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 Jack Stryer, AKA Blue Howler

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Poulpe
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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mer 8 Oct - 17:21

J’ai des soucis monétaires, en plus de privés, en ce moment.

Ca a été tout d’abord le départ de Bad Cat. Pas une rupture, m’a-t-elle affirmé, juste une courte séparation. Elle est retournée vivre chez ses anciennes colocataires. Je crois que sa copine, Brenda quelque chose, vient d’accoucher, et qu’elle veut rester près d’elle, le temps que la situation s’éclaircisse. Et puis, Bad m’a bien fait comprendre que depuis quelques temps, ce n’était plus la même chose, entre nous. Je l’avais dit à Flora. Meryl disparue, il me manque quelque chose.

Bon, question affection, je suis un peu en rade. Mais question sexe, ça va, j’assure toujours. Moins avec les minettes du casino, mais plus souvent avec Ava. De toute façon, avec elle, c’est juste pour le fun. Aucun préliminaire, on rentre direct dans le vif du sujet. Je ne m’en prive plus, surtout depuis cette entrevue avec Flora.

- « Tu as un nouveau don de mutant, ou quoi ? »
- « Pourquoi ? »
- « Comment savais-tu qu’elle n’était pas réellement notre cousine ? »
- « Comme ça, juste une intuition. »

Il m’est difficile de dire autre chose, parce que c’est exactement ça. Et les analyses ADN l’ont prouvé. Ava n’a fait que récupérer le nom de mon oncle. Elle n’a jamais été sa fille. Pendant que Flora faisait des recherches sur ses gènes, j’ai, de mon côté, fait appel à quelques connaissances, afin de déterminer si oui ou non Harold avait eu une fille. Retrouver la trace d’Iris, la mère d’Ava, ce n’était pas compliqué. Troisième allée, tombe numéro sept, au cimetière. Je ne me suis pas contenté de cette réponse, et bien vite, les nouvelles sont tombées.

Iris Gounudou, prostituée.

Mais attention, hein. Pas la catin vulgaire qui fait le trottoir en disant « tu montes, chéri ? », mais bel et bien la poule de luxe, entretenue par une demi-douzaine de mecs en même temps. Appartement de luxe, belle voiture, fourrure, bonne bouffe, en échange de quelques caresses, coups de fouet, tenue en cuir, j’en passe et des meilleurs. Ce pauvre vieil Harold a dû se laisser embobiner. Ce genre de nénette connaît son boulot. Elle lui a probablement déballé qu’elle avait des problèmes, et celui-ci devait claquer le peu de fric qu’il lui restait chez elle. Ca expliquerait que les huissiers lui couraient après, tiens !

En bref, je me suis retrouvée aux prises avec une femme qui n’était pas ma cousine, ce qui a définitivement mis un terme à la dispute que j’entretenais avec Flora. Peu lui importe qui je saute, à ma sœur, du moment que ça ne lui retombe pas dessus, je dirais. En l’absence de Bad Cat, et après la disparition de Meryl, je me suis alors dit qu’Ava pouvait bien me servir de défouloir. Je ne la bats pas, ça non. En revanche, je la fais hurler. Je rentre dans son hôtel, je vais jusqu’à sa piaule, et, quelque soit sa tenue, je la balance sur le lit, je lui arrache ses frusques, et c’est parti pour dix minutes de plaisirs divers et variés, vingt si je me sens sentimental, ce jour-là.

Ben oui, je ne l’apprécie toujours pas, mais j’ai encore besoin de tirer ma crampe, aussi je fais au plus vite. Rien à voir avec les nuits de débauche que je m’offrais avec Bad. Mais Ava est un pis aller, en attendant de trouver mieux. Ce n’est pas très élégant, mais c’est la vérité.

Où est-ce que j’en étais, déjà ? Ah oui, mes problèmes d’argent.

L’inconvénient d’être chanteur sous les ordres d’un boss, c’est que tu chantes ce que l’autre a envie de t’entendre chanter. J’ai un répertoire classique, destiné à émouvoir ces tendres dames, à faire danser les couples, à éveiller les ardeurs des demoiselles riches et court vêtues. Rien de moi, hélas. En revanche, j’ai plusieurs hits de Johnny Sonata dans mon calepin, obligatoirement. En un sens, je ne suis mi-guère plus, pour le patron du Gizeh, qu’un perroquet chanteur, condamné à répéter ce que l’on m’ordonne.

Pris par la folie des grandeurs, j’ai voulu obtenir d’un parolier qu’il m’écrive une chanson. Peine perdue, puisque celui-ci travaille aussi pour Johnny, et que ce dernier n’admettra pas un tel revirement. De même, avec le peu de cachet de star que j’ai en ce moment, même si j’ai un certain succès, les auteurs ne se pressent pas à ma porte, considérant que je suis juste bon à déclamer la même chose que Sonata. Un simple perroquet, ainsi que je viens de l’expliquer.

Je me suis alors mis à vouloir écrire ma propre chanson. Une histoire banale, à l’eau de rose, sur un grand amour, qui finit mal, a donné les paroles de celle-ci, et un morceau pop rock, conçu à l’aide de quelques-uns des musiciens de l’orchestre de Johnny, s’est vu calligraphié sur une partition. J’étais assez satisfait de ma petite personne.

Mais les producteurs un peu moins.

J’ai donc investi une grosse partie de mes économies en tant que Bastian Herald dans le pressage de mes CD. Mon banquier a tiré une drôle de binette, mais après tout, c’est de sa faute aussi. Je voulais un prêt, mais il a alors argué que mes revenus ne me permettaient pas de faire face au remboursement. D’un autre côté, j’étais certain que le succès serait au rendez-vous. Evidemment, en tant que Blue Howler, le super-vilain, je dispose des fonds nécessaires à une telle opération (et même un album, si la folie m’en prend). Cependant, ça donnerait une assez mauvaise image à mon alter ego chanteur, sans compter que certains pourraient faire le rapprochement entre mes deux identités. J’ai donc fait avec les moyens du bord.

Ca s’est vendu, mais dans une moindre mesure, par rapport à ce que j’avais prévu. Je ne suis pas tout à fait rentré dans mes sous, et ce que j’ai gagné est vite parti dans divers frais. Je ne dis pas que je n’ai plus que mes yeux pour pleurer, mais ce n’est pas loin d’être le cas. Le banquier m’a sorti un truc du genre « je vous l’avais bien dit ». Johnny a déploré mon manque de succès, car en cas de réussite, il avait un nouvel atout pour faire venir les gens au Gizeh. Jezebel Jones s’est foutu de moi, mais c’est gentiment proposée pour me consoler (mal aux c…...s le lendemain matin, surtout que c’était le jour des comptes de la recette de la vente des CD, et que j’étais passé me « soulager » sur Ava auparavant). Basse Croupier m’a conseillé, lui, de ne pas abandonner, mais au vu de ce que j’ai perdu dans l’affaire, je ne remettrais pas ça sur le tapis avant un moment.

