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 Mason Brass

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Poulpe
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MessageSujet: Mason Brass   Mer 11 Avr - 18:05

Level 1 : Escape and a gun

C’était l’heure du nettoyage, dans la grande prison de Ziggursky, et les prisonniers s’agitaient pour finir leurs tâches ménagères au plus vite, sous l’œil vigilant des gardes omniprésents. On entendait, par endroit, des injures prononcées à voix basse, sans destinataire, certain ne comprenant pas pourquoi ils devaient s’abaisser à de tels travaux. Les autres gardaient leur opinion pour eux, mais leur regard était plus éloquent que des mots.

La grille à l’autre bout du couloir s’ouvrit soudain, en grinçant, dévoilant un autre prisonnier qui arrivait pour accomplir sa part de corvée. Comme les autres, il était revêtu de sa tenue orange de prisonnier, son numéro s’affichant dans son large dos, les manches retroussées jusqu’aux coudes. Le côté gauche de son visage était défiguré par une horrible cicatrice, vestige d’un combat passé, le menton disparaissant sous un bouc poivre et sel, de la même couleur que ses cheveux hirsutes.

Sans que rien ne le laisse présager, les autres prisonniers se levèrent, abandonnant un court instant leurs travaux, comme pour lui faire une haie d’honneur. Il avança jusqu’à la place qui lui était désignée, sous les regards à la fois envieux et respectueux de tous les détenus de droit commun présent en ce lieu, et ceux inquiets des gardes, craignant que le nouveau venu ne déclenche encore une rébellion. L’arrivant prit une serpillière, et commença à lessiver son coin de couloir.

Mason Brass venait faire sa part de travail.

Nul autre que lui n’aurait droit à de tels égards, mais il est l’un des plus anciens pensionnaires de l’établissement. Bien des années auparavant, il se voyait affublé de surnom, comme « celui qui s’oppose aux Dieux », ou encore « l’Empereur de la rue », avant qu’il ne soit finalement arrêté. Mais même alors, il avait laissé sa trace dans les esprits, et, trente ans d’emprisonnement après, il conservait sa réputation.

Avant d’être arrêté, il avait eu le temps de se construire un empire, basé sur la terreur des petites gens, et le respect des bandes de la rue. Enfant de cet environnement, il avait très tôt rejoint un gang, avant d’en prendre le contrôle. En quelques années, il prit les rênes du pouvoir de plusieurs gangs, formant ainsi une menace à laquelle s’opposa les Régulateurs du Cogneur des Bas-Fonds. Le même Cogneur avait été l’artisan de la victoire sur Mason Brass, et ce fut lui qui fut à l’origine de la cicatrice que ce dernier avait au visage.

Mais le combat avait été rude, et le Cogneur n’avait dû sa victoire que grâce à une suite d’évènements favorables. Bien qu’il ne le sache pas, la Famille était responsable indirectement de la chute de Mason Brass. L’empire de celui-ci s’étendait jusqu’à leurs plates-bandes, et, ne pouvant s’en occuper eux-mêmes, à cause de leur faiblesse face aux gangs que dirigeait Mason, ils avaient fait circuler des informations jusqu’aux oreilles du super-héros, qu’ils savaient à sa poursuite.

Au début des années quatre-vingt, en dépit de l’avertissement donné par Metalectric, un super-héros qui revendait certaines informations, Mason Brass fut capturé à l’entrée de Perez Park, lors d’une de ses inspections routinières de son empire de la rue. Le Cogneur, bien que puissant, porte lui aussi les traces de cette lutte, et seule une balle perdue (qui ne devait pas l’être tant que ça) lui accorda la victoire. Après quelques semaines de coma, Mason Brass fut jugé et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

C’est ainsi que trente ans après, il demeure encore dans la prison, en étant le plus ancien des locataires de l’endroit, d’où sa réputation et le respect que l’on lui voue.

L’évasion spectaculaire organisée par Arachnos n’avait pas atteint le quartier des détenus de droit commun, comme Mason Brass. Il n’avait donc pu en profiter. Mais, cependant, la fuite récente d’un médecin marron de la prison, un certain Stanilowicz, face à une super-héroïne, lui avait laissé deviner qu’une possibilité de s’échapper existait, en dépit de ses trente ans de captivité passé à chercher une issue possible. Ses contacts au sein de la prison ne lui avaient été d’aucune utilité jusqu’à présent, et c’est ainsi qu’il chercha à se rapprocher d’un prisonnier, probablement celui qui avait permis à Stanilowicz de s’enfuir.

Mason avait alors rencontré DC, un ex-vilain, resté volontairement en arrière dans la prison, après l’évasion de masse. Après une discussion, interrompue par un maton, et quelques rations de cigarettes offertes, DC avait finalement cédé à Brass le moyen de sortir de la prison. Se servant de ses contacts, il avait réussi à obtenir un objet qui allait faciliter son évasion.

