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 Jack Stryer, AKA Blue Howler

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Poulpe
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MessageSujet: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Lun 5 Mar - 18:36

Quand j’entre dans la boutique de Scalpel, à Cap Au Diable, déjà l’odeur d’éther me saute au nez et me pique les yeux. Je n’ai jamais eu une grande affinité avec les hôpitaux, et je crois bien que ça ne s’arrangera jamais. Scalpel. Une boutique pour les vilains, pour se refaire une beauté, dont la tenancière est une adepte du Docteur Vahzilok, autant dire une folle, quoi. Y’en a une a l’entrée qui me regarde, toute vêtue de cuir noir. Eidolon. Parmi tous les servants de Vahzilok, ce sont les plus forts, et les moins humains. Obligés de se prostituer pour avoir des pouvoirs ! Les mutants sont vraiment au-dessus du lot, décidément !

- « Salut, mon mignon, qu’est-ce que je peux faire pour toi ? »
- « J’voudrais parler à Flora. »
- « Flora ! Flora ! Flora ! Encore elle, toujours elle ! Pourquoi est-ce que tous les gens la veulent, elle ? »

Elle m’indique de mauvaise grâce l’emplacement de la salle où Flora opère. J’ignore la petite crise de jalousie que l’Eidolon nous fait, voyant que l’Esthéticienne arrive pour la gronder, et je m’installe dans la salle d’attente. Une femme, cachée sous d’épais manteaux, sort du bureau de Flora, et s’en va, prenant grand soin de masquer son visage pour ne pas être reconnue. Flora est une pro, ses tarifs sont exorbitants, mais la qualité du service les vaut. Cependant, certaines personnes ne veulent pas qu’on sache qu’elles fricotent avec les servants de Vahzilok.

Une voix annonce « Suivant ! », et, je rentre dans le bureau. Dans celui-ci, hormis le matériel habituel à un praticien esthétique, il n’y a qu’une personne. Une jeune femme, dans les seize ou dix-sept ans, aux longs cheveux châtains, avec un petit visage souriant, tout en finesse, et deux grands yeux verts qui s’élargissent un peu quand elle m’aperçoit.

- « Jack ? Et bien, ça alors ! Depuis quand es-tu sorti ? »
- « Salut, Flora. Depuis pas très longtemps. »
- « J’aurais dû m’en douter ! Les XGEN Mutants, c’est de toi, hein ? »
- « Ouais, mais pas tout seul. »
- « On a eu un surcroît de travail, à cause de vous. Enfin, c’est bon pour les affaires. Comment est-ce que tu es sorti ? »
- « Je suis arrivé avec la dernière fournée d’Arachnos, il y’a deux semaines. »
- « Et que me vaut l’honneur de ta visite ? »
- « Juste passer te dire bonjour. Tu as apprécié ma livraison de chair fraîche ? »
- « Tu parles de ces loubards qui, sortis de prison, sont venus me voir ? Oui, chair fraîche, mais pas toujours de bonne qualité. »
- « Tu m’en vois désolé. Mais c’est mieux que rien, non ? Au fait, nouveau look ? »

Elle tourne sur elle-même pour me faire admirer. Tout en finesse, comme le visage, le corps bien courbé. Elle a un talent fou, pour se faire ça à elle-même.

- « Ouais. Tu trouves comment ? »
- « La couleur rousse t’allait mieux, mais ce châtain a son charme quand même. »
- « J’ai voulu tranché un peu avec avant. »
- « Ouais. »

Je connais Flora depuis ma naissance. Ce sont des choses qui arrivent quand on a une grande sœur. Ouais, grosse surprise. Cette gamine qui a l’air d’avoir seize ou dix-sept ans a, en réalité, presque trente. Elle est mutante, elle aussi, mais son pouvoir, elle l’a gardé bien secret à tout son entourage, sauf moi. Elle manipule les chairs vivantes et mortes. C’est une vraie artiste en son genre. Je l’ai vu faire des trucs complètement dingues sur des animaux, ‘pour m’exercer’, disait-elle. Il ne me viendrait jamais à l’esprit de la mettre en colère, encore qu’elle ait assez bon caractère et que ce soit difficile de l’énerver.

Comment traduire ses pouvoirs ? Et bien, elle peut faire tout ce qui lui plait sur un corps : tendre la peau, tailler ou allonger les os, modifier son apparence (ça fait au moins quatre fois qu’elle se refait le nez). Mais ce n’est que l’aspect superficiel de ses pouvoirs. Elle peut aussi arracher le cœur de quelqu’un, sans même qu’il y ait une trace sur la peau, juste en passant la main dessus. Je l’ai vu une fois retirer la cervelle d’un chien. Le pire, c’est qu’on ne sent rien. Depuis, elle s’est fait connaître par le toubib Vahzilok, et elle travaille pour lui. Soin des maladies mortelles, traitement de luxe pour gens de la haute.

Je savais qu’elle travaillait à Scalpel, et c’est pour ça que je suis venu. J’ai besoin de me faire retirer cette mâchoire d’acier. Ce n’est pas que je lui fasse confiance, bien loin de là, mais j’ai encore moins confiance dans l’Esthéticienne et ses acolytes. Tant qu’à crever sur la table d’op’, je préfère que ce soit de la main de ma frangine.

- « Sympa, la couleur de cheveux, toi aussi. » me fait-elle en voyant ma tignasse teinte en bleue.
- « Ouais. N’oublie pas qu’ici, je suis encore et toujours ‘Blue’ Howler. »
- « Alors, que puis-je faire pour toi ? »
- « Tu vois ça ? » fis-je en désignant mon menton.
- « Ho, une sécurité spéciale Zig ? »
- « Aïeuh ! » hurlais-je, alors qu’elle me pliait le coup pour regarder par-dessous.
- « Halala, ce que tu peux être douillet. »
- « T’es en train de me plier les cervicales. »
- « Pas évident. Y’a une sécurité, et spéciale ! Si j’essaye d’opérer comme ça, ça va nous exploser à la face. »
- « Je savais déjà ! »
- « Il faudra probablement que je te retire la mâchoire entièrement, frérot. »
- « Ca va faire mal ? »
- « Ca dépend. Combien tu as sur toi ? »

Je savais que la question financière tomberait sur le plancher. Je sors de mes poches plusieurs liasses de billets, dont certains sont tout fripés. Elle me les arrache carrément de la main, recompte, et soupire.

- « Tu ne crois tout de même pas que je vais t’opérer pour si peu ? »
- « Bordel, tu pourrais faire un effort pour ton frangin, non ? »
- « Je ne fais pas la charité, mon petit. D’ailleurs … » Elle se lance dans une rapide estimation. « Dis-moi, c’est pas beaucoup, tout ça. C’est tout ce que tu as engrangé en deux semaines ? »
- « Et bien, euh … »
- « Toi, t’es encore en train de te faire bouffer par une gonzesse ! » Radical. Elle me connaît mieux que je ne me connais moi-même !
- « Ben … »
- « Laisse tomber cette pouf’. Si tu veux que je te retire ce truc, il va te falloir du blé. Beaucoup plus. Tu sais que je ne suis pas gratuite ! »
- « Et vénale, avec ça. » Elle me regarde en souriant.
- « J’ai des frais. »
- « Pas pour ton job, en tout cas. » Je souris aussi. Finalement, hormis cette question de fric, on s’entend bien tous les deux. « Je reviendrais quand j’aurais les fonds. »

Hors RP : donc vers le level 20 Wink.

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Poulpe
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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mar 6 Mar - 13:24

D’avoir revu Flora m’a fait replonger dans mon passé, à l’époque où, tous les deux, nous découvrions notre différence. Bien évidemment, Flora étant plus âgée, elle a connu ses pouvoirs bien avant que je n’aie les miens, et en avait donc la maîtrise. Qui plus est, elle s’était arrangée de les cacher à tous. Y compris à moi, à l’époque. Elle devait penser que je serais normal. Je n’ai pas pu les masquer, moi. Dommage. Ca aurait été chouette.

Un jour, quatre petits points rouges firent leur apparition sur mon visage. On croyait tous, dans notre famille, moi inclus, que l’acné débarquait. On ne s’est donc pas inquiété de voir ces petits points grossir, jusqu’au jour où, dans une envolée lyrique dans la voiture du paternel, puisque j’aimais imiter les chanteurs de la radio, j’explosais sans le vouloir toutes les vitres. Du verre de sécurité, pourtant. Et Papa qui adorait sa voiture …

Quand les points rouges ont commencés à virer au noir, on m’a emmené d’abord voir un dermatologue, puis nous avons directement filés à la Freedom Corps. Mutant. Tu parles d’une révélation !

Peu de temps après, ma grande sœur, de trois ans mon aînée, me prenait à part pour me dire qu’elle aussi était différente, et de me le montrer. Elle avait attrapé un chat errant, et a commencé à lui retirer les pattes, comme ça, juste comme si elle avait démonté une poupée. La pauvre bête miaulait comme elle pouvait, jusqu’à ce que, excédée, Flora lui remette ses membres et que l’animal prenne la fuite en courant. Je n’avais jamais vu un truc pareil.

De mon côté, je n’étais pas en reste au niveau des pouvoirs. J’ai vite découvert que les quatre cornes sur mon visage permettaient d’obtenir des vibrations même sans composante sonore (bien que celle-ci aide). A l’école, les termes de ‘monstre’ ou de ‘saleté de mutant’ disparaissaient dès la première perte d’audition, et plus d’une fois le directeur est venu me trouver en me disant de ne pas me servir de mes pouvoirs contre les autres élèves, ce à quoi je lui ai répondu que je ne faisais que me défendre, ce qui n’était pas faux.

Je ne me suis jamais servi de ces pouvoirs pour mon profit personnel, au début. Dans ma famille, tout le monde voyait en moi le bon petit garçon, qui deviendrait un jour super-héros, d’après eux. Cependant, tout mutant que je sois, je restais un adolescent, et un ado, ça ne fait jamais ce que les parents voudraient qu’il fasse. A dix-huit ans, Flora quitta la maison, pour ouvrir un salon de beauté. Bien vite, le salon de beauté fut un repaire d’êtres maléfiques, les servants de Vahzilok. Compte tenu des aptitudes de ma sœur, et de la réputation du bon docteur, je dirais que ça devait arriver.

De mon côté, je ne traînais pas avec des gangs, j’étais plutôt du genre chasseur solitaire. Comme les autres gamins, je faisais des bêtises, bien vite pardonnées, puisque « c’est de mon âge ». Quelques fenêtres brisées, quelques arbres arrachés, une paire de bagarres ayant mal tournées, j’en passe et des meilleurs. Le problème est venu de la gente féminine.

Déjà, jeune, j’avais tendance à choisir mes copines parmi les emmerdeuses. Ca ne s’est pas amélioré avec l’âge. Quand j’ai eu vingt ans, je me suis mit en ménage avec Michelle, qui, de toutes les emmerdeuses, était la reine ! La reine, que dis-je ? L’impératrice ! On vivait au-dessus de nos moyens, largement trop. Elle dévorait progressivement tout l’argent que je pouvais ramener, et elle en voulait toujours plus. Alors j’ai sauté le pas. J’ai commencé à piller des banques. Seul problème, c’est que des pouvoirs comme les miens, référencés par la Freedom Corps, y’en a pas cinquante, même à Paragon City, et que les quatre cornes que je portais sur le visage suffisaient pour me faire reconnaître.

A mon troisième braquage, je me faisais déjà surnommer Blue Howler. Mais là, ça a foiré. Des héros sont intervenus, et j’ai fini au trou. J’ai été jugé, et condamné à dix ans de réclusion criminelle. La peine était exemplaire, pour démotiver quiconque ayant des super-pouvoirs d’espérer devenir le caïd de la ville. Vingt-deux ans, déjà au trou.

Evidemment, mon incarcération devait se faire au sein d’un établissement pénitentiaire de haut niveau, étant donné que j’aurais pu sortir des autres les mains dans les poches. La Ziggurat m’ouvrait ses portes, et on me fit un cadeau dès mon arrivée, à savoir cette mâchoire métallique qui devait limiter mes vibrations. Malheureusement, ça marche.

Pendant quatre ans, j’ai reçu la visite du seul membre de ma famille que je savais garder quelque affection pour moi, à savoir ma grande sœur. La première fois que je l’ai revu, je dois bien reconnaître que je ne l’ai pas reconnu tout de suite. L’avantage de ses pouvoirs est qu’elle change d’identité comme de chemise. Car ses pouvoirs s’étendent, et ne s’arrêtent pas à la seule manipulation des chairs et ossements.

Flora peut ainsi changer la couleur de ses cheveux, allonger ou réduire leur taille. En manipulant son squelette, elle peut aussi changer de taille. Elle peut à volonté augmenter ou réduire la taille de sa poitrine, de ses hanches, la forme de ses épaules, et même jusqu’à sa démarche ou sa voix. Il n’est rien qu’elle ne puisse modifier dans un corps humain. Je comprends que Vahzilok ait voulu la récupérer. Un talent de chirurgienne esthétique sans les contraintes et les traces qu’impose ce genre d’opérations.

En discutant, j’ai pu voir que certains prisonniers la regardaient ostensiblement. Nous avons alors convenu, avec Flora, que je leur donnerais une adresse où la trouver. Si ils espéraient un câlin, ils en seront pour leurs frais. A mon avis, Vahzilok a dû avoir un arrivage de chair de prisonnier pour ses expériences. Sans compter que ma sœur a dû s’amuser un peu avec. J’imagine fort bien que, forte de son talent, elle se soit arrangée d’avoir plusieurs virginités …

Et puis, finalement, Arachnos a lancé son attaque contre la prison, me permettant de sortir avant le terme de ma condamnation. Que croyaient-ils, ces affreux ? Que j’allais sagement attendre dans ma cellule pendant encore six ans ? J’ai profité de l’opportunité pour prendre la poudre d’escampette, en compagnie de quelques autres. L’avantage du Zig est qu’ils ont tendance à regrouper les prisonniers en fonction de l’origine de leurs pouvoirs. C’est ainsi que j’ai pu regrouper un certain nombre de mutants, afin de former les XGEN. Rien n’arrête les mutants, rien ! Et je compte bien le prouver à tous les héros bien pensants de Paragon !

Enfin, si Cameron me laisse assez de fric pour me faire ôter cette fichue mâchoire. Je croyais que Michelle était l’impératrice des emmerdeuses, mais sur les Insoumises, j’ai réussi à trouver pire.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Ven 16 Mar - 17:17

Avertissement : interdit au moins de seize ans ^^

Dans le bar, le pianiste tape comme un sourd sur les touches de son instrument. Pauvre vieux, personne ne l’entend, sauf moi. Il ne joue pas trop mal, c’est dommage de gâcher son talent dans un bush pareil.

- « Hé, Sam, ressers-moi, tu veux. » demande-je au barman. Celui-ci s’empresse de me ramener une bière. « Y’a pas de danseuses, ce soir ? »
- « Non, m’sieur Howler. »
- « Blue ! Blue Howler. Faudrait voir à ne pas mélanger. »
- « S’cusez-moi, m’sieur ! »

Je ne devrais pas trop me promener dans ce genre d’endroit, c’est un coup à ramasser une greluche pire que Cameron. Quoique je ne sais pas si je pourrais trouver pire qu’elle. Remarque, je pensais pareil de Michelle, et j’ai quand même réussi à dégoter le format au dessus, question emmerdes. Il faudrait peut-être que je me calme.

Pendant qu’accoudé au comptoir, je bois ma bière, j’ai pu voir cette fille. Une belle brune aux yeux étranges. Manque de bol, elle s’est acoquinée avec un malabar, genre super-vilain plein de muscles mais sans cervelle, à la Tornd, je dirais. Ce n’est pas pour toi ce soir, mon vieux Jack. Remarque, mon petit doigt me dit que le mec n’aura peut-être pas le temps d’en profiter. La gonzesse a l’air bizarre.

Pendant que je regardais le couple nouvellement formé qui sort, je ne l’ai pas vu arriver. Une fille de grande taille, aux cheveux noirs en bol, dans une tenue assez sobre, chemise blanche entrouverte et pantalon noir moulant. On dirait la fille de ce film, Poulp Fiction ou quelque chose comme ça. Elle s’est assise à côté de moi. Je ne me rends compte de sa présence que quelques secondes après que le couple soit sorti. Je sursaute légèrement quand elle me parle.

- « Bonsoir, Jack. »
- « Hein ? Ho, bonsoir, beauté … attends un peu. C’est toi ? » Allez savoir pourquoi, même quand elle change de tête, j’arrive à reconnaître ma frangine.
- « Gagné. »
- « T’as encore changé de look, Flora ? »
- « Je reprendrais l’aspect de jeune fille prude quand j’aurais fini ma tournée. »
- « Une tournée ? »
- « Oui, pour voir les clients potentiels, ce genre de truc. Dis donc, toi, c’est comme ça que tu penses pouvoir me payer ton opération un jour ? »
- « Lâche-moi, tu veux. Je ne peux pas bosser comme un malade toute la journée. »
- « Tiens, t’as de la visite. » me fait-elle remarquer.

Une blonde aux cheveux longs, assez accorte, en robe rouge décolletée, tortillant du popotin, un boa de plumes autour du cou se rapproche de nous, l’air furibond. Je vais me prendre un savon.

- « Jack, mon ange, qui c’est cette fille ? » Hein ? Bah merde, alors, je croyais que Cameron allait m’engueuler parce que je n’étais pas venu la voir depuis un moment. Mais en fait, ça semble la déranger que je sois en compagnie. Je ne comprendrais jamais cette gonzesse.
- « Ben, c’est ma sœur. »
- « Ta sœur ? Tu te fous de moi ? Depuis quand tu as une sœur ? »
- « Depuis que je suis né ! »
- « C’est elle, la gonzesse qui te croque ton fric, Jack ? » me demande Flora. « Hmpf, mon pauvre vieux. Si tu l’avais connu avant qu’elle ne me passe entre les mains, tu ne serais pas avec. »
- « Quoi ? Comment ça, Flora ? » Alors là, elle m’intéresse.
- « Flora ? » Cameron commence à réaliser qui elle a en face d’elle. « Non ? Pas LA Flora ? Celle de Scalpel ? »
- « Tu veux peut-être que je rende à tes nibards leur taille d’origine, Cameron ? » Hé ben, j’en apprends de belles.
- « Je … » Cameron panique complètement. « Je suis désolée. Enfin, comment voulais-tu que je sache que tu étais la sœur de Jack ? »
- « Autant te le dire tout de suite : Jack a besoin d’argent pour que je l’opère. Je ne tolérerais pas que tu lui dévores tout son fric avant qu’il ne me paye. Je ne bosse pas gratis … et tu es bien placée pour le savoir. »
- « Holà, dis donc. Ca m’intéresse, tout ça, moi. Il y’a d’autre choses que tu as refait chez elle ? »
- « Jack ! » pleurniche Cameron.
- « Si je voulais être méchante, je rentrerais dans les détails. N’est-ce pas, ma chérie ? »
- « Attends, ne me dis pas que c’était un mec avant ? »
- « Mais non, grand bêta ! Simplement que tout chez cette fille est superficiel. Je dois reconnaître que j’ai bien travaillé. Enfin, tu payais pour, pas vrai, Cameron ? »
- « Mais … mais … mais … »
- « Bon, je vais vous laisser entre vous. » clôture Flora. « Jack a sûrement des tas de questions à te poser. Au pire, il viendra me demander de confirmer. Aussi, essaye d’être honnête, Cameron. A bientôt ! »

Ma sœur se lève et quitte le bar, non sans laisser sa carte à un type qui s’est fait tabassé par les videurs d’une autre boîte, assurément. En regardant autour de moi, je vois que je ne suis pas le seul à observer les miches de ma frangine, qui ondulent alors qu’elle sort du troquet. Elle a du succès, à n’en pas douter !

Cameron s’est assise à côté de moi, silencieusement, ce qui ne lui ressemble pas. C’est un vrai moulin à paroles, en temps normal. Je serais curieux de savoir ce que Flora a modifié d’autre chez elle. N’empêche, quel talent, ma sœur. Si elle ne me l’avait pas dit, je n’aurais jamais cru que les lolos de Cameron avaient été refaits. Enfin, avec son pouvoir de mutante, c’est vrai qu’il ne reste aucune trace.

Elle ne dit toujours rien, attendant probablement que je sois le premier à poser les questions. Quand elle est prise en faute, Cameron a toujours beaucoup de mal à lancer la discussion. Elle attend, benoîtement, que cela se tasse. Dans ces moments-là, elle est adorable, semblant un peu intimidée, comme une lycéenne et … Non ? Ce n’est pas vrai ?

Je lui prends le bras, et nous sortons, pour nous rendre chez elle, quelques immeubles plus loin. C’est dans son appart’ que je me réfugie quand je ne supporte plus les autres, de la bande des XGen Mutants. C’est un petit trois pièces, sympa comme tout, nickel et bien rangé. Cameron fait de la danse –exotique-, le soir, dans des bars comme celui dans lequel elle vient de me retrouver. Pas étonnant, alors, qu’elle savait où j’étais. Elle connaît tout le monde, dans ce genre de boîte, et quelqu’un lui aura sûrement dit où me trouver.

N’empêche que je m’estime –enfin, que je m’estimais- heureux d’être tombé sur une fille clean : pas de drogues, pas de maladies, et surtout, encore vierge, en dépit de son allure de bombe sexuelle. Je m’étais dit que la vie me souriait enfin. Là, je commence à tendre un peu le dos, me demandant ce que je vais découvrir.

- « Bien, bien, bien. » fis-je, m’asseyant sur le lit. « Alors ? »

Elle fait sa minette de service, commence à vouloir m’ôter mes fringues, mais là, je n’ai pas la tête à ça. Flora a éveillé de sombres pensées, et je commence à me dire que je suis peut-être tombé dans un traquenard. Bon, si Flora me dit que Cameron n’était pas un mec, je peux la croire. Sinon, elle m’aurait copieusement chambré devant tout le monde. Voyant que je ne tombe pas dans le piège de son corps sublime, Cameron renonce et s’assoit à côté de moi.

- « Alors, finalement, qu’est-ce qu’il faut que je sache, sur toi ? » L’idée de tout à l’heure me revient en tête. « Ben, déjà, t’as quel âge ? » Je me rappelle que, de temps en temps, il lui arrive de se conduire comme une gamine. Je crains le pire.
- « …inze. »
- « Parle plus fort. J’ai cru pendant un moment que tu m’avais dit que tu avais quinze … Ah, merde ! Une mineure ! Je suis dedans jusqu’au cou ! »
- « Toi et Flora, vous êtes les seuls à le savoir. Pour tout le monde, et sur mes papiers d’identité, j’ai vingt quatre ans. »
- « Pourquoi tu t’es fait modifiée la tronche comme ça ? Je sais bien qu’il y’a des gamines qui veulent paraître plus âgée qu’elles ne le sont, mais à ce point-là. »
- « Ben en fait, c’est parce que … je suis … en cavale. Tu as déjà entendu de Pauline Wax ? »
- « Cette gamine qui a tué son père afin d’hériter plus vite. Ouais, tu m’étonnes que j’en ai entendu par… Re-merde ! » Purée, je suis dans une mouise abominable.
- « C’est moi. »
- « J’avais compris ! »
- « En fait, je ne peux pas rentrer dans mon héritage avant mes vingt et un ans. De plus, comme ma manigance a été mise à nu, j’ai été obligée de fuir avec, pour seule fortune, une mallette pleine de billets. Je croyais mon père riche, mais l’argent que j’ai piqué venait de la mafia. Alors je m’en suis servi pour me cacher, il y’a environ un an, parce qu’ils me cherchaient. Je suis ensuite venu voir ta sœur, pour qu’elle me change radicalement, papiers inclus. Ca m’a coûté pratiquement le contenu de la mallette, hormis quelques billets qui m’ont servi à trouver un appart et un boulot. »
- « D’où le fait que tu croques le fric de mecs comme moi. »
- « Ca aide à vivre. »
- « Y’en a eu beaucoup, comme ça ? »
- « Non. Tu es ma première victime. Ca ne fait pas longtemps que j’ai commencé à manquer de fric. »

Dans la merde, jusqu’au cou. Je le savais. Avec les gonzesses, je ramasse toujours des embrouilles pas croyables. Me voilà collé à une mineure se faisant passer pour une femme, avec succès, je dois bien le reconnaître, qui a la mafia au train, et qui croque mon blé. Elle pose sa main sur ma cuisse, et il ne faut pas longtemps pour que celle-ci s’aventure plus loin. Danger ! Ca commence à devenir chaud, là.

- « Tu sais, tu as vraiment été le premier. Et puis, j’aime bien ton engin, vibrant et tout. » Elle me prend par les sentiments –enfin, si j’ose appeler ça comme ça.
- « Je suis en train de faire une grosse connerie, là. »
- « Tu y penseras après. »

A mon avis, je n’en ai pas fini avec les soucis.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Jeu 22 Mar - 18:25

Ce n’est pas que je fasse la tête aux XGEN, mais ces derniers temps, je vis plus chez Cameron que dans notre trou. Il y’a plusieurs raisons, et l’une d’entre elle est une évidente attirance physique pour elle, attirance que je ne ressentais pas avant. Peut-être l’attrait du danger de le faire avec une mineure. Bref, me voici devenu l’homme attitré de la blonde incendiaire, et, dans l’immeuble où elle vit, peu ignorent qu’elle découche avec le déjà célèbre Blue Howler ! Ca assure une certaine tranquillité dans le voisinage. Enfin, pas autant que je le souhaiterais.

Une des autres raisons est que Cameron a peur. Ca fait plusieurs semaines, déjà, qu’elle avait repéré un membre de la Famille, dans l’un des bars où elle danse. Ce n’est pas leur lieu de villégiature, même si ils viennent régulièrement toucher la ‘prime d’assurance’. Le type en costard rayé avait posé plusieurs questions indiscrètes au barman, essentiellement sur Cameron et ses fréquentations. Le barman lui en a assez dit pour que le mafieux rende visite à la boutique Scalpel.

Quand Cameron eut appris que le type en costard avait posé des questions sur elle, elle m’a contacté, angoissée, en m’expliquant la situation. J’ai foncé à Scalpel, tête baissée, sans réfléchir à ce que je ferais si je tombais nez à nez avec une troupe de mafioso en armes. Je l’ai dit, non ? Je n’ai que des emmerdes, avec les gonzesses. Je ne craignais pas de voir Flora dénoncer une de ses clientes, ça aurait été mauvais pour ses affaires. Quand à la faire parler, c’est une autre paire de manche. Mais, me rappelant de la crise de jalousie de l’Eidolon, quand j’ai revu Flora pour la première fois depuis ma sortie de prison, j’ai craint à ce moment à une possible fuite.

A Scalpel …

- « Allez, dis moi qui est cette Cameron, et tu auras la vie sauve ! »

Paolo ne plaisantait pas. Son visage couturé de cicatrices montrait sa détermination. Il avait dû être torturé par des ennemis de la Famille, il y’a longtemps de cela. Son complet violet, rayé de blanc, est propre et bien taillé, et sa main droite s’orne d’une magnifique chevalière en ragent, marquée du symbole de la famille. Le feutre profondément calé sur le crâne, dissimulant la coupe gominée, classique chez les mafieux, masquait à peine sa peau mate, comme brunie par le vent.

En face de lui, une jeune fille aux cheveux châtains, et aux yeux verts pétillants, qui ne semblait pas très impressionnée par sa prestation, le regarde en souriant, comme à l’évocation d’une bonne plaisanterie.

- « On se calme, mon petit monsieur. Vous êtes ici chez Scalpel, pas dans la rue. Je suis étonnée que le service d’ordre ne vous ait pas mis dehors. »
- « On ne résiste pas à la Famille ! »
- « Voyez-vous, je suis, malheureusement pour vous, professionnelle jusqu’au bout des ongles, et, en tant que telle, je suis tenue par le secret. »
- « Tu vas parler, sale garce, je te le garantis ! » Paolo sortit un briquet de sa poche, et il l’enflamma d’un geste brusque. « Je vais commencer par te rôtir les oreilles, avant de marquer ton délicieux visage. »
- « Je vois ce qu’il me reste à faire ! »

Paolo n’a pas le temps de réagir que Flora Stryer l’a déjà mis au sol, sur le ventre, et s’est assise sur son dos. Il sent quelque chose de bizarre, comme un dérèglement dans son corps, et remarque que la fille s’est relevée. Il veut se redresser à son tour, et se venger, mais il ne peut que constater alors qu’il n’a plus de bras.

- « Quoi ? Mais ? Mais ? »

Pendant qu’étonné, il se tortille sur le sol, comme un ver, il la voit se diriger vers quelque chose d’inerte sur le sol, en extirper son briquet, et l’éteindre. Il réalise alors que la chose molle, que Flora laisse tomber après avoir éteint l’objet, n’est autre que son bras. Curieusement, il n’a pas mal. Mais la souffrance morale lui fait pousser un cri.

- « Mes bras ! Mes bras ! »
- « Et tes jambes aussi ! »
- « Quoi ? » Ses yeux s’agrandissent de terreur.

Flora Stryer fait alors un petit tas devant lui, jetant sans précaution les membres retirés du mafieux. Il peut voir, sur l’un, une chevalière en argent. A n’en pas douter, les morceaux de chairs posés devant lui étaient autrefois accrochés à son corps. La sueur commence à perler à grosses gouttes sur son front, et il se rappelle les paroles de Don Giovanni : « Surtout, ne cherchez pas d’histoires à Flora, de Scalpel. Cette fille est un monstre ! » L’avertissement revient hélas trop tard dans la mémoire de Paolo.

Il sent qu’elle l’attrape par les vêtements, puis le soulève du sol, avec une force déconcertante pour une femme de cette taille. Elle le pose sans ménagement sur un divan destiné à recevoir des patients, quand, soudain, la porte s’ouvre en furie, laissant entrer Blue Howler dans la pièce.

- « Flora, tu … » Il contemple la scène, et, a fortiori, sans son masque lui cachant le visage, on pourrait lui voir un air hébété. « Hé ben, j’arrive trop tard ! »
- « Mais non, tu arrives pile à l’heure ! Va voir Glenda et demande-lui de te prêter un des bacs cryogéniques pour la conservation des organes. »
- « Attends, tu ne crois pas que tu risques les soucis, si tu tues l’un des leurs ? »
- « Non. Je renverrais la tête à Don Giovanni, il comprendra que je ne plaisante pas. Si jamais le message ne passe pas comme ceci, je pourrais toujours aller lui ôter son second et dernier testicule. »
- « Que ? » Paolo ouvrit de grands yeux.
- « Ha ha ha ! » rit Blue Howler. « Je vais chercher ton truc et je reviens. »

Il laisse quelques instants sa sœur en compagnie du mafieux, puis accourt ensuite, avec un bac sur roulettes portant une grosse croix rouge sur le côté. Flora ouvre le dessus du bac, et de la vapeur en sort. Ou plutôt, de la condensation. Paolo commence à hurler, vrillant les tympans de sa tortionnaire.

- « Jack, tu peux aller fermer la porte, s’il te plait. »
- « Ouais. » La serrure claque après que Jack ait donné une impulsion au panneau de bois. Paolo continue de hurler, des insultes en italien, bien souvent, entrecoupés d’appels à l’aide. « Arrête de beugler ! » lui intime Blue Howler.
- « Tu peux lui tenir la mâchoire fermée, s’il te plait ? »
- « Okay. »

Il place une main sur le sommet du crâne du mafieux, écrasant son chapeau, et se sert de l’autre pour l’obliger à fermer sa bouche. Flora en profite pour passer ses doigts fins sur les lèvres de Paolo, effaçant toute trace de la cavité buccale au fur et à mesure qu’elle s’avance. Quand elle a terminé, elle fait signe à Jack de relâcher. Paolo crie toujours, mais ses hurlements sont étouffés par l’absence de sortie.

- « Ah, ça va mieux. »
- « Bon sang, tes pouvoirs sont toujours aussi sidérants. Tu vas le disséquer ? »
- « Oui. Je touche un bon paquet pour des organes frais. Comment tu savais que j’allais être agressée ? »
- « ‘On’ m’a prévenu que ce type courrait après certains de tes clients. »
- « Et tu me pensais incapable de me défendre ? »
- « Non, mais … »

Alors qu’ils parlent, Paolo contemple avec effroi les mains de la jeune femme aller et venir son corps. A chaque fois, la même impression de dérèglement corporel lui monte au cerveau, inondant son esprit de terreur, chaque fois qu’elle lui retire un organe interne. « Ce n’est pas possible ! » pense t’il. « Elle ne peut pas me démonter morceau par morceau sans que je ne sente rien ? » C’est pourtant ce qu’elle fait. Forcément, au bout d’un moment, le cœur est ôté, et Paolo n’a que l’impression de s’endormir après un cauchemar particulièrement éprouvant.

- « Ca faisait longtemps que je ne t’avais pas vu jouer ‘à la poupée’. »
- « Ca m’arrive pourtant régulièrement, et c’est pour cela que je suis au service du bon docteur Vahzilok ! »
- « Tu m’étonnes. »
- « Bon, les poumons sont encrassés, il faudra que je les nettoie un bon coup. Le foie a l’air d’être bien engorgé, aussi, je le viderais une fois que tu seras parti. »
- « Il cherchait Cameron ? »
- « Oui. Don Giovanni n’a pas apprécié de se faire voler son argent. »
- « Et je suppose que cela explique son testicule manquant ? »
- « Gagné. Peu après l’opération de Cameron, il a voulu me menacer, pour que je lui dise ce que je savais sur Pauline Wax, notamment sa nouvelle identité. J’ai joué la minette, me suis assise sur ses genoux, et lui ai tripoté le paquet. Je lui ai dit que je tenais quelque chose en main, et il a éclaté de rire. Mais il a moins rit quand je lui ai montré ! Hi hi ! C’est un bon souvenir ! »
- « T’es atroce ! »
- « Toujours est-il que je vais retourner la tête de Paolo à son propriétaire, personnellement. Tu veux un souvenir de Don Giovanni ? »
- « Euh, non merci. Je connais tes goûts, et je crois bien que ce sera trop ‘vivant’ pour être exposé comme une babiole. »
- « Tu ne sais pas ce que tu rates ! »

Flora passa la main sur le cou de Paolo, désormais inerte, puis la tête roula à bas du corps, comme si elle avait décapité le mafieux. Elle la récupéra et la fourra sans ménagement dans un sac. Elle fit une bise à son frère, se dirigea vers la porte et se tourna pour lui parler.