Bon, plaie d’argent n’est pas mortelle (à moins de vouloir taxer Flora, auquel cas ça pourrait le devenir).

Avec si peu en poche, la prudence monétaire s’impose, en ce moment. Fini les restaurants chics, les sorties en night-clubs branchés, le champagne français, le caviar russe, et tout le toutim. A moi les tartines grillées au grille-pain, le verre de flotte, les soirées télé. Heureusement, il me reste Ava pour me passer les nerfs. Je sais, je sais, ce n’est pas très sympa. Mais faut dire que ça n’a pas l’air de la déranger, elle. Du moment que je passe la voir au moins une fois par semaine, elle se fiche du reste.

- « J’espère que tu prends tout de même des précautions, avec Ava ! » m’a demandé Flora, lorsque je lui ai annoncé.
- « Pourquoi faire ? »
- « Et si jamais … »
- « C’est pas toi qui me disait que tu aimerais bien avoir une petite nièce, ou un petit neveu ? »

Bien que ce soit déjà le cas, mais je ne lui en ai pas parlé.

Toujours pas de nouvelles de mon pote resté à Paragon, sur la mère de Minilith. Et avec ma manie de traîner avec toutes sortes de femmes, il y’a effectivement une possibilité que je sois le père de cette petite teigne. Enfin, bon, la mère ne m’a jamais demandé de pension alimentaire non plus. Et la petite Emily Jasper a disparu, pour obtenir plus d’informations de sa mère.

En plus, maintenant, j’ai une grande fille. Quoi que …

Drôle d’histoire que celle de BlueMynd (elle aurait pu se casser la tête, pour son nom), une adolescente introvertie, débarquée fraîchement d’une dimension parallèle, où mon double aurait eu un enfant avec le sosie parfait de Nervemynd. J’ai proposé à cette dernière de vérifier si ça marchait, mais elle m’a envoyé promener avec un rictus méprisant. Ou bien alors, c’était cette robote, Focus.

- « Z’êtes mabouls, l’un comme l’autre. Pas un seul de vous deux n’a l’esprit clair. »
- « Pas facile de lutter contre ses pulsions ! »

Surtout qu’Ava est toujours une maniaque des déguisements. Femme du monde, journaliste, pompier, pirate, flic, et même agent de l’Arc, je ne sais jamais sur quoi je vais tomber lorsque je vais la voir. La dernière fois, c’était en princesse. Je me suis fait l’impression d’être un gros barbare viking m’étant emparé d’un château ennemi. J’ai tiré mon coup, j’ai bu un verre de scotch, je me suis empiffré avec le plateau amené par le service d’étage de l’hôtel, et je suis parti, en laissant Ava qui gémissait encore de plaisir sur le lit. En ce moment, Meryl est un vieux, vieux souvenir. J’ai tout de même été poser des fleurs, sur sa tombe.

Et là, j’ai eu une des plus grandes surprises de ma vie.

Il y avait dans le cimetière un fichu mort-vivant. Je ne sais pas si il espérait me filer les chocottes, mais en tout cas, c’était raté. Il est venu à côté de moi, j’ai légèrement sursauté en constatant l’état du bonhomme, et il m’a parlé normalement, comme si il n’était pas mort.

- « Des lys ? Ca change un peu des habituels chrysanthèmes ! » m’a-t-il dit.
- « C’étaient ses fleurs préférées. » Je me suis fendu d’une question, pour bien montrer que je n’avais pas peur. « Qui êtes-vous ? Le fossoyeur, ou quelque chose comme ça ? »
- « Butcher Knives. Je suis assassin professionnel. »

Je n’ai pas manqué de parler à Flora de ma visite au cimetière (c’est elle qui m’a dit que ce serait tout de même sympa de ma part d’aller fleurir la tombe de Meryl, même si je trouve ça abusé parce que c’est elle qui a ordonné son exécution), et de la rencontre qui j’y ai faite.

- « Butcher Knives, qu’il m’a dit qu’il s’appelait. » Flora n’a pas l’air surprise.
- « Ce pauvre Sam n’a toujours pas trouvé de remède à son état ? »
- « Je te demande pardon ? Tu le connais ? »
- « Mon frérot, je connais tout ceux qui s’intéressent à l’immortalité. Que ce soit pour en guérir ou pour la trouver. »
- « Ben mince, alors ! »
- « Je me suis approchée de lui pour obtenir quelques informations, pour mes propres recherches, et il a pleinement coopéré. Malheureusement, je ne peux rien pour lui. »
- « Qui est ce type ? »
- « Un ex-flic de Paragon. »
- « Qu’a-t-il fait pour être dans cet état ? »
- « Rien, en apparence. Figure-toi que son corps est mort, mais que son esprit, lui, est toujours vivant. Une sorte de contraste, une étape entre deux situations. C’est sa force mentale qui fait bouger son corps pourri. »

Après avoir tenté de taxer Flora (et qu’elle m’ait menacé de repartir à la force des bras, parce qu’elle risquait de m’ôter les jambes), je suis ensuite parti. Je suis devant Scalpel, à Cap, les mains dans mes poches … percées. Comme je ne peux plus rien faire, par manque d’argent, je vais rentrer.

Ou aller tirer Ava, encore une fois, en espérant qu’elle aura eu le temps de changer de déguisement.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Jeu 16 Oct - 18:17

Pitié, me laissez pas crever ici !

C’est vrai, quoi ! Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un tel traitement ? Mes amis des XGen seraient dans le coin, je crois bien qu’ils me chambreraient copieusement. Ma situation est loin, mais alors très loin, d’être enviable.

Je suis assis sur une plage de sable fin, sous un soleil de plomb, le ciel ayant une étrange teinte pourpre, tandis que l’astre de lumière brûle ma peau. A tel point, d’ailleurs, que je suis entièrement vêtu, dans mon smoking de chanteur, en train de suer comme un beau diable, à l’ombre d’un arbre gigantesque, à l’écorce noircie. Les végétaux se sont adaptés à cet environnement. L’océan est acide, et s’attaque à mes vêtements, aussi je ne peux tenter la traversée. Sans mes bottes à fusée, il m’est impossible de quitter ce « paradis extra-terrestre ». Je suis condamné à attendre qu’« il » vienne me rechercher, en espérant qu’« il » ne m’oubliera pas.