Les gardes continuaient de surveiller le nettoyage, d’un air absent. Ils étaient quatre à surveiller les alentours, mais aucun d’eux ne vit Mason Brass plonger la main dans le seau où il puisait l’eau pour sa serpillière, en sortir un paquet bien ficelé. Il cacha le paquet sous son uniforme, puis prétexta d’aller changer son eau. L’un des gardes lui ordonna de passer devant, jusqu’aux toilettes, ce qu’il fit. Une fois à l’intérieur, Brass fit mine d’aller remplir son seau, sortit le paquet de son uniforme et l’ouvrit.

Dans celui-ci se trouvait un revolver, un Desert Eagle de fort calibre. Il appela le garde, prétextant un souci avec le robinet. Quand ce dernier fut assez près, il lui donna un coup de crosse vif sur le front. Le garde tomba à la renverse, et Brass s’empressa de lui prendre clés et vêtements, et de se changer dans la foulée. Il sortit ensuite des toilettes, déguisé, puis se rendit calmement jusqu’aux docks où arrivait la nourriture. Patiemment, il attendit qu’un engin de transport volant se parque, puis il grimpa dedans, menaça les occupants, et ceux-ci n’eurent d’autres choix que d’obtempérer.

L’évasion avait duré moins de dix minutes. Les compagnons du garde ne s’étaient pas aperçus de son absence trop longue, occupés qu’ils furent par une bagarre qui avait éclaté (provoquée sciemment, selon le rapport des autorités enquêtrices). Pendant que les gardes tentaient de ramener l’ordre au sein des couloirs, une discussion avait lieu dans l’engin volant, qui avait quitté l’aire de déchargement de la prison.

- « Vous n’irez pas loin. » commença l’un des pilotes, avant de trembler suite au contact du canon sur sa tempe.
- « Erreur, mon pote. Tu t’es trompé dans ta phrase. Ce que tu aurais dû dire, c’est ‘où est-ce que vous voulez aller ?’. Alors, maintenant, pose-moi la bonne question, ou je te truffe le petit pois qui te sert de cervelle. » Le pilote obéit, trempé de sueur.
- « Où … où voulez-vous aller, Monsieur ? »
- « Bien, tu vois quand tu veux ! Direction l’île Clémence. »
- « Mais … »
- « Pronto ! » Le métal de l’arme s’enfonça un peu plus dans la chair.
- « Ne … ne vous énervez pas. Je vais vous y conduire ! »
- « Et ne tente pas de faire le malin. Et toi non plus. » s’adressa t’il au second du pilote. Ce dernier leva les mains. « Si vous êtes sages et obéissants, vous pourrez rentrer chez vous ce soir, les petits gars. Tentez quoi que ce soit, et on vous retrouvera en morceau. C’est compris ? »
- « Oui. » répondirent les deux occupants de l’appareil.

Le voyage fut sans encombre, la bagarre ayant duré assez longtemps pour permettre à Brass de donner ses directives aux pilotes. L’engin était déjà à plus de la moitié du trajet quand les gardes se rendirent compte qu’il leur manquait un prisonnier.

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Poulpe
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MessageSujet: Re: Mason Brass   Jeu 12 Avr - 17:16

Levels 2 et 3 : Punk is not dead !

Dans un bruissement presque inaudible, l’engin volant se posa au milieu d’une plage désertée de l’île Clémence. La porte de déchargement s’ouvrit, délivrant l’ex-prisonnier. Celui-ci s’éloigna pressement, craignant que les pilotes, sans la présence de son arme, ne préviennent les autorités. Il gagna vite le couvert des immeubles les plus proches, puis vit l’appareil prendre son envol. Probablement, se dit l’homme, que les pilotes vont se mettre à bonne distance des côtes de l’île, et appeler les renforts.

Mason Brass mit la main gauche dans sa poche, et en sortit les quelques billets qu’il avait pris à ses deux otages. Il en fit un petit tas, et commença à compter, soupirant de déception. Quand l’engin volant qui l’avait amené ici ne fut plus qu’un point noir dans le ciel, il s’engagea dans la rue, et vit un magasin de motos. Il s’y rendit, et, voyant que celui-ci était fermé depuis quelques années, entreprit d’ouvrir la porte avec de solides coups de pied. Les rues désertes retentissaient des échos des impacts, puis l’antique verrou qui maintenait la grille fermée sauta, dans un claquement métallique.

Brass fouilla dans les rayonnages, tous presque vides, à l’exception de quelques vêtements déclassés qui n’avaient jamais trouvé preneur. Après plus de deux heures passées à faire l’inventaire de ce qu’il y avait dans la boutique, il fit son choix dans ce qu’il avait récolté, abandonnant son uniforme de garde qu’il avait emprunté.