- « Tu sais, Jack. Je ne peux que me défendre, en allant voir Don Giovanni. Si je lui parle de toi ou de Cameron, il fera le lien. Donc, ils continueront peut-être de traîner autour d’elle. »
- « En gros, tu me conseilles … »
- « De la garder à l’œil. Sinon, tu risques de devoir trouver une nouvelle copine sous peu. »
- « Okay. Merci, Flora. »

Bureau de Don Giovanni, quelques minutes plus tard …

- « Boss, y’a une petite fille devant la porte. Elle dit qu’elle veut vous voir. »
- « Une … petite fille ? »
- « Oui, patron, d’une dizaine d’années. »
- « Envoie la paître et … »
- « Coucou, qui c’est ? » fait une petite voix alors que deux mains se pose sur les yeux du truand, assis.
- « Pablo, dehors. Nous discuterons après. »

L’homme de paille sortit du bureau, en souriant. Son patron a un faible pour les petites filles. Probablement qu’il préfère avoir un peu d’intimité avec celle-ci.

- « Petite coquine. Comment veux-tu que je sache qui tu es, alors que tu me caches la vue. »
- « Ca y’est, j’ai retiré mes mains ! »
- « Mais ? Comment ça se fait que je ne vois rien ? »
- « Probablement parce que je t’ai ôté les yeux ! »
- « Quoi ? Mais tu es … »
- « Tout juste. Tiens, je vais être sympa et t’en rendre un. »

Il sent la main et quelque chose se passe. Quand la main se retire, il voit une petite fille brune, aux yeux gris. Et, sur la table, la tête de Paolo, posée comme un trophée.

- « Don Giovanni, » fait la petite fille, d’une voix de crécelle « vous n’êtes pas raisonnable ! J’avais pourtant insisté sur le fait que je ne voulais plus être questionnée sur mes clients. »
- « Flora … »
- « Bon, j’ai un œil en paiement pour aujourd’hui. » Elle exultait, faisant sauter l’organe du chef mafieux dans sa main gauche. « Qu’est-ce que je te retirerais, la prochaine fois ? »
- « Je … j’ignorais qu’il s’en était pris à toi ! »
- « Pas d’excuses bidon. Tu n’as pas assez prévenu tes hommes. La preuve sur ta table que le message n’est pas bien passé. Maintenant, avec ton œil et la tête de ce pauvre Paolo, tu devrais un peu mieux réussir à les convaincre de ne pas s’intéresser de trop près à mes clients ! »

Elle quitta la pièce en riant, laissant Giovanni tâter l’emplacement creux de son orbite qui était, il y’a encore quelques minutes, son œil droit.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Ven 23 Mar - 17:33

Et bien, heureusement que Flora m’a prévenu. La surprise est moins violente d’être pris au piège par ces empaffés de mafieux. Et apparemment, ce n’est pas après Cameron, qu’ils en ont, cette fois, mais bel et bien après moi. Y’a qu’à me voir, pris au piège dans cette ruelle sans issue, comme un rat, avec une demi-douzaine de pas beaux bien costauds en face. Mais je n’en suis pas à mon coup d’essai, et cela, ils ne le savent pas.

- « Qu’est-ce que vous me voulez ? »
- « C’est toi, Blue Howler ? »
- « Vous devriez le savoir, non ? Je suis reconnaissable, tout de même ! »
- « Tu vas nous suivre sans faire d’histoires ! »
- « Et puis quoi, encore ? »

Le plus près de moi commence à sortir sa matraque, approchant d’un air menaçant. C’est un mafieux pur souche, en costard trois pièces rayé verticalement, un chapeau italien sur la tête, et les yeux abrités derrière une épaisse monture. J’aime bien son regard, empreint d’une sorte de psychopathie assez rare. Je vois un peu le genre. Tant qu’il est désarmé, il a l’air inoffensif. Dès qu’il a une arme en main, ça devient un tueur. Enfin, ça se prend pour un tueur. Il y’a une nuance.

Allez hop, un petit cri pour commencer. Les lunettes de l’affreux se fissurent, et la couche de peinture vernie sur sa matraque craquelle de toute part. Sans cette damnée mâchoire d’acier, j’aurais pu en faire un paquet de barbaque sanguinolente. Mais, avec ce fichu limiteur, je ne peux que me contenter de lui infliger des dégâts mineurs. Le voilà qui recule vers ses potes. Avant même qu’il n’ait pu réclamer de l’aide, je me sers des vibrations pour exploser définitivement les carreaux de ses lunettes, qui éclatent de tout côté. Le matraqueur tombe à la renverse, portant la main à son visage.

- « Suivant. Magnez-vous, les mecs, je n’ai pas que ça à faire ! »

Les autres se penchent pour aider le psychotique à se relever. Il a du verre dans les yeux, il risque de finir aveugle. Les binoclards, ça reste une cible facile pour moi. Ses potes lui essuient le visage, prudemment, pendant que je suis debout devant eux. Celui qui semble être le chef, enfin je le déduis du fait qu’il ait pris la parole en arrivant, s’adresse alors à moi.

- « Nous voulons juste que ta sœur » Ah, Flora, tu me fous dedans ! Comme toutes les femmes que je connais ! « rende l’intégralité de ce qu’elle a pris à Don Giovanni ! »
- « Ah, d’accord. Vous pensiez qu’en me kidnappant, elle serait plus docile ? Vous vous fourrez le doigt dans l’œil, les petits gars ! Elle n’en aurait rien à fiche. »
- « Elle a pourtant beaucoup d’affection pour toi, d’après ce que l’on sait. »
- « Jusqu’à un certain point, les mecs. Après ce point, elle considère que je peux me débrouiller tout seul, et elle n’a pas tort. Enfin, je vais vous filer un tuyau. »
- « Un … tuyau ? »
- « Dites à Don Giovanni de se rendre à Scalpel, et de lui présenter des excuses publiques, et elle lui fera un prix pour lui recoller les morceaux ! »
- « Un prix ? » Hé hé, il n’a pas l’air d’apprécier !
- « C’est qu’elle est vénale, et qu’elle ‘n’opère’ que sous deux circonstances : ou c’est pour le fric, ou c’est pour menacer. Vous avez pu voir la seconde, et probablement que vous êtes au courant de la première. »
- « Mais c’est elle qui … »
- « Hé ho, je suis pas son secrétaire ! Maintenant, si vous voulez vous arranger, c’est avec elle directement. Moi, je n’ai rien à voir avec l’histoire. »

Il pèse le pour et le contre. Sûr que si il rentre dire ça comme ça à Don Giovanni, il va hériter d’une belle paire de godasses en béton armé. D’un autre côté, je ne suis pas disposé à servir de monnaie d’échange, surtout en sachant que Flora ne bougera pas le petit doigt pour me sortir de là. Je l’ai bien vu quand j’étais en prison : elle m’a rendu visite, mais n’a rien tenté pour m’en faire sortir ! Elle est comme ça, je ne la changerais pas. Finalement, le mafieux à la tête du groupe sort un flingue de sa poche.

- « Navré, je n’ai pas le choix. »

Une baston en solo, ça faisait longtemps. La rafale sonique part en direction du chef de la bande. Son costard part en morceau, dévoilant son gilet pare-balles, qui se désagrège avec les vibrations que je produis. Plus j’en envoie, plus il est découvert. Ses potes semblent hésiter à se lancer à l’assaut, et deux d’entre eux tiennent toujours le type à lunettes, qui, le premier, s’est avancé vers moi.

Finalement, le leader de la petite équipe s’effondre. Les autres, eux, n’ont toujours pas bougé. Probablement qu’ils ont peur. Et ils ont raison. Sans cette damnée mâchoire, j’aurais réduit la troupe à néant, en une seule attaque. Là, je suis obligé de me débrouiller à les faire un à un. Une idée me vient, cependant, je pourrais …

- « Désolé, les gars, je viens d’avoir une petite idée. Mais pour qu’elle se réalise, je vais devoir tous vous éliminer. »

Les regards convergent vers mes cornes faciales, qui commencent à vibrer de toute part. Certes, mes pouvoirs sont relativement affaiblis par la mâchoire, mais je peux encore attaquer. Le cri devient plus perçant à mesure que les vibrations s’accélèrent. Et une Lamentation, une ! Le premier dans la ruelle devient alors ma première victime. Pour les quatre autres, j’ai un autre plan.

Ils doivent me prendre pour un taré, à me voir poser mon visage sur le mur. D’accord, la mâchoire empêche mes cris d’atteindre une trop forte intensité. Mais les cornes que je porte sur ma face, elles, ne sont pas limitées en vibration. La secousse fait s’écrouler le pan du mur sur lequel je suis appuyé, mais je contrôle assez bien l’effet vibratoire pour le faire progresser crescendo dans le mur, ce qui fait que seule la partie à côté des mafieux s’écroule sur eux, dévoilant des habitants des Insoumises étonnés de voir leur immeuble s’effondrer comme ça.

Les quatre derniers membres de la Famille sont enterrés, écrasés par les lourds morceaux de murs tombés sur eux. Mon plan est fort simple. J’attrape les deux corps encore intact du chef de bande et de l’acolyte que j’ai dessoudé avec la Lamentation, J’en charge un sur mes épaules, et tire l’autre par les pieds. Je ne suis pas trop loin de Scalpel.

Dans la boutique de Scalpel …

- « Jack ? Qu’est-ce que tu fais là ? »
- « Te proposer de la bidoche pour ton employeur ! »
- « D’où les deux types que trimballes, je suppose ? »
- « Tout juste ! »
- « Pose-les là, et … »
- « Combien tu m’en offres ? »
- « Quoi ? »
- « Bah, je me rends compte que je t’ai fourni beaucoup de viande fraîche, mais que je n’en ai rien tiré ! Alors, pour m’offrir tes services … »
- « Tu vas me payer en nature ? »
- « Hé, hé, gagné ! » Flora réfléchit à ma proposition.
- « Bon, je peux te l’avouer, j’ai déjà mis de côté une mâchoire pour remplacer celle que je vais te retirer. Je l’ai même retaillée pour qu’elle te convienne. »
- « Déjà ? C’est sympa, ça ! »
- « Non, ce n’est pas sympa ! C’est juste que je sais que tu auras les fonds tôt ou tard. C’est de l’anticipation. Quand à accepter ton paiement, … Bon, disons que ça dépendra beaucoup de la qualité. »
- « Tiens, c’est de l’italien. Un peu secoués, mais pas trop frappés ! »
- « Fais voir. Voyons. » Elle les plie dans tous les sens. « Ouais, ils sont potables. »
- « Alors, combien ? »
- « Deux mille, et je suis généreuse ! »
- « Si peu ? »
- « Un super-vilain comme toi, ça doit tuer plein de monde. Si tu m’en ramènes avec des superpouvoirs, je t’en offre cinq à dix fois plus, en fonction de leurs capacités. »
- « Ca doit pouvoir se faire. »
- « Il t’en faudra tout de même plus que ces deux numéros là pour t’offrir mes services, tu sais. »
- « Je sais. »
- « Alors, qu’est-ce que tu attends pour aller chasser ? »
- « Ben, que tu me payes ! »
- « Ha ha ha ! »
- « Qu’est-ce qui te fait rire ? »
- « T’es un vrai panier percé ! Si je te donne du fric, je suis sûre que je ne le reverrais jamais pour ton opération ! »
- « Euh … »
- « Je vais plutôt te créer une ligne de crédit chez moi. Au fur et à mesure que tu m’amèneras de la matière première, je créditerais ton compte. Quand il y aura assez dessus, je t’opérerais ! »
- « Ok, on fait comme ça ! »
- « Vaut mieux, sinon, avec Cameron, tu n’auras jamais assez. »

Depuis cet épisode, y’a une drôle de rumeur qui court sur moi. Parce que je sors parfois de mission avec un ou plusieurs cadavres frais, il y’en a pour s’imaginer que je suis devenu cannibale. N’importe quoi.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Ven 13 Avr - 15:56

- « Lâche-moi, vieux shnock, tu es sale et tu pues ! » hurla le gamin d’une dizaine d’années, pendant qu’un agent de l’Arc le tenait par le bras.
- « Qu’est-ce qu’un petit gosse comme toi fait dans les rues, hein ? »
- « Lâche-moi ! » répéta le jeune garçon.
- « Non. Pas question. Tu es sûrement un fugueur, alors je vais te mettre en prison. On verra si tu seras aussi loquace quand tes parents viendront te chercher ! »

L’agent Smile, de l’Arc, commença à tirer sur le bras du gamin, pour l’obliger à le suivre, puis stoppa net. Plus haut dans la rue, sortant de l’entrée secrète de la base de l’Arc camouflée où il prenait ses ordres, était apparue une bande d’individus pour le moins disparates. Les connaissant de réputation, il savait à qui il avait affaire, et il devinait aussi que ses coéquipiers avaient dû utiliser leurs balises de téléportation. Les XGen mutants ne font pas de cadeaux, cela est bien connu.

L’un d’eux tourna son regard vers eux, et Smile pensa qu’ils ne perdraient sûrement pas de temps avec un agent isolé comme lui. Mais il se trompait. Le regard se porta d’abord sur l’agent de l’Arc, puis sur le gamin qu’il tenait toujours fermement par le bras. Il commença alors à s’avancer vers eux.

L’individu qui approchait était de taille moyenne, vêtu de bleu et de gris, quatre cornes pointant vers l’avant sur son visage, et la mâchoire à moitié dissimulée par un arceau métallique posé dessus. Smile se remémora le briefing qu’il avait eu plusieurs semaines auparavant. La voix de son chef sembla lui résonner aux oreilles, comme un coup de tonnerre. Dans sa tête était diffusé le film de la réunion. Sur le panneau blanc, au fond de la salle, la photo de l’individu qui était devant eux maintenant s’était affichée.

- « Blue Howler. Son véritable potentiel est limité par la mâchoire d’acier qui lui a été posé au Zig. Cependant, l’individu reste dangereux et imprévisible ! Ne soyez jamais seuls pour tenter une arrestation, même si lui il l’est ! »

Smile resta droit, immobile, la main posée sur l’étui de son arme, prêt à se défendre si besoin était. Blue Howler se trouvait maintenant à moins de deux mètres de lui.

- « Lâche le gamin. » ordonna t’il à Smile.
- « Quoi ? »
- « T’es bouché ou quoi ? Lâche le gamin. Si tu le fais, je te laisse te barrer. Si tu ne le fais pas, mes potes et moi, on t’explose comme la petite merde que tu es ! » dit-il, désignant du doigt ses alliés, qui semblaient s’interroger sur les raisons de son intervention.
- « O… okay. » Smile lâcha l’enfant. Contre l’attente de l’agent de l’Arc, le gamin ne chercha pas à s’enfuir dans l’autre direction, mais alla directement se cacher derrière Blue Howler.
- « Et maintenant, la correction. »
- « Quoi ? Mais … »

Les rafales soniques se succédèrent, sans que les autres XGen interviennent. Smile s’écroula en quelques secondes. Blue tendit alors la main au garçon, qui lui prit. Sans être obligé de forcer, l’enfant suivit le super-vilain. Ils rejoignirent le groupe de mutants, sous les regards médusés de ceux-ci. La mission avait été un succès, ils reprirent le chemin de leur base, tandis que des échanges à voix basse avaient lieu. Mais Blue Howler n’en avait cure. Dans la base, il installa le gamin sur une chaise, alla au réfrigérateur et lui amena un soda.

- « Alors, t’es devenu pédophile ? » Tornd, comme à son habitude, ne faisait preuve d’aucune délicatesse.
- « Mais non. »
- « C’est quand même bizarre. Je n’imaginais pas que tu avais si bon fond, à vouloir sauver les gosses. Enfin, bien que je pense qu’il est plus en danger avec nous qu’avec l’Arc. » fit Mathild.
- « C’est un problème familial. »
- « Il est de toi ? » Nevermynd fit aller son regard de Blue à l’enfant. « Vous ne vous ressemblez pas ! »
- « Il est pas de moi. »
- « Alors, pourquoi tu dis que c’est un problème familial ? » Le gamin prit la parole.
- « Dis, tonton Jack, c’est qui ces gens ? »
- « TONTON JACK ? » firent plusieurs voix en même temps.
- « Alors, ça veut dire que c’est le fils de Flora ? » demanda Nevermynd.
- « Gagné. D’où mon intervention. Il s’appelle Nicholas. Mais on l’appelle plutôt Nick. Maintenant, si vous permettez, je voudrais m’entretenir avec mon neveu ! »

Il souleva Nick de sa chaise, et l’emmena vers la sortie. Probablement qu’il ne voulait pas que les XGen se posent trop de questions à son sujet. Une fois dehors, il prit le chemin de l’appartement de Cameron. Celle-ci devait être à son travail, la maison était vide. Jack montra un siège à son neveu, qui s’assit dessus, et il s’installa lui-même en face.

- « Nick, qu’est-ce que tu fais ici ? »
- « Je suis venu voir Maman. »
- « Bon sang, Nick. Tu sais bien pourquoi ta mère t’a laissé derrière elle, non ? Tu es assez grand pour comprendre, maintenant. Elle veut te protéger. Les gens avec qui elle travaille, ce sont des méchants. »
- « Mais … »
- « Ecoute, j’aime pas beaucoup ton père, mais ça n’empêche qu’il doit être vachement inquiet ! Je vais m’arranger pour te renvoyer à Paragon. »
- « Je veux voir Maman ! » Nick boudait.
- « Okay. Je vais l’appeler, elle va venir te voir. Elle va te gifler, tu vas chialer un bon coup, et tu repartiras à Paragon avec mon pied au derrière ! C’est ça que tu veux ? » Nick restait muet. « Bon, je l’appelle. »

Blue Howler prit son portable et composa dessus un numéro. Il commença à parler dans le combiné.

- « Flora ? Ouais, c’est moi. Non, non, pas de livraison. C’est juste pour te dire que j’ai un petit bout de chou en face de moi. J’ai besoin de te faire un dessin ? Okay. Pourquoi, vingt minutes ? Ah, le temps de changer d’apparence. Okay. On t’attend. »

Pendant ce laps de temps, Jack installa son neveu devant le poste de télévision. Quelques minutes plus tard, la porte d’entrée s’ouvrait.

- « Déjà là, Flora ? Ah, c’est toi Cameron ! »
- « Tu attends Flora ? Ici ? »
- « Ouais. »
- « Qui c’est, ce gamin ? »
- « Euh, Cameron, tu pourrais aller te promener ? »
- « Pardon ? Je viens juste de rentrer, et … » Jack fouilla dans ses poches et en sortit une liasse de billets. Il en extirpa les deux plus grosses coupures et les tendit à Cameron.
- « Tiens, va t’acheter un truc pour ce soir. Tu sais, du genre bien déshabillé, limite transparent, et qui coûte super cher. »
- « C’est à ce point ? »
- « Oui. Merci de ta compréhension. »

Cameron n’insista pas, vu l’air grave sur le visage de Blue Howler. Elle prit l’argent, sans se faire prier, et quitta les lieux. Jack retourna près de son neveu, et regarda la télé avec lui, lui posant des questions sur l’école, son père, sa nouvelle mère, et sur la manière par laquelle il était arrivé ici.

- « Papa est venu. Il devait voir quelqu’un chez Crey. Quand il m’a demandé si je voulais venir, je me suis dit que je pourrais voir Maman, comme ça. »
- « Ouais, il doit être leur conseiller financier. Je suppose qu’ils ont des comptes dans toutes les banques, y compris celle où ton père travaille. »
- « J’ai profité qu’il avait le dos tourné pour venir. Mais je ne savais pas où trouver Maman. J’ai demandé à un de ces types en rouge et blanc, et il a voulu me ramener. Heureusement que tu étais là, Tonton. »

Jack se dit qu’il aurait mieux fait de laisser l’agent de l’Arc finir son boulot. Il soupira. Il se rappelait de Nick, venant avec sa mère au parloir de la prison, pour lui rendre visite. Comme Jack était reconnaissable aisément, avec ses quatre cornes sur le visage, le gamin l’aurait certainement interpellé dans la rue. La porte de l’appartement s’ouvrit, laissant rentrer une jeune femme brune. Flora Stryer avait retrouvé, pour l’occasion, sa véritable apparence.

- « Nick ? Nick ? » appela t’elle.
- « Maman ! » L’enfant se jeta dans les bras de sa mère.
- « Jack, merci. Heureusement que tu étais dans les parages. » dit-elle à son frère, entre deux baisers à son fils.
- « Pur hasard. » Jack regarda quelques instants la mère et son fils. « Je vais vous laisser. N’hésite pas à lui coller une bonne claque, il l’aura bien mérité. En attendant, je vais faire les cent pas dehors, pour être sûr que personne ne t’a suivi. »
- « Merci. »

Blue Howler descendit les escaliers. Les portes des paliers inférieurs se fermaient sur son passage, les gens du quartier ayant peur de lui. Il atteignit le bas de la cage d’escalier, et sortit prendre l’air. Dehors, appuyée sur un mur face à l’immeuble où vivait Jack, attendait Nevermynd. Il s’approcha d’elle, et se mit dos au mur, à côté. Ils restèrent l’un à côté de l’autre, sans parler, pendant une dizaine de minutes, puis Alice prit la parole en premier.

- « Je n’aurais jamais imaginé que ta sœur avait un enfant, surtout d’un âge aussi avancé. »
- « Ouais. Elle n’aime pas trop qu’on en parle. Elle se considère comme une mauvaise mère. »
- « Pourquoi ? »
- « Pour venir travailler ici, chez Vahzilok, il a fallu qu’elle abandonne le petit à son père. Tant qu’elle travaillait pour le docteur, à Paragon, elle pouvait encore en avoir la garde. Maintenant qu’elle est ici, sur les Insoumises, elle ne peut même plus le voir. »
- « Mine de rien, vous êtes sensibles, dans votre famille. »
- « Dis-toi bien qu’un jour ou l’autre, Nick aura des pouvoirs. Au vu des capacités de sa mère et des miennes, ce sera forcément quelque chose de balaise. »
- « En tout cas, il doit salement l’aimer pour avoir risquer la colère de son père en venant ici. »
- « Le paternel ne dira rien, surtout si c’est sa mère qui le lui ramène. »
- « Je comprends pourquoi elle veut tenir son mioche à l’abri. Ca pourrait être une bonne cible pour la faire chanter. »
- « Moi, je ne le conseillerais pas. »
- « Pourquoi ? »
- « Je t’ai déjà dit qu’il était dur de mettre Flora en colère, non ? Et bien, kidnappe son gosse, et tu comprendras pourquoi je crains de l’énerver. A la naissance du gamin, les soldats du Conseil l’ont enlevé, pour faire pression sur Flora. Ils voulaient qu’elle s’enrôle dans leur armée. Je suis passé après elle pour nettoyer. »
- « Un carnage, je suppose ? »
- « Pire. Une vision de l’enfer. Les pouvoirs de Flora lui permettent de maintenir quelqu’un en vie indéfiniment, quelque soit son état. Imagine un mec complètement écorché, les intestins tendus à travers tout un couloir, dans tous les sens, tapissant les parois, chaque organe distinctement isolé. Et le plus horrible : le type est encore vivant et te supplie de l’achever. » Jack trembla et Nevermynd, avec ses pouvoirs psychiques, eut un haut-le-cœur en ayant une courte vision des souvenirs de Blue Howler, prouvant que l’émotion à cet instant précis avait été très forte.
- « Elle … elle ne plaisante pas quand il s’agit de sauver son gosse. »
- « Tu sais, si ils lui avaient fait du mal, elle aurait massacré tout le Conseil. C’est pour ça qu’ils ont renoncés, après. »
- « Le père du petit est au courant ? »
- « Ouais. Ca a d’ailleurs été la cause de la séparation. Il s’imagine que Nick ne sera jamais un mutant comme moi ou Flora. J’aimerais être là quand le gamin lui explosera à la face ! »
- « Les voilà. » Flora et son fils sortaient à leur tour de l’immeuble, et Nick fit un grand signe de la main à son oncle, auquel Jack répondit.
- « Flora le ramène près de son père. Tant mieux, c’est ce qu’il y’a de plus raisonnable à faire. Bon, sur ce, je te laisse, je vais aller me pieuter un peu. » fit Blue en s’étirant.
- « En plein milieu de l’après-midi ? »
- « Vu le fric que j’ai laissé à Cameron pour s’acheter des dessous affriolants, je risque de passer une nuit blanche. Alors autant prendre un peu d’avance. »

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mar 17 Avr - 17:34

Je suis une mutante. Même si ça ne se voit pas, comme mon frère Jack, qui a quatre cornes sur le visage. Je pense que ces pouvoirs ont dû apparaître lorsque j’ai eu mes premières règles, mais je ne m’en suis rendu compte qu’après. Un jour, en classe, je me suis cassé un ongle. En me le frottant, n’ayant pas de limes sur moi, je me suis aperçu que je l’avais réparé. Je ne suis pas croyante, je ne crois pas aux miracles, donc l’explication s’imposa à moi d’office : j’avais un don.

J’étais loin de me douter de la voie que j’allais prendre alors, mais j’avais décidé de garder ce talent secret. Je ne savais pas comment réagiraient les gens, si ils l’apprenaient. De mon côté, je ne maîtrisais encore pas ce pouvoir, le découvrant à peine. S’ensuit une longue période de tests et d’essais divers, sur des animaux essentiellement. Je refusais de me servir de moi-même comme cobaye, étant dans l’incapacité de dire si je pourrais jamais réparer quelque chose que je me serais faite toute seule. De toute manière, tant que je vivais chez mes parents, tout changement physique aurait été vu, et je craignais qu’ils ne découvrent ma différence.

Alors que mon art de la manipulation des corps atteignait des sommets, mon petit frère découvrit lui aussi sa différence. A lui, j’en touchais un mot, lui dévoilant, en partie seulement, mes extraordinaires capacités. Il en fut très impressionné, et fortement choqué aussi. Nous étions différents, tous les deux, pourquoi lui aurais-je caché mes pouvoirs ? Bien sûr, je lui demandais de n’en souffler mot à personne, et je le connaissais assez pour savoir qu’il ne trahirait pas mon secret.

Quand j’ai eu dix-huit ans, et terminé mon cycle d’études, j’annonçais à mes parents que j’allais ouvrir un institut de beauté, spécialisé dans les soins du corps. Inutile de dire que cela avait provoqué un certain étonnement dans ma famille, suivi d’une incrédulité méritée. Ignorant tout de mes pouvoirs, ils s’imaginaient que j’allais droit dans les problèmes. J’allais voir un conseiller financier, dans une banque, afin d’obtenir un pécule de départ. Ce fut ma première rencontre avec Jason Hartmann. C’était un tout jeune conseiller débutant.

N’ayant aucune ressource, mais disposant de l’appui financier de mon père (un peu inquiet tout de même de devoir se porter caution pour moi), je réussis à obtenir un petit prêt, de quoi me lancer dans mon activité. Le bouche-à-oreille marcha bien, et ce dès le démarrage. Au début de mon activité, j’endormais les patients. Je savais qu’avec mes pouvoirs, ayant pratiqué un peu sur moi suite à l’acquisition d’une grande confiance dans mon talent, ils ne sentiraient rien. Mais je préférais leur laisser croire que je pratiquais à l’ancienne.

J’étais assez mignonne, déjà à l’époque, et Hartmann ne fut pas insensible à mon charme. Au terme de six mois de fréquentations, le mariage fut prononcé, et, presque aussitôt, j’annonçais à ma famille mon état de grossesse. A l’époque, j’avais déjà reçu plusieurs lettres de menace du Conseil, m’ordonnant de mettre mes talents à leur service sous peine de voir la nature de mes dons révélés. Je pensais bien à un coup de bluff, ne voyant pas comment ils auraient pu savoir que j’étais une mutante, aussi je les encourageais à le dire partout, ce qu’ils ne firent pas. Pendant ma grossesse, ils avaient abandonné les poursuites. Sur le coup, j’avais imaginé qu’ils avaient compris la leçon. Mal m’en a pris.

Après la naissance de Nick, ils sont venus chez moi pour le kidnapper. Sans hésitation aucune, je me lançais à l’assaut de leur base, dans laquelle ils m’enjoignaient de les ‘rejoindre à tout jamais, sinon mon fils en paierait les conséquences’. Ils ont eu tort de me provoquer. Je ne m’étais jamais servi de mes pouvoirs pour tuer, ce fut ma première expérience dans ce domaine. Mes doigts étaient plus précis que le plus fin des scalpels. Mes talents de manipulation des chairs étaient à leur apogée. Leur destin se traçait devant eux, au fur et à mesure que mes mains parcouraient leurs corps, jusqu’au leader qui avait ordonné l’enlèvement de mon fils. Pressée de conduire ce dernier à l’abri, après l’avoir récupéré, je demandais à mon frère de passer derrière moi pour nettoyer les lieux. Le pauvre ! En y repensant, j’ai été cruelle de le lui demander.

Bien sûr, il a fallu que j’explique la situation à Jason. La révélation de mes pouvoirs lui fit un choc, et, après à peine deux ans de mariage, il décida de divorcer et de conserver la garde de Nick. Je lui avais fait promettre de ne pas divulguer mon secret, et je suis ravie de voir qu’il a tenu parole. Il m’aurait été dur de devoir le supprimer. Dur, mais pas impossible, comme je lui ai bien fait comprendre. A ce moment-là, seul mon fils comptait réellement pour moi.

Je repris les rênes de l’institut de beauté, laissés quelques temps à une employée qui avait fait fuir la moitié de ma clientèle, et presque fait péricliter mon affaire. Mon retour fut heureux, et nombre de ces anciens clients revinrent dès qu’ils eurent appris la nouvelle. Je conservais la garde partagée de Nick avec Jason, ce qui me permettait d’avoir de longues semaines avec mon fils. Un soir, je reçu une visite inattendue. Un super-vilain de Paragon City, le très connu Docteur Vahzilok, venait dans mes locaux, sous une fausse identité. Dès que nous nous sommes retrouvés en tête-à-tête, il me dévoila son vrai nom, m’expliquant les raisons de sa venue.

L’un comme l’autre, nous avions le même rêve : vaincre la mort. Si mes pouvoirs me permettent de procéder à des opérations de chirurgie esthétique, ils me servent aussi à soigner des maladies. Il m’est en effet relativement simple d’ôter une tumeur, des cellules cancéreuses, ou tout autre anachronisme corporel. Mais même si je peux donner un aspect enfantin à une personne, je ne peux empêcher le processus de vieillissement de continuer. On peut avoir l’air jeune toute sa vie, grâce à mes dons, mais cela n’arrête pas le temps.

Je rejoignis donc, pas officiellement au début, les rangs des servants de ce bon Docteur. Bien sûr, il y avait des rumeurs, mais, grâce à certains de mes clients, jamais la Police n’a pu faire le lien entre mon institut et le Docteur Vahzilok. Quelques années après, Jack, que je revoyais de temps en temps, fut arrêté, après un braquage de banque qui avait mal tourné. Je conservais quelque affection pour mon frère, aussi lui rendais-je visite, parfois en compagnie de Nick, au parloir de la prison. Là, nous sommes parvenus à un accord. Il donnait l’adresse de mon institut de beauté, pour que certains prisonniers viennent me voir pour ce qu’ils croyaient être une séance de tendresse. Les pauvres, ça a dû leur faire un choc de se retrouver devant des servants de Vahziloks, armés de scalpels !

Un an avant l’évasion de Jack, je pris une décision, qui fut dure pour moi. Je ne pouvais pratiquer des tarifs tels que je le souhaitais à Paragon (et encore, déjà à l’époque, ils étaient supérieurs à n’importe qui dans la cité), et j’avais besoin de fonds pour continuer à financer des recherches sur les phénomènes du vieillissement. Après une courte discussion avec le Docteur (peu de temps avant qu’il ne se fasse arrêter), il m’encouragea à quitter les lieux et à trouver refuge sur les Insoumises, dans une boutique qu’une de ses fidèles ouvrait en son honneur, Scalpel.

Je dus renoncer à mon droit de garde, et abandonner Nick à son père et à sa nouvelle femme, pour venir travailler, officiellement cette fois, pour le Docteur Vahzilok. A noter que ce bon Docteur avait parfaitement raison : ici, l’argent coule à flots, et déjà quelques laboratoires de recherches m’ont donné quelques résultats. En attendant que la réponse vienne, je continue d’opérer, pour des sommes exorbitantes, jusqu’à ce que, finalement, la mort soit vaincue.

Note de l’auteur : voilà où va l’argent de Flora.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Jeu 10 Mai - 17:46

Bon sang, je suis où, là ? Ca ne ressemble pas à la piaule de Cameron, c’est trop grand. Ni à la base des XGen. C’est trop propre pour ça. On dirait une chambre d’hôtel. Attends voir, je suis à poil ? Et puis, c’est un lit pour deux, et les draps sont retirés de l’autre côté ? Aïe ! J’espère que je n’ai pas passé la nuit avec un mec. Remarque, dans l’état où j’étais hier soir, ce ne serait pas impossible. Tiens, c’est quoi qui pend là-bas ? Un soustif ? C’est bon signe pour moi.

Pourquoi j’ai picolé comme ça, moi, hier ? Ah oui, je sais, c’est après la dispute avec Cameron.