J’ai la peau couverte de rougeurs disgracieuses, brûlée par les UV de cet ardent soleil et de son jumeau, plus éloigné, qui éclaire la nuit. Je manque de sommeil, je crève de soif, et les fruits qui poussent sur ces arbres gigantesques ont un goût de chiotte. Mais ils sont ma seule source de nourriture. Et, au vu de la dureté de leur coque, je suis content d’avoir mes pouvoirs de mutant. Quatre jours que je végète ici. J’ai chopé la chiass….dysenterie, à force de bouffer ces cochonneries, qui ne sont même pas bonnes. Mais c’est le seul moyen, pour moi, d’obtenir une eau qui soit moins acide que celle de l’océan. Sinon, la déshydratation me guette.

Depuis que Bad Cat m’a plaqué, je cumule les ennuis. En fait, j’en avais aussi, avant, mais quand même moins que maintenant.

Perdus, hein ? Qu’à cela ne tienne, je vais vous expliquer ce qu’il m’est arrivé.

Tout a commencé par un banal appel. Mon agent, Phil Wickley, m’avait trouvé un engagement, et pas des plus banals. Je devais aller chanter à Paragon. Bon, je sais que ma chanson n’a pas percé, au Top 50, mais il se trouve que j’ai assez de succès, auprès de ces dames, pour que certaines d’entre elles tentent de me faire venir pousser la chansonnette chez elles. Un anniversaire, m’a-t-il annoncé. Moi, je redoutais le traquenard, craignant que quelqu’un n’ait percé la véritable identité de Bastian Herald. Mais, par goût du risque, j’ai accepté.

C’était un simple anniversaire, effectivement, et je devais surgir devant ces dames, pour chanter mon succès, et quelques autres de Johnny Sonata. C’était bien payé, et, au vu de ma situation financière actuelle, je ne pouvais pas refuser. Au cours de la soirée, j’ai fait la connaissance d’une jeune femme, toute menue, toute timide. Une ombre parmi les ombres. Je lui ai tenu compagnie, et, voyant que je ne parviendrais pas à mes fins de façon ‘traditionnelle’, avec elle, je l’ai encouragé, avec succès, à boire plus que d’accoutumée. Réussite totale, et j’ai raccompagné la demoiselle jusque chez elle.

Je préférais largement dormir dans un lit, en compagnie, que seul dans mon hôtel, et, sachant que mon permis de visite de Paragon était valable jusqu’au lendemain midi, je me suis dit que j’avais bien le temps de m’occuper de la demoiselle, encore très timide. Je la suspectais d’être encore vierge. Cheveux bruns, bien attachés, regard fuyant, probablement un peu maladroite. Je suis entré dans son appartement, un logis très chouette et cosy, propre, éminemment féminin, et, la porte fermée, j’ai commencé à la palper là où il faut pour l’émoustiller.

A compter de ce moment, la spirale infernale était déjà en cours, mais je n’en savais rien.

Je n’ai pas eu l’occasion d’aller plus loin. Le fait que je la tripotais semblait l’avoir dégrisée légèrement. Elle a commencé à se débattre, tandis que je resserrais mon étreinte. Ma main quitta sa poitrine pour aller chatouiller plus bas.

- « Ah, non ! » s’est-elle exclamée.

Je n’ai pas eu le temps de réagir. Il y’a eu un truc qui s’est passé. Une espèce de mur invisible m’a repoussé violemment. La fille s’est rhabillée rapidement, l’air encore éméchée, et a voulu me chasser.

- « Dehors, dehors ! Ou j’appelle mon frère ! » s’écriait-elle, en me désignant la porte.

Est-il besoin de préciser que je suis un obsédé notoire ? Qu’après ce que je venais de tâter, j’avais envie d’aller voir plus loin ? Que son frère, je me doutais qu’il ne vivait pas ici, et que si c’était le cas, il devait être gay, au vu de la propreté des lieux ? Que je suis, même sous l’apparence de Bastian Herald, Blue Howler, le super vilain ?

- « Pourquoi pas ? » C’était un pur défi.
- « Tu vas le regretter. »

Elle a soulevé le couvercle de sa montre, a appuyé longtemps sur le bouton rouge qu’il y avait en dessous, et, soudain, surgissant du néant, est apparu un individu. Un gars que je connais. Un homme en tenue de nuit, caleçon uni et débardeur blanc, avec, je le note, une trace de rouge à lèvres couleur cerise sur la bouche, ce qui m’a fait penser que Madame ne devait pas être contente d’avoir été interrompue en pleine séance. Sûr qu’il a l’air moins impressionnant, sous cet aspect. Mais ce n’est que la face émergée de l’iceberg.

- « Mister Zane ? » lui ai-je demandé. « C’est ta sœur ? »
- « Qu’est-ce que tu fiches ici, toi ? »
- « Tu le connais ? » s’étonna la femme. « C’est un ami à toi ? »
- « Une fréquentation, tout au plus. Qu’est-ce qu’il se passe ? »
- « Il a essayé de … de me … »
- « Et ? »
- « Je ne veux pas ! Mais il insiste ! »
- « Quand une femme dit non, mec, c’est non. » m’a-t-il dit, de but en blanc. « Allez, je te raccompagne chez toi, et on passe l’éponge. Pour cette fois. » a-t-il ajouté.

Va savoir ce qu’il y avait dans ce cocktail. En tout cas, ce n’est pas bon pour ma santé, si pas physique, au moins mentale. Je me suis mit dans l’idée que je n’avais pas à lui obéir. Il faut dire aussi que dans cette tenue, j’avais beaucoup de mal à le prendre au sérieux. J’ai croisé les bras sur ma poitrine, le toisant d’un air peu amical. La sœur de Zane a eu l’air de comprendre tout de suite ce qu’il risquait de se passer.

- « Ah non, battez-vous si vous le voulez, mais faites-le dehors ! »
- « Pourquoi, dehors ? J’en finis avec lui, et je m’occupe de t’enseigner comment ça doit marcher, entre un homme et une femme. »

Hardi. Hardi, mais surtout complètement dingue. Il m’a isolé du reste du monde en un instant, sans faire un mouvement, ni même cligner des paupières. Dans cette bulle, je ne pouvais plus rien faire. Les vibrations sonores étaient stoppées par la paroi invisible de son pouvoir. Il se mit à désigner un endroit imaginaire, dans l’espace. Un point lumineux fit son apparition devant moi, un autre dans mon dos. Une trappe dimensionnelle s’ouvrit sous mes pieds. Je chutais, pour atterrir sur la plage de sable actuelle. Je vis Zane sauter dans son passage, à ma suite, et se servant de son pouvoir pour apparaître des vêtements sur son corps. La bulle me tenait encore isolé.