Parmi les vêtements qu’il avait pu réunir, il choisit un pantalon de cuir aux motifs enflammés, des bottes de motards de sa taille, dans un état lamentable, puis un blouson de cuir noir auquel il arracha les manches. Il orna sa tête d’une casquette noire, refit un rapide tri parmi les affaires qu’il avait retrouvé, puis décida d’y mettre le feu. L’endroit était trop exposé pour devenir son lieu de villégiature, et il préférait effacer les traces de son passage.

Alors que les flammes commençaient à courir le long des murs, il sortit de l’endroit, prit une large inspiration de cet air plein de liberté auquel il avait aspiré pendant ces trente longues années. Il jeta un regard au dessus de son épaule, voyant le feu prendre, puis fit quelques foulées jusqu’au pied d’un immense bâtiment noir qu’il avait pu voir pendant le vol. Celui-ci, vu de plus près, s’ornait de penderies représentant une araignée stylisée. Sans être sorti de sa prison pendant si longtemps, il savait cependant à qui appartenait ce symbole.

- « Arachnos. » murmura t’il.

Il se demandait si le jeu en valait la chandelle, de travailler pour des individus comme eux, compte tenu de son objectif final. Alors qu’il se posait des questions, un bruit de bagarre interrompit ses réflexions. Il se dirigea vers la source des ennuis, revolver en main.

Dans une ruelle fort peu éloignée de la base d’Arachnos, il vit ce qui causait ces sons. Des Krânes, une demi-douzaine en tout, s’en prenaient à un punk. Celui-ci était au sol, replié sur lui-même, se protégeant la tête entre ses bras, proférant des injures entre chaque coup de pied de ses assaillants. Brass admira le tableau. Si six des Krânes étaient encore debout, quatre d’entre eux avaient mordu la poussière avant qu’ils ne parviennent à maîtriser le voyou. Mason ajusta son arme, en direction du Krâne qui, à son tour, allait frapper le punk. La détonation claqua, coupant court à toute violence.

Les cinq autres se retournèrent, surpris de cette intervention. Alors qu’ils ne surveillaient plus le petit punk, celui-ci en profita pour coller, de sa position allongée, un coup de pied à l’entrejambe de son ennemi le plus près. Ce dernier tomba à genoux, étouffant un cri hululé. Les autres ne savaient plus trop que faire. Ou ils frappaient le punk, et le vieillard qui venait d’arriver allait les plomber un à un. Ou ils se défendaient contre le motard, et le punk allait les prendre à revers.

Finalement, les quatre derniers se contentèrent de prendre la fuite, sans même se donner la peine de ramasser leur allié, toujours à genoux, qui fit de grands efforts pour quitter le lieu du combat le plus rapidement possible. Mason passa le revolver dans sa ceinture, tandis que le punk s’asseyait sur une poubelle, massant ses bras endoloris. Brass s’approcha de lui.

- « C’est toi qui a savaté les quatre autres ? » lui demanda t’il, désignant les quatre premiers Krânes affalés dans les détritus alentours.
- « Ouais, et alors ? T’es flic ? »
- « T’as un bon potentiel, gamin. »
- « Quoi ? T’es qui, toi, d’abord ? »
- « Je m’appelle Mason Brass. Je viens de m’évader. »
- « Mason Brass ? » Le punk fit un effort de réflexion. « Attends, j’ai déjà entendu parler de toi ! »
- « Ah bon ? J’ignorais que des jeunes de ta génération me connaissaient. »
- « Parait que tu avais presque mis une pâtée à l’autre Cogneur. Mais qu’une balle perdue t’a empêché de l’achever. »
- « La balle n’était pas perdue. On m’a volontairement éloigné de la circulation, gamin. »
- « Je ne suis pas un gamin ! Je m’appelle Joe Wyatt ! »
- « Je cherche à remonter un gang, et à reprendre du territoire pour en faire mon terrain de jeu. Si t’es intéressé pour devenir plus fort que ces mongols qui t’agressaient, tu n’as qu’à venir avec moi. »
- « Sérieux ? »
- « Ouais. »

Joe Wyatt regarda le vieil homme dans les yeux, y voyant son assurance et sa force. Il ne saurait pas expliquer pourquoi, mais il savait que Mason Brass parviendrait à ses fins, tôt ou tard. Il se releva.