La veille, vers la fin de la journée, dans l’appartement de Cameron

- « Tu penses que je vais te croire quand tu me dis que c’est un gamin que tu as sauvé de l’Arc ? » protesta ma blonde.
- « C’est pourtant ce qui est arrivé ! »
- « Ne te fous pas de moi, Jack. Et dis-moi la vérité ! »
- « Je ne peux pas. Je n’en ai pas le droit. On me l’a interdit ! »
- « Tu ramènes un gosse de je ne sais où, ramassé on ne sait comment, tu l’héberges chez moi, et ensuite, tu le vends comme de la barbaque à ta sœur. Je sais bien que chez Scalpel, ils aiment la viande fraîche, mais tu aurais pu te retenir. Je sais aussi que tu as besoin d’argent pour payer ton opération de la mâchoire. Mais là tout de même ! »
- « Hé, ho ! Je ne suis pas comme ça ! »
- « A moins que … » Une idée lui traverse l’esprit. Et telle que je la connais, ce n’est pas la bonne. « Ah d’accord, c’est ton gamin ! Tu aurais au moins pu me le dire que tu avais un gosse ! »
- « N’importe quoi ! »
- « Tu le caches à tout le monde, alors tu demandes à Flora de changer d’apparence pour le rendre à sa mère. Ca t’évite d’avoir à payer une pension alimentaire. »
- « Tu devrais écrire des romans, Cameron ! » Je le savais, qu’elle allait sortir une ânerie.
- « Si on en parlait, nous, hein, des enfants ? Et si je te disais que j’en voulais un ? Là, maintenant, tout de suite ? Tu me le ferais ? »
- « Ah non. Je n’ai pas envie d’avoir un gosse. Du moins, pas tout de suite ! Je sors de prison, les boulets aux pieds, j’ai déjà donné pendant quatre ans ! »
- « Egoïste ! »
- « Ecoute, là, ça suffit ! On a jamais parlé de rien, tous les deux, ni mariage, ni gamins, jusqu’à maintenant. Je ne vois pas pourquoi ça arriverait aujourd’hui ! »
- « Peut-être que parce que Monsieur Blue Howler ramène chez moi un mioche qu’il a eu avec je ne sais quelle grognasse ? » Elle y tient, à son idée. Elle croit avoir de l’intuition. Elle se trompe.
- « Mais merde ! Je te dis qu’il n’est pas à moi ! Ca t’arrive d’écouter ce que je dis ? »
- « Alors, prouve-le moi ! »
- « Et comment ? Tu veux faire un test ADN ? »
- « Si tu n’as pas d’enfant, fais-moi en un, comme ça, je te croirais ! »
- « Alors, là, je ne comprends pas le rapport … »
- « Tu n’en as pas, tu me dis, alors, si tu m’en fais un, tu en auras. Comme ça, je verrais si tu sais t’occuper d’un bébé ou pas. Et après, je saurais si tu as pu en avoir eu un avant. »
- « Je crois que tu pètes un câble, là, ma grosse. » Oups, le mot m’a échappé.
- « Grosse ? GROSSE ! » Elle choppe le balai. « Ouste, dehors ! Va dormir dans la rue, ça te calmera. » Je ne pense pas être le plus énervé de nous deux, mais enfin.

Dans la chambre d’hôtel

Ca y’est, ça m’est revenu, c’est comme ça que je me suis retrouvé à la porte. Tiens, l’eau coule. La femme avec qui j’ai passé la nuit doit prendre une douche. Je la rejoins ou pas ? J’ai un peu peur de découvrir un cageot immonde, et encore plus la crainte de savoir que je l’aurais fait grimper au firmament. Si jamais c’est un laideron, elle va me coller comme ce n’est pas permis. L’excuse d’être bourré, en général, les mochetés s’en moquent. Du moment qu’elles ont trouvé un type qui les tire, peu importe l’état dans lequel il était au moment où c’est arrivé. Je vais ramasser mes affaires le plus discrètement possible, et tâcher de me faire la malle.

Oui, mais si c’est une bombe ? Genre à la Cameron, voire même mieux, qui sait ? Une pinup esseulée, qui aurait eu un coup de déprime hier soir, au point de boire trop, comme moi ? Ce type de nénettes là, ça s’accroche vite aussi, et ça te fait les quatre volontés, de peur de subir une nouvelle déception. Ou si c’est une garce comme Cameron ? Dans le genre qui va me piquer mon portefeuille. Ou pire, une prostituée, qui va me demander des suppléments parce qu’elle a passé la nuit ici ?

Rien à fiche, il faut que je fasse travailler ma mémoire pour me souvenir de cette fille. Et avec le mal de cheveux que j’ai, il me faudra un sacré effort !

La veille au soir

La boîte de nuit était bombée, ça ne m’a pas étonné. Elles font souvent salle comble, dans les Insoumises. Ici, les gens viennent dépenser leur argent bien ou mal acquis dès la nuit tombée. Rien de surprenant, donc, à trouver les lieux aussi remplis en semaine qu’une soirée de week-end. Je me suis mis au bar, et j’ai attendu. Je n’avais pas envie d’aller me faire charrier chez les XGen parce que je m’étais fait mettre à la porte de chez Cameron, une fois de plus. Sans compter que les femmes au sein du groupe, ce n’est pas des tendres. Impossible d’en tirer un câlin.

Après deux doubles whiskys, je me sentais en forme, mais plus très sûr quand à ce que je devais faire. Je crois bien que j’ai été danser, et que, emporté dans l’élan, je me suis cogné à un type. Je n’ai plus les idées très claires, mais je crois me souvenir qu’il a voulu me frapper, mais que j’ai été plus rapide. Je me rappelle aussi d’un truc, c’est qu’il a volé sur une table, qu’il y a choppé une bouteille et qu’il me l’a envoyé au visage. J’ai esquivé et …

Ah oui, c’est cette gonzesse qui se l’est ramassé sur l’arrière du crâne. Quand elle s’est retournée, j’ai pu voir qu’elle avait l’air aussi allumée que moi, puis, si mes souvenirs de la soirée sont exacts, elle a carrément pris une table à bout de bras, et lui a balancé sur la gueule. Tout ce qu’il me reste, après ça, c’est des images confuses de bagarre. Je crois que ça a dégénéré en pugilat général. Je pense que je dois me tromper sur les doses de whisky. J’ai dû en boire plus que deux doubles. Bien plus.

J’arrive encore à me souvenir que je me suis battu en compagnie de la femme qui avait pris la bouteille. Et c’est avec elle que je suis sorti de la boîte de nuit, un peu avant que les flics et l’Arc n’arrivent. On a traîné dans les rues, avant de trouver refuge dans cet hôtel. On avait prévu de se casser dès que le calme serait revenu. On a pris une chambre, j’ai dit que je payerais, ensuite on a monté les étages. Dans l’ascenseur, je crois que j’ai eu un raté et que j’ai atterri le nez direct dans son corsage. Elle a pris ça pour des avances et m’a carrément sauté dessus avant même qu’on soit devant la porte. Je crois même qu’on a commencé à se dévêtir l'un l'autre dans le couloir.

Dans la chambre d’hôtel

La voilà. Conforme à mes souvenirs. Ouahou, j’en bave, une pépée pareil, ça réveillerait les morts ! Rouquine, toute en chair, avec des excédents de bagage à faire pâlir d’envie une star du porno, et à peine vêtue d’une serviette de bain, qui ne couvre pas tout. Je la connais, cette gonzesse. Maintenant que mon esprit est plus clair, je sais de qui il s’agit.

- « Salut, minet. Bien dormi ? » me salue Bad Cat. Elle s’allonge sur moi, toute humide de la douche qu’elle vient de prendre.
- « Pince-moi, je rêve ? On a passé la nuit ensemble ? Tous les deux ? »
- « Plutôt, oui ! » me fait-elle, un sourire sur les lèvres. Je dois lui avoir promulgué de sacrés soins, pour qu’elle se montre câline comme ça, surtout au vu de sa réputation.
- « Ca ne te dirait pas un petit peu, ce matin ? » Elle se relève et commence à se rhabiller.
- « Désolé, trésor, mais je n’ai pas le temps. Une autre fois, peut-être. »
- « Comment je fais pour te contacter ? »
- « Je vais te laisser mon numéro. Fais en sorte que ta blonde ne tombe pas dessus. Elle te tuerait. » Ah, j’ai dû lui dire que Cameron m’avait foutu à la porte. Avant ou après ? Me souviens plus !
- « Tu laisses souvent ton numéro comme ça ? » Un vieux fond de méfiance. Je n’ai que des emmerdes avec les gonzesses.
- « Non, seulement aux mecs qui me font un peu d’effet au lit. Et ils se comptent sur les doigts d’une main. Dis-toi que tu es un privilégié. »

Sur ces paroles, elle me tend un bout de carton sur lequel elle a gribouillé vite fait une série de chiffres. Je lui rends le carton, lui ayant mis mon numéro aussi. Elle enfile son pardessus, et quitte la chambre d’hôtel non sans m’envoyer un baiser aérien. Je suis tout seul dans le lit, avec mes affaires qui commencent à me démanger. Je vais avoir du mal à remettre mon caleçon.

Sur mon portable, après le départ de la femme-chat, j’inscris son numéro, et, en face, le nom de Brent Carlton. Si jamais Cameron tombe sur un nom de femme dans mes numéros de bigot, toute idiote qu’elle soit, elle saura que quelque chose se trame dans son dos. Après tout, c’est de sa faute, c’est elle qui m’a foutu dehors. Elle m’a pratiquement poussé dans les bras de la belle rousse.

Après m’être levé, avoir pris une douche aussi, et fait en sorte de ne pas avoir de cheveux suspects sur mon costume, j’ai repris la route vers la base des XGen, non sans payer la note d’hôtel. J’essayerais d’appeler Cameron, tout à l’heure, pour voir si elle est calmée. Sinon, et bien, il me faudra retrouver un endroit pour dormir. Je me demande si la belle rousse pourrait m’héberger ?

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Jeu 5 Juil - 16:29

- « Miss Valence. »

Basse Croupier interpelle la jeune femme, lui tendant une carte de crédit d’allure usagée. Cameron le regarde avec étonnement, se demandant ce que signifie ce retour soudain.

- « Oui, quoi ? »
- « Je suis navré, mais votre plafond de crédit a été dépassé. Je suis au regret de ne pas pouvoir vous donner de jetons supplémentaires. »
- « Flûte ! » grogne t’elle. Elle fourre la carte dans son sac, et sort une cigarette de celui-ci. Croupier lui allume.
- « Il me semble que vous éprouvez quelques difficultés passagères, Miss, aussi vous donnerais-je le conseil suivant : ne soyez pas trop gourmande. Renoncez au jeu pendant quelques semaines, et revenez quand la chance sera de votre côté. »
- « La chance ? De mon côté ? J’en avais une, de chance, et je l’ai laissé filer ! »
- « Croyez bien que j’en suis désolé. Vous êtes une bonne cliente, et j’aimerais que vous le restiez. Mais mon patron, monsieur Sonata, n’aime pas que l’on n’honore pas ses dettes. »
- « C’est bon, j’ai compris. »

La femme blonde se lève de son siège, puis demande si elle peut rester, tant qu’elle paye ses consommations, en espèces. Basse Croupier lui répond que oui. Elle se rend ensuite au bar, commande un double gin, et se perche sur un tabouret. Un peu plus loin, Jezebel Jones est richement entourée. Cameron refuse de s’abaisser à de telles extrémités, mais depuis qu’elle a chassé Jack Stryer, aussi connu sous le nom de Blue Howler, de chez elle, ses rentrées d’argent sont beaucoup moins fournies. Elle peut au moins profiter de cette dernière soirée au Gizeh.

Du temps qu’elle hébergeait le super-vilain, elle ne manquait de rien. Une simple dispute avait fini par les séparer. Elle se promettait de tout faire, si il revenait, pour le garder un peu plus longtemps. Mais elle avait apparemment usé sa patience, et il n’était jamais reparu devant elle. Elle s’était convaincue qu’il devait avoir triste allure, ainsi abandonné, sans personne pour s’occuper de lui. Sa sœur ne l’aiderait sûrement pas, elle s’en doutait, ce n’était pas son genre d’être altruiste. Ses « amis » du groupe des XGen mutants, aussi peu recommandables que lui, ne lui seraient d’aucun réconfort.

La veille, dans la base des XGen …

Alice Jackman fit une grimace en voyant que le bout de tissu qu’elle venait de ramasser était en fait le pantalon de Blue Howler. L’homme dormait paisiblement dans le canapé, enroulé dans une couverture aux motifs écossais. Elle lui jeta ses vêtements à la face.

- « Hé, Jack, debout. Je t’ai déjà dit de ne pas laisser traîner tes affaires ! »
- « Quoi, gnésseussais ? »
- « Allez, feignasse, lève-toi. Sinon, je me verrais dans l’obligation de te l’ordonner psychiquement. »

L’homme se mit sur son séant, pestant contre les lève-tôt. Il se gratta la tête, d’abord, puis voulut se gratter autre chose, mais, constatant que la femme l’observait, se ravisa. Sur le portemanteau, à côté, un costume de soirée bleu reposait sur un cintre, propre et correctement repassé. Les vêtements avaient l’air de sortir du pressing.

- « Salut, Never. »
- « Tu sais, si tu veux, on peut te créer une pièce où tu pourrais dormir et vivre. Sans nous incommoder avec tes petites affaires. »
- « Pas la peine. C’est temporaire, juste le temps de toucher mon premier cachet et de trouver un appartement. »
- « Tu … tu vas vraiment chanter pour Johnny Sonata ? Je croyais que tu nous mentais pour nous impressionner ! »
- « Et non, ce n’est pas un mensonge. Tout le monde n’a pas ton talent pour s’inventer une boutique, et il faut bien bosser. Au fait, pour Ariane, tu sais, ton mannequin … »
- « Oui ? »
- « Laisse tomber. Je suis sur une autre femme, en ce moment. »
- « Cette militaire, Paprika ? »
- « Ho que non. Si j’essaye d’approcher celle-là, ses soldats vont me plomber comme une molaire ! »
- « Alors qui ? »
- « Je t’avais parlé de cette gonzesse, Bad Cat, avec qui j’ai eu une aventure ? Ben, en fait, on se revoit, et assez souvent. Elle aime les chanteurs, en général, et moi en particulier. Je lui fait de l’effet au lit, aussi, et ça, d’après elle, ça lui arrive peu souvent. Elle connaît un mutant, un certain Mister Zane. Et ce dernier est un bon ami du patron du Gizeh. Il doit y claquer une partie de son fric bien mal acquis. »
- « Je me demandais comment tu connaissais Sonata. »
- « Elle me l’a présenté, il m’a trouvé bon chanteur, et m’a engagé pour distraire les gens au Gizeh. »
- « Tu sais chanter ? »
- « J’ai fait une école de chant, du temps que je vivais à Paragon. Mes résultats scolaires n’étaient pas fameux, mais surtout parce que je ne travaillais pas les matières autre que le chant. J’ai toujours trouvé que faire des maths dans une école musicale, c’était de l’hérésie. »
- « Il y’a quelque chose de changé en toi. »

Un détail obsédait Nevermynd depuis qu’elle avait assisté au réveil de son comparse. Il manquait quelque chose de physique à l’individu. Ce dernier semblait amusé par l’étonnement de son amie, qui ne trouvait pas ce qui clochait.

- « La mâchoire. Et les cornes ! » fit elle. Jack Stryer sourit.
- « Gagné. »
- « Je croyais qu’on ne pouvait pas te les retirer ? »
- « Elles sont toujours là. »
- « Tu les as fait déplacer ? »
- « Pas exactement. Sonata veut d’un chanteur aux allures honnêtes. Avec mes cornes, j’étais trop facilement identifiable. Aussi, grâce au crédit que j’ai engrangé chez ma frangine, en lui apportant des morceaux de choix, notamment ce super-héros à qui on a arraché la cape, j’ai pu me payer une opération supplémentaire. »
- « De quel genre ? »
- « Des muscles rétractiles, comme pour les griffes de chat, et un épiderme auto-refermant. »
- « Ce qui veut dire que … »
- « Mes cornes sont sous ma peau, et je peux les ressortir au besoin. Flora m’a compté des suppléments, elle a eu beaucoup de mal à poser les muscles, les cornes vibrant sans arrêt pour se défendre. »
- « Sans cette mâchoire, tu es donc devenu surpuissant ? »
- « Non. Pas encore. Il y aura un temps d’adaptation. Même si Flora a retaillé la nouvelle à mon format, ce n’est pas la mienne. Ca modifie sensiblement mes capacités sonores, et il faut que je m’y habitue. Mais je fatigue moins vite comme ça. »
- « Tu commences quand, chez Sonata ? »
- « Ce soir. Si tu as du temps, viens-y. Ca me fera plaisir. Ah, au fait, quand j’y travaillerais, je me ferais appeler Bastian Herald. C’est mon nouveau nom de scène. »

De retour dans le présent, au Gizeh …

Pendant que Cameron vide son verre, l’attraction du soir est présentée. Il s’agit d’un crooner, nouveau venu dans le monde du show-business, et introduit par Johnny Sonata en personne. L’homme entre sur scène quand le patron du Gizeh l’appelle, sous un tonnerre d’applaudissements. Une fois que Sonata est parti, il commence à chanter, une reprise de Frank Sinatra. Le ton est donné d’entrée de jeu, il sait chanter, l’auditoire est captivé, certains diraient presque hypnotisé. Cameron Valence reconnaît son ancien amant. Elle attend, patiemment, pendant une heure, qu’il ait terminé ses rappels. Elle va tenter de recoller les morceaux, profitant de ses retrouvailles inopinées.

Quand le chanteur descend de la scène, elle se lève aussi, persuadée qu’il va venir la voir. Mais ce n’est pas le cas. Il aide une femme, rousse, assise au premier rang, à enfiler une veste noire sur ses épaules. Il l’ignore complètement, se concentrant exclusivement sur la rouquine à l’allure un peu bodybuildée, mais irrésistiblement sexy dans sa robe de soirée. Il lui donne le bras, qu’elle saisit, et ils se dirigent vers la sortie. Cameron se lance à leur poursuite.

En dehors du Gizeh, la température est vite tombée, et la fraîcheur s’installe dans l’air. Dans sa robe écarlate, l’ex-petite amie de Blue Howler a du mal à rattraper les deux tourtereaux. Elle y parvient enfin.

- « Jack ! Qui est cette fille ! »
- « Pardon ? Est-ce à moi que vous parlez ? »
- « Qui d’autre ? »
- « Vous devez faire erreur, mademoiselle. Je ne m’appelle pas Jack, mais Bastian. Bastian Herald. »
- « Dis donc, minet, c’est qui cette nénette vulgaire ? » demande la rousse à l’homme.
- « Vulgaire ? » Cameron a les yeux qui sortent de la tête.
- « Je l’ignore. Peut-être une fille de Jones, qui sait ? »
- « Je ne suis pas une p… »
- « Casse-toi, l’idiote, où je vais m’énerver pour de bon. » lui dit la rousse.
- « Ah oui ? »

Bad Cat saisit la blonde à la gorge, et la soulève du sol. Celle-ci, ne touchant plus terre, bat des pieds désespérément. Elle commence à étouffer. L’homme n’est pas son ancien amant, se dit-elle, car il ne resterait pas sans agir.

- « Je crois que tu es fatiguée de vivre, ma chérie. Et si j’abrégeais tes souffrances ? »

Bad Cat conduit sa proie au bord du Gizeh, et la lâche dans le vide. Cameron touche l’eau dans un grand bruit d’éclaboussures et d’insultes proférées. Jack Stryer s’approche de la rouquine, qui contemple son effet sur la blonde qui sort difficilement de l’eau.

- « Merci. »
- « Pas de quoi. Tu es sûr que tu ne regretteras pas ? »
- « Jack Stryer est connu comme le loup blanc. Bastian Herald, lui, pas. Pour débuter une nouvelle carrière, j’ai besoin de trancher avec mon passé. Avec ceci, elle va penser que je ne suis pas son ancien amant. »
- « Blue Howler disparaît ? »
- « Non, bien sûr. Mais au moins, je pourrais chanter tranquillement. »
- « Tu me tiens compagnie, cette nuit ? »
- « J’espérais que tu me le demanderais ! »
- « J’y mets une condition ! »
- « Laquelle ? »
- « Tu me chantes ‘Strangers in the night’ tout nu ! »

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mar 24 Juil - 16:06

Le vieux panneau indiquant “horloger” grince en oscillant sur ses charnières. La boutique a l’air pitoyable, mais la devanture est richement ornée de nombreuses horloges, toutes de luxe. Le tic-tac régulier des mécanismes se fait entendre, à travers la vitre. Jack Stryer, en tenue civile, cornes rentrées sous sa peau, yeux masqués par des lunettes de soleil, baisse celles-ci pour mieux lire les horaires d’ouverture de la boutique. Il s’éloigne ensuite, pour faire le tour du pâté de maisons, attendant que le magasin soit enfin ouvert. A son retour, un individu, d’origine asiatique, en complet gris et cravate jaune, remonte le rideau.

- Bonjour.
- Bonjour, monsieur.
- La boutique est ouverte ?
- Oui, monsieur, entrez, suivez-moi.

Le chinois passe devant, et Jack entre à son tour dans le magasin. Ici, le bruit des horloges est assourdissant. De trop nombreux coucous sont accrochés aux murs, mais certains ne fonctionnent pas. Cependant, pas un gramme de poussière n’est visible sur les engins. Monsieur Chang-Yin, le propriétaire, est un maniaque de l’ordre et de la propreté. Il invite Blue Howler à s’asseoir en face de lui, derrière le bureau présidentiel du boutiquier. Jack le fait, pendant que l’asiatique sort d’un tiroir un carnet de commande.

- Vous pouvez parler tranquillement, fait Chang-Yin. Personne ne peut nous entendre.
- L’avantage des horloges, je présume.
- Tout juste. Qui plus est, certaines génèrent un rayonnement électromagnétique, perturbant tout appareillage électronique. Il est impossible d’avoir ne serait-ce qu’une caisse enregistreuse, ici. Alors, pour y installer des microphones, qui sont bien plus sensibles …

Chang-Yin émet un petit rire discret. Il semble satisfait de son astuce. Il étouffe vite son ricanement, orne son visage d’un air sérieux, puis prend son stylo et commence à noter sur son calepin. D’abord, il écrit le nom de son visiteur. Même à l’envers, Stryer ne peut pas manquer de remarquer que c’est son nom de super-vilain qui apparaît sur la feuille.

- Que me vaut l’honneur de votre visite, monsieur Blue Howler ?

Jack ne peut retenir un sourire, à son tour. Le vieil homme est moins détaché qu’il n’y parait à première vue. Il sait déjà qui il a en face de lui. Il sait aussi qu’il doit faire preuve de prudence, comme pour tous ses autres clients spéciaux. Agir avec modération, mais sans se laisser piétiner. L’exercice semble simple, mais est plus complexe qu’il n’y parait. Trop prétentieux, et le client s’en va, parfois en détruisant tout. Trop humble, et ce dernier abuse de la situation. Le chinois, lui, s’est vite trouvé une ligne de conduite, qu’il veut très commerciale. C’est ce qui conduit des individus aux capacités extraordinaires dans sa boutique.

- Pour quelle raison serais-je venu, selon vous ?
- Et bien, en général, quand j’ai la visite de gens tels que vous, c’est pour une commande particulière.
- Effectivement, c’est bien pour cela que je suis ici.
- Quels sont vos desideratas ?
- Il me faut un engin pour voler, portatif, qui doit pouvoir être intégré à mon costume de super-vilain.
- Bien. Que diriez-vous d’une paire d’ailes technologiques ?

Jack marque un temps d’arrêt, imaginant l’effet d’un tel engin sur son dos. Il se voit lors de ses interventions, puis se souvient d’une mission accomplie dans une grotte, pour le compte d’Arachnos. L’idée des ailes s’envole d’elle-même.

- Non, trop encombrant. Dans certaines missions, je dois passer par des endroits trop étroits. Les ailes me coinceraient.
- Assurément. Mais cela limite mes possibilités.
- Je sais que vous êtes un artiste dans votre domaine. Vous pouvez trouver autre chose, j’en suis sûr.
- Voyons. Pourquoi pas un jet-pack dorsal ?

Le super-vilain pense à un propulseur, qu’il avait trouvé lors d’une mission, et qui lui sert encore maintenant, bien que la jauge du carburant spécial utilisé pour l’alimenter baisse dangereusement. Il sait qu’il ne pourra pas réapprovisionner l’engin, faute en est que le combustible est tellement spécifique qu’il se fera prendre dès qu’il en commandera. En y réfléchissant, Jack se dit que l’appareil n’a, de plus, pas que des qualités.

- L’idée serait tentante, mais c’est lourd, non ?
- Encore assez, oui.
- J’ai des problèmes de dos, avoue t’il.
- Ah ?
- Oui, je dors dans un canapé, pour l’instant.
- Encore une idée qui tombe à l’eau. Vous êtes un client difficile, monsieur Blue Howler. Tant mieux, j’aime les défis.

Pendant que Chang-Yin se met à griffonner sur son papier, Jack voit dans sa tête des souvenirs de ses lectures d’antan. Des comics, dont on l’abreuvait avec abondance, surtout passé la découverte de ses pouvoirs, comme pour lui montrer le chemin à suivre. Une image d’un héros surgissant du sol, propulsé par des rockets fixées aux pieds, s’impose dans son esprit. C’est cela qu’il veut pouvoir faire.

- Je pensais à des bottes de propulsion. Ce serait assez dans vos cordes, non ?
- Vous n’y pensez pas ? Il y’a un souci majeur, avec ce genre d’appareils. Il est placé bien trop bas, par rapport à votre centre de gravité. Vous n’aurez aucun contrôle sur votre vol. Vous partirez comme une fusée, pour vous écraser un peu plus loin.
- Pas si je module mon vol avec des vibrations.
- Oui, l’idée est tentante. Mais son application reste hasardeuse.
- La pratique, c’est mon souci. Je connais assez mes pouvoirs pour savoir jusqu’où je peux aller.
- Je peux éventuellement vous proposer une extension.
- Quel genre ?
- Des gantelets de commande, pour mieux maîtriser les bottes.

Pendant qu’ils discutaient, l’asiatique avait continué de prendre des notes sur son carnet. Quelques esquisses de schémas s’étaient déjà glissées parmi les nombreuses annotations. Il avait ajouté, au fur et à mesure, des éléments correspondant aux désirs de son client. Jack savait déjà que sa création allait lui coûter cher. Mais l’argent n’était pas un problème.

- Voilà. Un système électronique transmettra les informations des gantelets à vos bottes. Vous pourrez saisir les instructions directement en les manipulant.
- Pourquoi pas un système de contrôle neural ?
- Parce qu’il me faudrait une structure chirurgicale dont je ne dispose pas. Néanmoins, si vous voulez, je peux vous mettre en relation avec d’excellents chirurgiens, mais cela augmente le risque de votre côté.
- Comment ça ?
- Le nombre de personnes au courant de votre gadget accélère le risque de fuite. Les chirurgiens opèrent rarement seuls. L’un de ses subordonnés pourrait vendre certaines informations, à des groupuscules tels que l’Arc ou les Wyvernes. Et après, cela pourrait conduire à votre arrestation.

Jack pensa que le chinois voyait juste. Bien sûr, il pourrait demander à sa sœur de lui placer l’appareil de contrôle, mais cela lui coûterait encore beaucoup d’argent. Bien que ses finances soient au beau fixe, surtout depuis que Cameron ne fait plus partie de sa vie, un tel passage, à savoir les bottes de propulsion et l’opération perpétrée par sa sœur, aurait tôt fait de vider ses économies, encore fluctuantes. Le salaire perçu pour son travail de chanteur n’y survivrait pas.

- Oui, c’est vrai, finit-il par approuver.
- Nous conservons donc les bottes et les bracelets ?
- Oui.
- Il vous faudra un temps d’adaptation, monsieur Blue Howler. Je vous conseillerais, quand vous entrerez en possession de ces bottes, de pratiquer à vitesse réduite, pour pouvoir acquérir de bons réflexes. Un peu comme l’apprentissage de la conduite automobile.
- Quand cela sera-t’il prêt ?
- Fin de semaine prochaine. Revenez Vendredi, vers quatorze heures.
- Okay. A la semaine prochaine, monsieur Chang-Yin.
- Au revoir, monsieur Blue Howler.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Ven 1 Fév - 17:53

La petite vie de Jack, ça faisait longtemps ! Enjoy ! Wink

PS : gaffe au 16+ Embarassed


Je m’extirpe du lit, tout nu, et une fois debout, je tousse. Pas par méchanceté, ni pour réveiller celle qui est dans le lit. Non, il s’agit simplement de faire sortir les derniers amas de fumée ramassés pendant la soirée de la veille. Alors que je crache mes poumons, je sens qu’on me colle une grosse gifle sur les fesses.

- « Va crever ailleurs, je dors ! »

Bad Cat. Celle avec qui je partage ma vie. Enfin, déjà au moins le week-end. Elle passe le restant de sa semaine chez ses colocataires. « Le temps » me dit-elle « que Zane et Kris soient définitivement de retour. » Je quitte la chambre, le postérieur encore bien rouge de la claque que je viens de prendre, pour me rendre aux toilettes, dans le plus simple appareil. J’ai encore mal à l’entrejambe de nos ébats du matin. Je dis « du matin », parce qu’on a passé l’essentiel de la nuit dans une boîte de nuit, un club bien côté, où j’ai désormais mes entrées, en tant que chanteur vedette de Johnny Sonata.

Nous avons dansé, bu, re-dansé, re-bu, on est rentrés à la maison vers cinq heures du mat’, je ne sais pas trop comment, et, ma charmante copine, éprouvant un besoin naturel, s’est empressée de le satisfaire. Et lorsque je parle d’un besoin naturel, ce n’est pas aller au petit coin. Non, non, c’est un autre besoin naturel, qui est déconseillé au moins de dix-huit ans. Elle était tellement pressée qu’on a commencé dans la cuisine, et persévéré jusqu’à atteindre la chambre. Preuve en est le merdier dans la kitchenette de mon appartement. Chaises renversées, table retournée. Je n’ose pas aller voir dans quel état est le sofa, parce que, d’après mes souvenirs embrumés de la nuit, ce n’était pas triste non plus.

Je passe d’abord dans la salle de bain, pour récupérer une robe de chambre. Une fois légèrement couvert, je vais à la cafetière, me faire couler un bon noir de chez noir. Bad en voudra sûrement un aussi, pour tenter de se réveiller. Je me prépare un toast pour aller avec, et …

Danger ! Le grille-pain s’enflamme !

Personne ne me voit, du moins j’espère. Un petit cri, un souffle de vent, et le début d’incendie est maîtrisé. Qu’est-ce qu’y a bien plus déclencher ce cataclysme ? Je fouille dans l’appareil, et, après m’être brûlé les doigts, j’arrive à en extraire la source du feu. Je tiens, à bout de doigt, les restes d’un vêtement de petite taille, noir, avec beaucoup de dentelles. Je n’ai pas besoin de chercher longtemps ce à quoi ça correspond. C’est moi qui ai retiré ça à Bad Cat, hier soir. Je me demandais où il était tombé. Maintenant, je le sais.

- « Bad ? » criai-je. Elle grogne. Elle a les matins très difficiles.
- « Quoi encore ? »
- « Tu y tenais à ton string noir en dentelles ? »
- « Pas plus que ça. Pourquoi ? Il est passé dans le broyeur ? »
- « Non, dans le grille-pain ! »
- « Pas grave, j’irais en acheter un autre ! » conclut-elle.

Aussitôt après, je l’entends rouler dans le lit. C’est une drôle de vie, mais elle me plaît bien. Le soir, lorsque nous ne sommes pas ensemble et que je ne travaille pas, je m’occupe des XGen. On descend dans la rue, on fait peur aux enfants, aux héros, aux gentils, et même aux autres méchants. Une bande d’individus dotés de superpouvoirs prônant la supériorité de l’espèce mutante, voilà ce que nous faisons. D’ailleurs, ça m’a attiré quelques remarques acerbes. Ma copine est tout, sauf mutante. Mais comme je l’ai expliqué, si on se limite à faire des croisements entre mutants, on va finir par cumuler les tares. Il vaut mieux se mélanger à la populace, et faire croître notre nombre, petit à petit.

Le café me brûle l’œsophage, et me tire doucement de ma léthargie persistante. Je me dirige ensuite vers la porte d’entrée, je fouille dans la boîte aux lettres, et y trouve mon journal du matin. Je reviens dans la cuisine, je redresse les chaises et la table, et je pose mon postérieur. Ca me fait encore mal. Les claques de Bad, ce n’est pas des caresses. Je me vengerais bien en lui rendant la pareille, mais j’ai trop peur de la mettre en rogne. C’est un coup à se retrouver six pieds sous terre.

L’Insoumis me livre les dernières nouvelles, mais rien de bien neuf. A peine un petit article sur notre dernière virée entre mutants, et dans la rubrique « faits divers », qui plus est. Il serait peut-être temps de remettre ce torchon au goût du jour. Soit par un coup d’éclat, soit en attaquant directement les journalistes. Je verrais ça plus tard, avec les autres têtes du groupe. Pendant que je dévore la page sport, Bad Cat s’est enfin extirpée du lit, et a pris le soin d’enfiler des sous-vêtements. Moins sexe qu’hier soir, cependant. Ca sent la journée de travail, pour elle. Comme moi, elle rend d’abord une visite aux toilettes, avant de venir se servir une tasse de café.

J’aimerais vraiment en faire Madame Herald. Même dans cette tenue-là, qui tire plus sur la femme au foyer que la nénette super fatale, elle me rend dingue. Je me lève, et, pendant qu’une main se perd dans son corsage, l’autre visite une région plus intime de son anatomie. Mes lèvres parcourent son cou, et je lui mordille tendrement l’oreille au passage.

- « Couché, Jack. » me fait-elle, en ôtant mes mains.
- « Petite panne matinale ? »
- « Au vu de nos prestations plus qu’honorables de ce matin, je ne pense pas que tu sois assez en forme pour une nouvelle séance. » Elle n’a pas tort, même en m’excitant comme elle le fait, je risque de présenter quelques faiblesses. De son côté, elle n’a pas l’air bien chaude pour la chose non plus. « Et puis, j’ai du boulot, aujourd’hui. »
- « De quel genre ? »
- « Problèmes privés ! »
- « Encore l’Archonte Manuela qui t’a envoyé un défi ? »

Ce type du Conseil lui cherche des poux dans la tête. Je ne sais pas à quoi il pense. Il devrait plutôt s’engager dans la légion étrangère, avant de finir en vrac. C’est un truc qui me plait aussi énormément, avec cette gonzesse, par rapport à mes précédentes fiancées. Lorsqu’elle a des soucis, elle ne m’y mêle pas. Elle ne vient pas me faire chavirer avec son déhanché, ni ne tourne autour de moi en pleurnichant.

- « Mon Dieu, Jack, que va-t’il m’arriver si ils me mettent la main dessus ? »

Dans ma tête, je viens de repenser à Cameron. Ce genre de phrases, ça lui arrivait régulièrement, lorsqu’elle avait des soucis avec la Famille. C’était un moyen de me faire culpabiliser. Et à chaque fois, les ennuis débarquaient dans la journée.

Avec Bad Cat, ce n’est pas le même registre. Non, ça se passe plutôt comme ça.