- « Note que je n’ai rien contre le fait qu’elle découvre la vie. Seulement, ça ne doit pas se faire sans son consentement. » a-t-il commencé.
- « Elle finira vieille fille, si elle … »
- « Non, je ne pense pas. Mais les aventures sans lendemain, ce n’est pas son truc. Et, tant qu’à faire, je la préserverais de ça. Surtout avec un mec comme toi. »
- « Lâche-moi, et je vais te … »

La bulle a sauté, mais, le temps que je décide de ce que j’allais faire, il m’a jeté une bulle de force. J’ai été repoussé de plusieurs mètres, sur le sable. Zane est venu au dessus de moi, et m’a écrasé au sol avec un autre champ de force.

- « Ca y’est, j’ai toute ton attention ? »

Dans ma position, je ne pouvais plus faire qu’un signe d’assentiment de la tête.

- « Parfait. Il faut te calmer sur tes pulsions. Et pour cela, j’ai un moyen bien simple. Je vais te laisser ici, pour quelques temps, histoire que tu fasses le point. Je sais bien que Bad Cat t’a rendu ta ‘liberté’ de célibataire, et que tu es libre de te trouver une nouvelle petite amie. Cependant, je n’apprécie que moyennement que tu agresses des femmes. En particulier lorsqu’il s’agit de ma sœur. »
« Tu as plusieurs possibilités. Ce monde est à l’agonie, mais sa destruction finale n’est pas pour tout de suite. Prends le soin de te protéger des rayons du soleil, cependant. De même, je ne te conseille pas de faire trempette, l’eau de ces océans est très acide. J’y ai laissé une godasse, je te demande de me croire sur parole. Il y’a des ‘gens’ dans cette direction, à environ une centaine de milles nautique, au cas où tu voudrais t’évader. Néanmoins, comme tu n’as pas ton attirail de vol, les rejoindre risque d’être dur. Ensuite, ils n’aiment pas trop les étrangers, sauf dans leur assiette. »
« Je te conseille donc de rester sur cette plage, jusqu’à ce que je vienne te rechercher. Je le ferais lorsque j’estimerais que la leçon est bien entrée dans cette cervelle pleine de trous. »

Il a ensuite disparu, me laissant seul. C’était il y’a quatre jours.

J’ai un peu de mal à réfléchir, dans cette situation. La faim, la soif et la dysenterie m’empêchent de me concentrer suffisamment. Il aurait suffi d’un verre ou deux de plus, et la sœur de Zane n’appelait pas son frère à l’aide, j’aurais eu ce que je voulais, et il ne serait pas intervenu. Ca m’apprendra, tiens. Ne jamais faire confiance à une femme. Je le sais, pourtant. Je vais finir par devenir misogyne, avec ces bêtises.

- « Salut, ça pulse ? »
- « Woooooh ! » Je sursaute. Zane est là, je ne l’ai pas entendu arriver.
- « Alors, on n’a pas tenté la grande évasion ? »
- « Pour aller où ? »
- « C’est vrai qu’il n’y a pas grand-chose à voir, sur ce monde-ci. J’y viens rarement, mais j’y envoie en ‘stage de redressement’ certains de mes ennemis. »
- « Est-ce à dire que je suis devenu un ennemi ? »
- « Non, mais tu avais besoin qu’on te remette les idées en place. Tu as de la chance dans ton bonheur. Ma sœur avait tellement bu qu’elle ne se souvient de rien, ou presque. »
- « Tu sais, si il n’y a pas un homme qui se montre entreprenant, avec elle … »
- « La conquête fait partie du rituel. C’est un truc que tu as du mal à comprendre. Avec certaines femmes, la conquête se résume à une rapide parade amoureuse. Pour des femmes telles que ma sœur, ça prend un peu plus longtemps. Minimum six mois, je dirais. Tu sais, j’ai mis pratiquement un an, avant que Kris ne se décide à sortir avec moi. Et quand je dis un an, ce n’est pas une année passée loin d’elle, à lui envoyer un petit texto de temps à autre. »
- « Et tu voudrais que je fasse comme toi ? »
- « Qui sait ? Ca te ferait peut-être du bien. »

Il me pose une main sur l’épaule, et nous disparaissons dans un éclair de lumière, pour atterrir dans mon appartement. Je suis rentré à la maison. Ouf. Pendant un temps, j’ai bien cru que Zane allait me laisser crever là-bas.

- « En attendant, calme-toi un peu. Bad Cat ne t’a pas plaquée, elle veut juste faire un break dans votre couple, histoire de savoir où elle en est. Si tu la trompes à tout va, elle va finir par ... » Il fait le signe de couper la gorge, avec la main, en tirant la langue. Ca veut bien dire ce que ça veut dire.
- « Pas à ce point, quand même. »
- « Va savoir, avec Bad, ce qui lui passe par la tête, de temps à autre. »

Il disparaît ensuite, me laissant seul dans mon appartement, la peau toujours recouverte de ces plaques rouges. J’ai intérêt à aller voir un dermato. Ou plutôt Flora. Elle posera moins de questions indiscrètes, même si ça me coûte bonbon.

- « Aïe ! » me suis-je plaint. Il faut dire que morte de rire comme elle l’est, Flora a du mal à rester concentrée.
- « Désolée, je … ha, ha, ha. » Ma mésaventure la fait rire aux éclats. « Il faut dire aussi que tu as une certaine habitude de te fourrer dans les ennuis. Et, encore une fois, je constate que c’est pour une femme. »
- « C’est grave ? » Je préfère changer de sujet.
- « Non, juste quelques cloques, et beaucoup d’irritation. Le sel de cet océan acide a un peu rongé ton épiderme, c’est tout. »

En quelques mouvements de doigts, je ne suis plus obligé de me cacher sous mes vêtements. Son talent m’étonnera toujours. Elle me présente ensuite la facture, aussi salée que l’océan de cet autre monde. Je règle immédiatement. Inutile de chercher les ennuis.

- « Et reviens quand tu veux ! » me dit-elle, une fois que j’ai passé la porte de Scalpel.

Après mon compte de chanteur, c’est à celui du super vilain de finir dans le rouge.

Faut que je me remette au boulot.

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Jeu 30 Oct - 17:19

On me secoue par l’épaule.