- « Ca pourrait être marrant. »
- « T’as un flingue, Joe ? »
- « Non. Je ne me bats pas avec ça, moi ! »
- « Maintenant, tu en auras un. On va trouver un flic du coin, le passer à tabac et lui piquer son attirail. »

En peu de temps, Mason et son nouveau sbire mirent la main sur un agent de la Police des Insoumises. Ce dernier faisait sa ronde, voulant impressionner son entourage en faisant rouler ses muscles. Il ne vit pas Brass et Wyatt arriver par derrière. Avant même que le jeune punk n’ait le temps de faire quoi que ce soit, Mason avait abattu la crosse de son Desert Eagle sur la tête du policier. Celui-ci s’écroula, un peu de sang coulant du sommet de son crâne. Brass le retourna d’un coup de pied violent, et s’abaissa.

Il sortit le vieux magnum 44 de l’étui qui pendait à la ceinture de l’homme en bleu, qui saignait toujours, et le fouilla pour trouver des balles. Quand il eut tout en main, il donna le matériel ainsi récupéré à son acolyte.

- « Tu sais t’en servir ? »
- « Me prends pas pour une andouille, mec. »

Et Joe Wyatt de montrer son talent pour recharger l’arme. Pendant qu’il s’exécutait, un autre policier vint sur les lieux, et réagit instantanément. Brass ordonna à Wyatt de tirer, et celui-ci obéit. Cependant, la balle passa à deux mètres du policier. Brass vida alors le reste de son chargeur sur son ennemi.

- « Je croyais que tu savais t’en servir ? » Mason avait l’air déçu.
- « Mon père m’avait appris quand j’étais jeune, mais faut croire que j’ai perdu la main ! »
- « Alors, avant de prendre un rythme d’activité normal, il va falloir que je t’entraîne un peu. »

Les deux individus quittèrent la rue, laissant derrière eux des passants pantois et deux cadavres. Ils se rendirent derrière de vieux bâtiments, et, sans aucune précaution, Brass installa des canettes de bières vides sur le dossier d’un vieux banc public. Il fit reculer Joe de quelques mètres, s’éloigna prudemment de l’endroit où étaient posées les cibles, et lui demanda de tirer dessus. Sur les cinq canettes, une seule fut touchée, alors même qu’elle n’était pas la cible désirée.

Mason ne fut pas avare de conseil, et le reste de l’après-midi fut passé à finir toutes les cartouches récupérées sur le flic. L’entraînement fut payant, et, lorsque le soleil commença à se coucher, Joe Wyatt parvenait à atteindre quatre canettes sur cinq. Mason le fit arrêter, lui disant que, de toute manière, il ne lui restait plus assez de munitions pour poursuivre. Il demanda au jeune punk si il connaissait un endroit où dormir, et celui-ci lui répondit par l’affirmative, désignant un squat où il trouvait refuge régulièrement. N’ayant rien de mieux à disposition, Brass opta pour cette solution passagère.

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MessageSujet: Re: Mason Brass   Jeu 19 Avr - 15:46

Levels 4 et 5 : Double guns

Le squat n’avait rien de luxueux, il fallait s’en douter, venant de la part d’un jeune punk désargenté. Il s’agissait d’une simple chambre aménagée dans une antique supérette désaffectée, en lieu et place de l’endroit où se trouvaient auparavant les surgelés. Les appareils de conservation des aliments avaient été retirés voilà bien des années, laissant juste quelques étagères qui servaient à ranger des affaires qui sentaient singulièrement mauvais. Le lieu devait être fréquenté par d’autres que Joe, et sans doute s’agissait-il de quelques clochards ayant eu la chance de trouver l’endroit.

Pendant que Mason s’installait sur le matelas qui servait à Joe d’habitude, sur l’invitation de ce dernier, Wyatt se rendit à l’autre bout de la pièce, et pris un autre matelas, qui devait appartenir à on ne sait trop qui. Il installa sa couchette de fortune à deux mètres de celle de Brass, pour lui laisser suffisamment d’espace pour respirer, avant de quitter la supérette. Il revint quelques minutes plus tard, porteur de deux sacs pleins à ras bords. Il les posa sur sa couchette, s’assied à côté et extirpa de ceux-ci un pack de bière et quelques sachets de nourriture bon marché.

- « J’ai pris que du froid. » justifia Joe. « On peut rien faire cuire ici, le système d’incendie est encore opérationnel. »
- « Suffit de le couper. »
- « Ouais, mais personne ne sait comment faire. Ce n’est pas faute d’avoir cherché ! »
- « Alors, ça veut dire que vous avez cherché comme des ânes. »

Mason Brass se leva, bien vite imité par son acolyte. Il se dirigea vers le fond de la supérette, à l’endroit où autrefois les marchands stockaient leurs marchandises, puis il arracha du mur un panneau habilement dissimulé. Derrière celui-ci s’entremêlait de nombreux fils. Mason en regarda quelques-uns en particulier, puis finit par en arracher un rouge. Après cela, il retourna aux couchettes, et entreprit d’allumer un petit réchaud à gaz, sous le regard mi-étonné mi-vexé de Joe.