- « Tu as un problème, poussin ? » ai-je le malheur de lui demander.
- « Rien que je ne puisse écraser dans la journée ! »

Voilà, c’est ma Bad Cat. Je lui ai demandé, après le mariage de son copain Zane, de venir vivre avec moi. Comme un couple en fait. Elle a d’abord refusé. Elle m’a évité pendant quelques temps, après ça. Et puis, un matin, elle a débarqué chez moi, avec un sac contenant quelques affaires, « pour voir si ça colle, mais juste le week-end. » J’ai appris, peu de temps après, que c’est sa copine, cette brune, Brenda, qui lui avait conseillé ça. Je lui en serais éternellement reconnaissant. D’accord, je bosse pas mal le week-end. Mais que c’est agréable, quand je rentre le soir, si Bad Cat n’est pas venue assister à ma représentation, de trouver le lit chaud, et une poitrine accueillante. Et si elle vient voir mon numéro, en général, ça sent la nouba à tout casser juste après. Comme hier soir. Et, sitôt qu’on rentre, on fait les folies de nos corps, au point de m’en rendre impuissant le matin. Et, à ce que je viens de voir, je ne suis pas le seul à ne pas être prêt à recommencer de suite.

- « Tu fais quelque chose de particulier, aujourd’hui, poussin ? »
- « Bof, faire taire ce bouffon de Manuela. Ensuite, remplir un peu le portefeuille. Faut bien vivre, non ? »
- « En parlant de fric, je passerais à la banque, voir si mon cachet est arrivé. »
- « Tu as besoin d’argent ? »
- « Non. Mais bon, je déteste bosser à l’œil ! »
- « Et à part ça, tu vas où, aujourd’hui ? » me demande t’elle.

Ah, ça, c’est la jalousie. Au début de notre relation, j’avais l’impression que c’était « union libre », que chacun faisait ce qu’il voulait. Depuis quelques temps, on s’assure, moi de mon côté, elle du sien, que l’autre ne traîne pas à gauche ou à droite. Mon carnet d’adresses a mystérieusement disparu, un matin, pour miraculeusement réapparaître quelques jours plus tard, avec quelques pages manquantes. Notamment celle qui contenait l’adresse et le numéro de téléphone de Cameron. Une petite peur que j’aille me faire consoler ailleurs, peut-être. Un jour qu’elle l’a oublié, j’ai aussi examiné son portable. Plusieurs noms d’hommes ont attirés mon attention, et j’ai pris grand soin de noter les identités et les numéros. Ils ont tous reçu une petite visite, et ont tous fait dans leur froc, après que j’ai réduit leur voiture, appartement, maison de campagne, en poussière. Une Lamentation bien placée, ça fait taire bien des prétentieux.

Elle doit savoir que j’ai fait ça. Comme je sais qu’elle a menacé quelques anciennes conquêtes. C’est une forme d’affection entre nous, je dirais. Après avoir eu une vie dissolue, chacun de notre côté, voilà que nous voulons nous caser. Je dois bien reconnaître que notre relation, c’est quelque chose de spécial. Du sexe jusqu’à plus soif, des discussions à bâtons rompus sur l’art et la manière de se faire respecter, et, lorsqu’on picole, j’ai l’impression de le faire avec mon meilleur ami.

- « Rien de particulier. Je vais aller voir si j’ai les sous à la banque, sinon, je repasse voir Basse, qu’il en fasse la remarque au comptable, et après … »
- « Basse ? Basse Croupier ? »
- « Un problème ? »
- « Tu vas passer près de Jones, alors. »

Aïe, je n’y pensais plus, à celle-là. Jezebel Jones et son service d’escorte. En première ligne de la batterie de canons de Bad Cat, surtout lorsqu’elle m’a proposé deux de ses filles pour devenir des choristes, lors de mon numéro de chanteur. On a manqué de peu l’esclandre. Depuis, ma copine se méfie de cette nana, qu’elle pense comploter pour nous séparer. Du moins, c’est, je crois, de cette manière que Bad Cat voit les choses. Je le devine à son regard.

- « Tu as un message à lui faire passer ? » J’essaye de rester détaché, pour montrer que Jones ne m’intéresse pas, pas plus que les deux laiderons qu’elle m’avait collés ce soir-là.
- « Juste que j’ai retrouvé la trace de Ruby et de Belle. »
- « Okay. » Ah, c’est juste une mission de routine, rien à craindre. « Ensuite, j’irais parler à Tommy. »

Tommy est le bassiste de l’orchestre qui m’accompagne. Depuis quelques temps, on sent des baisses de performance, sûrement liées à ses consommations de stupéfiants excessives. J’ai deux jours, avant le prochain gala, pour lui faire retrouver son talent initial. Après quoi, Johnny m’a bien fait comprendre qu’il faudrait « s’en séparer ». Ca sent mauvais pour ce pauvre vieux Tommy.

Bad Cat se lève, et va dans la chambre, me laissant seul devant mon journal. Elle revient quelques minutes après, en ayant revêtu une tenue noire, pantalon et pull. Elle repasse à la salle de bain, et, après une demi-heure, la quitte enfin.

- « J’y vais, Jack. »
- « Tu ne rentres pas à la base de Kris, ce soir ? »
- « Si, pourquoi ? »
- « Tu as oublié ton sac ! »

Il s’agit de quelques petites affaires, qu’elle récolte pendant le week-end, et qu’elle reconduit dans sa chambre une fois que notre week-end est terminé. J’ai du me montrer exceptionnellement bon, ce matin, pour parvenir à lui sortir de la tête.

- « Ho, flûte, j’avais oublié ! »

Elle prend la direction de la chambre, et, après un dernier baiser échangé dans la cuisine, me rend mon célibat pour la semaine. Ca va être dur, dans tous les sens du terme. Quand je suis tout seul dans le lit, je dors à sa place. J’ai l’impression, comme ça, de l’avoir à côté de moi. La porte claque. Maintenant que j’ai la salle de bain pour moi tout seul, je vais pouvoir m’y rendre.

J’espère que le collier que j’ai glissé dans son sac lui plaira. Ca fait six mois qu’on se connaît. Ca se fête !

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mer 6 Fév - 17:38

La journée n’avait pas trop mal commencé pour moi. Une petite dispute avec le bassiste Tommy, quelques mots échangés avec Basse Croupier, une commission faite à Jezebel Jones, une poignée de mains échangée avec Johnny Sonata. Puis, soudain, mon téléphone portable sonne, me rappelant une dure réalité, celle d’être toujours Blue Howler. Le numéro qui s’affiche m’est connu, mais, compte tenu de mon entourage (quelques groupies, heureusement que Bad Cat n’est pas là), je vais devoir la jouer fine.

- « Bastian Herald, j’écoute. » dis-je, en essayant de m’isoler dans un coin du Golden Gizeh. Hélas, mes fans me suivent, même à distance.
- « Bastian Herald ? » demande la voix, à l’autre bout du fil. « Jack, c’est moi, Flora ! »
- « Je sais. »
- « Ah, tu es entouré. »
- « Oui, c’est cela. »
- « Dis donc, il faudrait que Blue Howler passe me voir, chez Scalpel. J’ai quelque chose à lui montrer. Qu’il prenne ses kleenex, il risque d’en avoir besoin. »

Ma chère sœur … qu’a-t-elle inventé ? Elle n’a jamais eu besoin de mon aide, alors, si elle me demande de venir, c’est qu’il s’agit d’autre chose. Et apparemment, ça a l’air grave, d’où l’allusion aux kleenex. Je me débrouille pour écarter les groupies, de manière fort polie et aimable, parce qu’il faut bien prendre soin de ceux qui vous nourrissent, prétextant un rendez-vous avec mon agent. Je quitte la pyramide du Gizeh pour retourner à mon appartement. Dès que je suis chez moi, je me grime légèrement, pour ne pas me faire reconnaître dans la rue. C’est que je commence à être très connu, à Saint Martial.

Chapeau feutre informe, imperméable mou et décoloré, blue jeans délavé, vieilles lunettes noires, et une fausse moustache. Je mets un peu de désordre dans mes cheveux, pour leur donner un air frivole. Et me voilà redevenu Jack Stryer. En espérant que, cette fois, je ne me fasse pas reconnaître non plus. Parce que ce coup-là, ce pourrait bien être des ennemis des XGen qui m’identifieront. Ou bien l’Arc. Enfin, c’est un pis-aller, le temps de rejoindre la base, de prendre mon costume de super-vilain, et d’aller faire un tour chez l’Esthéticienne. Je me demande encore ce qui a poussé Flora à m’appeler directement sur mon portable. C’est bien la première fois que ça lui arrive.

L’avantage des bases de super-vilain, c’est que c’est facilement accessible, tout en restant indétectable. Il me faut moins de dix minutes pour y aller, j’ai pratiquement passé plus de temps à me maquiller pour sortir. Une fois à l’intérieur, je vais vers les casiers, et je constate que les cadenas de tous les casiers ont été écrabouillés. Encore une ‘brillante’ idée de Tornd, je pense. Ca l’amuse de faire ça, il est pire qu’un gosse. Ou alors, c’est cet iguane géant. D’ailleurs, une odeur louche flotte dans les airs. Je me demande si il n’a pas placé un étron quelque part, bien caché derrière une table, ce dégueulasse !

Enfin, ce n’est pas mon problème dans l’immédiat. Ma tenue civile termine sa carrière dans le casier, et j’enfile mon costume bleu et gris. Je place les lentilles luminescentes, qui brillent de milles feux, ce qui me donne un genre, je trouve. Une fois le costume moulant mis, je m’attaque aux bracelets de contrôle des bottes à fusées, aux bottes en elles-mêmes, puis les épaulières à pointes. Cette fois, Jack Stryer laisse la place à Blue Howler. Je profite du système de téléport de la base pour me rendre directement à Cap Au Diable. Evidemment, je n’apparais pas juste à côté de ma destination. Il ne faut pas rêver, le système a ses avantages, mais n’est pas infini, pas comme des pouvoirs de mutants.

J’active les bottes et je m’envole. A force de me rendre chez Scalpel, j’en connais le trajet presque par cœur. Même si je ne fournis plus de « matières premières » à Flora, je garde contact, pour plusieurs bonnes raisons. L’une des plus évidentes est qu’elle dispose d’une certaine notoriété, et que cela m’ouvre quelques portes de plus. La seconde est que, sait-on jamais, je pourrais avoir besoin de ses services. La troisième, c’est que de pouvoir parler de mes problèmes à la seule femme que je n’ai pas envie de tirer, ça me fait du bien. Bien sûr, maintenant, il y’a Bad Cat. Mais il y’a des choses dont je ne peux parler qu’avec un membre de ma famille.

L’air est frais, à Cap. Je survole la scierie, où Boris le Russe a ses quartiers, puis ensuite, les entrepôts des quais, pour finalement parvenir à une vieille bicoque en bois, autour de laquelle on dénombre quantité d’éléments de bloc opératoire. Tables à roulettes, sacs mortuaires (parfois pleins, ils ne manquent pas de culot, j’aime bien ça), des baxters, et tant de trucs innommables, ce qui ne correspond pas vraiment à des critères d’hygiène et de sécurité. Une chose est sûre, je ne viendrais jamais me faire faire une piqûre chez ces gens-là. Tu choperais une hépatite comme pour rire, avec eux.

Atterrissage en douceur, je coupe les bottes et passe la porte, sans frapper. Pourquoi faire, frapper ? Je suis aussi connu que le loup blanc, dans cette boutique !

- « Salut ! Flora est là ? »
- « Au fond, près des frigos. » me répond l’Esthéticienne en personne.
- « Okay, merci. »

Les frigos ? Au vu de ce qu’il se trame au sein de cette boutique, je devine qu’il s’agit de chambres froides, pour garder les organes au frais. Une porte, deux portes, trois portes. Mes pas font échos sur le dallage des couloirs. L’air se rafraîchit, je devine que j’approche du but. Encore une porte et …

- « Tu as pris ton temps, Jack ! »
- « Oui, moi aussi, je suis content de te revoir, Flora. » Elle me regarde d’un sale œil, comme si je venais de proférer une grossièreté. Les leçons de politesse, elle déteste ça.
- « Bonjour, Jack. Tout va bien pour toi ? Tu as bien déjeuné ? Tes bourses sont vides ? »
- « N’exagère pas, quand même. Un simple bonjour suffira. » Je soupire, il faut toujours qu’elle en fasse trop. « Alors, pour quelles raisons voulaient tu voir Blue Howler ? Je ne te cache pas que mes journées sont bien remplies, et … »
- « Et tes nuits aussi, je le sais. Charmant petit morceau que cette rouquine incendiaire de Bad Cat. Et je suis fière de t’annoncer que je ne l’ai pas trafiquée, celle-là. C’est du cent pour cent naturel. » Voilà, elle élude le problème. C’est de ma faute. A lui avoir fait cette remarque, j’en suis quitte pour quémander à genoux la raison de cette invitation.
- « D’accord, d’accord, je n’aurais pas dû te parler comme ça, excuse-moi. Si tu m’as fait venir, ce n’est pas pour des civilités. Puis-je savoir pourquoi, maintenant ? »
- « Regarde. »

Elle ouvre un des casiers de la morgue de Scalpel, puis tire une tablette. Sur celle-ci, un corps féminin, que je connais bien. La remarque des kleenex prend tout son sens, même si je n’ai pas envie de pleurer. Les cheveux blonds sont lisses, moins permanentés qu’avant et collent à la tablette mortuaire. La peau est bleuâtre. Les yeux grands ouverts regardent fixement le plafond. Le visage est tuméfié. Le corps porte des marques de coups. On devine que la mort n’a pas été sans douleur.

- « Cameron. » mumure-je.
- « C’est l’un de mes assistants qui me l’a ramené. Il a vu les mecs de la Famille la traîner sur le sol, la recouvrir de chaînes, et l’envoyer par le fond. Il a ensuite été la récupérer, en se disant que ses organes seraient encore récupérables. » Elle pousse un soupir. « J’aimerais tout de même ton autorisation avant de procéder à une quelconque extraction. »
- « Elle a été ... ? »
- « Oui, plusieurs fois, même. A dire vrai, je me suis livrée à un petit examen gynécologique. Si elle avait survécu, elle n’aurait jamais pu avoir d’enfants, après ça. Ils lui ont dévasté l’intérieur. Je ne pense pas pouvoir récupérer quelque chose de ce côté. » fait Flora, en désignant le bas-ventre de mon ex.
- « Tu as mon accord pour la récupération des organes. Après tout, avec tout ce que tu as fait sur elle, il serait logique de dire qu’elle t’appartient. »
- « Peut-être, mais je voulais ton accord, parce que, techniquement parlant, tu es tout de même son unique héritier. »
- « Quoi ? »
- « Elle t’a tout légué. Enfin, à mon avis, la Famille a embarqué tout ce qui pouvait avoir de la valeur, comme ses bijoux et tout le toutim. »
- « Je m’en fous de ça. »

Je fais demi-tour, en direction de la porte.

- « Où vas-tu ? »
- « Voir Don Giovanni. » Je me souviens d’une discussion que Flora et moi avons eu, face à un sbire du mafieux, il y’a déjà quelques temps. « Tu veux un souvenir de lui ? »
- « Non. » répond Flora en souriant. « Te connaissant, ce sera trop esquinté pour être exploitable. » Elle hésite un instant. « Jack ? Pourquoi ferais-tu ça ? Après tout, vous n’étiez plus ensemble. »
- « Juste pour démontrer la supériorité mutante. »
- « Jack … » soupire Flora.
- « La vraie raison ? J’en sais rien. Tout ce que je peux te dire, c’est que j’ai envie d’exploser des mafieux. Et ils m’en ont donné l’occasion. »
- « Hep ! »
- « Quoi encore ? »
- « Je refuse de te voir arriver dans le même état qu’elle. » me dit-elle en désignant le corps de Cameron. « Sinon, Bad Cat me tue ! »
- « Ne t’en fais pas. Tu dois le savoir, toi aussi. »
- « Savoir quoi ? »
- « Les Mutants sont imbattables ! En particulier ceux de notre famille ! »

Je ne mets pas longtemps à découvrir où vit Giovanni. Ce genre de type, c’est téléphoné d’avance : villa sur bord de mer, piscine, jacuzzi, des pépettes siliconées qui s’ébattent dans la flotte pendant que les mâles discutent de leur trafic. Un type aussi haut placé que lui ne déroge pas à la règle. Impossible de rentrer par la grille. Il y’a des caméras de sécurité partout. Je ne crains pas de me montrer, mais si Giovanni se casse, j’aurais un mal de chien à remettre la main dessus. Je suis un dégommeur, moi, pas un pisteur. Le meilleur moyen pour entrer est par la voie des airs.

En quelques secondes, je suis déjà haut dans le ciel. L’avantage de ces bicoques, c’est que presque toutes les salles disposent d’un plafond vitré, pour laisser entrer la lumière. Aujourd’hui, il n’y a pas que la lumière qui va rentrer. Les carreaux volent en éclat lorsque je m’introduis dans la demeure, après avoir repéré la salle où se déroule la réunion. Ils sont une dizaine, beaucoup d’acolytes, quelques lieutenants, et l’indispensable ‘Don’, rescapé d’un vieux film de gangsters.

- « Salut. »
- « Qui êtes-vous ? » demande Don Giovanni, blessé par quelques éclats.
- « Ca ne te sert à rien de le savoir, puisque tu vas mourir ! »
- « Abattez … »

L’inconvénient de ne pas être mutant. Il faut sortir les armes de la poche, et presser la détente. Moi, je n’ai pas besoin de tout ça. Je prends une grande inspiration et, aussitôt, je lâche un cri énorme, gigantesque. Mes propres tympans, pourtant habitué à mes rafales soniques, tintent légèrement, alors ceux de ces types n’ont pas pu résister. Les plus faibles ont été pulvérisés par l’onde de choc. Les lieutenants ne se relèveront pas tout de suite, et même si ils le font, ils ne seront pas en état de se battre. Reste plus que le chef de la bande.

Il n’est pas dans un état brillant non plus. Depuis mes retrouvailles avec mon ancienne puissance, je me découvre de nouveaux talents. Cette Lamentation, une onde de choc sonore, est purement et simplement destructrice. Les oreilles de Don Giovanni pissent le sang, et il vient de gerber pour la troisième fois sur son beau tapis de Perse. Et, pour le dernier vomissement, du sang accompagnait les restes de son repas. Il faut croire que l’onde de choc a atteint ses organes internes.

- « Pourquoi ? » me demande-t’il, en hurlant. Je ne suis pas sûr qu’il entende grand-chose, avec ce que ses tympans viennent de prendre, mais je réponds tout de même.
- « Cameron Valence, ça te dit quelque chose ? » Je hurle aussi, pour que les mots lui parviennent au cerveau.
- « … » Il a l’air de réfléchir. « Mais, tu n’étais plus avec elle ! »
- « Ouais, peut-être. Mais ça ne veut pas dire que je ne m’intéressais plus à son sort ! »
- « Tu vas … »
- « Je vais quoi ? Vous le payer ? Attends, espèce de gros cochon d’italien, tu ne vois pas ce que tu as en face de toi, là ? Je suis un mutant ! L’évolution va laisser disparaître des crevures comme vous ! Je lui donne juste un petit coup de pouce ! »

Mes cornes faciales se mettent à vibrer. Le temps de discuter, j’ai récupéré de la voix. Un bon gros Braillement va définitivement faire taire le mafieux. Le cri part, et l’impact déforme le visage de Don Giovanni, écrasant son nez, enfonçant ses yeux dans leurs orbites. J’imagine que le cerveau est atteint. Il meurt lentement, en prenant le temps de souffrir, et j’achève ses lieutenants. Au vu des dégâts occasionnés dans la salle, et compte tenu du fait que les nénettes en extérieur ont préféré se barrer avant de savoir ce qu’il se passait, personne ne saura qui a fait le coup. Il est temps pour moi de rentrer.

Je quitte la baraque de la même manière que j’y suis entré, en volant, et je reprends la route de la maison.

Cette fois, un trait définitif est tiré sur cette partie de ma vie.







Il n’empêche que, jusqu’au bout, Cameron, tu ne m’auras apporté que des emmerdes !

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Ven 7 Mar - 13:16

Blue Howler harangue ses troupes :

Il était là, assis depuis plus d’une heure, devant une table de la base des XGen Mutants. Un stylo à la main, il relisait ce qu’il avait écrit, barrant certains de ses commentaires, en rajoutant d’autres à la place, se grattant parfois la tête en relisant ses phrases. Il fallait que son discours soit bien compris par tous, et non pas seulement par l’élite des mutants qu’il avait rassemblé.

- « Salut, Jack. »
- « Hum ? Ho, salut, Alice. »
- « Qu’est-ce que tu prépares ? »
- « Un petit speech. »
- « Pour qui ? »
- « Pour vous ! »

Nevermynd regarda Blue Howler en deux fois, se demandant ce qu’il avait derrière la tête. Ses yeux s’attardèrent sur sa tenue du jour, qui, bien que relativement fort simple, paraissait étonnamment propre et arrangée pour avoir l’air plus imposant. Son jeans bleu était lisse, alors que d’ordinaire, il aimait les vêtements un peu froissés, et sa chemise beige avait sûrement été repassée de la veille. Ce genre de costume était plus dans les habitudes de Bastian Herald, le chanteur, l’autre identité de Jack Stryer.

- « Tu ne peux pas faire ça chez toi, plutôt que de nous faire lanterner avec ton discours ici ? »
- « Non. »
- « Et pourquoi pas ? »
- « Il y’a le parfum de Bad Cat. »
- « Là, je ne vois pas le rapport. »
- « Simple, à chaque fois que je sniffe son odeur, j’ai une érection, et je peux plus travailler. »
- « Epargne-moi les détails, je viens de déjeuner ! »
- « Hé, hé ! »

Alice Jackman était habillée comme une femme d’affaires, ce qu’elle est, il faut bien le dire. Jupe et tailleur marron, assortis à la veste de haut standing qu’elle portait, chaussures et sac à main parfaitement coordonnés. De toute évidence, elle s’apprêtait à aller faire un tour à son agence de mannequins pour régler quelques problèmes administratifs. Ses cheveux sentaient la laque, ce que ne put s’empêcher de remarquer Blue Howler, car elle mettait la même que l’actuelle copine du chanteur.

- « Bon, alors, qu’est-ce que tu proposes ? »
- « Tu es au courant ? On a perdu de notre crédit. »
- « En a-t-on jamais eu ? »
- « Si. Du temps qu’on traînait sur Cap Au Diable, on faisait régulièrement la première page des journaux. Maintenant, on a droit à ça. » finit-il, lui présentant le journal qu’il avait posé à côté de son discours, sûrement pour y puiser l’inspiration.
- « Et ? »

Il désigna du doigt un entrefilet, à peine visible, puis montra le titre de la page où se situait l’article parlant d’eux. Faits divers. Apparemment, cette nomenclature avait vexé l’un des leaders des XGen, au point d’en préparer un petit discours de motivation.

- « Tu penses honnêtement que ça vaut la peine de … »
- « Je veux retourner en première page, à sa place à lui. » fit Blue, en retournant les feuillets.

Sur la page principale, en grosse lettre, la manchette annonçait le retour de Mister Zane. « Plus en forme que jamais » énonçait le journaliste responsable de l’article. A peine revenu, le Mastermind faisait déjà les gros titres, en éradiquant complètement une branche tentaculaire de la société Crey. La Comtesse avait été, de nouveau, mise au pas. D’aucuns avaient cru qu’il se serait affaibli, pendant son voyage de noce avec Bloody Kris. Manifestement, ils en ont été pour leurs frais.

- « Ce n’est pas beau d’être jaloux. »
- « Je ne suis pas … si, c’est vrai, je suis jaloux. Et vexé, aussi. Quand je pense que j’ai un jour … » Il s’interrompit.
- « Tu as fait quoi ? »
- « Je l’ai invité à rejoindre notre groupe. Je me disais que ça nous donnerait plus de poids. »
- « Et alors ? »
- « Il m’a éclaté de rire au nez, a fait demi-tour, et s’est éloigné en riant comme un taré. »
- « Tu lui as proposé ça quand ? »
- « Il y’a à peu près un an. »
- « Il faut le comprendre. A cette époque, il était déjà renommé, alors que nous, nous demandions encore à faire nos preuves. »
- « N’empêche ! Ce n’est pas des manières ! »
- « Et ton discours consiste en quoi ? Tu vas demander aux autres de se jeter sur ce type ? »
- « Ca va bien, non ? Tu as vu sa réputation ? Il va nous broyer en un rien de temps. Et je ne suis pas suicidaire. Sans compter que je ne veux pas que tu dises que je vous envoie au massacre. »
- « Bravo, c’est très bien, très intelligent. Que veux-tu faire, alors ? »
- « Je pensais à un truc que lui n’a pas fait, et que nous pourrions faire. Pour redorer notre blason, tu vois. »
- « Quoi donc ? »
- « La zone de guerre. »
- « Tu veux nous envoyer chez les riktis ? » Nevermynd était abasourdie par cette nouvelle. « Mais tu es dingue ? »
- « Je sais, je sais. Je pense que nous pouvons y arriver. Cependant, il faudra avant cela déterminer plusieurs choses. D’abord, qui va y aller. Certains d’entre nous sont bien trop faibles pour accomplir cette tâche. Il va donc falloir faire un tri parmi les aptes et les inaptes. »
- « Tu es fou ! »
- « Non, réaliste. Il nous faut un coup d’éclat pour revenir en pole position. »
- « Ce n’est pas une course ! »
- « Je sais. Mais à moins que tu n’aies une autre idée, et crois-moi, je serais preneur, je ne vois pas d’autres moyens de faire parler de nous. »

Notes de l’auteur : voilà, j’essaye de relancer le processus RP du groupe. Réunion exceptionnelle ce soir, distribution des tracts et compagnie. Blue et quelques autres sont déjà level 35, et je pensais attaquer la zone de guerre pour, comme le dit Jack, redorer le blason des XGen. L’avantage est que nous aurions tous les mêmes missions. Je sais, ce n’est pas bien, parce que nous avons des petits levels. Je ne pense pas que nous commencerions ce soir, aussi nous pourrions éventuellement organiser quelques séances de pex.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Dim 9 Mar - 15:39

La zone riktis...pourquoi pas, mais pour l'instant va pas y avoir des masses de candidats pouvant y aller, 4 à tout casser et aucune brute je pense, bien que Tornd s'approche du lvl requis en étant lvl 34 et Bery ne dois pas en etre loin non plus.
Le probleme c'est qu'il va falloir laisser les autres Xgen sur la touche ou alors faire 2 groupes!
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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Jeu 20 Mar - 19:06

Ca fait plusieurs jours qu’il me colle.

Un gamin de treize ou quatorze ans, pas plus. Il a souvent ses cheveux bruns négligés, les dents sales, les habits approximatifs. Ca ne se compare même pas avec la grande classe que j’affiche lorsque je suis en tenue de super vilain. A chaque fois que j’atterris, je suis persuadé qu’il va surgir. Et invariablement, ça ne manque pas.

Aujourd’hui, il s’est mis sur son trente-et-un. Il porte un jeans à peu près propre et une chemise canadienne aux manches repliées. Ca fait pas très sérieux, une entrevue au milieu des poubelles débordant de déchets, et des sacs en plastique éventrés par quelques chiens errants affamés.

- « Salut, Blue ! »

Il me salue comme si nous étions de vieux copains. Il a repéré mon manège. Je viens souvent dans cette ruelle étroite. C’est à deux pas de la base secrète des XGen, et je ne risque pas d’y faire de mauvaises rencontres. Je trouve l’endroit idéal pour atterrir ailleurs que juste devant une troupe de l’Arc … ou pire.

- « Encore toi ? »

Ho, je sais ce qu’il veut. Il m’a d’abord espionné lors de mes atterrissages, puis, un jour, il est entré en contact avec moi. Son idée fixe est toujours la même, intégrer les XGen. Je ne suis même pas sûr qu’il ait le moindre talent. Et puis, qui sait, ce pourrait être un espion employé par l’Arc … ou pire.

- « Alors, tu es enfin décidé ? »
- « A quoi ? » Jouer l’innocent. Si je refuse assez longtemps, il renoncera. Peut-être.
- « A me faire entrer dans ton groupe ! »
- « Ecoute, Jimmy. » Le tort que j’ai eu, lui demander son prénom. « Ce n’est pas uniquement mon groupe. C’est un ensemble de gens … »
- « Ouais, je sais. Enfin, c’est tout de même toi le chef, non ? »
- « Qui sait ? »

Cette étiquette n’est qu’une façade. Chacun n’en fait qu’à sa tête au sein de ce SG. Pour être chef, il faudrait déjà que j’aie une certaine autorité sur les autres. Et c’est loin d’être le cas. Certes, il y’a les fortes têtes, dans le groupe. Mais il y’a aussi, et surtout, une quantité formidable de personnes qui se foutent royalement de ce que je peux bien dire ou faire.

- « Et ces pouvoirs ? Toujours pas apparus ? »

Je l’ai pris au piège, la deuxième fois qu’il est venu me voir. Je lui ai demandé une démonstration. Il est resté sur place, en marmonnant quelque chose comme « ça va venir, ça va venir ». Je ne pense pas qu’il soit vraiment un mutant. Il tente de s’autopersuader en être un, c’est déjà pas mal.

- « Ca va venir. » Il se répète. « Et ça va être énorme. »

Cause toujours, mon bonhomme. Dans ma famille, ça a été énorme. Et ça s’est tout de suite vu. Les cornes vibrantes sur la tronche, le don de modifier les corps. J’ai du mal à croire que ce que tu me proposerais équivaudrait aux talents formidables des autres membres des XGen.

- « Si c’est si énorme que ça, comment ça se fait que tu ne les as pas encore ? »
- « Tu es chiant. » Un comble, c’est moi qui suis chiant. « Je te dis que je dois faire un blocage. »
- « Bon, écoute, Jimmy. Les XGen, ce n’est pas un jardin d’enfants … »
- « Hé ! »
- « Aucun de nous n’aura la patience, ni même l’envie, de s’occuper d’un apprenti super vilain ! »
- « Je serais pas un apprenti ! Je peux me débrouiller tout seul ! »
- « Et comment ? Avec tes super pouvoirs invisibles ? »

Il m’énerve, ce gosse. Il m’énerve d’autant plus qu’il me fait penser à moi, à son âge. A la différence près que j’avais déjà mes pouvoirs, et que j’avais donc une bonne raison de croire, de croire seulement, que je savais tout mieux que tout le monde.

- « Et d’abord, pourquoi veux-tu rejoindre les XGen ? » Je suis con, j’aurais dû commencer par là !
- « Parce que vous êtes les plus forts ! Avec vous, le fric coule à flots … »
- « Mouais. Mes économies sont au plus bas, je suis obligé de travailler à côté. » Jimmy marque un temps d’arrêt, un point pour moi.
- « Euh … » Interrompu en pleine diatribe sur ce qui fait un XGen, hé, hé ! « Vous vous colletez des super canons. Enfin, toi surtout. »
- « Bad Cat ? Ouais, c’est vrai, c’est une super pépette. Mais il faudrait peut-être que tu saches qu’au moindre faux pas, elle me réduira en miettes. » Ce qui est loin d’être un mensonge. Si je la trompe, ou que je me dispute avec, je risque gros.
- « Mais t’es le plus fort du groupe, non ? Tu es arrivé de nulle part, tu as monté un groupe dédié à la supériorité des mutants, et tu … »
- « De nulle part ? Mon pauvre gamin, t’as pas la moindre idée de par quoi je suis passé ! On a tenté de faire de moi un super-héros, on m’a même inscrit à l’Arc. Je me suis retrouvé pris dans les filets d’une emmerdeuse, qui bouffait tout mon fric. Pour faire face à mes dettes, je me suis lancé dans un braquage de banque, au cours duquel je me suis fait arrêté. J’ai passé pratiquement un cinquième de ma vie en prison, entre les avances sexuelles de mes co-détenus et les coups de matraque des matons, sans oublier l’espèce de mâchoire métallique qui m’empêchait de me servir de mes pouvoirs comme je l’entendais. Je ne suis sorti de prison que par le plus grand des hasards. C’est la même raison qui m’a fait rencontrer d’autres mutants. Et il a fallu que je me fasse ôter la mâchoire, ce qui n’a pas été une partie de plaisir non plus. Si on te faisait subir tout ce que j’ai bouffé, durant ma vie, tu deviendrais dingue. »
- « Attends, t’exagères un peu, là, non ? »
- « Pas le moins du monde. »

J’y ai été un peu fort, là. Bon, ma vie n’était pas si terrible que ça en a l’air, mais en vrai, c’est ce qui m’a endurci. De voir ce mouflet croire que tout est simple, ça me fout hors de moi. C’est encore pire en pensant que je lui ressemblais à son âge.

-« Alors, oui, j’ai pas une trop mauvaise vie, maintenant. Mais avec tous les sacrifices que j’ai fait pour l’avoir, je peux en profiter, non ? Quand à toi, … »

Je suis encore plus con que la moyenne, moi. J’aurais dû attaquer par ça au lieu de perdre du temps en palabres. Je chope Jimmy par la mâchoire, et le soulève du sol. Mes cornes se mettent à vibrer.

- « … au cas où tu ne le saurais pas encore, nous sommes des bad guys. Nous n’avons aucune morale, aucune considération. Tu es un mutant, dis-tu ? Vas-y, le nain, fais-moi voir comment tu vas m’empêcher de t’arracher la tête avec une bonne vibration sonore ! »
- « Tu m’étrangles ! »
- « C’est le but, petit crétin. Tu m’as fait perdre assez de temps comme ça. Oui, je suis un mutant. Toi, tu l’es … peut-être, peut-être pas. Si jamais tu as des pouvoirs, c’est le moment ou jamais de les dévoiler. Parce que sinon, tu vas voir la mort arriver. »
- « Argh … »
- « Et si jamais t’as vraiment des pouvoirs, je te conseille de vivre avec, et de te débrouiller pour te faire remarquer. Ce jour-là, peut-être, nous t’autoriserons à nous rejoindre. En attendant … »

Je lâche la salve sonique, qui détruit entièrement un container de déchets, derrière Jimmy. Celui ouvre des quinquets horrifiés. Qu’est-ce qu’il espérait ? Que je supporterais sa présence indéfiniment ? Que j’allais réellement faire rentrer un … un banal humain chez les XGen ? Je desserre mon étreinte.

- « Cours, Jimmy, cours, avant que je ne te fasse du mal ! »

Il ne faut pas lui dire deux fois. Il prend la direction de la sortie, puis s’immobilise juste avant d’être hors de vue.

- « Hé, je t’ai dit de … »

La face terrorisée, son pantalon qui change de couleur, devant comme derrière. Et le voilà qui se met à courir vers moi, avant de passer à côté d’une poubelle, de grimper dessus pour franchir le grillage, me laissant voir la tâche marron de son postérieur. Qu’a-t-il vu pour … ?