- « Jack, hé, Jack. »

C’est Pot qui me réveille, dans la base. Il est presque une heure de l’après-midi, j’ai dormi toute la matinée. Je suis affalé dans le sofa de notre repaire, moitié dessus, moitié sur le sol. J’ai une migraine carabinée, et je me rappelle vaguement pourquoi je suis dans un état pareil. A force d’avoir une vie aussi pénible, j’ai bu plus que je ne pouvais en supporter. En revanche, je me pose la question de savoir de quelle façon je suis arrivé jusqu’à la base sans encombre.

- « Qu’est-ce que c’est ? »

Bon, là, je vous fais la traduction. Pot, lui, a dû entendre un borborygme effarant. Ce se devine à la tête qu’il tire lorsque je lui ai posé ma question.

- « Je te demande pardon ? »
- « Qu’est-ce qu’il se passe ? »
- « Ben, c’est plutôt à toi de me le dire, patron. Je te retrouve dans la base, effondré sur le canapé, complètement beurré. J’ai même cru que tu nous faisais un coma éthylique. »
- « Je ne devais pas en être loin. »

Je me redresse, avec difficulté, et je m’assois plus prosaïquement dans le sofa. La cuite est déjà bien passée, je n’ai pas envie de vomir, mais ma bouche est pâteuse. J’ai des courbatures tout le long du dos, des étirements dans les bras, les cuisses en feu et les mollets en plomb. Mon estomac proteste suite à ce changement de position, et mon foie s’offrirait bien une cure.

- « Il y’a un pépin ? »
- « Si il n’y en avait qu’un ! »

Ce pauvre Potter me regarde d’un air bête, comme si je venais de proférer une grossièreté. Pour lui, ma vie ne doit pas lui sembler aussi désordonnée que cela. Seulement, il ne connaît que le côté Blue Howler du personnage. Il ne sait rien de Bastian Herald, le chanteur, ou de Jack Stryer, l’ancien agent de l’Arc. Le cumul de ces identités me pèse, car chacune génère un lot incommensurable de problème, en particulier celle du crooner.

- « Si tu as besoin d’aide … »
- « Merci, c’est sympa, mais je crois que ce genre de soucis, ça reste hors de tes compétences. »

Julian Potter, aussi connu sous le nom de Jack Pot, est un assassin, un mutant dont le pouvoir d’absorber des objets lui a permis d’acquérir de redoutables capacités de génération d’éclairs de toutes intensités, et de toutes puissances. Il en est encore au début de son apprentissage, cependant, mais fait montre de belles performances, surtout lorsqu’il travaille en duo avec Kuro Yuki, la belle asiatique qui a rejoint notre groupe en même temps que lui.

- « Qu’est-ce que tu fiches encore ici, au fait ? »

Je garde encore les idées assez claires pour me poser la question de savoir pourquoi il passe tant de temps dans la base XGen. Je lui ai pourtant dit qu’il ne pouvait pas vivre éternellement ici.

- « J’attendais. »
- « T’attendais qui ? »
- « Juste pour voir. »
- « Tu attends juste pour voir ? Pour voir qui ? » Je suis intimement convaincu qu’il veut voir quelqu’un. On n’attend pas comme ça pour des prunes.
- « Je me demandais si Berylia passait régulièrement par ici. » me répond-il, avec un air gêné.

J’hallucine, là ? La somptueuse Berylia avec ce mec ? Non, ça ne marchera jamais. Enfin, Jack Pot est différent de moi. Il réagit différemment, pense différemment, agit différemment. J’ai l’impression qu’il est le genre de gars qu’il sait qu’il n’aura rien sans rien. Il est patient, tolérant. Moi, il me faut tout, tout de suite. Sinon, tant pis. Lui, lorsqu’il désire quelque chose, il prend son temps. Ce n’est pas que je ne l’aime pas, mais on n’a rien en commun, lui et moi.

- « Tu ne connaîtrais pas son adresse, par hasard ? » me demande-t-il ensuite.
- « Tu crois honnêtement qu’elle me la filerait ? »

Au vu de l’état actuel de nos relations, avec Bery, ce serait étonnant. Elle craindrait trop que je ne tente d’aller directement chez elle. Potter, lui, aurait plutôt le style de lui envoyer des fleurs, avec une petite carte mentionnant « un admirateur anonyme ». Des fleurs, des petits mots doux au téléphone, un rendez-vous, un baiser, un autre rendez-vous, encore des fleurs, et puis peut-être une première expérience sexuelle, avant le mariage. Ensuite, le passage devant le maire, et des enfants. Moi je fais tout ça aussi … mais dans le désordre !

- « Ca ne coûte rien de demander. »
- « Ne me parle pas de coûter ! »

Une des raisons de mon éthylisme, c’est bien sûr le manque d’argent. Ce n’est pas compliqué, après cette beuverie, mon ardoise au Gizeh doit ressembler à un tableau noir d’école. J’ai du mal à payer mon loyer et mes factures, et mes créanciers tirent une tronche de trente kilomètres lorsque je viens acquitter mes dettes en espèces, se demandant où j’ai pu trouver cet argent. Je suis obligé de ponctionner mes comptes de super vilain pour faire vivre mon alter ego. Heureusement, j’ai un bon système pour blanchir l’oseille. Vive le Marché Noir !

- « T’as besoin d’argent ? »
- « Non. Ce n’est pas que je n’en ai pas besoin, mais je suis au taquet des dettes. » Je marque une pause de quelques secondes. « Et puis j’ai d’autres soucis que l’argent ne peut pas résoudre. »
- « Mouais, l’argent ne fait pas toujours le bonheur. »

Je n’ai pas besoin de ses maximes stupides, et si j’avais les yeux en face des trous, je crois que mon regard le lui expliquerait bien. Malheureusement, c’est loin d’être le cas. Bon, j’ai un autre pépin, qui ne me console guère, en plus des problèmes d’argent. Ce problème s’appelle Ava.

J’ai continué à la voir. Si j’ai cessé toutes mes autres fréquentations, c’est par crainte que Bad Cat ne soit un jour mise au courant de ce que j’ai fait. Si on lui annonce que j’ai couché sans vergogne avec toutes les femmes qui me passaient sous la main, nul doute qu’elle devinera que je faisais de même avant qu’elle ne me lourde, temporairement soi-disant. Et dans ce cas, ça devient une condamnation à mort. Deuxièmement, depuis l’affaire de la sœur de Zane, que j’ai failli embobinée, et me farcir par la même occasion, je suis un peu plus prudent sur mes liaisons.