- « Y’avait qu’à arracher un câble à la … »
- « Ouais, ça ne change pas beaucoup de place, dans ce genre de boutique. »
- « Comment tu le sais ? »
- « Quand tu veux foutre le feu à une boutique qui ne paie pas sa redevance mensuelle, mon petit gars, il faut savoir couper le système anti-incendie. C’est la base. »
- « Ah. Vache, je suis content de bosser avec toi ! »
- « Gaffe, Joe. Le type auquel tu as piqué le matelas arrive. Il n’a pas l’air content. » coupa Brass.

Effectivement, derrière le punk, un individu était entré pendant qu’ils coupaient le système anti-incendie, et avait retourné le coin ou Joe avait été prendre le matelas qu’il avait désormais sous les fesses. L’individu en question vit que Wyatt avait ramené quelqu’un et il avait deviné que son matelas avait dû servir à accueillir le nouveau. La personne en question, quand Brass put le voir, était un mastodonte d’environ un mètre quatre-vingt dix, à la corpulence épaisse, de lourdes poches sous des yeux injectés de sang, les cheveux gras formant de longues mèches qui tombaient devant son visage et sur ses épaules. A la tenue, on devinait qu’il s’agissait de quelqu’un qui travaillait sur les docks.

- « Joe, misérable petite raclure. Rends-moi mon matelas, et je m’arrangerais pour que ta douleur soit la plus courte possible. »
- « ‘tain, Ed, t’es jamais là d’habitude le Mardi. »
- « Ca fait un moment que tu me sors par les trous de nez, petite frappe. Mais cette fois, c’est la dernière. »

Le dénommé Ed sortit de sa chemise un gros revolver, identique en tout point à celui dont se servait Mason Brass. Le docker posa la pointe du canon derrière le crâne du punk, mais celui-ci ne releva pas. Il appuya un peu, histoire de faire pencher la tête du voyou, avant de commencer à lui parler sur un ton gouailleur.

- « Tu trembles, hein, petit merdeux ? »
- « Tu t’es acheté un jouet ? C’est bien, tu vas pouvoir faire peur aux gosses du quartier. »
- « C’est un vrai, Joe. » lui dit Mason.
- « Bien sûr que c’est un vrai, pépé ! » s’insurgea Ed. « Ca fait un moment que j’en cherche un ! Histoire de pouvoir … »
- « Faire ta petite loi, parce que sans ça, personne ne t’obéit, pas vrai ? » Joe ne semblait pas très impressionné.
- « Rigole, rigole, imbécile. On va voir si tu riras autant quand je t’aurais percé ce qui te sert de cervelle. »
- « Le problème est que j’ai promis des choses à Joe. » fit Brass. « Et que je risque d’avoir besoin de lui. Alors tu baisses ce flingue, et tu te trouves une autre couchette. »
- « Quoi ? » Le revolver se tourna vers Brass. « Qu’est-ce que tu as dit, pépé ? T’es pas content ? T’en veux une aussi ? »
- « Vois-tu, Joe, nous avons devant nous le prototype du parfait imbécile. »
- « Raaaaah ! » Ed écumait de rage. « Tu tiens vraiment à ce que je te plombe, vieillard ? »
- « Vas-y. » lui proposa Brass. « Appuie. » Le dénommé Ed sembla se calmer.
- « Tu cherches à te suicider ? Manque de bol, je ne vais pas te simplifier la chose ! »
- « Tu essayes surtout de sauver ton honneur face à Joe, pas vrai ? »
- « Comment ça, Mason ? »
- « Pour pouvoir tirer avec ce flingue, il faudrait déjà qu’il y ait des balles dedans ! » ricana Brass.
- « Euh … » répondit Ed, tandis que Mason plongeait la main dans son dos. Il en sortit son revolver, le même Desert Eagle dont Ed se servait pour menacer Joe.
- « Un peu comme dans celui-ci. »
- « Te fous pas de moi, il est complètement vide, ton … »

La détonation claqua, faisant tomber le dénommé Ed à la renverse. Le revolver qu’il tenait heurta le sol en explosant un morceau du carrelage, tandis que son précédent propriétaire poussait des hurlements de goret qu’on égorge en se tenant l’épaule gauche avec sa main valide.