- « Tiens, c’est toi ? Tu terrorises les gamins, maintenant ? »

Mister Zane. Accompagné de Bloody Kris. Je ne m’étonne plus de la réaction du gosse. Ces deux-là sont des bêtes de combat. Leur réputation les a précédé aux yeux du gamin, ce qui me fait penser que la mienne n’est pas encore assez terrible, preuve en est Jimmy qui me parlait comme à un vieux pote. J’aimerais bien produire le même effet que les deux personnes que j’ai en face de moi.

- « Qu’est-ce que vous faites ici, tous les deux ? Saint Martial, ce n’est pas votre terrain de jeux, d’habitude. »

Je fais le fier en dehors, mais en dedans, y’a une petite voix qui me dit de rester bien calme et sage. Ils ont beau être les amis de Bad Cat, si je leur dis un truc qui leur plait pas, adieu Jack.

- « On est venus te donner ça. » Bloody Kris m’envoie un sac noir.
- « Qu’est-ce que … »
- « Des habits de Bad Cat. Elle nous a appelé pour nous demander de te transmettre ça. Gros seins, mais petite cervelle. »
- « Et ce gamin ? » demande Mister Zane.
- « Bof, un petit con qui voulait intégrer les XGen à tout prix. J’ai été obligé de le malmener un peu pour lui faire lâcher prise. Un vrai roquet. »
- « Tu ne recrutes pas ? »
- « Si, mais des mutants uniquement. » Perçoit-il l’allusion ? Probablement que oui, il est loin d’être idiot. Mais manifestement, être vu avec mes XGen, ça ne le tente vraiment pas.
- « Alors pourquoi refuser un candidat ? »
- « Si celui-là est mutant, alors il cache bien son jeu ! »

Je repars, passant entre les deux, prenant la direction de la base des XGen. Tu vas voir, Zane, je vais te montrer que mon groupe est le meilleur. Pour te le prouver, on va ratatiner ces abrutis de Riktis, d’abord. Ensuite … pffff, quand on aura fait les aliens, ce sera déjà bien.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mer 14 Mai - 12:08

Je me demande si c’est moi qui attire les emmerdeuses. Ou bien alors, si c’est parce que je les cherche, les ennuis ?

Il n’y a qu’à voir ma situation. Je vis en concubinage avec Bad Cat. Elle est ‘sex’ à souhait, boit comme un trou, adore faire la fête, les sorties entre potes. Jusqu’à présent, elle a éludé la question du mariage, des enfants, et tout ça, mais chaque chose en son temps. Je n’aurais aucun scrupule à lui faire porter mon nom de famille, et à la voir avec un beau ballon à la place de son ventre plat. Seulement, tout ça, elle a l’air d’estimer que ce n’est pas pour elle. Ou bien alors, elle se pose encore des questions sur moi.

Il y’a de quoi s’en poser, je l’avoue.

Je continue mes petites sauteries, comme si de rien n’était. En fait de m’occuper des XGen, je passe une partie de mon temps à courir le jupon. Ce n’est pas que je ne suis pas jaloux, loin de là. Si un mec rôde autour de Bad, je pète facilement un câble. Seulement … Seulement, je ne suis pas fait pour être fidèle. Il y’a tellement d’opportunités, et si peu de temps pour combler tant de femmes. Pourquoi devrais-je donc m’en contenter d’une seule ? Pourquoi empêcher les autres de connaître le plaisir avec moi ?

C’est avec ces considérations en tête que je me suis rendu chez Stan, histoire de mettre au point deux ou trois trucs, notamment celui de me prendre pour un imbécile. Comme si je ne voyais pas que Flora et lui, ça continuait encore. Ils me prennent vraiment pour un benêt. Il n’y a qu’à voir l’air étourdi de ma sœur, lorsque je vais la voir, pour deviner qu’elle pense à un homme. Et comme il n’y a eu mi-guère que lui, ces dernières années, je ne vois pas à qui d’autre elle pourrait penser. Tout de même, je pensais qu’elle aurait plus de goût. Stan, honnêtement, il ne casse pas des briques en tant qu’homme à femmes. C’est peut-être cela qui lui plait, va savoir. En tout cas, ça a été son premier rencard depuis Jason, le banquier qu’elle avait épousé.

En arrivant devant son ancienne base (il a déménagé, entre-temps), tout mes beaux projets de lui remonter les bretelles sont tombés à l’as. Sortant de chez lui, je suis tombé sur l’une de ses créatures. Baby Key, s’appelle t’elle. Une belle brune, aux yeux bleus, et à l’allure de top model. Un vrai bombardier, et, je dois bien l’admettre, je voulais bien être canonnier, pour m’occuper des obus de quatre-vingt quinze qui pointaient sur moi. Elle m’a adressé un sourire sans équivoque, le genre qui ressemble à une invitation franche et ouverte pour la gaudriole.

- « Bonjour. »
- « Salut ! »
- « Vous cherchez quelqu’un ? »

Au début, je cherchais Stan. Après cette rencontre, je me fichais royalement de ce qu’il pouvait faire avec ma frangine. J’avais mieux sous la main. Ni une, ni deux, je prends mes aises, bras posés sur le mur, pose nonchalante, et je lui parle d’une voix douce et enjôleuse.

- « Plus maintenant. » Je commence le numéro de tombeur. « Dites-moi, beauté, que faites-vous dans la vie ? »
- « Je récolte des gènes. »
- « Pardon ? »
- « Par la copulation, je récupère des données génétiques, pour analyse. »
- « Par … copulation ? » Je dois avoir l’air ahuri.
- « Oui. »

Qu’est-ce que c’est que ça, me suis-je demandé à ce moment. Je savais bien que Stan est capable de prouesses, mais de là à créer une poupée sexuelle, ça me la coupait. Et il faut bien lui reconnaître un talent certain pour donner un galbe à ses créatures. Sans ses bras mécaniques, comment deviner qu’il s’agit en fait d’une robote ?

- « Vous voulez faire un don ? » m’a-t-elle demandé.
- « Par copulation ? »
- « Bien sûr, je ne sais pas faire autrement. »
- « C’est parti ! Il y’a un hôtel un peu plus loin. »
- « Ah, je suis navrée, mais aujourd’hui, je suis indisponible. Une autre fois, peut-être ? »

Il n’y a jamais eu d’autres fois. Je ne sais pas ce qu’il est passé par la tête de Stan, voilà qu’il s’est mis à lui interdire de me fréquenter. Comme si il avait peur que j’esquinte sa poupée. « Pour me sauver la vie ! ». Le cuistre ! Pour me la gâcher, oui ! Pourquoi créer des créatures aussi bandantes si c’est pour les garder sous vitrine ? La seule fois où j’ai revu Baby Key, celle-ci m’a sorti quelque chose comme « classé inexploitable », avant de me laisser tout seul, une bosse au pantalon. Je suis rentré fumard, avec dans l’idée de pratiquer un homicide avec circonstances aggravantes sur Stan et ses idées tordues. Me faire rater une occasion pareille !

Enfin, je n’ai pas eu trop à me plaindre, parce que, après le déménagement, j’ai de nouveau rendu visite à Stan, toujours histoire de mettre au point certaines choses, à savoir sa liaison entre lui et ma sœur, l’interdiction faite à Baby Key, nos engueulades devant les autres. Tout ça était trop lourd à garder sur la conscience. Je devais trouver un exutoire à ma colère.

Je n’en ai pas eu l’occasion.

Je suis tombé sur un gros morceau, « la » femme fatale, avec un décolleté monstrueux, vêtu tellement court qu’elle aurait pu se balader à poil, on aurait pas vu la différence. Mariée, mais pas d’enfants, ça se voit l’un à l’anneau qu’elle porte au doigt, l’autre à ses hanches et son ventre.

Anne Gelluck. Je la connais de nom, et un peu de vue, puisque Bad Cat sort parfois en boîte avec elle et la copine de ce HR, Miss Mytho. Cette dernière, je ne tente même pas. Son copain est trop gros, trop costaud, pour que je prenne le risque de m’inscrire sur sa liste de personnes à éliminer. Par contre, le mari d’Anne, Robert, est du genre Mister Zane. D’accord, ils ont de gros cerveaux, mais physiquement, ils ont très peu. A la limite, un peu de muscu, mais pas assez pour inquiéter un playboy comme moi. Avec mon boulot de chanteur charmeur, il faut que je me cultive un peu le corps, pour plaire.

Je ne le crie pas à voix haute, mais lorsque Bad Cat ne vient pas à mes représentations, il est rare que je finisse ma soirée seul. Ma loge a déjà retenti des échos d’orgasmes autres que celui de la femme-chat. Etrangement, je n’ose pas me vanter de mes exploits auprès d’elle. Ce sont des coups d’une fois, et je suppose qu’elle fait pareil, au vu de nos vies d’avant, les vieilles habitudes ayant la peau dure (Note de l’auteur : mauvaise appréciation de la situation, Jack Wink ). Mais j’ai comme l’impression que ça passerait une fois, peut-être deux, et qu’à la troisième, c’est moi qui passerais … par la fenêtre.

J’ai donc rencontré Anne par hasard, devant le nouveau laboratoire secret de mon acolyte, Stanley Arrow. Je l’ai trouvé splendide, puis elle s’est retournée, et j’ai pu voir que son visage n’avait rien à envier au reste. Son mari était absent, parti avec HR et Miss Mytho, et Stan était en cours de travaux, et ne pouvait me recevoir m’expliqua t’elle. Allez comprendre ce qui me passe par la tête (Note de l’auteur : les pensées de Jack passent d’abord par son caleçon, oui !), je commence à disserter avec la petite dame.

- « Vous êtes Blue Howler, n’est-ce pas ? »
- « Et vous, Anne Gelluck, si je me souviens bien ? »
- « Vous cherchez quelqu’un ? »
- « Stan est là ? »
- « Encore en train d’aménager la base. »
- « Ho. »

Toute intelligente qu’elle soit, elle ne peut pas résister à mon charme. Nous continuons à discuter cinq minutes, je l’aide à porter quelques cartons, pas lourds mais encombrants, afin de me rendre utile. Après quoi, elle me demande si je peux l’accompagner en ville, faire une course ou deux. Stan est indisponible, et je préfère m’entretenir de mes doutes sur sa liaison avec ma sœur directement avec lui plutôt qu’avec elle. J’ai trop peur de finir en morceaux, si je le fais. J’accepte donc de lui servir de chauffeur.

Quand je dis que je cherche les emmerdes.

Nous nous sommes donc arrêtés à une boutique d’instruments électroniques, que je connaissais que de vue. Ce n’est pas le genre d’endroit où je traîne, d’ordinaire. Et le gérant, apparemment, n’est pas très habitué à recevoir un Blue Howler chez lui. Ben oui, je suis en tenue de combat, soit pas de très bonne compagnie.

- « Reste là, canard, le temps que je trouve ce dont j’ai besoin. »
- « Okay. » Canard ? Ca se présente plutôt bien.

Elle farfouille dans les étagères, à gauche, à droite, en ressort parfois avec un amas de fils et de métal, qu’elle fourre dans le panier qu’elle a négligemment accroché à mon bras. Je dois avoir l’air bête, celui du parfait pingouin. Mais la récompense que je peux espérer en tirer, si toutefois ça va jusque là, mérite un instant de honte.

- « Voilà, c’est tout. »

Elle me prend le panier du bras, et le pose sur le comptoir, mais le gérant de la boutique lui dit que c’est un cadeau. Il ne faut pas être devin pour voir que je lui fous les boules. Ravie, Anne demande un sac, pour y enfourner ses petits achats. Nous sommes ensuite sortis, je l’ai soulevée dans mes bras, et je me suis envolé. En cours de route, émoustillée en sentant mes mains se balader, puisque je profitais abusivement de la situation pour la peloter, à l’aller comme au retour, elle aperçut la pancarte d’un motel, me fit signe de descendre, et d’atterrir devant. Elle m’a ensuite demandé de louer une chambre. Je me suis exécuté dans la foulée. Le coin n’était pas de ceux que Bad Cat, Stan ou Robert Gelluck fréquentent, il y avait peu de risques. Et probablement que la visite à cette boutique n’avait que pour seul objectif de nous éloigner des autres, là où ils ne penseraient pas à nous chercher, au cas où.

Une fois dedans, elle a prétendu avoir grand besoin d’une douche … et de quelqu’un pour la savonner. Je ne me suis pas fait prier. De même, je lui ai sorti le grand numéro, celui que je réserve pour les coups d’une fois. Elle a tellement crié que le gérant est venu taper à la porte, arguant qu’il ne voulait pas de ça ici. Et plus il tapait, plus je faisais de même, et plus la petite dame se laissait aller. Je dois bien reconnaître qu’hormis avec Bad, il est assez rare que je fasse étalage de la fonction vibromasseur de mon organe à un tel degré. Je garde la fonction « plus » pour les coups exceptionnels, tel qu’Anne.

Une bonne heure plus tard, nous sommes revenu à la base de Stan. J’ai pris soin de me poser, Anne dans les bras, quelques centaines de mètres plus loin, pour éviter d’être vus, mais notre méfiance n’avait pas de raison d’être. Stan, dans son labo, n’avait même pas remarqué l’absence de la femme. Les autres n’étaient toujours pas rentrés de leur balade. Personne ne saurait jamais qu’il y’avait eu quelque chose.

Hormis que, comme je l’ai dit, je récolte les problèmes. Déjà, du temps de Cameron, j’avais ce qu’il fallait sous la main, mais j’allais toujours voir ailleurs. Cependant, si avec Cameron, la seule chose que je risquais, c’était un coup de balai sur la tête, avec Bad Cat, je risque un décès inopiné. Surtout que Madame Gelluck semble avoir apprécié mes prestations, au point de venir me voir chanter et de m’appeler régulièrement, pour savoir si j’ai un peu de temps à lui accorder.

Et c’est là que le bât blesse. Comment a-t-elle su mon numéro de téléphone, et de quelle façon sait-elle que je suis chanteur au Gizeh ? J’espère néanmoins qu’elle se tiendra tranquille. Je ne voudrais pas qu’elle débarque un soir dans mon appartement, alors que Bad Cat s’y trouve.

Mais comment je fais pour me mettre dans des situations pareilles ?

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Ven 16 Mai - 16:45

Entre ma vie privée, chaotique, et ma vie professionnelle, tranquille, je me sentais plutôt à l’aise. L’une compense avec l’autre, ça offre une moyenne. Ca donne une vie sociale pleine et remplie.

Hors, depuis quelques temps, ce n’est plus le cas. D’accord, tant que je suis Bastian Herald, le chanteur, je ne ressens aucune présence. Cependant, dès que Blue Howler met les pieds sur les Insoumises, j’ai l’impression d’être surveillé. Paranoïa ? Pas tant que ça. Il y’a des mouvements suspects, en particulier lorsque je passe à côté d’un point d’eau, et que je perçois régulièrement. Le problème est que mes pouvoirs, que tous croient soniques, sont en fait basés sur les vibrations, les ondes qui se propagent. Que ce soit sur terre ou en mer, j’ai une plus grande sensibilité aux vibrations qu’aux présences. Et grâce à cela, je sais maintenant que l’on me suit.

Ce n’est pas très discret, mais ils ont le mérite d’être persévérants. Et de venir à plusieurs. Je n’ai pas peur, je suis un mutant. Mais je m’interroge. Que me veulent-ils ? Qui sont-ils ? J’imagine des choses, tel un détective privé engagé par Bad Cat pour surveiller mes relations. Non, là, ce serait vraiment trop gros. Bad Cat le ferait elle-même, bien que ce ne serait pas aussi réussi. C’est qu’elle a du mal à être discrète. Et, de toute façon, je tire plus souvent ma crampe en étant chanteur que super-vilain. Je serais donc plus surveillé en tant que Bastian qu’en tant que Blue.

Quand à mon (ou mes) mystérieux poursuiveurs, je dois bien reconnaître qu’ils m’intriguent. Aucune prise de contact, bien que je leur ai fait comprendre, à plusieurs reprises, que je savais qu’ils me suivaient. D’un autre côté, ça m’enquiquine drôlement, puisque je suis obligé, à chaque fois, d’avoir recours à la base des XGen pour me changer. Et pour surgir plus loin, afin de rentrer chez moi tranquillement. Ils ne connaissent pas mon identité secrète, et n’ont pas besoin de la connaître.

Un jour comme aujourd’hui est un bon jour. Je viens d’aller faire mes petits achats au Marché Noir, et, contrairement aux autres jours, les vibrations liées à la surveillance me laissent en paix. Mes sacs sont chargés à mort avec de l’alcool frelaté, des médicaments ‘non remboursés par la sécurité sociale’, quelques éléments pour continuer à bricoler un peu. Il ne me reste plus qu’à rentrer, lorsque soudain, un individu étrange, malhabilement caché sous un imper gris, vient me jeter au pied une enveloppe lestée, en papier craft, puis s’en va sans demander son reste, d’une démarche aussi bizarre que sa tenue. Aucune vibration dangereuse n’émane de la lettre, mais prudence, ce pourrait bien être un virus, un poison, où je ne sais quoi, qui ne produit pas d’ondes.

Là-dessus, j’aurais plus de chances d’échapper à un attentat à la bombe qu’à un empoisonnement.

Je ramasse, les mains gantées, l’enveloppe. Il n’y a que mon pseudonyme, dessus. Aucune trace de l’identité de l’expéditeur, si ce n’est que la lettre semble poisseuse, gluante, comme si on avait craché dessus. Ca ne peut pas venir du sol, il est plus sec que le gosier à Tornd. J’interpelle l’un des mecs du Marché, en lui demandant d’ouvrir pour moi, et il m’envoie paître. Il ne sait pas lui non plus si l’enveloppe va lui péter à la tronche ou pas, et il ne veut pas prendre le risque. Pas fou, le gars ! Un peu comme moi, quoi, sans super-pouvoirs.

Un peu inquiet tout de même, je glisse le truc dans mon sac contenant les matériaux pour inventions, en me disant qu’il valait mieux, si c’était un piège, que ça contamine des trucs que je peux jeter plutôt que l’alcool que je dois ramener à la maison. Ensuite, je prends mon envol, direction l’entrée de la base. Bien que la surveillance dont j’ai été victime ces derniers temps se relâche, je préfère continuer de la jouer fine. On ne sait jamais, peut-être ont-ils trouvés une parade à mon système de détection ? Encore faut-il savoir ce qu’il en est. Bon, un peu de prudence n’a jamais tué personne, mais en a sauvé plein.

Jusqu’à l’entrée de la base, rien, pas le moindre sentiment d’être épié. Lorsque je passe le portail, toujours rien. La base est vide, comme au premier jour. Les lumières sont éteintes. Les couloirs résonnent de mes pas.

- « Y’a quelqu’un ? » Pas de réponses. « Esprit de Never, es-tu là ? »

Je n’ai vraiment que des conneries à dire, moi, aujourd’hui. Je vais jusqu’à la zone d’habitation, et je pose mes sacs sur la table. Un rapide coup d’œil dans l’arbre m’indique que Helen n’est toujours pas revenue. Dommage, j’aurais bien aimé faire appel à son flair, pour qu’elle me dise si l’enveloppe a une drôle d’odeur. Doucement, je sors la lettre cachetée du sac, et je la pose sur la table. Hormis son enveloppe poisseuse, ça ressemble à un courrier tout à fait standard, sauf que …

Sauf que, je n’ai pas fait attention la première fois, mon nom est bien inscrit, mais dans une écriture très maladroite. Même mon neveu Nick écrit mieux que ça. Gros pavés, encre bleue, fautes d’orthographe. Blu Hauler … j’t’en donnerais, moi, du Hauler ! Je secoue un peu l’enveloppe, mais aucun bruit. Finalement, je me dis que qui ne tente rien n’a rien, et je m’empare, dans un tiroir, d’un couteau pour ouvrir. La lame glisse silencieusement, ouvrant la lettre. Je n’y trouve qu’un morceau de papier blanc, sur lequel sont inscrits quelques mots.

Saint Martial, sur la plage Est, demain, quinze heures.

La même écriture grossière que sur l’enveloppe. Des mots qui donnent un rendez-vous. Maîtres chanteurs ? Je ne pense pas. Ils sont plus directs, et les indices que j’ai donnés quand au fait que je savais qu’ils me suivaient les auraient déjà fait réagir. Non, c’est autre chose. Je porte le papier à mon nez, et une odeur fétide me secoue les narines.

- « Yerk, ça pue ! »

Je mets le tout dans la poubelle, après avoir inscrit les coordonnées du rendez-vous sur un papier plus propre. Je n’aime pas ça, mais alors pas du tout. Qui peut donc vouloir une entrevue avec un mauvais mutant tel que moi ?

C’est trop prise de tête pour aujourd’hui. Il est tard, j’en ai assez. C’est Bastian Herald qui sort du portail de base qui s’est rouvert sur St Martial. Mon « rendez-vous » aura lieu dans le coin, demain. J’espère simplement qu’il ne s’agit pas d’un traquenard tendu par ces fichues Gargouilles. J’aurais l’air fin, tiens, si c’est le cas. Mais non, à quoi je pense ? C’est après Blue Howler, qu’ils en ont. Si c’était les Gargouilles, leur cible serait Johnny Sonata, et donc, par extension, Bastian Herald, pas moi, Jack Stryer AKA Blue Howler.

Je rentre à l’appartement, et j’entends la télé. Quelqu’un zappe les chaînes, et je n’ai pas dur à deviner de qui il s’agit. Je laisse mes chaussures à l’entrée, je ferme la porte d’entrée, et je me rends au salon.

Bad Cat est affalée dans le canapé, en tenue très décontractée. Un tee-shirt moulant, ce qui me permet de voir qu’elle ne porte pas de soutien-gorge, un string pour seul vêtement du bas. Les rideaux sont tirés, sûrement pour empêcher quiconque de mater par la fenêtre. Deviendrait-elle pudique ?

- « Salut. » me dit-elle.
- « Bonsoir. Y’a quoi à manger, ce soir, chérie ? »
- « Ce que tu auras préparé ! » Ah, ça, il y’a encore des choses à perfectionner. Enfin, je dois reconnaître que ce n’est pas pour ça que je l’aime.

Je m’assois à côté d’elle, et il me faut moins de trente secondes pour que mes mains s’enfournent sous le tee-shirt. Oubliées, Anne, Fabienne, et toutes les autres. Du moment que j’ai Bad Cat sous la main, j’ai tendance à négliger toutes les autres femmes. Je visite le balcon, puis la cave, ensuite viennent les cris et gémissements, et la voisine du dessous qui tape du balai sur son plafond. Comme si ça allait nous arrêter, tiens ! Ereinté et à poil, je vais jusqu’à la chambre, chercher une robe de chambre.

- « Je vais prendre une douche. »
- « Quand l’eau sera chaude, préviens-moi ! »
- « D’accord. »

Au bout de deux minutes, l’eau est brûlante, je l’appelle, et c’est reparti pour un tour. Elle est motivée, ce soir, dis donc ! Et l’autre qui redonne du balai ! Depuis le temps qu’elle tape, elle aurait dû comprendre que c’était peine perdue. Rien ni personne ne nous arrête lorsque nous sommes dans un tel état d’excitation. C’est un couple très peu affamé qui s’est mis à table, devant la télé, avant de balancer les victuailles par terre et de remettre la dose, encore une fois. Du train que c’est parti, ça va durer toute la nuit.

Vingt dieux, que c’est bon, une femme pareille !

Faire un état détaillé de la nuit reviendrait à décrire une nuit de noces. Nous n’avons pas arrêté. A un moment, lors de la huitième ou neuvième reprise (au-delà de cinq, je ne compte plus), nous avons entendu la voisine du dessous qui se mettait à chialer. Si elle n’est pas contente, elle n’a qu’à déménager !

Puis vint le petit matin. J’étais seul dans le lit. Sur son oreiller, un petit mot doux, dans le plus pur style télégraphique. A côté des quelques mots écrits à la hâte, une trace de rouge à lèvres.

« Suis partie. Reste du café. Rendez-vous avec Scorpion Noir. Indisposée à compter de ce soir, environ. Resterais à la base de Kris. Bisous, tout partout ! »

J’ai mal dans tout le corps. Quelle sauvage, cette Brute ! Heureusement qu’elle ne fait pas dans le SM, ça pourrait me coûter la vie. En parlant de me coûter la vie, je devrais sérieusement songer à arrêter les conneries. Un jour, à force de fricoter ailleurs, ça m’apportera de sérieux problèmes. Complètement nu, je sors du lit, et je me rends à la cuisine. Les rideaux sont ouverts, mais moi, ça ne me dérange pas. Je ne suis pas pudique pour un sou.

Il est onze heures passées. Une douche rapido, pour me débarrasser des restes de la courte nuit, avec un gel tonifiant, un coup de laque pour aplatir les cheveux, afin de ne pas trop ressembler à Blue Howler. Puis, lorsque j’ai fini tout ça, il est déjà treize heures. Dans la poche de mon costume de ‘travail’, je retrouve le courrier de la veille. Heureusement que je l’ai noté, tiens, avec la nuit que j’ai passé, j’ai failli oublier. Je l’affiche, bien en évidence, je me cuis un steak bien saignant, et quelques frites. Une mousse au chocolat arrose mon repas, en compagnie d’une petite bière.

Ensuite, je regarde un peu la télévision. A quatorze heures trente, il est temps pour moi de me rendre au rendez-vous. J’ai comme la désagréable impression qu’il vaudrait mieux que je sois à l’heure. Je prends la direction de la cave, où je me change à l’insu de tous. Puis je pars en direction des ruelles désertes derrière mon immeuble, où personne ne met jamais les pieds, hormis quelques loubards, lorsqu’ils ont chopés une nénette. Un jour, ils m’ont tellement gonflés, ces glaireux, que je leur ai explosé les tympans. Une femme, ça se charme, ça ne se prend pas de force ! Mais bon, avec leur gueule, aussi …

Envol, dix minutes de balade en l’air, puis je me pose sur le sable de la plage Est. Sable blanc, sable jaune doré, mer turquoise ou bleue, les plages des Insoumises n’ont rien de tout cela. Ici, le sable est gris, et la mer est marron. C’est immonde, et ça n’a rien d’une carte postale de vacances. A moins de considérer le purgatoire comme des vacances.

Quinze heures. Pas de nouvelles, pas de vibrations. Etait-ce un canular ? Quinze heures quinze.

Soudain, me vient une idée folle. Mon mystérieux hôte doit être une femme. Pourquoi, me direz-vous ? Parce qu’il n’y a qu’une femme pour vous faire poireauter pendant des plombes.

Il y’a un mouvement, comme ceux que j’ai ressenti lorsque je savais être espionné. Il vient de l’eau, et ça m’étonne. Des Gargouilles ? Je suis prêt à les recevoir !

Mais ce n’est pas ça.

Quelque chose sort de l’eau. Ca ressemble à un poisson mutant, mais je suis ravi de voir que la chose en question a des attributs féminins. Au moins, je ne me suis pas trompé. Mais, enfin, bon, les Corallax ne sont pas à mon goût, même avec des formes si prononcées. Et puis, j’ai déjà une chatte à la maison, ça ne ferait pas bon ménage avec une poissonne !

- « Je m’appelle Barracuda. » se présente t’elle.
- « Je suppose que le petit message était de vous ? »
- « Exact. »
- « Si je me souviens bien, vous avez parti pris avec Arachnos, non ? »
- « Une fraction, seulement. Celle de … »
- « Mako. »
- « C’est bien, vous en êtes informé. »
- « Et que me vaut votre visite ? »
- « Juste vous faire part d’une proposition, émanant du lieutenant de Lord Recluse. »
- « Qu’elle est-elle ? »
- « Il vous demande de travailler pour lui. »
- « Holà, comme vous y allez ! Je ne suis pas de taille à travailler à Grandville et … »
- « Correction, vous n’êtes pas ‘encore’ de taille. Mon chef est astucieux et puissant. Il apprécie vos idées. Selon lui, les plus à même de servir Arachnos sont les mutants, car ils ne dépendent de personnes, pour leurs pouvoirs. »
- « Pas faux. »
- « Réfléchissez-y bien. Si vous tournez le dos à Mako, vous le paierez. »
- « Je ne peux rien vous promettre pour les autres XGen, mais … »
- « Je croyais avoir été claire. Les autres membres de votre groupe font ce qu’ils veulent. »
- « En gros, je suis le seul à vous intéresser ? »
- « Non, les autres aussi. Mais nous préférons avoir la ‘tête’ du groupe. »
- « En fait de tête … »

Elle ne m’écoute plus. Son message a été délivré, et, au fur et à mesure de la conversation, elle a reflué vers l’eau, pas à pas. Ensuite, elle a disparu sous la surface.

Ca fait déjà quelques temps que j’y réfléchis. Je ne peux pas forcer les autres. En fait de tête de groupe, j’ai juste donné une idéologie, à notre organisation. Entrer au service de Recluse, ça peut être une opportunité. Mais je ne me voyais pas me soumettre aux ordres de certains de ses lieutenants.

Scorpion Noir, par exemple. Je refuse que l’on m’associe à ce type. Il dépend entièrement de son armure. Il a toute une flopée de techniciens toujours collés aux basques. Le jour où il y’aura un pépin, parce qu’il y’en a toujours un, avec la technologie, il se retrouvera comme deux ronds de flanc.

La Veuve Fantôme ne m’a pas semblée plus efficace. D’ailleurs, comment peut-on dire qu’on est efficace, lorsque l’on dépend d’une énergie mystique ? Esprit immatériel, en plus. Jeter un sort, ça prend du temps, et ça peut être contré.

Scirocco, lui, est un fantoche. Je n’ai jamais compris comment ce type-là avait pu entrer au service d’Arachnos. Un descendant de Mu, et je le précise, je n’aime pas ces gars-là. Il est un peu dommage que les mecs du Cercle les aient ratés !

En fait, après cela, il ne me restait qu’un seul lieutenant disponible, le mutant, Capitaine Mako. Pour sûr, il a une sale gueule, et il pue le poisson pourri. Mais il est la preuve que les mutants méritent une place d’honneur.

Non, vraiment, je crois que je vais voir si Mako peut m’apprendre une ou deux choses. Les autres …. feront comme ils le sentiront !

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mar 20 Mai - 17:25

Notes de l'auteur : quelques explications, sur la façon dont Jack est entré et sorti de l'Arc, et son comportement avec les femmes ...

Attention au 16 + Wink


On fait tous des conneries, dans notre vie. L’une des miennes a été de rentrer à l’Arc. Et oui, pour ceux qui l’ignorent encore, Blue Howler a été, autrefois, un défenseur de la loi et de l’ordre.

Enfin, je n’avais pas vraiment eu mon mot à dire. Après une série de « clashs » divers, de soirées bien trop arrosées, de quelques infractions aux bonnes mœurs, on m’a présenté au tribunal, pour tout ces petits délits. Le juge de l’époque m’a laissé, en guise de verdict, le choix entre la prison ou l’Arc.

L’armée n’est pas mon fort, mais tant qu’à passer deux années de ma vie, autant que ce soit à l’air plutôt qu’entre quatre murs épais.

J’incorporais donc ainsi, à l’âge de dix neuf ans, cet organisme, dont le but était surtout de m’empêcher de faire plus de bêtises. Je n’étais pas encore irrécupérable, en tant que mutant, et beaucoup espéraient que cette condamnation éveillerait en moi le besoin de me rendre utile à la communauté. J’entrais comme simple soldat, mais les gradés me voyaient déjà devenir une Sentinelle, avec mes pouvoirs. Quelle rigolade ! Devenir un super-héros, l’idée m’avait déjà traversé l’esprit. Mais je ne voulais pas devenir un modèle de vertu comme Stastesman et consorts. Super-héros, oui, empereur des niais, non !

J’ai fait mes classes pendant un mois, et ensuite, on m’a demandé de me mêler à la populace ambiante. Dès qu’une requête parvenait aux gradés, les autres soldats et moi nous nous battions presque, en fonction de ce qui nous était proposé. Lors de la mission consistant à surveiller un défilé de lingerie féminine, autant dire que nous étions quelques-uns à nous coller de ces peignées ! Mais, au final, j’ai vaincu.

Pendant un an, j’ai cumulé différentes missions pour le compte de cet organisme, toutes d’utilité publiques, s’entend. Mon supérieur, à l’époque, était le lieutenant Lampion. En fait, son surnom, entre les recrues, c’était « Le Pion ». Toujours derrière nos fesses, à observer nos faits et gestes, à venir pousser sa beuglante lorsque ça ne marchait pas à son goût. Tout le monde disait qu’il n’avait qu’une qualité, c’est qu’il faisait aveuglément confiance à sa femme.

Madame Suzan Lampion.

Un bon souvenir que cette brune dopée à l’aérobic de trente-cinq ans, qui raffolait des petits jeunes, au point de demander à son mari de lui présenter toutes ses nouvelles recrues. Je n’y ai pas fait exception. A l’époque, j’avais déjà découvert les propriétés aphrodisiaques de mes parties génitales, mais je n’avais pas encore l’idée de m’en servir à tout bout de champ. Je crois bien que mon vice est né de la fréquentation de Madame Lampion. Jusqu’à présent, ça n’avait jamais été plus loin que des attouchements, avec mes précédentes copines. La femme du lieutenant, elle, voulait tout et tout de suite.

Son mari ayant été bipé, une habitude selon elle, Robert Lampion ne tenant pas en place, je me suis retrouvé en tête à tête avec la petite dame. Au bout de dix minutes, ne voyant pas son mari revenir, elle s’est dirigée vers le téléphone, a composé le numéro de l’Arc, et, après s’être assurée qu’il ne reviendrait pas dans l’immédiat, m’a proposé de me faire visiter la maison. Un peu naïf, à l’époque, j’ai réellement cru à cette histoire. Ce n’est que lorsqu’elle a commencé à tâter la marchandise, une fois arrivés dans la chambre, que je me suis douté de son bonheur d’être seule avec moi. Elle m’a tiré jusqu’au lit, en me tenant par le machin, puis, après avoir pris des préservatifs dans le tiroir, m’a encouragé à faire d’elle ce que je voulais.

Une telle proposition ne pouvait rester sans réponses. Qui plus est, Lampion m’avait pris en grippe dès mon arrivée au sein de son régiment, aussi toute vengeance était bonne à prendre.