J’ai néanmoins conservé Ava dans mes relations. Le fait d’être cloîtrée, à surveiller ce colosse de Quakestrike, la rend un peu moins sujette aux risques de fuite. Les employés de l’hôtel où elle squatte me voient désormais comme un habitué des lieux. D’après ce que j’ai pu tirer d’elle, entre deux cris de plaisir, elle a cessé d’avoir une liaison avec lui, pour se consacrer uniquement à moi. Dans un sens, ça me fait plaisir, puisqu’elle me considère unique à ses yeux. Dans un autre, ça me dérange un peu, surtout de la façon dont je la traite.

Quoi que depuis le début du mois …

J’ai déboulé chez elle, et, comme à son habitude, elle était déguisée. Comme je l’ai dit, elle est une vraie fan des déguisements. J’ai eu le droit à l’infirmière, au toubib, à la désaxée (j’ignorais qu’on pouvait faire l’amour avec une femme prisonnière d’une camisole, une première pour moi), la femme pompier, la flic, et même l’agent de l’Arc (qui m’a fait perdre presque tous mes moyens, au souvenir de Meryl). Ce jour-là, elle était habillée en mariée, robe blanche, sous-vêtements affriolants, coupe de cheveux impeccable. J’ai été pris d’une espèce de folie, je suis rentré dans son jeu.

J’ai refermé la porte doucement, sans la claquer, contrairement à d’ordinaire, j’ai été jusqu’au meuble pour mettre un peu de musique d’ambiance, j’ai commandé du champagne, et, une fois servis, comme un abruti, j’ai soulevé Ava dans mes bras, telle une jeune mariée, pour l’emmener au lit. C’était la première fois que je passais toute la nuit en sa compagnie. Et aussi la première fois, avec elle, que je ne me servais pas des fonctions vibrantes de mon joystick. Elle n’a pas eu l’air déçue, juste un peu surprise, que je n’en fasse pas usage. Elle a hurlé autant qu’à l’accoutumée.

Dormir dans les bras l’un de l’autre, comme des amoureux, c’est un truc débile qui m’est passé par la tête. Une fois de temps en temps, me suis-je dit, ça ne peut pas faire de mal de considérer Ava comme autre chose qu’une vulgaire poupée. Elle n’a pas exprimé un quelconque mécontentement.

Il ne faut jamais changer ses habitudes. Encore une leçon que je n’ai pas retenu.

Ce n’est pas la première fois que je doute de ma paternité. Minilith, BlueMynd, et peut-être aussi quelques autres, sont probablement mes enfants, mais pour l’instant, je réfute, à défaut d’avoir des preuves concrètes. Mais là, en ce petit matin, lorsque, en sortant du lit, Ava m’annonce qu’elle est enceinte de moi, je me doute que ce doit être vrai.

- « Mais ? » ai-je fait. « Depuis quand ? »
- « Tout de suite, là, cette nuit ! »

J’ai d’abord éclaté de rire, mais, devant son air sérieux, je me suis ravisé. Ava a des pouvoirs psychiques. Elle ressent les émotions, autour d’elle, les manipule, les transforme. Une ébauche de fœtus se formait dans son ventre, peut-être aussi une ébauche de sensations et de sentiments, me suis-je alors dit, effrayé. J’ai pris mes jambes à mon cou, sans répondre lorsqu’elle m’a appelé tandis que je m’enfuyais en courant.

Je plaisantais avec Flora, en parlant de neveux et nièces. Je pensais qu’Ava prenait la pilule. Je n’imaginais pas qu’elle puisse vouloir un enfant, et surtout pas de moi.

- « Un pépin, Blue ? »
- « Tu te répètes, Potter. »
- « Ouais, je sais, mais t’as tellement l’air dans les nuages que … »

Je ne suis pas retourné chez Ava depuis maintenant deux semaines. J’ai peur. Je n’ai même pas été parler à Flora. Je ne pense pas, au vu de ce que nous deux avons appris, au sujet d’Ava, qu’elle me frapperait, comme la dernière fois. Je crois même qu’elle serait ravie de l’apprendre. Si j’ai encore mes parties génitales en place, c’est parce que ma grande sœur voulait voir mes enfants. Sinon, avec tout ce que je lui en ai fait baver, avec mes problèmes divers et variés, ça ferait longtemps que ma voix serait passée dans les aigus.

Et donc, depuis le début du mois, je picole régulièrement, pour oublier. Mais en fait, je n’oublie rien, et, au contraire, l’alcool n’arrête pas de m’y faire penser.

- « J’y vais. »

Oui, mais où ? Le seul truc de sûr, c’est que je n’ai pas envie d’en parler à Jack Pot. Direction Cap au Diable et Scalpel, alors, puis ensuite … j’irais tout de même voir Ava.

- « Salut, Flora. »
- « Tiens donc, mon aimant à emmerdes ! »
- « Sympa. » Je fais une moue. « Quoi que tu n’ais peut-être pas tort. »
- « Encore ? » Elle a les yeux presque exorbités. Elle doit s’imaginer le pire. « Je croyais que tu étais calmé ? »
- « Attends, avant de crier. En fait, je … j’ai … » Pourquoi je tremble ? Au souvenir de la raclée qu’elle m’a fichue la dernière fois, peut-être.
- « Allez, balance tout, mon petit gars, tu te sentiras mieux. »
- « Ava est … »
- « Enceinte ? » finit-elle, en haussant un sourcil. « Si ce n’est que ça, ça va, ce n’est pas trop grave. »

Ouf, je respire. Je croyais être bon pour passer à travers le mur, comme la fois précédente.

- « C’est cela. »
- « Et tu t’es enfui comme un gros lâche, lorsqu’elle te l’a dit, pas vrai ? » Elle me connaît mieux que personne !
- « Gagné. »
- « Alors, qu’est-ce que tu fous encore ici ? Va la voir ! Et presto, avant que je ne m’énerve ! »

Me voilà donc chassé de chez Scalpel, à grand renfort de coup pied au postérieur. Plus ça approche, plus je suis anxieux, à l’idée de revoir Ava. Je monte jusqu’à sa chambre et …

Rien.

Il n’y a plus rien. Ses sacs de déguisements ont disparu. Ses vêtements, dans la penderie, se sont volatilisés. Le lit est fait, la femme de ménage, probablement portoricaine, est passée. Il n’y a strictement plus aucune trace d’Ava dans l’hôtel. Je redescends à toute allure vers la réception.