- « Vois-tu, Joe, j’ai besoin de gars qui ont des tripes, comme toi. Des bluffeurs, comme celui-ci, ça ne sert à rien dans un gang, sais-tu pourquoi ? »
- « Non, je ne sais pas. »
- « Parce qu’un jour ou l’autre, ce qui vient de se passer aujourd’hui se produit : on tombe sur quelqu’un avec qui le bluff ne prend pas. Ce jour-là, il faut savoir faire preuve de cran pour sauver sa peau. » Brass se leva et ramassa l’arme d’Ed. « Je pense » fit-il en prenant un chargeur à sa ceinture et en l’insérant dans l’arme « que ce joujou sera plus à sa place entre mes mains que dans les tiennes, mon vieux Ed. Ca ne te dérange pas ? »
- « Non, non, pas du tout ! » répondit le susnommé, entre deux crises de larmes.
- « Joe, tu as de quoi soigner l’ahuri ? »
- « Doit rester quelques bandages dans la trousse à pharmacie. »
- « Okay. Va les chercher. »
- « Tu veux le soigner ? »
- « Si on le laisse crever ici, je te raconte pas l’odeur. »

Après quelques soins, et avoir assommer Ed qui braillait comme un putois, Mason et son sbire prirent quelques repos. Le lendemain, la journée promettait d’être chargée.

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MessageSujet: Re: Mason Brass   Lun 23 Avr - 15:41

Levels 6 et 7 : A bag of bullets

Le soleil se levait à peine quand Mason Brass réveilla son acolyte. Celui-ci gémit et grogna, mais se leva tout de même, craignant que son nouveau patron le laisse derrière lui. Une tasse de café réchauffée à la va-vite dissipa les dernières brumes obstruant l’esprit du jeune punk, et Mason lui demanda de le suivre. Ils passèrent devant la couchette rudimentaire où était encore affalé le dénommé Ed, et celui-ci les regarda défiler sans dire un mot. La nuit s’était assez mal déroulée, et, à deux reprises, le vieillard avait frappé le docker, qui avait tenté de reprendre son arme.

Joe suivit Mason de près jusqu’à la sortie. Dehors, Brass prit une grande inspiration, comme il le faisait régulièrement lorsqu’il était en prison. Ensuite, sans dire un mot, il avança dans les rues, les revolvers sagement rangés. Pour suivre son exemple, Joe Wyatt remit les siens dans sa ceinture. Mason continua de circuler, cherchant apparemment quelque chose, sans l’avoir dit à son acolyte. Ce dernier se demandait quel pouvait être cet objet qu’il cherchait. Soudain, sans prévenir, le vieil homme se précipita dans une ruelle perpendiculaire à celle qu’ils traversaient tous deux. Joe accéléra la cadence, afin de suivre son nouveau chef. Quand il arriva dans la ruelle, Mason était occupé à démonter le tableau de bord d’un vieux camion.

- « C’est ça que tu cherchais ? »
- « Ouais. Un moyen de transport. »
- « Pour aller où ? »
- « Direction Atlas Park, mon gars. On va braquer une banque et en profiter pour récupérer quelques babioles. »
- « Des babioles ? »
- « Ouais. »

En quelques secondes, le moteur de l’engin s’ébroua. Mason conduisait comme un pétard attaché à un chien, ce que lui fit remarquer Joe. Brass ria bien fort en disant qu’en trente ans, il n’avait pas perdu la main. Les rues se vidaient à son passage, et il traversait l’île avec un mépris complet des autres usagers. Au terme du voyage, et sans que Joe ne comprenne comment ils avaient pu arriver vivants, ils se trouvaient à quelques miles du centre de Paragon City.

- « Tu es déjà venu ici, Joe ? »
- « Nan, c’est la première fois. J’ai grandi sur les Insoumises. »
- « Alors, soit le bienvenu au centre du monde des super-héros, gamin. Ici, nous sommes tout petits, alors il va falloir se montrer circonspects si nous tenons à retrouver nos pénates ce soir ! »

Joe se remémorait les paroles de Brass, quand il lui disait qu’il avait de plus grandes aspirations que de végéter sur les îles. Le jeune punk n’aurait jamais imaginé pouvoir un jour mettre les pieds dans ce que l’on appelait la cité des héros. Et pourtant, sous la direction du vieil homme, c’est bien là qu’il était. Mason lui ordonna de le suivre, à nouveau, et, s’engageant derrière son leader, Wyatt pu voir que celui-ci se dirigeait vers un bâtiment dont l’enseigne indiquait clairement qu’il s’agissait de …

- « Le commissariat de quartier ? »
- « Ouais. »
- « Je comprends pas ? Je croyais que nous devions braquer une banque ! »
- « Dis voir, combien il te reste de balles ? »
- « Euh … » soupira le punk, en fouillant dans ses poches. Il put ainsi constater qu’il n’irait pas loin avec le peu qu’il lui restait de munitions.
- « On va refaire le plein ! »
- « D’ac’ ! »