Je vois déjà les regards accusateurs : « Oui, mais c’était une femme mariée ! » A d’autres ! Son mariage n’avait que vocation à lui fournir un titre ! Une vicieuse, Madame Lampion, et c’est comme je vous le dis. Je ne me suis pas vanté de mes exploits auprès de mes congénères, craignant une poussée de jalousie, jusqu’à ce que l’un d’entre eux m’entretienne sur le sujet, deux jours après mon « entrevue » avec la dame.

- « Encore bien conservée, la femme à Lampion, hein ? »
- « Plutôt jolie, oui. »
- « Elle t’a fait le numéro spécial de la femme esseulée aussi ? »
- « Quoi, toi aussi tu … »
- « Mon petit vieux, depuis dix ans que Suzan Lamion est mariée au lieutenant, elle a passé en revue toutes les nouvelles recrues de son mari. »
- « La vache. »

J’avais cru avoir droit à un traitement exceptionnel. Je me suis vite rendu compte qu’il n’en était rien. La plupart du temps, les nouvelles recrues insistaient un peu, une fois ou deux. Mais elle les éjectait comme des parasites. Lorsqu’elle en avait assez d’un, elle demandait à son mari de le congédier ou le muter, trouvant ses manières « inconvenantes ». Si l’autre faisait mine d’avouer au mari cocu son état … je vous l’ai dit, il lui faisait une confiance aveugle ! … alors ça se transformait en outrage à officier supérieur.

Je dois admettre que mes capacités spéciales m’ont valu la considération de Madame Lampion. Mais c’est moi qui refusais d’être trop proche d’elle. J’en avais assez de devoir quitter l’appartement des Lampion, mes vêtements sous le bras, lorsque son mari faisait irruption plus tôt qu’elle ne l’estimait. Et puis, il y’a certains épisodes qui n’étaient pas trop de mon goût, notamment celui du déménagement. Quarante recrues qui viennent aider le lieutenant à mettre ses affaires dans le camion, Robert Lampion qui décampe dès que son bip sonne, et les soldats qui s’alternent pour donner du plaisir à la dame. J’y étais, j’ai pris mon tour. Elle y allait par tranches de cinq soldats. Une vicieuse, je vous le dis !

On a beau dire, j’avais perdu mes illusions de jeunesse, mais tout de même, si un tel étalage de luxure ça plait à certains, pas à moi. Une femme, cinq hommes, je trouve ça assez « cool ». Mais de là à faire tourner les quarante bonhommes, ça tapait un peu trop fort pour moi. Après ce coup-là, Madame Lampion n’avait plus le droit, de ma part, qu’à une carte pour son anniversaire et les fêtes de fin d’année.

C’est peu après que j’ai rencontré Michelle. En fait, Michelle est une nièce de Madame Lampion, une minette brune de vingt ans, la fille du frère aîné de Suzan. Rien ne se perd, rien ne se crée, et les tares s’ajoutent. Michelle avait le vice dans la peau, mais tout de même moins que sa tante. Cependant, à la luxure s’additionnait un goût prononcé pour la richesse. Sorties en boîtes branchées, croisières de luxe, galas et premières, rien n’était épargné à mon portefeuille. Je n’étais que soldat, à l’époque, et elle m’a vite fait comprendre que si je ne pouvais plus fournir en fraîche, elle irait voir ailleurs.

Salope …

C’est à peu près à ce moment-là que j’ai donné ma démission de l’Arc, et que Blue Howler, super-méchant officiellement non rattaché à une quelconque organisation, a commencé à faire des siennes. Braquages de fourgons blindés, pillages de boutiques, attaques de banques. J’ai tout fait. Et, pendant qu’elle dépensait mon fric bien mal acquis, je profitais de la situation avec sa sœur et ses amies, sans qu’elle ne s’en doute. J’en aurais cumulé, des gonzesses, dans le lit conjugal, pendant que mademoiselle s’amusait à parader. Une sorte de revanche, pour tout l’argent qu’elle me soustrayait.

Au tribunal, le jour du jugement, Michelle est venue témoigner soi-disant en ma faveur, mais surtout en la sienne.

- « Mademoiselle Valentin Michelle, est-il vrai que vous étiez au courant des agissements de votre compagnon ? »
- « Non. »
- « Ca ne vous étonnait pas de le voir ramener autant d’argent ? »
- « Il m’a dit qu’il avait trouvé un bon métier. »

Et pourtant, c’était elle qui me disait que tant qu’à faire, autant voir gros. L’attaque de banque qui m’a valu mon arrestation, c’était son idée. J’ai eu un relent de bonté, en ne contredisant pas la demoiselle. J’aurais peut-être pu réduire ma peine, comme ça. Mais l’espoir de la voir venir au parloir, lorsque je purgerais ma sentence, m’en avait dissuadé. Si j’avais su qu’elle ne serait venue qu’une fois, pour me présenter son nouveau copain, je l’aurais fait mettre en accusation aussi !

La garce m’envoyait en prison, et se tapait une pauvre pomme, qui ne tarda pas à me rejoindre derrière les barreaux. Un grand gars, genre golden boy, travaillant dans une agence bancaire ou quelque chose comme ça. A force de prélever dans le tiroir-caisse, il avait fini par cumuler une dette d’environ un million de dollars, trou budgétaire maladroitement dissimulé.

- « Bienvenu au club ! » lui ai-je crié, en le voyant passer devant ma cellule.

Je ne suis pas sûr qu’il m’ait reconnu, mais moi, je n’ai pas oublié sa gueule. Encore moins lorsque je l’ai vu dans le journal. En lisant l’article, j’ai pu constater que Michelle n’avait pas renoncé à sa vie d’avant, en dépit de mon arrestation. Quelques temps plus tard, Arachnos intervenait, et je recouvrais ma liberté.

Fiou, quel passé. Et pourquoi est-ce qu’il me revient maintenant ? Parce que je suis dans un peep-show, en train de me mettre en « appétit » pour mon « dîner » de ce soir, avec Bad Cat. Et la danseuse qui s’agite en se déshabillant et en se caressant, derrière la vitre, n’est autre que Michelle. Apparemment, elle a déniché un nouveau copain, et celui-ci a trouvé le moyen de lui faire gagner beaucoup d’argent. On me tape sur l’épaule. C’est Jezebel Jones.

- « Elle te plait ? »
- « Une vieille connaissance. »
- « Oui, elle m’a parlé de toi. Elle pensait que tu pourrais la faire sortir de là. » ajoute la maquerelle du Gizeh, en tapotant sur la vitre.
- « Elle y est très bien ! C’est là sa vraie place. »
- « Ho, rancunier, hein ? »
- « Disons que je n’aime pas qu’on me prenne pour un pigeon. Et puis, j’ai mieux sous la main. »
- « Tu aurais quelques minutes à me consacrer ? En privé, dans mon bureau ? »
- « Désolé, Jezebel. Ce soir, j’ai un rencard avec Veronica. Si je ne suis pas en pleine forme, elle risque d’avoir des doutes, et alors … » Je fais le signe de trancher la gorge, avec mon pouce. « … adieu. »
- « Dommage. Pense à moi, si elle a une panne, cette nuit. »

Elle me tire par le cou, pour me rouler un patin délicieux, pendant que sa main masse ma troisième jambe, la faisant vibrer de plaisir. Je commence déjà à regretter mes propos, mais je me suis promis de faire un peu attention à mes relations avec le sexe opposé.

- « C’est triste, j’étais très câline, là, maintenant. »

Elle s’en va, me laissant dans le noir de ma cabine. Finalement, ce n’est pas si dur, de repousser une femme. Seul problème, maintenant, il faut que j’attende que le sang cesse d’affluer dans mon pantalon, pour pouvoir sortir sans montrer à tous que je suis en pleine forme. En tout cas, je me suis prouvé être un homme, un vrai, et savoir contrôler mes pulsions !

Note de l’auteur : il dit ça, mais il a rattrapé le temps perdu avec Jones, le lendemain, après la répétition … rien à en tirer de ce mec … décidément, il m’amuse de plus en plus. Laughing

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mar 10 Juin - 17:00

Il y’a des gens que j’aime. Des gens simples, comme Bad Cat, certains de mes amis des XGen Mutants. En gros, on se comprend. On n’a pas besoin d’un cerveau surdimensionné pour vivre. On ne se prend pas la tête avec des problèmes existentiels. On vit, c’est tout, et on profite de chaque jour qui passe. Nous ne sommes pas des bêtes destinées aux concours d’intelligence, sans pour autant être totalement abrutis. Des gens simples, avec des plaisirs simples.

Il y’a des gens que je supporte, comme ma sœur, Stanley Arrow, Mister Zane. Des personnalités un peu complexes, mais sympathiques, dans le fond. Je ne saurais jamais quel réconfort ils trouvent à se creuser la cervelle avec des problèmes insolubles, mais je dois reconnaître que je suis assez admiratif devant leur capacité à les résoudre, même si j’estime que parfois, il ne sert à rien de penser et qu’il vaut mieux foncer et écraser le problème.

Il y’a ceux qui me laissent indifférent, ceux que je ratatine dès que je peux. Agents de l’Arc, d’Arachnos ou des Wyvernes, Sorciers et fantômes du Cercle, etc ... Ceux-là, je ne cherche surtout pas à les comprendre, et encore moins à faire leur connaissance. Ils sont juste là pour m’aider à acquérir encore un peu plus de notoriété.

Donc, en fait, je suis empli d’amour. Plus ou moins selon les personnes … « qui aime bien châtie bien », pour la dernière catégorie.

J’aime tout le monde sauf une personne. Elle, je la déteste. Cette haine me persiste dans le temps.

De qui s’agit-il, me demanderez-vous ? De ma cousine, Ava Stryer.

C’était la fille de mon oncle, Harold, le frère de mon père. Harold Stryer était mutant sans le savoir, comme mon propre père. En revanche, contrairement à lui, il n’a éprouvé que tardivement le besoin de se fixer. Il était nomade depuis son plus jeune âge, ne tenait jamais en place, essayait tout et n’importe quoi. Il n’avait jamais de position fixe. Les huissiers se bousculèrent au téléphone de mon père, pendant un moment, pour tenter de savoir où il était. Ils le pourchassaient depuis trois états, et autant de mois.

Je vous l’ai dit, il était nomade, et il ne s’était jamais marié.

Il s’est pourtant calmé, un beau jour. Je m’en rappellerais toujours, car c’était la première fois qu’il venait à la maison. Il était venu payer ses dettes. Et c’est précisément ce jour-là qu’une femme a débarqué chez nous, immensément contente de pouvoir, enfin, lui mettre la main dessus, et lui présenter, à sa grande surprise comme à la notre, la fille d’Harold, qu’il avait eu d’une courte liaison avec la fille de cette femme. C’était ma première rencontre avec Ava.

Il y’a des mutants où, dès la naissance, ça se voit qu’ils sont différents.

La femme s’appelait Malia Gounouda, sa fille s’appelait Iris, et elle était décédée en mettant Ava au monde. Les Gounouda avait du sang africain, dans les veines, mais celui-ci s’estompait, sûrement suite à plusieurs métissages. Néanmoins, il restait, au niveau physique, des traces plus qu’évidentes de cette appartenance ethnique. Malia avait les traits marqués, un sourire ambigu gravé sur les lèvres, comme si on la forçait à être aimable. Ava, elle, était plus sombre, un peu plus énigmatique, un visage fermé.

Imaginez un peu la tête de la gamine qui avait un an de moins que moi : sa peau était bronzée, ses cheveux lisses et soyeux, mais de couleur pourpre, à quoi il fallait ajouter des yeux aux iris argentés, presque brillant. A onze ans, elle se donnait des allures de jeune fille prude, appréciait les déguisements, elle en avait une collection complète, de la princesse au pirate, en passant par tous les métiers.

A l’époque, j’avais douze ans, et mes pouvoirs s’étaient réveillés quelques semaines plus tôt. Mes cornes n’avaient pas encore atteint leur pleine maturité. Je ne courrais pas encore trop après les filles, et si j’en avais attrapé une, à l’époque, j’aurais bien été incapable d’en faire quoi que ce soit. Pas comme aujourd’hui.

Avec le recul, j’irais jusqu’à dire qu’Ava était belle. Là-dessus, je suis sûr de mes sentiments du moment, lorsque je l’ai vu pour la première fois. Elle avait quelque chose de mystique et attirant chez elle. Bien sûr, je ne courrais pas encore après le jupon, mais, bon, comme tout garçon qui se doit, on est très intrigué par ce que les filles cachent sous leurs vêtements.

Qu’est-il passé par la tête de ce bon oncle Harold ? Il a accepté d’adopter cette fille. Dès le début, moi, je sentais les emmerdes. Malia semblait trop ravie de s’en débarrasser. Mon oncle, lassé de courir par monts et par vaux, trouvait une raison supplémentaire de devenir sédentaire, s’occuper de sa fille, et rattraper le temps perdu.

Il ne m’a pas fallu longtemps pour m’apercevoir qu’Ava obtenait tout ce qu’elle voulait. En fait, tout le monde semblait l’adorer, ce que je trouvais plus qu’étrange, compte tenu de la nature de ma mère. Je ne suis pas fier de m’en vanter, aujourd’hui encore, mais elle hait les gens de couleur. Alors, je me suis posé la question de savoir pourquoi elle supportait cette métisse. Selon sa propre logique, il aurait fallu la parquer dans un enclos à bétail, propos que je trouvais, et que je trouve encore, immondes. Ma mère ne s’est pas améliorée avec l’âge. J’irais jusqu’à dire que ça a empiré. Je suis assez satisfait de ne plus la voir.

La réponse à cette interrogation est venue d’Ava elle-même, lorsqu’elle a tenté de me faire subir ses pouvoirs, quelques semaines plus tard. Elle aussi était mutante, et probablement que sur le long terme, Malia Gounouda s’est sentie écrasée sous les pouvoirs de sa propre petite fille, et s’est extirpée de son emprise. C’est en cela qu’elle était ravie de se débarrasser d’Ava.

Celle-ci manipule les sentiments des gens. Elle peut modifier la manière dont on perçoit une personne. Elle-même, certes, mais aussi les autres. Elle n’a rien de plus facile que de faire se haïr les gens, ou de se faire aimer. C’était un pouvoir psionique latent, et, selon ma propre déduction, Ava ne savait même pas qu’elle était mutante. Elle devait, sans le vouloir, influencer les gens pour son propre compte. Elle savait en revanche que je ne l’appréciais pas trop, à l’époque. Chose étrange, non, pour un obsédé comme moi, que de refuser d’approcher une fille ? Lors d’une partie de basket, pendant que nos parents buvaient à l’ombre du parasol, et que nous étions hors de vue, j’ai senti la tentative d’intrusion psychique.

Cependant, sur moi, ça ne fonctionne pas. L’avantage des ondes, c’est qu’elles sont aussi générées par mon cerveau, et qu’elles me protègent partiellement contre les pouvoirs psioniques. J’ai tenté de la repousser mentalement, et je réussis, surtout parce qu’Ava ne maîtrisait pas son talent à ce moment-là, mais le subissait. Flora est arrivée juste au moment où je collais ma cousine au mur, pour m’empêcher de la frapper. J’ai cru, pendant un moment, que ma sœur avait subi elle aussi un lavage de cerveau. C’était bien mal la connaître, déjà à l’époque. Elle voulait juste m’empêcher de commettre une boulette.

Après, en effet, pour se venger, Ava aurait pu instiller la haine de ma personne chez mes propres parents. Au lieu de cela, Flora lui fit vite comprendre qu’il ne valait mieux pas recommencer ça sous notre toit. Ma sœur, ne contrôlant encore pas bien ses pouvoirs, ne lui fit pas de démonstration. Mais Ava avait bien senti la différence flagrante de niveau entre nous et nos parents. Elle ne tenta jamais plus rien, après cela. Nous l’avons revu quelques rares fois, au cours des cinq années qui ont suivi, au cours de fêtes de famille surtout.

Je n’ai pas que de mauvais souvenirs, avec elle. Je me rappelle d’un slow dansé lors d’un mariage, au cours duquel j’ai pu profiter de la lumière tamisée pour voir au toucher si ma cousine avait de la cellulite. Ca n’a pas été plus loin. Ca n’aurait jamais été plus loin. Mais lorsque l’on est collé l’un à l’autre, il y’a bien quelques dérapages. Un simple pincement dans le cou m’a fait comprendre qu’à un moment, je poussais la plaisanterie trop loin, et je me suis contenté de finir le slow avec les mains sur les hanches de la demoiselle.

Finalement, un beau jour, la Police a retrouvé mon oncle pendu dans sa cuisine. Ava, elle, avait disparu. Je ne suis sûr de rien, mais je reste persuadé qu’elle l’a tellement dégoûté de lui-même qu’il s’est senti encouragé à le faire. Le plus avantageux, dans cette méthode, c’est que l’autopsie ne révèlera rien. Pour les enquêteurs, la disparition d’Ava ne fait aucun doute. Elle a vu son père pendu, et elle est partie, traumatisée, chercher du réconfort chez sa grand-mère. Cependant, cette dernière a étrangement disparu aussi.

Ca me fait bizarre, de parler d’Ava. C’est probablement dû au fait d’avoir croisé son sosie, sur les Insoumises.

Enfin, j’ai dû rêver …

Note de l'auteur : peut-être pas tant que ça, Jack !

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Ven 8 Aoû - 17:11

Lorsque le chat n’est pas là, les souris dansent …

Elles dansent surtout devant mes yeux, alors que je chante. Et, effectivement, « mon » chat n’est pas là. Bad Cat avait un truc important à faire, avec Bloody Kris et Mister Zane, et m’a donc prévenu qu’elle passerait le week-end et le restant de la semaine avec ses amis. On dirait que ça doit se sentir, car les femmes venues à ma représentation ont toutes l’air plus chaudes les unes que les autres. La plus excitée semble être cette petite blondinette en robe bleue, que je vois là-bas. Tout à l’heure, elle a jeté quelque chose sur la scène, et j’ai comme l’impression que c’est son string.

Cheveux blonds coupés au bol, robe pervenche ultracourte, elle n’a pas énorme en tour de poitrine, mais des petits seins, c’est bien aussi. Elle tortille du popotin, dans ma direction. Cependant, hors de question de la ramener dans ma loge. Ce n’est pas que je ne fasse pas confiance à Bad Cat, mais si la séance s’écourte avec ses potes, et qu’elle se décide à revenir, je suis mal. Je termine mon dernier succès, et, sous une salve d’applaudissements, je descends de la scène.

En compagnie de quelques copines (dont certaines n’ont pas l’air majeures, les videurs ont dû accepter de les laisser passer en échange d’un bon pourboire … ou d’une faveur !), elle va s’asseoir au bar, prend une cigarette dans son sac, et, en bon gentleman, je pique le briquet du serveur, me glisse derrière elle et lui allume. Elle ne manque pas d’ouvrir des quinquets émerveillés. Le truc qui me fait peur ? Je crois bien qu’elle est mineure, elle aussi. De loin, avec tout son maquillage, je l’imaginais majeure. De près, avec de si grands yeux, elle me parait être une fugueuse, qui aurait fait le mur en pleine nuit pour sortir en boîte avec des copains et des copines.

En parlant de copain, le rouquin qui me regarde d’un sale œil devait sûrement se dire qu’il ne serait plus puceau ce soir. Manque de bol, entre un boutonneux rachitique comme lui et un chanteur auréolé de gloire, bien musclé, comme moi, il n’y a pas photo, on connait celui que la fille va choisir.

- « Merci. » me dit-elle d’une voix aiguë, pendant que ses copines s’éloignent, sûrement pour échanger des propos acides tels que « Pourquoi il l’a choisie, elle ? »
- « Vous ne manquez pas d’audace, j’aime ça ! »
- « Pardon ? »
- « Ho, je devine que certains d’entre vous ne sont pas majeurs. Ca se voit. » Elle a un sourire un peu crispé, j’ai tapé dans le mille. « Et j’apprécie ceux qui ne prennent pas le règlement au pied de la lettre. Je vous offre un verre ? »
- « Euh, oui. » me répond-elle, un peu déconfite. « Moi, je suis majeure, vous savez. Depuis … » Elle hésite un court instant. « Depuis hier. » avoue t’elle.
- « D’où la petite soirée entre amis, je présume. Sam, un Martini Dry, pour moi. Et pour mademoiselle … »
- « Un cocktail Malibu. »
- « Sur ma note, Sam. » Je reprends le serveur alors qu’il amène sa petite fiche. Ma note, c’est une ardoise secrète, que je paye en cash, afin de ne pas laisser traîner de traces de mes fréquentes offres à des personnes de la gent féminine.
- « Hé, toi, fous-lui la paix. »

Manifestement, les copains du rouquin n’ont pas réussi à le retenir de faire un esclandre, et il vient, en preux chevalier, sauver la vertu de la demoiselle. Chemise ouverte, dévoilant le torse d’un ado qui ne fait pas souvent de sport, pantalon bien trop grand pour ce qu’il a à y mettre, c’est le genre de look qui ne colle pas à celui hyper sophistiqué de la fille que je vais sûrement mettre dans mon plumard ce soir. Je suis persuadé qu’il aurait dormi sur la béquille, ce soir encore.

- « Quoi donc ? Je n’ai pas le droit d’offrir une consommation ? »
- « Je sais qui tu es, et ce que tu veux. Je ne te laisserais pas faire ! » Au teint rouge et à son haleine mortelle, je devine qu’il n’a pas fait que carburer au soda, ce soir, lui. « Tu devrais te méfier mon bonhomme ! »
- « Sans blague ? »

La blondinette secoue la tête, exaspérée par ce comportement. Je suis prêt à parier ma chemise qu’elle ne veut pas sortir avec lui, et que si il est là ce soir, c’est juste parce qu’il a une voiture. Je vois de grosses gouttes de sueur perler sur le front du rouquin, il s’apprête à sortir une grosse connerie.

- « Tu ne sais pas qui je suis ? Je suis Mister Zane ! Ouais, rien que ça ! »
- « Ho non, Brandon. » soupire la blondinette.

Le mouvement accompagne l’annonce, comme celui d’un petit présomptueux, qui recule d’un pas ou deux en faisant aller ses bras. Je crois que j’ai fait des gouttes de rire dans mon pantalon, après ça. Je me suis retenu au rebord du comptoir, pour ne pas m’effondrer par terre. J’en entendrais de toutes les sortes, dans ce boulot. D’un autre côté, je ne suis pas le seul à éclater de rire. Sam le serveur est plié en deux, et Basse Croupier, venu voir pourquoi quelqu’un criait, se tient au chambranle de la porte, la main couvrant sa bouche pour rester discret. Lorsque j’ai retrouvé mon calme, j’apostrophe le gamin.

- « Est-ce que tu sais que Mister Zane est un habitué des lieux ? Que c’est un ami personnel du patron du Gizeh ? Qu’il m’a demandé de chanter pour lui, à son mariage ? »
- « Euh … »
- « Tu n’es pas Mister Zane. Tu n’es … rien ! »

Les vigiles n’ont pas mis longtemps à l’éconduire. Etrangement, ses potes, masculins ou féminins, l’ont suivi dans la foulée. Je regarde la blondinette. Elle remballe son sac, mais ne sait pas si elle doit continuer ou pas.

- « C’est lui qui a la voiture ? »
- « Oui. »
- « Ne t’en fais pas, je te raccompagnerais. »

Elle retrouve le sourire, et abandonne toute idée de rentrer avec ses amis. De toute façon, les brunettes qui étaient venues avec elle sont sûrement en train de se faire tirer à l’arrière de la voiture, sur le parking, pour aider les mâles à avaler la pilule de s’être fait expulser. Les lumières se tamisent, il est l’heure des slows. Mains sur les hanches de la demoiselle, nous restons quelques minutes à danser, coller l’un à l’autre.

- « Tu t’appelles ? »
- « Meryl. Meryl Wingard. »
- « Quel joli prénom. Il me fait penser à une pierre précieuse. » Et ce soir, c’est moi qui vais la tailler.

Deux autres cocktails dans le cigare, et la demoiselle est prête à tout. Nous montons dans ma voiture, et lorsque je lui demande la route à suivre pour retourner chez elle, elle ne sait plus dans quel sens aller. L’avantage des midinettes dans son genre, c’est qu’il faut peu d’alcool pour qu’elles s’embrouillent. Je propose alors, en tout bien, tout honneur, de prendre une chambre à l’hôtel, pour la laisser se reposer, lui promettant que je la raccompagnerais chez elle dès son réveil. Elle accepte.

C’est dans la poche !

Bon, il faut dire aussi que l’hôtel que je lui propose n’est pas le bas de gamme. Ca aurait été un motel de bord de route, aux allures douteuses, elle aurait peut-être refusé.

Brûlante soirée, je ne vois que ce terme. Un corps jeune, non habitué aux choses de l’amour physique, c’est quand même une sacrée bonne opportunité ! J’ai fait un ou deux rappels, jusqu’à ce qu’elle crie grâce, et qu’elle ne s’endorme. Au petit matin, je l’abandonne dans le lit, mais comme je ne suis pas chien, je lui laisse de l’argent, pour prendre le taxi et rentrer chez elle.

C’est sans regret que je laisse sur le grand lit de la suite nuptiale un corps nu, la couverture remontant jusqu’aux reins. Elle n’avait pas grand-chose dans le corsage, mais disposait de beaucoup de vigueur. Je n’ai pas sorti le grand jeu, pour elle, car je craignais de la rendre folle. J’ai déjà assez d’Anne Gelluck collée aux basques, sans m’en mettre une autre. Doucement, je ferme la porte.

De retour à mon appartement, j’ai la surprise de tomber nez à nez avec Bad Cat. Assise sur le bord de la table, elle me regarde d’un oeil sévère, les bras croisés sur sa poitrine. Se doute t’elle de quelque chose, ou est-ce simplement le fait que je n’ai pas dormi ici ?

- « Où t’étais, Jack ? »
- « Je suis resté dans la base des XGen, pour régler les détails de deux ou trois plans. » Elle n’a pas accès à la base, et ne peut donc pas y entrer. De ce côté-là, je suis plutôt tranquille. « Et puis, je n’aime pas rester ici, quand tu n’es pas là ! » Je devrais peut-être envisager aussi une carrière d’acteur de cinéma.
- « Ah bon ? » Le sourire revient. Tout ce que j’espère, c’est qu’elle n’aura pas d’envies. Je ne suis pas sûr de pouvoir fournir tout de suite, après les efforts consentis hier soir.


Passons maintenant aux pensées de Meryl, une portion de l’histoire que Jack ne connaît pas …

Un rayon de soleil me réveille dans un lit inconnu. Je devais fêter mon accession à la majorité hier soir, et, d’après ce que je peux voir, c’est fait. Je me redresse péniblement sur les coudes, le corps brisé par cette nuit, comme si je m’étais faite rouée de coups. Je m’aperçois alors que je ne porte rien. Ma robe bleue est correctement repliée sur une chaise, comme si j’avais encore de l’ordre dans ma tête au moment où je suis entrée ici.

- « Ho non ? »

Je relève la couverture, et je vois la tâche sur les draps. C’est trop tard pour moi, je m’effondre dans le lit, sur le dos, en me passant une main sur le visage. Je savais que ça devait arriver un jour ou l’autre, mais comme ça, sans que j’en aie trop le souvenir, ce n’est pas ce que j’espérais.

- « Flûte ! »

Tout ce que j’espère, c’est que ce n’est pas Brandon qui a profité de la situation. Je déteste ce type, ses manières, et je suis persuadée que si c’est lui, il va déjà s’imaginer que je suis à lui, comme un vulgaire objet. Enfin, si c’était vraiment lui, je pense qu’il serait resté jusqu’au matin. Avec difficulté, je m’assois sur le bord du lit, le visage dans les mains, soupirant à tue-tête. Il me faut bien dix minutes pour faire le point.

- « Claquer un peu au casino, ça, c’était prévu. Boire un petit coup, ça aussi. Perdre ma virginité, ce n’était pas au programme ! »

Ce qui est fait est fait. Je ramasse mon sac, j’enfile ma robe, avant de m’apercevoir que …

- « Où est mon string ? »

Soudain, horreur, l’image du chanteur sur scène, à qui je lance mon sous-vêtement, me revient. Je deviens écarlate. Je n’ai tout de même pas été jusque là ? Jaclyn me le confirmera. J’ouvre mon sac à main, j’y prends ma montre et je regarde l’heure. Je commence à bosser cet après-midi, il ne faudrait pas que je l’oublie. J’ai un peu de temps, juste de quoi prendre une douche pour être fraîche. Autre inquiétude, j’espère que le petit malin qui a profité de la situation a pris ses précautions. Je me vois mal commencer à bosser aujourd’hui pour annoncer à mon patron dans quelques semaines que je suis enceinte.

C’est lorsque je reviens dans la chambre que je m’aperçois d’un mot laissé à la va-vite. En dessous, une petite liasse de billets.

« Trésor,
Je n’ai hélas pu rester. Je t’ai laissé de quoi prendre un taxi, pour rentrer.
Je ne suis pas sûr que nous pourrons nous revoir. J’accumule depuis quelques temps des soucis sentimentaux.
Je te remercie de t’être offerte à moi.
Au revoir.
Bastian Herald. »

- « Ah, bravo, je suis devenue le coup d’un soir ! » Je fulmine en roulant le papier en boule et en le jetant dans une poubelle. « Attends un peu, saligaud, je … »

Et puis je pense que ça ne s’est pas si mal passé, finalement, et que si il a des soucis avec d’autres, j’ai peut-être été d’un quelconque réconfort.

Il y’a quelques taxis qui attendent en bas de l’hôtel, et il est plus que temps de me presser. Arriver en retard le premier jour de travail, ça serait plutôt mal vu. Je tends une carte de visite au chauffeur.

- « A cette adresse, s’il vous plait. »

Il m’y conduit rapidement, sans enfreindre la loi, avant de me laisser devant un immeuble de bureaux. J’entre par l’entrée principale, et après m’être identifiée auprès du concierge, ce dernier me laisse prendre l’ascenseur. Dans le couloir, quand j’arrive, on m’accueille aussitôt.

- « Pas encore en tenue ? Pressons, pressons. Les vestiaires féminins sont au fond, à droite ! »

J’y entre, et je tombe sur Jaclyn. Nous sommes amies depuis le lycée, bien que totalement différentes. Je suis blonde, elle est brune, je manque d’atouts féminins, elle est ronde de partout, je suis posée et calme, elle est impulsive et téméraire. Les contraires s’attirent, dirons-nous. Je pose mon sac à main dans un casier qui n’est pas encore pris, et j’ôte mes vêtements.

- « Qu’est-ce que tu as fait de ton string ? » me demande t’elle.
- « Je comptais sur toi pour me le dire ! »
- « Tiens. » Elle me l’envoie. « Je l’ai récupéré pour toi ! »
- « Merci. »
- « Drôle d’idée que de l’envoyer au chanteur ! »
- « Je sais. » Je suis écarlate.
- « T’es rentrée comment ? »
- « Je ne suis pas rentrée. » Je réponds tout en enfilant l’uniforme réglementaire imposé par mon employeur.
- « En gros, t’es revenue sans, quoi ! » Jaclyn n’a pas sa langue dans sa poche.
- « Oui … Et toi ? »
- « Tu crois honnêtement que je me serais laissée faire par Brandon ou ses copains ? En tout cas, jusqu’à ce qu’ils se fassent virer, c’était une bonne soirée. » Elle me tend une petite boîte. « Je n’ai même pas eu le temps de te donner ton cadeau d’anniversaire. »

J’ouvre, et je manque d’éclater de rire en découvrant une boîte de préservatifs. J’en aurais eu l’utilité, cette nuit. Au moment où ma copine me demande comment était le chanteur au lit, une femme passe la tête par la porte entrouverte. Elle crie à notre attention.

- « Briefing pour les nouveaux dans cinq minutes. Dépêchons ! »

Je finis de remonter les fermetures éclairs ma tenue. Jaclyn est déjà en route. J’espère que je ne vais pas faire de boulettes. C’est ma première journée à l’Arc.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mar 12 Aoû - 14:35

Mais comment je fais pour me mettre dans des situations pareilles ?

A ma gauche, sobrement vêtue, Meryl Wingard fait son apparition. Depuis presque une semaine, j’espérais qu’elle avait compris le message et qu’elle avait renoncé à me revoir. La douceur de sa peau n’a d’égal que la fraicheur de son sourire, elle ressemble à une adolescente qui serait devenue femme trop tôt. Jeune, ingénue, j’ignore complètement ce pourquoi elle est là. J’ose simplement espérer qu’il ne s’agit pas d’une quelconque annonce de grossesse non désirée. Ce serait étonnant, j’ai pris des précautions.

Au même instant, par ma droite, Veronica Payne, aussi connue sous le nom de Bad Cat, vient d’entrer dans le Gizeh par l’entrée des artistes. C’est plutôt le contraire de Meryl, à savoir une femme qui serait restée adolescente. Le corps de déesse sublimé par des années de pratiques sexuelles fait se tourner quelques regards avides, bien que tout le monde sait que la star du cinéma est déjà maquée. Mais aucun ne manquera sa chance, si un soir il peut poser les mains sur les rondeurs féminines de la nouvelle icône du cinéma d’action.

Et les deux qui entrent dans le Gizeh à la même heure, ça ne peut que devenir des ennuis pour ce bon vieux Jack.

De là où je suis, j’aurais sans doute eu plus simple de m’enfuir, mais ce serait perdre le contrôle de la situation. Si jamais les deux demandent à rencontrer Bastian Herald en même temps, il ne faudra sûrement pas longtemps à Bad Cat pour deviner ce qui me lie avec la petite blonde. Je pare au plus pressé et, sans me faire voir, je me rends à la porte Ouest, par où est entrée Meryl, que j’attrape par le poignet pour la tirer jusqu’à une salle isolée.

- « Bastian, mais que ... ? » sont les seuls mots qu’elle arrive à placer. Je referme la porte derrière elle, en ayant simplement dit quelques paroles en guise de consignes.
- « Ne bouge pas, je reviens dans deux minutes. »

C’est la faute à Bad, ça ! Elle était censée être de tournage, à compter d’hier, et je ne devais pas la revoir avant un mois ! Sitôt la porte refermée, je m’empresse de courir à la rencontre de Veronica Payne, sous le regard franchement amusé de Jezebel Jones, qui rit de me voir ainsi empêtré. Bad Cat vient de m’apercevoir, sans se douter que je viens de cacher sa concurrente à ses yeux, et elle m’interpelle à travers tout le Gizeh. Lorsque j’arrive à sa hauteur, je suis assez mécontent.