- « Hé, Toto. » J’appelle le loufiat de service, qui s’approche avec beaucoup de réticence. Hé, Blue Howler est connu, dans le coin !
- « Oui, Monsieur ? »
- « Où est Ava ? »
- « Qui, Monsieur ? »
- « Ava, Ava Stryer. La belle nénette aux cheveux pourpres, à la peau mate, qui vivait dans la chambre du troisième. »
- « Ah, oui. Elle est partie, Monsieur. Des gens sont venus l’aider à prendre ses affaires. »
- « Elle n’a rien dit ? »
- « Elle a juste laissé un message, Monsieur. ‘Pour Jack’, est-il inscrit sur l’enveloppe. »
- « File-moi ça ! »
- « Mais, Monsieur, … »
- « C’est moi, Jack, file-moi ça, je te dis, ou bien je démonte ce trou avec un seul cri ! »
- « Voilà, Monsieur. » s’exécute t’il, par crainte.

Je prends l’enveloppe, je sors du bâtiment, je l’ouvre et je la lis, à l’abri des regards indiscrets.

« Mon cher Jack,
J’ai obtenu de toi ce que je voulais, et, lorsque tu t’es enfui, j’allais te demander de ne jamais revenir.
Mon employeur trouvait que je perdais trop de temps, avec toi, de toute façon. J’ai un travail, et, comme tu me l’as dit, je suis une professionnelle.
J’ai tout de même passé de bons moments.
Ava. »

Bon sang, c’est quoi, ce plan ?

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MessageSujet: Re: Jack Stryer, AKA Blue Howler   Mar 9 Déc - 18:34

Que Bad Cat revienne me voir, je m’y attendais. Comme elle me l’a fait comprendre, rares sont les hommes capables de lui procurer des sensations dans un lit. En revanche, je ne pensais honnêtement pas qu’elle en viendrait à me provoquer. Se ramener, au su et au vu de tous, après ce que nous avons vécu, avec un autre homme, juste pour me faire enrager, je ne pouvais même pas le concevoir. Il en résulte une soirée amoindries par mes sentiments, incapable de chanter juste, et préoccupé par le drôle de mec qui accompagne ma femme. Bien sûr, je la trompe, mais aucune de celles que j’ai fréquenté ne me plait autant qu’elle, sauf peut-être Meryl, mais celle-ci étant morte …

Et la voilà qui se taille en compagnie de l’autre, juste après ma représentation. Ah, mais, ça ne va pas se passer comme ça !

Il ne faut pas me prendre pour une bille non plus. Je sais parfaitement suivre quelqu’un sans me faire remarquer, aidé en cela par l’obscurité de la nuit, mes bottes à propulsion, et mes pouvoirs de mutants. Je ne manque pas de constater qu’elle conduit l’autre imbécile dans l’hôtel qui a accueilli nos premiers ébats. Une sorte de revanche ? Mais pourquoi ? C’est elle qui est partie, qui a mit fin à notre couple. Ou bien alors, elle cherche vraiment à me provoquer. Dans ce cas, c’est réussi. Je suis en rogne comme ce n’est pas permis. Après avoir suivi leur véhicule jusqu’à l’hôtel, j’entre à leur suite, en tenue de super-vilain, et je monte rapidement à l’étage où ils sont, après avoir démonté la face au vigile. Il ne voulait pas me laisser entrer. Ca m’arrange. D’abord, parce que ça me défoule un peu. Ensuite, parce que le planton de garde, derrière son comptoir, ne se fait pas prier pour me dire ce que je veux savoir.

J’utilise mes bottes, sans penser outre mesure que je pourrais mettre le feu à l’immeuble, pour atteindre la chambre qu’ils ont prise. Si j’arrive trop tard et qu’il est dans Bad Cat, je m’en vais te le …

La rage me fait pousser un hurlement plus aigu qu’à l’ordinaire. La porte vole en éclat. Heureusement, je suis arrivé avant même qu’il n’ait eu le temps de consommer, ne serait-ce qu’en pensées. Je suis empli de rage et de colère, mais je ne sais pas encore vers qui. Lui, qui drague ma meuf, ou elle, qui vient me provoquer jusque sur mon lieu de travail. Bad Cat me regarde avec un air de défi prononcé, mais sans surprise. Elle savait que je pointerais le bout de mon nez ici, sans reculer. Par contre, je pense qu’elle devait s’imaginer que je viendrais un peu plus tard, pour avoir le temps d’être empalée par l’autre.

- « Qu’est-ce que tu fous là, toi ? »
- « Pas difficile. Tu viens m’allumer avec ton gigolo, et tu l’emmènes dans l’hôtel où on a conclu. »
- « On est plus ensemble, à ce que je sache ! »
- « Mouais. C’est pour ça que tu as voulu me rendre jaloux ? »

J’ai tapé dans le mille. Elle hésite un court instant, instant que l’autre met à profit pour déballer ce qu’il a sur le cœur. J’ignore qui est ce type, mais il va vite apprendre à ne pas se glisser entre elle et moi. Il n’y a pas de place pour un troisième larron. Il ouvre la bouche, et sort une connerie phénoménale, telle que j’imaginais qu’il n’en sortirait jamais.

- « Il a passé tout son temps à te tromper, tu ne vas pas te remettre avec cette andouille ? »

Le con !

Après, tout est allé très vite. Une rafale sonique répétée l’a repoussé jusqu’à la fenêtre, et une nouvelle série l’a expédié en extérieur. On est au quatrième étage, il n’y survivra pas. Bah, j’aurais le temps de le punir, lorsque je le retrouverais en enfer. Parce qu’avec le regard que m’adresse Bad, je me doute qu’il a du déballer quelques autres histoires sur mon cru, pour ne pas être vulgaire.

Vous avez déjà vu ce film où deux espions sont mariés, et où ils cherchent mutuellement à se crever ? Et bien, ça a été la même scène, entre Bad, bien décidée à me faire payer les aventures sexuelles que j’ai pu avoir en dehors, et moi, fermement accroché à la vie, et furieux de ce qu’elle a failli faire avec l’autre.

Ca a commencé par un coup de poing en plein visage, que je n’ai pu esquiver totalement, et qui m’a propulsé au sol, à moitié groggy. L’onde de choc sonore qui a suivi a surtout eu pour but de me protéger de sa prochaine attaque. Je ne voulais pas vraiment lui faire traverser la pièce en volant, et s’enfoncer dans la salle de bain en ruinant le mur. Je n’ai eu, ensuite, que le temps de me baisser pour éviter le bidet, arraché à mains nues et lancé à tout va. Elle n’a pas visé, elle s’est contentée de suivre sa rage folle. Seulement, la précision semble accrue lorsque vous désirez réellement tuer quelqu’un. Cependant, un homme tel que moi ne se laisse pas vaincre par un peu de faïence. Le cri a transpercé l’objet, et la rafale a fini de détruire le mur par lequel Bad est passée, juste avant. Je tente de la raisonner.