L’attaque surprise sur le commissariat porta ses fruits, et les quelques agents en garde à ce moment-là n’opposèrent qu’une faible résistance. Les dernières balles du duo servirent essentiellement à pacifier la zone, et Joe put voir Brass s’engouffrer par les portes. Manifestement, l’ancien taulard savait exactement où se trouvait ce qu’ils cherchaient. Mason se dirigea droit vers un ascenseur, que Wyatt n’avait pas vu auparavant, et monta dedans, en tenant la porte, afin que Joe puisse le rejoindre. Lorsque la porte s’ouvrit, un étage plus bas, le punk put voir qu’ils étaient parvenus aux cellules. Ces dernières ne semblaient pas occupées, hormis deux portes solidement cloisonnées. Mason entreprit de faire sauter la serrure de la seconde, sous le regard étonné de son acolyte.

- « Qu’est-ce que tu fais ? »
- « Ce sont des petits malins, ces flics. Ils planquent les munitions confisquées dans un endroit où personne ne penserait à chercher. »
- « Dans une cellule ? »
- « Bien trouvé, non ? En plus, c’est encore plus sécurisé que certains coffres. »
- « Comment tu le sais ? »
- « Par expérience ! »
- « Hé, sortez-moi de là ! » hurla une voix, venant de la cellule d’en face. On pouvait voir une crête à l’iroquoise orange dépasser à travers la grille.
- « Miller ? » demanda Joe. « Josh Miller ? »
- « Quoi ? Tiens, mais c’est ce bon vieux Joe ! Comment va ? »
- « Comment t’as atterri ici ? »
- « J’ai une escouade de types en rouge et blanc qui me sont tombés dessus alors que je vidangeais une boutique, sur les Insoumises. On m’a enfermé ici, le temps que je passe en jugement. Et toi, Joe ? Qu’est-ce que tu fiches ici ? »
- « Je suis venu braquer la banque ! »
- « Tout seul ? »
- « Non, avec lui. »
- « Un pépé ? T’as peur de rien. J’aime ça. » Brass s’approcha de la porte.
- « Si je te fais sortir d’ici, qu’est-ce que tu feras ? »
- « Ben, si ce que t’as dit est vrai, il doit aussi y avoir des flingues, avec les munitions. J’en prendrais un, et j’irais clamser quelques flics, histoire de leur faire passer le goût de la plaisanterie ! Ensuite, je retourne d’où je viens, et je reprends là où je m’étais arrêté. Si les rouges reviennent, j’aurais encore un peu plus de répondant, avec un flingue en pogne. »
- « Encore un peu plus de répondant ? »
- « Ouais. Rien qu’avec une batte, j’en ai obligé quatre à se servir de leur balise de téléportation. Si j’avais pas pris une étagère sur le coin de la face, ils auraient morflé sévère ! »
- « Et bien, quel tempérament ! Tu me plais bien, mec. »
- « Quoi ? »
- « Je cherche à monter un gang. Si ça t’intéresse, on peut faire équipe. Je cherche des gros bras, comme toi, des types qui n’ont peur de rien. »
- « Qu’est-ce que j’y gagne ? »
- « Baston, à volonté, fric, femmes, drogue. En général, avec moi, on ne se refuse rien ! » Miller fit osciller son regard entre le visage de Brass, défiguré sur le côté gauche par une cicatrice, et Joe Wyatt, qu’il connaissait. Ce dernier lui fit un signe de la tête, qui semblait lui dire d’accepter l’offre de Brass.
- « Mais t’es qui, au juste, pépé ? »
- « Je m’appelle Mason Brass. »
- « Attends, le type qui s’est évadé de prison ? Paraîtrait que t’avais presque foutu une pâtée au Cogneur ! Dis donc, Joe, t’as un sacré pote ! »
- « Alors, ma proposition te branche ? »
- « Ca roule, pépé. Fais sauter la porte, que je puisse allumer quelques péquenots ! »

La serrure fut ouverte, grâce au trousseau de clés que Mason avait pris à l’un des gardes abattus à l’étage du dessus. Josh Miller sortit en grande pompe, un peu fanfaronnant. Il expliqua, pendant que Brass ouvrait l’autre porte de cellule, qu’il connaissait Joe depuis qu’eux deux avaient fait parti d’un même gang. Quand les Hellions avaient repris la tête du gang, une grosse partie des punks de la bande avaient quitté le mouvement, et vivotaient en pratiquant isolément braquages et pillages.

Mason approuva, lui aussi détestant ces grands groupes qui se tournaient vers le mysticisme, oubliant qu’avant tout un gang était un groupe de rue, et non un refuge pour magiciens en herbes ou mutants disproportionnés. La porte s’ouvrit en grinçant, et, une fois à l’intérieur de la cellule, Brass prit un grand sac noir de sport et le retourna. Il le retourna pour vider ce qu’il y avait à l’intérieur, laissant choir au sol un arsenal vraiment technique d’appareils. Joe se pencha pour ramasser un bazooka rétractable, et Mason de lui dire de le laisser tomber, en expliquant que si il devait s’en servir dans une rue, il y resterait probablement aussi.