- « Qu’est-ce que tu fais là ? Le tournage a été écourté ? »
- «Bravo, bonjour l’accueil ! Je profite d’une courte pause pour venir te voir, et c’est comme ça que tu me reçois ? »
- « C’est que j’ai énormément de boulot, ma chérie. Je règle quelques répétitions, et j’essaye de … enfin, on en a parlé. J’essaye d’écrire mes propres chansons ! »
- « Et je te dérange, c’est ça ? » Elle a un air furibond qui ne préfigure rien de bon.
- « Mais non. Cependant, je suis dérangé toutes les minutes, ici, je ne parviens pas à écrire. Si tu t’y mets aussi … »
- « Excuse-moi, d’exister ! » Je viens de le dire, une vraie ado avec un corps de femme.

Ni une ni deux, elle fait demi-tour, et disparaît par la porte où elle est venue, en tortillant de l’arrière-train. Je crois que je vais avoir la soupe à la grimace pendant quelques jours, avec ça. Désolé, Bad, mais je n’avais pas le choix. Si tu savais ce qu’il se passe ici lorsque tu as le dos tourné, tu aurais sûrement ma peau en guise de descente de lit ! Je fais ensuite un retour à toute allure jusqu’au bureau où j’ai enfermé Meryl, en passant devant Jezebel qui ne se retient plus de rire aux éclats.

- « Mon pauvre, si tu voyais ta tête ! »
- « Ca va, change de registre ! »

Je passe la porte. Meryl n’a pas bougé d’un iota depuis que je l’ai faite s’asseoir dans ce bureau isolé. Ce n’est que lorsqu’elle voit que c’est moi qui entre qu’elle se lève enfin, et vient se coller à moi pour échanger un long et langoureux baiser. Je n’ai pourtant pas fait usage de toutes mes capacités aphrodisiaques, l’autre nuit. Mais elle était vierge, c’est vrai, et une vierge, ça croit encore au premier et grand amour. Je tente de rester froid et impassible, mais je n’y arrive. Et mon corps qui se souvient de notre première étreinte réagit au quart de tour.

- « Tu m’as manqué. » me dit-elle, une fois qu’elle a réussi à abandonner mes lèvres.
- « Je t’avais laissé un message, Meryl. Il m’est difficile de te voir. »
- « Pourquoi ? » Classique chez les femmes-enfants, elle refuse de voir la réalité en face, à savoir que je l’ai tiré pour mon simple plaisir personnel.
- « J’ai des petits ennuis sentimentaux, en ce moment, je te l’ai dit. Je suis empêtré dans une liaison qui ne me satisfait plus … » Purée, je suis monstrueux, ce n’est même pas vrai !
- « Tu es marié ? » Elle est très sérieusement offusquée.
- « Non, bien sûr. Tu aurais vu mon alliance, sinon. » Je montre ma main, à l’annulaire vierge de toute trace d’anneau.
- « Alors, c’est quoi, exactement, le problème ? »
- « C’est un peu délicat à expliquer. Je vis avec une femme fortement perturbée. Elle vit au jour le jour, sans savoir ce que demain lui réserve. J’ai un peu peur de la plaquer brutalement. Elle le prendrait mal, je crois. » C’est surtout moi qui aurait mal. Elle ne se priverait pas de me rosser.
- « Je peux t’aider, tu sais ! »

Hu ? C’est une nouveauté, ça ! D’ordinaire, quand je branche une nénette, c’est toujours une emmerdeuse avec des soucis infinis. Ca a été Michelle et ses besoins d’argent. Ensuite Cameron et ses ennuis avec la Famille. Bad Cat règle ses pépins toute seule, sans mon aide, ce qui me change agréablement d’avant. Mais là, je crois bien que c’est la première fois qu’une femme me propose de m’aider. Je regarde Meryl comme si je la voyais pour la première fois.

- « Tu peux … m’aider ? »
- « Tu sais, je … » Elle baisse d’un ton. « Je n’aime pas trop le crier sur les toits, en particulier par ici, parce que c’est assez mal vu. En fait, je … »

Le ton a encore baissé, et j’entends un mot dans un souffle. Je ne suis pas sûr d’avoir bien entendu, là. J’ai un long frisson qui m’est descendu le long de l’échine, mon cerveau s’est mis à se secouer tout seul dans mon crâne, et mes testicules ont commencé à jouer des castagnettes. Je mets quelques secondes à percuter, et l’information refuse obstinément de trouver une place dans mon esprit.

- « Tu … tu peux répéter ? »
- « Je fais partie de l’Arc. Alors, si je peux t’aider … »

Ce n’est pas possible, je suis un véritable aimant à emmerdes !

- « Non, non. Tu sais, toutes les forces armées ne pourront rien contre ça. Ce sont des choses qui arrivent tout le temps, entre un homme et une femme. Parfois, les situations s’enveniment. Et une liaison qui a débuté sur les chapeaux de roue laisse une impression de parfaite félicité, pendant quelques temps, avant que l’on ne découvre que, au final, ça ne va pas. »

Je m’embrouille, en essayant de lui expliquer, avec politesse, que je voulais juste la tirer. Tel que, j’ai l’impression que je suis plutôt en train de lui expliquer qu’entre moi et Bad, ça ne va plus. Ses yeux sont tristes et humides, elle va pleurer, je le sens.

- « Je suis donc obligée d’attendre que tu arrives à plaquer cette femme ? » Ca ne manque pas, une larme coule le long de la joue.
- « Non, non, pas nécessairement. »

Là, je me fous dans la merde tout seul. Je devrais la jouer « ordure », et je me comporte comme le dernier des clampins, à savoir gentiment. Si j’avais dit oui à sa proposition, c’était la fin de mes emmerdes. Alors pourquoi je …

- « On peut se revoir, en moyennant quelques précautions. » Si il y avait une couleur plus sombre que le noir, je la prendrais aisément pour qualifier la merde dans laquelle je glisse.
- « Oui, mais, dans ce cas, je deviens juste ta maîtresse ! »
- « Tu sais, Meryl, je ne suis pas marié, alors je ne suis pas sûr que le terme soit bien approprié. » Encore un peu, et je finis politicien ! J’ai tous les vices dans la peau, ma parole.
- « Je suis désolée d’être venue, alors. Je vais sûrement te causer du tracas. C’est pour ça que tu m’as placée ici, pas vrai ? »
- « A dire vrai, tu as failli tomber nez à nez avec mon actuelle copine. »

Qu’est-ce qu’il me prend de lui raconter toute la vérité, à celle-là ? Des grands yeux de biches, ce n’est pas la première fois qu’on me fait le coup. Et d’habitude, j’arrive assez bien à baratiner.

- « J’ai préféré éviter que vous vous rencontriez. » Je soupire un bon coup. « Je vais te ramener chez toi. »
- « Merci. »

Discrètement, nous sortons de la salle isolée, et, en prenant soin de choisir une autre direction que celle qu’a pris Bad Cat, je conduis Meryl jusqu’à l’extérieur. Nous prenons ma « voiture de fonction », une simple caisse que j’ai emprunté à Basse Croupier, et je la reconduis chez elle. Contrairement à ce Samedi soir, où nous nous sommes rencontrés pour la première fois, elle se souvient bien de la route. Je la dépose au pied d’un immeuble, sur les Nerva.

- « Tu … tu viens boire un verre ? » me propose t’elle. C’est le piège. Et avec de si beaux yeux, pleins d’innocence, comment refuser ?
- « D’accord. »

Je ne devrais pas, mais je ne peux pas me retenir. Son appartement est au troisième, sans ascenseur, et c’est légèrement essoufflé qu’elle me fait entrer chez elle. C’est mimi tout plein, encore en période d’emménagement. Je savais que les agents de l’Arc vivaient discrètement sur les Insoumises, mais comme ça, juste sous les yeux d’Arachnos, je n’imaginais même pas. Il y’a quelques cartons pas encore déballés, mais l’essentiel des meubles sont là. Elle m’invite à m’asseoir sur le rebord d’un canapé lit déplié. En fait d’appartement, ça ressemble plutôt au petit studio que je louais, quand j’étais moi-même à l’Arc.

- « C’est coquet, chez toi. » lui dis-je, pendant qu’elle va me chercher une bière au réfrigérateur.
- « Merci. »

Je le savais bien, que je n’aurais pas dû monter. Ma bière est posée sur un guéridon, à droite du canapé, et j’en ai à peine bu un tiers. Meryl est allongée sur le canapé lit, sur le dos, et je suis sur elle. Nos lèvres sont soudées les unes aux autres, et nos mains se baladent librement. Je ne devrais pas la revoir. Jusqu’à présent, je jouais dans les limites du raisonnable, parce que toutes les pépées qui visitaient ma loge, c’était un coup d’un soir. Celle-là ne se contentera pas d’une fois. Je ne comprends pas, je n’ai pourtant pas utilisé la formule aphrodisiaque qui me vaut un succès phénoménal auprès de la gent féminine. Et pourtant, elle s’accroche.

Les boutons de ma veste sautent l’un après l’autre, puis elle attaque ma chemise. Et lorsqu’elle atteint le pantalon, je lui ai déjà retiré le sien. Vous êtes assez grands pour savoir ce qu’il s’est passé ensuite. Après, nous nous sommes offert une heure de pause, collés l’un à l’autre, comme des amants, avant qu’elle ne regarde sa montre.

- « Je vais devoir y aller, je suis de service, ce soir, Bastian. »
- « Comment je fais pour fermer ? »
- « Je vais te laisser un double. Ho, et voici mon numéro. Appelle-moi si … » Elle rougit, avant de finir sa phrase. « … si tu as des problèmes. »

C’est un gros risque, que je prends. Parce que, du train que c’est barré, elle va vouloir me revoir. Une mauvaise nouvelle ne venant jamais seule, j’ai, moi aussi, très envie de la revoir. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai pas envie que ça s’arrête là.

Je suis en train de creuser ma propre tombe.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Lun 1 Sep - 16:02

Je rentre chez Scalpel, tout sourire dehors, puis je franchis la porte qui conduit au cabinet de ma chère sœur. Celle-ci me voit alors, et lâche ses radiographies lorsque je passe le seuil. Ses yeux s’ouvrent en large, et, manifestement, elle a déjà une idée de ce que je vais lui demander.

- « Salut, Flora ! »
- « Ho, non ! » déplore t’elle, avant même que je ne dise quoi que ce soit. « Qu’est-ce que tu as encore fait ? »
- « Je suis obligé d’avoir fait quelque chose ? »
- « Quand tu as une tête pareille, c’est forcément que tu es dans le besoin. »
- « Ah, mais non, mais enfin ? » En quelques secondes, je perds mon sourire et toute crédibilité.
- « Alors, annonce tout de suite la couleur. Tu as engrossé une fille, et tu vas me demander de procéder à un avortement, avant que ta chère et tendre ne le découvre ? »
- « Mais pas du tout. »
- « Il n’est pas question que je t’aide ! Et puis quoi, encore ? Je ne suis pas là pour réparer toutes tes âneries ! »
- « Tu pourrais au moins m’écouter ! »

Elle passe derrière et moi et repousse la porte, pour être sûre que personne de mal intentionné n’écoute. Une main dans mon dos, elle me conduit jusqu’au siège de ses patients, fait le tour de son bureau, pour s’asseoir en face de moi. Récemment, elle a raccourci ses cheveux châtains, tout en gardant l’apparence juvénile qu’elle apprécie. Elle pose les coudes sur la table, joint les mains en triangle et me regarde, un petit sourire engageant sur les lèvres.

- « Alors, vas-y, explique-moi pourquoi tu viens me voir. Inutile de te rappeler que je fais payer cher mes interventions, et que je ne suis pas trop d’accord pour un avortement par mes pouvoirs. Il y’a assez de médicaments et de praticiens pour t’aider. J’ai autre chose à faire. »
- « Je n’ai pas mis enceinte une femme, si tu veux le savoir. »

Je prends mes aises, dos appuyé sur le dossier de mon fauteuil, bras posés sur les accoudoirs, jambes croisées. Puis je lui renvoie son sourire.

- « Tout de suite le pire. Comme tu me l’as fait remarqué, il y’a suffisamment de praticiens pour faire une IVG sans ton aide. Sans compter qu’au vu de tes tarifs, ça reviendrait cher. »
- « Bien vu. Sans oublier que je ne suis pas adepte de ce genre de pratique. »
- « Mais, effectivement, je suis venu te parler d’un petit problème. Tu es toujours de bon conseil, aussi, j’aimerais te faire part d’un souci que j’ai. »
- « Je n’ai pas trop le temps, mais maintenant que nous en sommes là, je t’écoute. »
- « Que sais-tu de la bigamie ? »
- « Imbécile ! »
- « Quoi ? »
- « T’as trouvé le moyen de tomber amoureux d’une autre femme alors que tu as Bad Cat. »
- « Gagné. » Comme je l’ai déjà dit, elle me connaît mieux que personne. « C’est un peu délicat comme situation, tu vois. Et encore, je ne te dis pas tout, tu me ferais une syncope. »
- « L’autre est une copine de Bad ? » Mouvement de tête négatif. « Une de ses ennemis ? » Coup de menton hésitant.
- « Elle fait partie de l’Arc. » Flora glisse son visage dans ses mains en soupirant.
- « Avoue-moi tout, tu as provoqué la colère d’un marabout africain, une fois ? »
- « Pourquoi ? »
- « Parce ce que ce n’est pas possible d’être aussi poissard ! »

Elle se lève, fait les cent pas dans son bureau, sans me regarder, en parlant à voix basse, des problèmes qu’elle rencontre avec moi. Après une dizaine d’allers et retours, elle revient s’asseoir. J’ai pu entendre des mots comme « inconscient » ou « inconséquent », ou bien encore « notoirement crétin ». Je n’ai pas mon mot à dire, c’est vrai que je me suis mis tout seul dans les ennuis. Et puis, je n’ai pas envie de la mettre en rogne en m’opposant à ses insultes.

- « Et je suppose que tu ne veux renoncer ni à l’une, ni à l’autre ? »
- « Pour te dire vrai, si je pouvais mélanger les qualités de l’une et de l’autre, ça me ferait la femme parfaite. »
- « La femme parfaite n’existe pas, de même que l’homme parfait. Plutôt que de fantasmer, essaye plutôt d’en plaquer une. Et, tant qu’à faire, si tu veux vivre vieux, arrange-toi de lourder la fille de l’Arc plutôt que Bad Cat. »
- « Je n’y arrive pas. » Mon regard semble lui indiquer que j’ai essayé, et que je n’y suis pas parvenu. Les yeux de Flora s’écarquillent légèrement.
- « Tu en es vraiment amoureux ? Alors, prend le risque de jeter la rouquine. »
- « Impossible. »

Le même regard ne me quitte pas. J’ai essayé au moins dix fois, de chaque côté, d’imaginer la scène de rupture. Avec Meryl, je ne supporte pas les pleurs. Avec Bad Cat, je ne vis pas assez vieux pour profiter de la blondinette. Et, d’un côté comme de l’autre, je finis toujours par me dire qu’il me manquera quelque chose.

- « Alors, pourquoi es-tu venu m’en parler ? »
- « J’avais besoin d’en discuter avec quelqu’un. »
- « Ne compte pas sur moi pour prendre des coups dans le ménage à trois que tu prépares. »
- « Je ne te demande pas d’intervenir, je te pose la question de savoir si tu n’aurais pas un bon conseil à me donner, comme d’habitude. »
- « Mon petit pote, tu te fais bien suer avec les femmes. »
- « Oui, bon, je sais. Ce coup-là, j’ai compris. Mais comment pouvais-je deviner qu’elle s’attacherait comme ça à moi ? »
- « Et que ce serait réciproque ? » me fait Flora, en levant un sourcil. « C’est la première fois, seulement, dans toute ta vie de débauche, que je te vois amoureux, et il fallait que ce soit de deux femmes en même temps ! Même avec cette Michelle, ça n’était pas vraiment de l’amour. Tout au plus du remplissage. » Elle a de ces termes ! « Faisons le point de ta situation, tu joues double jeu avec deux femmes que tu aimes de tout ton cœur … »
- « Au point que j’en ai renoncé à regarder les autres. » ai-je alors avoué.
- « … et tu ne sais pas ce qu’il faut que tu fasses. »

Elle tamponne son bureau avec son stylo bleu, réfléchissant à toute allure. Nous avons toujours formé un duo idéal. Moi, la tête brûlée, elle, froide et réfléchie. Je suis les jambes, elle est le cerveau. Lorsque nous étions ensemble, à l’école, et que nous participions à des épreuves, elle s’occupait de tout ce qui était logique, tandis que je faisais étalage de ma force brute. Même au niveau des goûts, nous sommes complémentaires. Je ne dirais qu’une chose, c’est que si Flora n’était pas ma sœur, elle serait parfaite comme épouse pour moi. Malheureusement, la nature en a voulu autrement, et je ne suis pas assez taré pour m’affranchir de cette limite. Qui a dit « heureusement » ?

- « De toute façon, mon bonhomme, il ne te reste qu’une solution, en plaquer une. Il n’y a aucun remède miracle. Il faut que tu prennes une décision, et rapidement. Si un jour, l’une comme l’autre découvre ce que tu trafiques … surtout que j’imagine que Bad Cat ne le sait pas, et ne se privera pas de te mettre en pièces, lorsqu’elle l’apprendra. En plus de cela, je suis prête à parier que la minette de l’Arc ignore complètement que tu es Blue Howler, à moins qu’elle ne soit, comme toi, une débile complète, et qu’elle découche en connaissance de cause ! »
- « Hé … » Je proteste un peu, mais je n’ai pas vraiment mon mot à dire. « Je n’ai rien dit, sur toi, alors que toi et Stan … »
- « Mais tu n’as rien à dire, mon pote ! » s’exclame t’elle, en riant aux éclats. « Je ne suis pas venue te trouver pour te déballer ma vie privée, moi. Ca marche très bien comme cela, point à la ligne. De la même façon, je ne suis pas assez bête pour aller brancher un nouveau mec, alors que j’ai ce qu’il faut ! »
- « Bon, d’accord, je suis un crétin. Et pour lourder, je fais comment ? »
- « D’abord, faire le bon choix. Honnêtement, il vaut mieux que tu plaques celle de l’Arc, cela te simplifiera l’existence, et te permettra de rester en vie, parce que si tu laisses tomber Bad Cat, ce n’est pas seulement elle qui te tombera dessus, mais aussi ce Mister Zane et sa copine, Bloody Kris. Quand à la fille de l’Arc, comme ça, tu n’auras pas à lui avouer, si ça va trop vite, que tu es un super-méchant qui affronte ses employeurs tous les jours. »
- « Oui, mais concrètement ? Je te l’ai dit, non ? Face à elle, je perds tous mes moyens. »

Je vois Flora faire une grimace de mécontentement, comme si elle répugnait à me faire savoir ce qu’elle va me dire. Ensuite, elle fouille dans son sac à main, rangé dans les tiroirs de son bureau de médecin, et en sort une carte de visite rose, ornée de petites fleurs. Elle la lit, hésite pendant une minute en la relisant de fond en comble –elle doit la connaître par cœur, maintenant-, et, après encore dix secondes de tergiversations internes, elle me la tend.

- « Tiens, elle pourrait t’aider. »
- « Qui ça ? »

Sur la carte, je lis « Ava Stryer, spécialiste en gestion sentimentale ». Je me lève de mon siège, comme si on m’avait placé un fer rouge sur les fesses, et j’explose de rage.

- « Ne me dis pas que cette crevure est ici ! »

Si il y’a bien une personne que je ne voulais jamais revoir, c’est elle. C’est en considérant ma possible réaction que Flora a si longtemps hésité à me présenter la carte de visite. Ma cousine, Ava, est une mutante spécialisée dans la manipulation des cerveaux, ou, plus exactement, des sentiments liant les personnes les unes aux autres. Il est inutile que je me fasse des idées. Si Ava trifouille les neurones de Meryl, cette dernière ne va pas simplement éprouver de l’indifférence, à mon égard. Elle va littéralement me haïr, jusqu’à l’envie de meurtre, c’est assez dans le style de ma cousine. Pas de demi-mesures, avec cette mutante, du moins, pas avec moi.

- « Si, elle est ici. Elle est venue me consulter pour que je lui refasse une poitrine un peu plus conséquente. Tu sais comme moi qu’elle était plutôt dans le genre extra plate. »

Flora fait un mouvement de bas en haut, avec la paume de ses mains, juste devant sa cage thoracique, pour indiquer par là qu’Ava n’avait vraiment pas d’atout féminin, à ce niveau, auparavant. Je serais curieux de voir ce que ça donne, maintenant, mais …

- « Pourquoi tu ne m’en as pas parlé avant ? »
- « Qu’est-ce que ça aurait changé, pour toi ? »

C’est vrai, après tout. Je n’aime pas Ava, mais je ne peux tout de même pas l’empêcher d’exister. Si j’avais su qu’elle était ici, qu’aurais-je fait ? La renvoyer à Paragon ? Après ce qu’elle a fait à mon oncle ? Le pousser au suicide ! Quelle créature perverse et insidieuse !

- « Je ne suis pas sûr de vouloir recourir à ses services. » dis-je à Flora.
- « Et pourquoi pas ? »
- « Tu sais très bien pourquoi ! »
- « C’est clair que si tu lui demandes de modifier le comportement de la petite de l’Arc, tu risques de te retrouver avec une ennemie supplémentaire sur les bras. Enfin, au point où tu en es, une de plus, une de moins, ça t’est égal, non ? »
- « Oui, mais quand même … je n’aimerais pas en arriver au point où il faudrait que je tue Meryl. »
- « Tiens, elle s’appelle Meryl ? C’est un joli prénom. »
- « Je ne veux pas avoir l’air de dénigrer tes conseils, mais là … »
- « Tu te mets dans les emmerdes tout seul, et il faut que je vienne t’en tirer. Si ma solution ne te plait pas, cherches-en une autre. Moi, je n’ai rien de mieux à te proposer ! » Flora a l’air de se poser une question, du genre qu’elle n’est pas sûre d’aimer la réponse. « Dis voir, pourquoi vous ne vous entendez pas ? Elle est mutante, et assez balaise dans son genre, elle te serait utile dans ton groupe. »
- « Tu vas te mettre en colère, si je te le dis. »
- « Mais non, mais non. Je suis tout de même curieuse de savoir ce qui vous fait vous détester à ce point. »
- « Elle voulait de moi. » Je dois être plus écarlate qu’un piment.
- « Comment ? » Les yeux de Flora sont à la limite de sortir de ses orbites.
- « Après le mariage du cousin Harry, lorsque je lui ai passé les mains aux fesses, elle m’a dit que j’étais le seul garçon a l’avoir jamais repoussé, et qu’elle était amoureuse de moi. »
- « Mais c’est notre cousine, espèce d’abruti de mes deux ! »
- « Mais je le sais bien ! Je l’ai repoussée, de toute façon, pour deux raisons. La première, tu viens de le dire, c’est notre cousine. La seconde, c’est que de toute façon, je ne l’ai jamais aimée, et que je ne pourrais jamais l’aimer ! Elle est trop malfaisante ! Ses pouvoirs me filent la gerbe, et elle aussi ! »
- « Bon, je vois ce que c’est. Elle ne t’a jamais pardonné ta franchise. »
- « A l’époque, je ne savais pas trop ce qu’était le tact. » Je prends le soin de me justifier.
- « Je peux te rassurer, tu n’as pas changé d’un iota ! »

Mesquine !

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mar 16 Sep - 17:27

- « Musique, maestro ! » ordonne le chef de salle, à l’attention du quatuor qui va emplir nos oreilles, ce soir.

J’ignorais que de tels restaurants existaient sur les Insoumises. Grande gastronomie française, voilà qui va faire un trou dans mon budget secret. Mais je n’ai pas eu le choix. Lorsque j’ai enfin surmonté ma répugnance à son égard, j’ai appelé Ava, pour obtenir un rendez-vous, en expliquant bien à mon idiote de cousine que c’était purement et simplement professionnel. Elle m’a éclaté de rire aux oreilles, et même à travers le portable, j’avais envie de lui claquer le baigneur avec allégresse. Elle a alors fixé son choix sur ce restaurant, m’a ordonné de réserver une table double, en m’assurant qu’elle me laisserait l’addition.

Fort heureusement que Bad Cat est sérieusement occupée, ces temps-ci, avec tous ces tournages à la con, notamment ce clip de rap. Le chanteur, ce minus, se voyait déjà en train de se taper ma beauté. A la fin du tournage, il n’a eu que le temps de comprendre ce qu’il lui arrivait. C’est pratiquement une obligation, pour ma Veronica Payne, que de laisser les parasites constituant son sang noir se repaître des protéines d’un autre corps. Ce qui est marrant, ce sont les journaux. Ils ont tous dit que le chanteur avait fait une overdose. J’ai comme la désagréable impression que ce Mister Zane est partout.

Une nouvelle table s’installe, à quelques distances de moi, il s’agit d’un couple. Dîneraient-ils aussi sereins, si ils savaient que Blue Howler était attablé à quelques mètres d’eux ? Madame ne serait-elle pas ravie d’apprendre que le chanteur Bastian Herald se situe à peine deux pas derrière son mari ? Je dois reconnaître que je me suis surpassé dans mon déguisement. Peut-être un peu trop, même. Costume Armani rayé, cheveux gominés et rabattus vers l’arrière, une fine et fausse moustache sous le nez, des lunettes légèrement teintées devant les yeux, et un œillet à la boutonnière. Lorsque, devant le miroir, je me suis admiré tout en mettant la moustache, je me suis dit que si un nouvel épisode du parrain devait être tourné, j’irais me proposer en figurant.

Par la fenêtre qui donne sur la rue animée de Saint Martial, je vois Ava arriver. Elle est accompagnée d’un colosse monstrueux, un mec tellement haut et épais qu’une armoire normande ferait pâle figure à côté de lui. Il pose sa hache sur le côté d’un banc, elle lui donne quelques instructions, et il s’assied, obéissant comme un toutou. Ensuite, elle rentre dans le restaurant. Ca doit être une espèce de garde du corps, je dirais.

Ca fait une paye que je ne l’ai pas vue. Effectivement, je me souviens d’elle au mariage de mon cousin, elle était plutôt du genre Grace Jones, à savoir qu’elle manquait de formes. Là, Flora a bien travaillé, mais Ava a su rester modérée. C’est appétissant, sans être trop énorme. Dans sa robe pourpre, elle s’adresse au serveur, qui désigne la table où je suis. Ca y’est, elle arrive, il est trop tard pour faire machine arrière. Elle passe derrière moi et fait courir sa main sur mes épaules, puis, en passant sur le côté pour rejoindre sa chaise, que le serveur lui tient, elle me donne un petit coup de cul.

- « Salut, Jack. »

C’est au moment où elle prononce mon prénom qu’elle me donne le petit coup. J’ai comme l’impression qu’elle veut encore que je la cravache. Flora m’avait laissé entendre qu’elle devait avoir renoncé à cette idée, et je constate qu’elle avait tort. Ava va s’asseoir, et laisse le serveur s’éloigner de la table, pour commencer la discussion.

- « Que le temps passe ! » me dit-elle, sur un ton innocent.
- « Alors, il parait qu’on s’est faite tripoter par Flora ? »
- « Oui ! Tu as vu ça ? C’est chouette, n’est-ce pas ? » me répond-elle en se passant les mains sur les seins, avant de les remonter un bon coup. Ce n’est pas possible, elle veut absolument m’exciter !
- « Hé, tu es au restaurant ! »
- « Ca te gênait pas de me passer des mains aux fesses, pendant le mariage. »
- « C’était dans l’obscurité, moi. Et tu ne m’as pas laissé aller plus loin. »
- « Mais quand je te l’ai proposé, tu m’as envoyée paître ! »
- « Ecoute, on ne va pas se disputer à cause de ça, non ? J’ai donné rendez-vous à une spécialiste, pas à ma cousine. »
- « Bon, d’accord. Alors, soyons professionnels ! Qu’attends-tu de moi ? »
- « J’ai un problème. »
- « Je l’aurais parié. Tu es un mec à problèmes. » C’est toujours sympa de la part d’une nénette qui a poussé son père au suicide. Elle va me dire qu’elle, elle n’en avait pas, des problèmes ?
- « Quand tu parles comme ça, tu ressembles à Flora. »

Là, je frappe fort et au moral. Ava n’a pas peur de moi, mais avec ma grande sœur, c’est une autre paire de manche. Je n’en suis pas certain, mais je crois bien que Flora a dû lui ôter quelque chose, à un moment, pour bien lui faire comprendre ce qu’elle risquait. Un bras, une jambe ? Qui sait, peut-être même plus ! Comme je l’ai déjà dit, ma sœur est capable de laisser un individu vivant, quel que soit l’état dans lequel il est. Elle peut te disséquer tout en s’arrangeant que tu ne meurs pas tout de suite, ainsi qu’elle l’a fait avec ce mafieux, lorsque je suis arrivé sur les Insoumises.

Ava tique un peu, fait une grimace en guise de sourire, pour faire comme si je n’avais rien dit, mais, manifestement, j’ai atteint la corde sensible. Elle bouge un peu sur sa chaise, jette un œil autour d’elle, craignant probablement de voir Flora débarquer. Elle détaille avec attention tous les visages qu’elle peut, avant de se tourner à nouveau vers moi, une fois qu’elle croit s’être assurée de l’absence de ma sœur au restaurant.

- « Ah, tu … tu la revois ! »
- « Bien sûr ! Comment crois-tu que j’ai eu ta carte ? » Je lui montre partiellement le bout de carton, coincé sous l’œillet à ma boutonnière. Elle soupire.
- « Bon, d’accord, soyons professionnels. » Jusqu’à présent, elle ne voulait pas l’être, elle tentait juste de me provoquer.
- « Parfait, j’aime bien t’entendre parler comme ça. »
- « Alors, que puis-je faire pour le célèbre Blue Howler ? »
- « D’abord, répondre à quelques questions. La première … »
- « Combien ça va te coûter ? »
- « Non, je ne suis pas vénal au point de Flora. En revanche, ce qui m’inquiète, c’est le mastodonte qui t’a accompagnée. »
- « Laisse tomber, ce n’est pas ton problème. Il n’est pas là pour te faire changer d’avis, ni même pour me protéger. Je veux juste le garder à l’œil. »
- « C’est bien sûr pour cela que tu t’es placée dos à la fenêtre. »

Bon, je ne suis pas un intellectuel, mais je sais tout de même que pour observer quelque chose, il vaut mieux être en face. Elle ouvre des yeux agrandis par le constat de sa propre bêtise, puis se reprend.

- « C’est parce que tu es mieux placé, et que je voulais te parler en face à face, et non pas de côté. »

Je soupire, puis je me lève, passant derrière la chaise, pour la tirer légèrement vers moi, l’invitant ainsi à s’asseoir à ma place. Ava a des pouvoirs psychiques, mais elle n’est pas très cérébrale. A dire vrai, encore moins que moi, si c’est possible. Elle est tout sourire, se lève et prend ma place, tandis que je prends l’autre siège.

- « Voilà, tu peux le garder à l’œil, comme ça. » lui dis-je.
- « Merci. »
- « Deuxième question, maintenant. »
- « Oui ? »
- « Qu’est-ce qui est arrivé à l’oncle Harold ? »
- « Toi aussi, tu veux le savoir. » soupire t’elle. Je dirais que Flora a déjà dû lui poser la question.
- « Vas-y, explique. »
- « Il a essayé d’abuser de moi, mes pouvoirs se sont emballés. Ne me regarde pas comme ça, c’est vrai ! »
- « Harold ? Essayer d’abuser de toi ? Tu te fiches de moi, ou quoi ? Y’avait pas plus sympa ! »
- « Il avait beaucoup bu, bien trop pour être raisonnable. » Ce qui me chiffonne, c’est qu’elle a l’air sincère, et …
- « Ho, arrête ça tout de suite ! » J’ai senti la percée psychique.
- « Désolée. » Elle a voulu me faire le même coup que lorsque nous nous sommes rencontrés. « Je me demandais juste si tu étais aussi sensible qu’avant à mes pouvoirs. »
- « Ne recommence jamais ça, ou sinon … »
- « Ca va, j’arrête. Je sais très bien que tes pouvoirs te permettraient de me réduire en bouillie ! » Oui, ça s’est arrêté dès qu’elle a senti la résistance.
- « Troisième question, qu’est-ce que tu as fait depuis que tu l’as tué ? »
- « Décidément, j’aurais dû enregistrer les réponses que j’ai données à Flora ! Tu me poses les mêmes questions qu’elle ! »
- « Répond. » C’est une demande plus qu’un ordre.
- « Je me suis enfuie sur les Insoumises. J’ai gagné mon pain quotidien en bossant comme bénévole, au refuge de Haven, avant de me mettre à mon compte. »
- « Comme manipulatrice ? Bravo, c’est réussi ! »
- « Ca rapporte bien, mais ça amène aussi son lot de problèmes. »
- « De quel genre ? »

Nous faisons une petite pause, lorsque le serveur arrive pour prendre notre commande. Nous commandons un apéritif maison, pas trop fort, pour nous deux, le temps que nous regardons la carte. Je ne veux pas trop boire, et affaiblir ainsi mes défenses mentales, face à elle. Elle serait bien capable de me convertir en esclave sexuel.