- « Hé, on se calme ! »

Peine perdue. Elle avait déjà des doutes quand à ma fidélité, du temps que nous vivions ensemble. L’autre lui a apporté la preuve de ma faiblesse. Elle n’arrêtera pas. Les ténèbres envahissent la pièce. Ses pouvoirs obscurs entrent en action. Je n’ai que le temps de dresser mon écran sonique, et de me baisser, pour éviter son attaque. Certes, elle est puissante, mais elle manque encore de vitesse, et mes pouvoirs basés sur les vibrations ralentissent celle-ci, en plus. Le crochet porté au niveau de ma tête ne rencontre que le mur, et j’ai la désagréable surprise de voir celui-ci partir en morceaux, démoli par la fureur faite femme, incarnée dans ce corps sublime. Si je ne m’étais pas abaissé, je serais mort, à l’heure qu’il est.

J’ai à peine le temps de refluer vers la sortie. La colère de Bad Cat est à son paroxysme, elle ne contrôle plus rien. Je n’ai plus le choix.

Je me réfugie dans le couloir étroit, en évitant du mieux que je peux les objets qu’elle lance, et qui traversent partiellement le mur, me faisant penser immanquablement à des trophées de chasse exposés. Les ténèbres commencent à s’étendre dans le couloir. Elles précèdent toujours la femme que j’aime. Ecran sonique en place, je me prépare à coller l’assaut final. Il est inutile de fuir, car si je le fais, je sais que je la perdrais à jamais. Tandis que si j’affronte sa colère, et que j’en sors vainqueur, elle tombera à nouveau dans mes bras. Enfin, je crois.

Le nuage de ténèbres est face à moi. En fait de nuage, il s’agit d’une certaine variété de parasites, parmi ceux qui composent son sang. Des micro-organismes microscopiques qui se répandent autour d’elle, pour la camoufler à nos regards. Dommage, un physique pareil, il ne faut pas le cacher. Le nuage obscur fait un pas en avant, puis un second, et elle est pile à la bonne place pour ma riposte. J’espère simplement que je ne vais pas la tuer. Mon premier cri atteint d’abord le sol, la déroutant. Elle s’attendait sûrement à une attaque frontale, pour réduire sa résistance. Hors, ce pouvoir-ci s’en prend directement à son défaut principal, la stabilité. Elle a été obligée de recourir à des cours d’acrobatie, pour compenser une faiblesse qu’elle ne peut combattre. Elle a tellement de puissance dans les jambes que son équilibre en est perturbé. Ses défenses en sont réduites d’autant, et elle n’a même pas l’occasion de se redresser assez longtemps pour me faire face.

Elle me voit ensuite prendre une large inspiration, pour générer un hurlement plus puissant que tous les autres. C’est mon attaque finale. Si jamais je ne parviens pas à la contrôler avec ça, je n’ai plus qu’à prendre mes jambes à mon cou, à trouver un ordinateur, à rédiger un testament, et à attendre qu’elle vienne me cueillir comme un fruit mûr. C’est pour cela, ma propre existence étant en jeu, que je me concentre comme jamais je ne me suis concentré pour porter cette attaque. La Lamentation résonne de tous côtés, lorsque je la lance, se répercutant sur les parois rapprochées du couloir. La structure même du bâtiment est touchée, les plafonds s’effondrent sur les gens, le sol plie sous nos pieds, l’immeuble se tasse comme un château de cartes.

Pris dans mes propres dégâts, je n’ai dû ma survie qu’à une seule botte à fusées, l’autre ayant rendu l’âme pendant l’escarmouche. Mes vêtements sont en lambeaux, je crois que j’ai une côte cassée, bien que j’espère qu’elle ne soit que fissurée, et mon bras gauche pend mollement. De ma position haute, je peux voir Bad Cat. Ses fringues sont déchirées, dévoilant une bonne partie de son anatomie, et je vois les parasites de son sang noir qui courent, enfin, façon de parler, à gauche et à droite, pour se nourrir des restants de cadavres enterrés sous les décombres. C’est un amour violent que nous nous portons.

Doucement, délicatement, pour ne pas malmener encore plus mon corps meurtri, je descends à côté de Bad Cat. Elle est allongée sur le dos, me regarde encore avec le même air de défi. Moi, j’ai un autre type de regard.

- « Qu’est-ce que tu attends ? Achève ton œuvre ! » m’ordonne t’elle.
- « Qu’est-ce que tu es belle. Quel idiot j’ai été, de te laisser partir. »

Avec précautions, je me mets à genoux, et me penche sur son corps, pour mieux goûter à ses lèvres. Elle ne me repousse pas, mais, au contraire, passe ses bras autour de mon cou. Pour des retrouvailles, ce sont des retrouvailles sanglantes. Nous nous sommes offert l’un à l’autre, comme la première fois, en dépit de notre état respectif. Etrange mélange de plaisir et de douleur, entre mon bras inerte, mes cuisses irradiant le feu, mes côtes me faisant souffrir à en mourir. J’imagine que, de son côté, Bad doit ressentir quelques tiraillements, et une bonne dose de douleur aussi, au vu des grimaces qu’elle fait, à chaque changement, même léger, de position. On est dingues, et on adore ça. N’importe qui d’autre, dans nos états, aurait préféré aller à l’hôpital, plutôt que de baiser jusqu’à plus soif.

Ensuite, péniblement, nous avons remis nos vêtements, du moins ce qu’il en reste, pour ne pas attenter à la pudeur, et, nous portant l’un et l’autre, nous sommes retournés à mon appartement, en passant par la base XGen. Une fois chez moi, nous avons éclusé la pharmacie. Analgésiques, baumes, pommades, aspirines, tout y est passé. Mais l’un comme l’autre, nous sommes contents. Contents de nous être retrouvés.

Ce pauvre gus que j’ai défenestré m’a bien servi, finalement. Il a dit à Bad Cat ce que je n’osais lui avouer, à savoir ma faiblesse auprès des femmes.

- « Dorénavant, » me dit Bad Cat « je vais te garder un peu plus à l’œil. »
- « D’accord. » Je ne manque pas de sourire, douloureusement à cause de ma côte fissurée. « De mon côté, ne m’en veux pas si je t’observe intensément. »
- « Ca marche. »

Et c’est reparti comme en quarante !

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