
- « J’ai pas eu mon règlement en nature ! » Bloody Kris lui fit alors une bise sur la joue.
- « Voilà un acompte pour une prochaine fois ! »
- « C’est maigre comme acompte ! »

Elle l’étreignit alors, lui plaçant la tête sur sa poitrine. Il étouffa un « Je suis au Paradis » avant qu’elle ne le lâche et s’envole en le laissant pantois devant le bateau. Il la regarda voler jusqu’à ce qu’elle disparaisse de son champ de vision puis fit demi-tour.

- « Direction la maison, j’ai grand besoin d’une douche froide ! »

The end

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