- « Je te demandais donc, avant d’être interrompus, quels problèmes une fille comme toi pouvait bien rencontrer. »
- « Je modifie les sentiments qui lient une personne à une autre, ça, tu le sais. Malgré tout le soin apporté à mes ‘consultations’, il y’a parfois des gens de l’extérieur qui s’aperçoivent du changement. Des amis, de la famille. Et, en général, ils cherchent la source des ennuis, c'est-à-dire, moi. »
- « Donc pas d’adresse fixe ? »
- « Trop risqué. »
- « Mouais. »
- « Bon, assez parlé de moi, si nous en venions à toi ? Le peu de nouvelles que j’ai eu à ton sujet laissait entendre que tu étais devenu un bad boy. »
- « Ma vie ne te regarde en rien. »
- « Je t’ai bien déballé la mienne, moi ! » Elle a un petit sourire sarcastique. « Enfin, je me fais une idée dans les grandes lignes, au vu de ce que m’a dit Flora. Il parait que tu as quelques pépins sentimentaux. »
- « Disons que j’ai eu le malheur de brancher une fille, alors que j’en fréquente une autre. »
- « Et donc, tu veux t’en débarrasser. »
- « Bravo, c’est cela. Cependant, je dois t’expliquer quelques petites choses. »
- « Lesquelles ? »
- « Ce n’est pas de Blue Howler, ni de Jack Stryer, qu’elle est tombée amoureuse. C’est de mon alter ego ‘honnête’. »
- « Tu as un alter ego honnête, toi ? » Elle manque de peu de s’étouffer de rire.
- « Je suis chanteur à succès sous le pseudonyme de Bastian Herald. » C’est la fin de la crise. Elle me dévisage comme si je venais de proférer une grossièreté.
- « Tu me charries ? »
- « Non. » Je vois presque les engrenages se mettre en branle, sous les cheveux.
- « Alors, ça. Tu sais que j’ai ton disque, chez moi ? »
- « Ca ne m’étonne pas. Tu as toujours bien aimé ce genre de variétés. » Elle réfléchit trente secondes.
- « Alors, pour mes honoraires … »
- « Nous y venons, balance tout, je t’écoute. »
- « Une nuit d’amour. »
- « Tu es ma cousine, idiote ! »
- « Mais ce n’est pas mon cousin, que je veux. C’est le chanteur à succès. D’ailleurs, nous pouvons organiser cela pour dégoûter la fille de toi, puisque c’est du playboy qu’elle est amoureuse. Je me contenterais d’amplifier le sentiment, à ce moment là. »

Je le savais, j’aurais dû demander à Never. Mais j’ai tellement peu envie de mêler les XGen à ma vie privée que je m’en suis retenu. Et là, je suis en train d’écouter cette crevure me déballer qu’elle va obtenir ce qu’elle veut de moi.

- « Bon, je savais que ça ne marcherait pas. Laisse tomber, je trouverais un autre moyen. »
- « Tu es donc bien décidé à ne pas tirer ton coup avec moi ? » Un nouveau soupir. « Je pensais que c’était un problème de formes, d’où les frais engagés chez Flora. Va pour deux cent mille infamies. » Elle me regarde, en grimaçant. « Et je te fais un prix d’ami, en souvenir du bon vieux temps, où tu n’hésitais pas à me passer la main aux fesses. »
- « Enterrons la hache de guerre une fois pour toute. Non, je ne te trouve pas moche. C’est simplement que tes pouvoirs me filent les chocottes, et que tu es de ma famille. Te tripoter pendant un slow, c’est une chose. Te faire grimper au rideau, c’en est une autre, qui m’est interdit. »

Elle a un sourire un peu crispé. N’ayant pas obtenu ce qu’elle désirait, elle a tout de même obtenu une forme d’excuse de ma part, pour ce que je lui ai dit, bien des années auparavant. C’est ce qu’on appelle avoir des sentiments partagés.

- « Et qui est ma cible ? »
- « Elle s’appelle Meryl Wingard, elle travaille pour l’Arc. »
- « Sitôt que le versement sera effectué sur ce compte-ci, » me dit elle, un peu froidement, tout de même, en me tendant un bon de papier pris dans son sac, « je m’occuperais de rendre Bastian Herald tout à fait insupportable pour elle. »
- « Hé, n’exagère pas tout de même. »

Nous avons ensuite commandé le repas, mangé modérément nos assiettes, dansé un petit peu au son de l’orchestre. Lorsque les lumières se sont tamisées, j’en ai profité pour refaire à Ava le coup du mariage du cousin Harry. Mais cette fois, elle ne m’a pas pincé dans le cou, et s’est laissée faire. Après le café et le digestif, nous sommes sortis, elle a récupéré son ‘chien de garde’, qui roupillait sur le banc, et nous nous sommes fait la bise. Je commence presque à la trouver sympathique. Je rentre à mon appartement, après une courte escale à la base des XGen, pour me changer, et je prépare deux cent mille infamies, sur un compte camouflé, que je vais transférer dès demain sur celui d’Ava.

Ca va, elle a l’air d’avoir pris ça assez bien, ma cousine.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mer 17 Sep - 15:10

Note de l'auteur : gaffe à la censure !

Il faut que je me fixe des règles. Règle numéro un, ne jamais faire confiance à une femme !

Ava m’a bien eu. Elle ne s’est pas contentée de rendre Meryl folle de jalousie et de colère, à l’égard de Bastian Herald, elle s’est arrangée de provoquer une haine sanguinaire, chez elle, envers Blue Howler, le super vilain. Un jour comme un autre, en sortant du Gizeh, en tant que chanteur, Meryl m’a apostrophé, m’a craché au visage, sous le regard étonné de sa copine, et m’a dit que je lui paierais le tout au centuple. Jusque là, rien que de très normal, je dirais, c’est ce pour quoi j’avais payé. Je me doutais que ça n’irait pas sans problèmes après.

Là où j’ai eu la surprise de ma vie, c’est en me rendant sur l’archipel des Nerva. Sur ces îles, les agents de l’Arc sont plutôt méfiants lorsqu’un vilain débarque du ferry de Grandville. Ils n’attaquent qu’en nombre, et que si ils sont sûrs de gagner. Parfois, ils ignorent même leur présence. Une semaine après avoir payé Ava, j’ai été reçu, lors d’une mission quasi routinière, par un détachement complet, mené de main de maître par une petite blonde à laquelle j’ai fait découvrir l’amour.

J’ai honte à le dire, je me suis replié.

Ce n’est pas tant leur nombre, qui m’ennuyait, mais surtout le fait que, comme je l’ai dit à Flora, je ne me voyais pas faire du mal à Meryl. Et c’est elle qui mène la danse, animée d’une fureur divine envers Blue Howler. Il y’a fort à parier qu’elle-même ne saisit pas d’où provient cette rage aveugle. Quand à moi, j’ai déjà une idée sur la question. Compte tenu que c’est moi qui ai engagé un professionnel pour modifier son comportement à mon égard, je ne peux que savoir quelle est la source des problèmes.

Ava.

Cette garce n’ayant pas obtenu ce qu’elle voulait de moi, elle s’est alors ménagé sa petite vengeance. Un tarif d’ami, tu parles ! Je commence à comprendre pourquoi elle n’a pas d’adresse fixe. C’est pour éviter que des clients insatisfaits comme moi ne viennent pour lui péter sa petite gueule d’ange !

Si il n’y avait que l’Arc comme problème, ce serait néanmoins gérable. Mais il y’a aussi tout les petits à-côtés. En tant que Bastian Herald, le chanteur, j’ai aussi quelques pépins, made in Meryl Wingard. Un contrôle fiscal, des PV en bataille, une voiture à la fourrière, des scellés sur mon compte en banque, les voisins qui me regardent d’un drôle d’œil, depuis qu’une ‘jeune fille charmante’ est venue taguer des insanités sur ma porte. Je ne parle pas de Bad Cat, qui a eu beaucoup de mal à croire que j’avais provoqué la colère de la petite blonde en refusant de coucher avec elle.

Côté Blue Howler, ce n’est pas triste non plus, puisque, comme je le disais, l’Arc prend un malin plaisir à me pourrir l’existence, depuis quelques temps, les soldats étant sûrement galvanisés par Meryl.

Comme à chaque fois que j’ai des soucis majeurs dans ce style, je suis obligé de me tourner vers de l’aide, et qui d’autre pourrait mieux m’aider que celle qui m’a foutu dans ce boxon d’enfer, à savoir ma chère grande sœur, Flora. Je débarque à Scalpel, sous les quolibets de l’Esthéticienne, qui ne manque pas de me dire qu’elle me facturera tous les membres de l’Arc franchissant sa porte à ma suite. Je ne réponds pas, j’entre chez Flora, et je claque la porte derrière son client, qui s’est enfui en courant dès qu’il m’a vu arriver.

- « Flora, je suis … »
- « Dans les emmerdes, ça ne change pas de d’habitude. »
- « T’es déjà au courant ? »
- « Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, tout Scalpel est au courant. J’irais jusqu’à dire que toutes les Insoumises sont au courant. Ca n’a même pas échappé à ta chère et tendre, avec ses deux neurones ! »
- « C’est de ta faute, aussi ! »
- « Je me suis juste fendue d’un conseil, et voilà que ça me retombe dessus. Dis donc, mon bonhomme, qui est venu pleurer ici après s’être amouraché d’une donzelle autre que la sienne ? » Elle n’a pas tort.
- « Je ne comprends pas. J’ai été sympa, diplomate, et tout et tout. Alors pourquoi est-ce qu’elle m’a pourri la vie ? »
- « Tu as encore refusé de coucher avec ? »
- « Ouais. Tu m’aurais tué, sinon. »
- « Bien vu. Elle t’a demandé combien, pour ses services ? »
- « Deux cent mille. »
- « Seulement ? Et tu n’as pas percuté que ça sentait le piège ? D’ordinaire, elle demande au minimum le triple ! »
- « Comment voulais-tu que je le sache ? Je ne connaissais pas ses tarifs ! Elle m’a juste dit, en plus, qu’elle me faisait un prix d’ami ! »
- « Je vais tâcher d’entrer en contact avec elle, qu’elle arrête son petit jeu. De ton côté, monsieur Blue Howler, essaye de la localiser. »
- « Avec Meryl collée aux basques, ça ne va pas le faire ! »

Flora a un regard froid, distant et calculateur, à ce moment-là. Elle va me dire quelque chose qui ne va pas me plaire. Elle prend toujours ce regard de tueur, lorsqu’elle me donne non pas un conseil, mais un ordre. Et quand elle me dévisage avec ces yeux là, je sais qu’il ne faut pas que je désobéisse. Elle a toujours été plus grande, plus forte que moi, mentalement. Elle sait qu’il faut parfois se séparer de ceux qu’on aime, comme elle l’a fait avec son fils, voilà quelques années, pour suivre son but. Elle n’a pas hésité à massacrer tout ceux qui se dressaient sur son chemin. Pauvre Stan, je suis prêt à parier qu’il n’a jamais vu ce regard.

- « Il est bien qu’Ava t’ait fait ceci. Tu comprendras, comme cela, que le monde tourne, même si quelque chose de terrible doit arriver ! »
- « Qu’est-ce que … qu’est-ce que tu veux dire ? »
- « Simplement qu’il est temps pour toi de te débarrasser de la fille de l’Arc. Sans cela, ce sera toujours et encore des ennuis. »
- « Je ne peux pas … »
- « Directement, non. Mais tu as une chouette bande de mutants, sous tes ordres, non ? Il y’en a bien un ou deux, dans le tas, qui te rendront ce petit service ! »
- « Tu veux que je leur ordonne d’assassiner Meryl ? »
- « Je ne veux pas, je l’exige. Si tu te foires, je te prie de croire que je m’occuperais moi-même de ton cas, et que, dans ce cas, tu n’auras plus jamais de soucis ! N’oublie jamais que tu as plusieurs responsabilités, derrière toi ! Envers moi, car si l’Arc vient à te capturer, ils sauront des tas de choses sur moi et sur Scalpel, qu’ils n’apprendraient jamais en temps normaux ! Envers tes copains des XGen, que, sous la menace, tu pourrais bien dénoncer. Envers Arachnos, et Mako, pour qui tu travailles ! Tu n’as pas le droit de la laisser vivre ! »

C’est chancelant que je suis retourné dans la base des XGen. Pour la première fois depuis des années, je regarde mon portrait dans le miroir, avec l’envie de le gifler jusqu’à ce qu’il soit difforme, à l’image de mon cœur. Je vais me plier aux ordres de Flora. Ca me fait mal de l’avouer, mais elle a raison. Je me suis foutu tout seul dans les emmerdes, et ce qui va arriver à Meryl est de ma faute, uniquement de ma faute. Et si je ne le fais pas, ça va continuer encore, jusqu’à ce que je fasse un faux pas, qui me ramènera en prison. Je suis faible, et je le sais. Je ne résisterais pas à un interrogatoire mental musclé. J’aimerais avoir autant de force que Flora.

Je ne peux pas m’en prendre à Meryl directement, c’est vrai. Il faut donc que je frappe par personnes interposées. Il ne m’est pas difficile de trouver qui je vais envoyer.

Jack Pot est un petit nouveau, dans la bande, une nouvelle recrue dotée de capacités d’assassinats formidables. Je refusais de mêler les XGen à ma vie sentimentale, mais là, ils semblent tous croire que l’Arc a balancé un avis de recherche sur ma tête. Sauf peut-être Nevermynd. Je regretterais décidément jusqu’au bout de ne pas avoir demandé son aide à elle, plutôt que de courir après Ava. Je n’oublie pas cette dernière, non plus. Elle me le paiera. Je parcours la base, après avoir quitté les toilettes, où j’ai brisé d’un coup de poing le miroir, en hurlant.

- « Pot, t’es là ? »
- « Ouais, ici ! »

Dans sa combinaison Enforceur neuve, spécialement conçue pour l’empêcher d’électrocuter tout le monde, les lunettes de labo baissées sur ses yeux étincelants, il dévore, à pleines dents, un sandwich de composition maison, assis dans un fauteuil de la salle de réunion.

- « T’es dispo pour une mission de confiance ? »
- « Pas de problèmes. »
- « Tu connais Meryl Wingard ? »
- « C’est la gonzesse de l’Arc qui te court après, c’est ça ? »
- « Ouais. Il faut que tu m’en débarrasses. Définitivement ! »
- « Je m’en occupe. » Il prend directement la porte de la sortie.
- « Hé, Pot ! » l’interpelle-je. « Voici son adresse personnelle. Ne me demande pas comment je la connais, moins tu en sauras, plus vieux tu vivras. » Je lui tends une page de mon calepin, là où j’avais noté son adresse. « Ah, autre chose. »
- « Quoi donc, patron ? »
- « Fais-en sorte qu’elle ne souffre pas trop. »

Ma dernière requête doit l’étonner, mais il ne pipe pas un mot, brûlant, après avoir mémorisé l’adresse, le bout de papier. Je peux lui faire confiance, il est assez studieux, dans son travail. Quand à moi, j’ai quelqu’un à retrouver. J’entre en contact avec Nevermynd, par téléphone. Je sais qu’elle a de fichtre pouvoirs mentaux, mais je n’aime pas trop ce mode de communication.

- « Oui, ici Alice Jackman. » Quelque chose résonne, dans la voix. Je crois que j’ai compris.
- « Très drôle, Focus. Dis voir, la belle est là ? »
- « Oui. Alice, téléphone, » crie t’elle, en couvrant le microphone de sa main, « c’est ce drôle de type, Blue quelque chose. »
- « Donne voir ça. » J’entends un combiné que l’on passe d’une main à l’autre et un murmure essoufflé me questionne. « Allo ? » Avec une voix pareille, je l’imagine couverte de sueur, et je me pose des questions quand à ce qu’elle vient de faire.
- « Salut, Never. Dis donc, le drôle de type aurait un service à te demander. Ca ne te dérange pas ? »
- « Bien sûr. Entraide entre mutants, tu connais mieux que moi notre devise. »
- « Tu pourrais te servir de tes pouvoirs mentaux pour localiser quelqu’un ? »
- « Sans aucun problème. »
- « Autre chose … »
- « Quoi donc ? »
- « J’ignore ce que vous venez de faire, toi et ta robote, mais je suis disponible pour venir vous aider. »
- « Ah bon, toi aussi tu fais de l’aérobic ? » Pan, encore un rateau. Je ne parviendrais jamais à mes fins avec cette femme !


Pendant que Blue Howler attend sa réponse, quelqu’un d’autre, sur une île des Insoumises, attend son heure. Un drame se prépare.

Meryl Wingard rentre chez elle, après une longue journée de travail. Encore aujourd’hui, l’autre n’a pas fait surface, se méfiant. Elle est confiante en sa propre force, elle sait qu’elle parviendra à mettre Blue Howler derrière les barreaux. Elle a le sentiment formidable que rien ne lui est impossible, surtout contre cet homme là ! Elle ferme la porte de son appartement derrière elle, écoute les messages sur son répondeur, et n’a pas le temps de réagir lorsqu’un bras vigoureux l’attrape par derrière, en serrant son cou fragile.

- « Que … » commence t’elle, d’une voix étranglée.

La strangulation l’empêche de crier, elle ne peut que se débattre, avec difficulté. L’individu derrière elle est plus grand et plus fort qu’elle.

- « Blue Howl… »

Elle tourne les yeux avec difficulté. Mais ce n’est pas lui qu’elle voit. Un homme, portant des lunettes de laboratoire sur ses yeux, le bas du visage masqué par un foulard sombre, les cheveux hirsutes, se tient à la place de celui qu’elle considère comme son ennemi mortel. L’entrave ne se relâche pas, l’étouffant au fur et à mesure. Les secondes s’égrènent lentement. Elle ne ressent presque plus de douleur, tout au plus une grande fatigue, liée au manque d’oxygène. Elle pense à activer sa balise, mais celle-ci ne répond pas, comme perturbée par un champ électrique. Ses yeux se ferment doucement. L’homme lâche le corps de la femme, qui heurte le sol durement. Il se baisse, pose deux doigts sur son cou, et soupire.

- « Il faudra quand même qu’il m’explique pourquoi en douceur ! »


De l’autre côté des Insoumises, sur une autre île …

Je l’ai dénichée. Elle va me le payer.

Oui, mais comment ? Ses pouvoirs ne sont pas d’attaque, mais sont terribles tout de même. Si je tombe sous son contrôle, c’en est fini de Blue Howler, tel qu’il est. Ou qu’il doit être.

Dans les couloirs, lorsque les clients de l’hôtel qui l’héberge voient passer un super vilain aussi renommé que moi, ils s’enfuient en courant, sans demander leur reste. La porte de la chambre d’Ava apparaît ensuite devant moi, sans que j’aie encore la moindre idée de ce que je vais faire. Je frappe néanmoins. J’entends sa voix qui crie à travers le bois qu’elle arrive.

Lorsqu’elle ouvre, une lubie subite, quelque chose que j’aurais dû faire depuis bien longtemps, je la gifle d’entrée de jeu. Surprise, ébahie, elle n’a que le réflexe de reculer, après que ma main soit entrée en contact avec sa joue. Elle tombe ensuite à la renverse, sur le lit, et, après avoir claqué la porte, je lui grimpe dessus. Une bête, je suis une bête, et je vais me comporter en bête. Elle a voulu me provoquer, qu’elle subisse !

Et puis, dans sa tenue d’infirmière débraillée, Ava est terrible. J’arrache la blouse en quelques dixièmes de secondes, pour la mordiller un peu partout. Elle m’attrape par les cheveux en me criant des encouragements. De colère et de dépit, je lui fais ce que j’aurais dû être en train de faire avec Meryl, si celle-ci n’était pas déjà morte et sous l’emprise de ses pouvoirs.

Sans un mot, comme une bête, en fait, une fois que mon affaire est terminée, je remonte mon pantalon et je me casse, sans un mot de considération pour Ava. Je suis dingue d’avoir fait ça.

Et Flora va sûrement me le faire payer.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mer 17 Sep - 16:48

J’ignorais que la douleur pouvait atteindre ce sommet. Je viens de passer à travers la porte, et d’après ce que je viens de remarquer au sol, en partie à travers le mur. Il y’a des bouts de plâtres tout éparpillés, autour de moi, et cela expliquerait pourquoi j’ai si mal au dos, sur lequel je suis allongé, en gémissant, dans ma tenue de super vilain. Je n’ai pas le temps de me redresser que Flora arrive, m’attrape par les vêtements, me soulève du sol d’une seule main (La vache ! Comment peut-elle être aussi forte ?), et me renvoie dans son bureau de Scalpel, à Cap Au Diable, par le même chemin. L’Esthéticienne, en voyant ce bordel, accourt immédiatement.

- « Flora, qu’est-ce que tu fabriques ? Arrête … »
- « Quoi ? » crie ma sœur, en la regardant d’un air mauvais. La patronne de Scalpel a un mouvement de recul, et lève ses mains devant elle, en affichant un sourire angoissé.
- « Peace ! » lui dit-elle. « Tout ce que je souhaite, c’est que tu ne détruises pas notre établissement. Comme tu es partie, là, il y’en a déjà pour quelques menus frais. »
- « Okay, je m’en vais. Glenda, annule mes rendez-vous pour la journée ! »
- « Tous ? » demande la servante de Vahzilok, interloquée.
- « Tous ! J’ai quelque chose à régler avec ce sinistre crétin. »

Elle rentre dans son bureau, et, toujours d’une seule main, me soulève du sol et me balance sur son épaule, comme un vulgaire bout de bidoche. J’ai tellement mal que je peux à peine respirer. Elle a dû me fêler une côte ou deux. Dehors, elle me charge dans le coffre de sa voiture, de marque japonaise, sans prendre soin de m’ausculter. J’ai réussi mon coup, cette fois, elle est enragée. Je risque de crever avant que nous n’arrivions là où elle veut me conduire.

J’ignore qui a pu lui raconter ce que j’ai fait à Ava. En tout cas, une chose est sûre, c’est qu’elle devait ruminer ça depuis un moment. Lorsque je suis entré dans son bureau, pour lui annoncer que j’avais obéi à son injonction, et que Meryl n’était plus de ce monde, je n’ai même pas eu le temps d’ouvrir la bouche qu’elle m’a frappé au visage. Deux dents fissurées, au minimum, et je pissais déjà le sang avant de tomber face contre sol. Je me suis ensuite redressé sur les bras, en braillant comme un porcelet, honte sur moi, et elle m’a collé un grand coup de tatane dans le thorax. C’est à ce moment-là que j’ai traversé la porte.

Dans le coffre, j’ai du mal à respirer, une douleur crucifiante me clouant sur place. Je passe une grande partie de mes forces dans le fonctionnement de mes poumons. Je n’aurais pas dû jouer à ça. A force de faire le con, ça devait finir par arriver. Tandis que je souhaite mourir, tant la douleur est grande, la porte du coffre s’ouvre à nouveau, sur le visage fermé et colérique de ma grande sœur. Toujours d’une seule main, elle me reprend sur son épaule. Nous sommes dans un vieil entrepôt, mais j’ignore totalement où. Elle passe dans des vieux couloirs désertés, tourne à droite, encore à droite, puis à gauche, et parvient à une cabine d’ascenseur délabrée. Avec un passe magnétique, elle ouvre alors le poste de commande désuet, pour révéler un tableau de contrôle moderne à souhait. L’ascenseur s’enfonce dans les entrailles de la terre, tandis que les miennes déversent de la bile sur le plancher, engendrant un soupir chez ma sœur.

Elle me pose, sans aucun ménagement, dos au mur, devant une porte d’entrée hautement sophistiquée, et procède à différents types de contrôle d’identité. Scanner rétinien, empreintes digitales, tout y passe. Lorsqu’elle a fini, la porte s’ouvre seule, elle me chope par le cou, et me force à me remettre debout, alors que j’ai déjà du mal ne serait-ce qu’à respirer. Elle me conduit à l’intérieur, me fait m’asseoir sur le rebord d’une table d’opération, ou plutôt de vivisection, et m’attrape par la mâchoire.

- « Bravo, tu as gagné, j’étais bien énervée, pour le coup ! »

Elle était juste énervée ? Ca explique que je sois encore en vie. Elle passe la main sur ma joue, et mon bleu ne me fait plus mal. Je sens cependant un trou. Elle vient de m’ôter les dents qu’elle m’a fracturé. Elles les restaure avec son pouvoir, puis les remet en place. Ensuite, elle passe la main sur mes côtés fêlées, et, avec un effroi indicible, je vois mes os, parfaitement propres et nettoyés, entre ses mains. Elle les lève au dessus de sa tête, et, comme j’ai moins de mal à respirer, d’un seul coup, je regarde avec elle. Elles sont bel et bien fissurées. Elle passe les doigts dessus, et elles redeviennent comme neuves. Ensuite, elle les pose là où elles doivent être, et, d’un coup sec, mais sans douleur, elles sont revenues à leur place habituelle.

- « Je t’ai aussi touché au pancréas. Je répare ? » Là, je suis foncièrement effrayé.
- « Non, c’est bon, ça passera. » lui dis-je, d’une petite voix.
- « Si jamais tu fais pipi rouge, viens me voir, c’est que je t’ai plus esquinté que je ne le pense. »
- « D’accord. » Je ne suis pas prêt de revenir la voir, avec ce qu’elle vient de me mettre.
- « Maintenant que j’ai réparé mes excès de colère, je veux des explications. »

Moi aussi, j’en aimerais bien. Jusqu’à présent, j’étais trop concentré sur ma douleur pour réaliser où je me trouvais. J’observe avec un certain intérêt le laboratoire hautement technologique dans lequel je suis. Des tables d’opérations, au nombre de quatre, sont accessibles directement à côté de l’entrée. Derrière celles-ci, collés au mur, des dizaines de placards blancs, contenant sûrement du matériel de bloc opératoire dernier cri, font ressembler l’endroit à l’arrière d’une pharmacie. Il y’a tout un compartiment isolé, que je reconnais comme être une chambre stérile, avec sas de décontamination et tout le tremblement. Et, dans celle-ci, des dizaines de fioles, de toutes les couleurs, sur des étagères, s’alignent devant des bocaux hermétiques qui contiennent des fragments humains.

Aucun doute, je suis dans le laboratoire privé de Flora.

- « Des explications à quel sujet ? » Elle lève la main bien haut, comme pour me gifler. Je dresse les mains pour me protéger, comme un garçonnet qui aurait fait une bêtise. « Frappe pas ! » Elle baisse la main.
- « Au sujet d’Ava, bougre d’andouille ! Qu’est-ce qu’il t’a pris d’aller lui secouer le popotin ? »
- « Je voulais me venger, pour ce qu’elle m’avait fait subir, mais je ne savais pas comment ! Alors, je l’ai … »
- « T’as vraiment une b[censuré]e à la place du cerveau, c’est pas possible autrement ! »
- « Je n’ai jamais été très cérébral, tu le sais. »

Flora soupire en secouant la tête et en posant les mains sur les hanches. Elle doit être en train de se demander ce qu’elle va faire de moi.

- « Je devrais peut-être t’émasculer, pour le bien-être de toutes les femmes du monde ! » m’assure t’elle. Là, j’ai peur, elle serait bien capable, dans cet état, de mettre ses menaces à exécution. Je place mes mains devant mes parties.
- « Non ! »
- « Tu crois vraiment que tes deux petits moignons m’empêcheront de le faire ? »

Je sais bien qu’il est vain de tenter de me protéger de cette manière. Si je persiste dans cette voie, je perdrais non seulement ma virilité, mais aussi mes deux bras.

- « Tu as de la chance que j’aimerais bien voir un jour mes petits neveux et nièces ! » Ouf, sauvé.
- « Qui te l’a dit, pour Ava ? »
- « J’ai un bon client qui dormait dans cet hôtel où tu es descendu. Après avoir entendu les cris de plaisir d’Ava, il m’a appelé pour me prévenir. »
- « J’ai voulu la punir pour Meryl. »
- « La punir ? Mais tu ne comprends pas, imbécile heureux, que ce que tu as fait, c’est ce qu’elle cherchait depuis le début ? »
- « Comme tu dis, je pense d’abord avec ma verge, ensuite avec mon crâne. » Là, je suis honteux d’avouer que je suis un parfait petit crétin.
- « Ce qui m’a foutu le plus en rogne, tu veux le savoir ? C’est que j’ai d’abord cru que tu avais monté ce petit numéro avec Ava, pour me faire enrager. »
- « Non, je t’assure. Je voulais la punir. Mais j’ai lamentablement échoué. Et puis, dans la tenue où elle était … »
- « Bon, calme plat, restons zen. Elle connaît bien son numéro d’allumeuse, celle-là. » J’essaye de changer de sujet.
- « On est où, ici ? »
- « Chez moi. Enfin, là où je travaille lorsque je ne suis pas chez Scalpel. Même Stan ne connaît pas cet endroit. Ou peut-être qu’il le sait, mais il n’y vient pas. »
- « C’est ici que tu fais tes recherches sur le vieillissement ? »
- « Oui, c’est ici que j’analyse les données que m’apportent les laboratoires extérieurs que je paye une fortune pour obtenir pas grand-chose. Mais, petit à petit, je progresse. »
- « J’aimerais te demander autre chose. »
- « Quoi donc ? »

Elle semble totalement calmée, après m’avoir cogné. Néanmoins, j’ai pu voir des trucs pas très catholiques. Ca fait des années que j’observe Flora. J’ai vu tous les changements qu’elle a pu se faire. Je sais aussi qu’elle est capable de prouesses incroyables. Mais là, ce que j’ai constaté me laisse sur place. De une, sa force est formidable, surtout pour un corps qui parait aussi frêle. Les dégâts que j’ai pris le prouvent. De deux, en dépit de m’avoir fait traversé un mur et une porte, elle n’a pas montré le moindre signe de fatigue, ni sueur, ni essoufflement. Et pourtant, elle m’a soulevé, d’une seule main, et je pèse bien quatre vingt kilos.

- « Quand est-ce que tu as obtenu une telle force physique ? Ce n’est pas la première fois que je te vois faire, mais aujourd’hui, j’ai envie d’en savoir plus. »
- « Sais-tu ce qu’est un effort anaérobique ? » J’ouvre de grands yeux étonnés, en secouant la tête. Je ne suis pas un génie, moi, elle devrait le savoir.
- « Il s’agit d’un effort fourni en retenant sa respiration. On consomme tout l’oxygène emmagasiné, pour délivrer, pendant un court instant, une énergie impressionnante. Regarde les haltérophiles, par exemple. Pour soulever les poids du sol, ils fournissent un effort anaérobique, c'est-à-dire qu’ils retiennent leur respiration. Ca donne une impulsion, si tu préfères, c’est une force dont ne peut se servir en continu, puisqu’il nous faut respirer. » Elle soulève la manche de sa blouse blanche, pour me montrer ses muscles, sous sa peau. « J’ai modifié les miens, afin qu’ils ne fournissent plus que des efforts de ce genre. En gros, je les ai améliorés, et j’en tire maintenant toute la quintessence. »
- « Et ben ! »

Elle s’assied sur la table d’opération en face de la mienne, pour me parler normalement. Je ne risque plus, comme ça, d’en prendre une, pourtant bien méritée, dans la tronche.

- « Dis donc, Flora, je me pose une question. »
- « Encore une ? Je devrais te cogner plus souvent, tu deviendrais un véritable Einstein, comme ça ! »
- « Est-on sûr qu’Ava soit notre cousine ? Je veux dire par là qu’elle n’a pas grand-chose en commun avec nous, comme traits physiques. » Là, je lui ai donné une belle piste.
- « J’ai gardé quelques échantillons de son ADN, depuis qu’elle est venue me voir. Je ferais quelques tests. »
- « Et tes recherches sur le vieillissement, ça avance ? »
- « Disons que je suis sur la bonne voie. » De nouveau, elle regarde son bras. « Nous sommes tous constitués de cellules. Ces cellules dépérissent, engendrant notre vieillissement. En fait, mes recherches portent surtout sur la conception d’une seule cellule, qui remplacerait par duplication toutes les nôtres, vouées à disparaître. Après une simple implantation, elle se substituerait à nos éléments périssables, composant notre corps. Lorsqu’elle aurait fini son travail, l’organisme remplacé deviendrait alors … immortel. » Elle sert le poing. Bien plus que la mort, je crois que c’est le fait de vieillir qui lui fait peur. « Tu voudrais être le premier à expérimenter l’immortalité ? »
- « Non merci. »
- « Et pourquoi pas ? »
- « Parce que je crois que je ne supporterais pas. Si tu deviens immortelle, personne ne te lâchera la grappe. Ton pouvoir couplé à ton éternelle jeunesse ferait des envieux, sur toute la planète. »
- « Je plaisante, de toute façon. C’est pour moi, uniquement pour moi, que je veux ce pouvoir. »
- « Et tu verras mourir sous tes yeux ton fils, ton ex-mari, ton frère, et tout ceux qui t’entourent aujourd’hui, notamment Stan. » Les débats philosophiques ne sont pas mon fort, mais je sais bien que je n’aimerais pas ce qu’elle propose.
- « Et alors ? Tout le monde meurt un jour. Sauf moi, peut-être. » ajoute t’elle, avec un sourire qui fait froid dans le dos.
- « Même ton propre fils, ça ne te ferait rien ? »
- « J’ai eu un fils uniquement pour connaître le plaisir d’enfanter. Le problème, avec ces cellules, tous mes essais sans exception, c’est que ça coupe court à toute reproduction. »
- « Pardon ? »
- « Je crois savoir pourquoi nous autres, humains, mutants ou non, sommes mortels. C’est simplement pour nous adapter à notre environnement. Pour faciliter l’évolution. »
- « Toi, tu n’évolueras plus, après. » ai-je plaisanté.
- « Avant de raconter des âneries, rappelle-toi plutôt quels sont mes pouvoirs ! »

C’est clair, elle se modifiera elle-même, dès que le besoin s’en fera sentir, pour survivre. Si il y’a bien une personne qui peut atteindre l’immortalité, c’est elle. Elle est assez forte pour le supporter.

- « Bon, c’est tout pour l’instant. Je vais te ramener à Scalpel, et tu vas me faire le plaisir d’arrêter de me gâcher la vie ! »
- « Concernant Ava … » Je ne devrais pas relancer le sujet.
- « En fait, je me doutais que cela arriverait, un jour ou l’autre. » soupire Flora.
- « Quoi ? Comment ça ? »
- « Vos hormones sont étonnamment compatibles. On dirait que vous êtes faits l’un pour l’autre. Tu l’as senti aussi, c’est pour cela que tu avais envie de lui passer des mains. Mais ton cerveau a crié stop, lorsqu’il s’est agi d’aller plus loin. Là-dessus, tu as sûrement plus de self contrôle qu’Ava. Elle, elle s’est laissée dévorer par ses hormones. »
- « Tu rigoles ? Former le couple idéal avec elle ? Je préfèrerais devenir curé ! »
- « Je n’ai jamais parlé de communion de l’esprit, crétin. C’est simplement que vos corps sont en parfait accord. Tu as peut-être bien raison, elle ne doit pas être de notre famille, sinon la coïncidence serait étrange. »

Je me lève, pour reprendre la direction de la sortie, lorsque je sens la main de Flora sur mon épaule, pressant un point bien précis de mon cou. Elle va m’assommer.

- « Désolée, mais l’accès à ce laboratoire est très très privé, tu n’as donc pas besoin de sa voir où il se trouve. »

Je m’effondre au sol, sans connaissance.

_________________
Jeux à terminer :

Cradle
Deponia Doosmday
Divinity Original Sin
Rage
The Elders Scroll : Skyrim

Prochaines acquisitions :

Darksiders 3
Divinity Original Sin 2
Ghost of a Tale (si jamais il sort)
South Park, l'Annale du Destin
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