Josh Miller prit un Magnum 44, comme celui de Joe, pendant que le vieil homme remplissait le sac de toutes armes ou munitions qu’il jugeait utile. En quelques minutes, le sac débordait presque. Mason le mit sur son dos, et demanda à ses acolytes de le suivre. Ceux-ci s’exécutèrent, et, pendant le trajet, Mason envoya des réserves de munitions à Joe et Josh, ainsi qu’une seconde arme à chacun. Il ordonna ensuite de prendre la direction de la banque. En quelques minutes, après avoir affronté à quelques reprises les forces de l’ordre, ils parvirent tout trois à l’entrée. Les couloirs se vidaient à leur approche, les gens affolés courraient en tout sens se mettre à l’abri, et les gardes civils furent abattus.

La porte blindée du coffre-fort sauta sous les balles, et Brass chargea un second sac avec tout l’argent qu’il pouvait prendre. L’intervention d’un super-héros, un adepte des arts martiaux, ne fut qu’une simple contrariété, que les balles des revolvers des trois hommes furent à même de réduire rapidement au silence. Après cette courte interruption, ils retournèrent au camion, et Brass, fatigué, laissa Josh Miller prendre le volant, en lui indiquant le chemin à prendre. Après une bagarre contre les Traqueurs de l’Arc, sans arrêter le camion, ils parvinrent à revenir sur les îles. Là, Mason Brass ordonna de laisser le camion sur place et d’y mettre le feu. Alors qu’ils s’éloignaient de l’incendie, Miller posa des questions à Brass.

- « Et bien, on ne s’ennuie pas, avec toi, pépé. Quel est le programme des réjouissances, pour demain ? »
- « Direction Port Oakes. C’est le bon endroit pour commencer à établir notre domination. »
- « Port Oakes ? La Famille ne sera pas contente de nous voir ! »
- « C’est bien là où ça devient marrant ! » répondit Brass.

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MessageSujet: Re: Mason Brass   Ven 4 Mai - 15:05

Levels 8 et 9 : My sweet revenge

La trompe du bateau de remorquage réveilla les trois hommes, et Mason pesta en disant qu’il aurait mieux valu envoyer par le fond tous les marins des environs avant d’aller se coucher, ce qui fit rire Miller et Wyatt. Ils avaient trouvé refuge au sein d’un entrepôt, sur les quais, dans une ancienne cabane de cantonnier, laissée à l’abandon. En fouillant dans les boîtes, et en essayant de ne pas alerter le contremaître, ils avaient pu trouver un peu à manger, et s’installer tant bien que mal.

Ils étaient arrivés la veille au soir, après avoir incendié le camion qui leur avait permis de braquer la banque d’Atlas Park. Trouver un logement dans un endroit fort peu fréquenté par ses deux comparses ne semblait poser aucun problème à Brass. En quelques secondes, sur une aussi grande zone que peut l’être l’estuaire de Port Oakes, il avait pu dénicher l’endroit le plus discret. Il était moins risqué, selon lui, de se cacher dans un endroit tel qu’un entrepôt, plutôt qu’une supérette abandonnée. L’entrepôt présentait l’avantage d’être immense, et incroyablement vide, ce qui fait que le moindre son se répercutait en écho sur les murs, révélant ainsi tout mouvement.

Mason se leva et s’étendit, vite suivi par les deux punks, qui se contentèrent de se redresser et de bailler. Ils s’assirent autour de la table de fortune, montée à la va-vite pour le dîner de la veille. Ils prirent un frugal petit déjeuner, composé, pour l’essentiel, de café. Quand ils eurent fini de le boire, Mason commença à leur poser des questions sur leur environnement immédiat. Joe et Josh en savaient plus long que lui, étant eux-mêmes nés et ayant grandi sur ces îles, alors que Brass découvrait ce nouvel environnement.

- « Alors, que peut-on voir ici ? Des endroits particuliers où la Famille aime traîner ? »
- « Il y’a Villa Montrose, je crois. C’est un peu leur chasse gardée. » commença Joe. « Sinon, Marconeville, c’est le centre de l’activité, et là, des mafieux, tu en trouves à la pelle. »
- « Sinon, évidemment, Oil Spill, là où on se trouve. Ca se partage entre les mafieux, le Conseil, Arachnos, les Hellions … en gros, c’est une zone de bagarre. » continua Josh Miller.
- « Qui pourrait nous renseigner sur la Famille ? Quitte à jouer un numéro de rédemption. »
- « Billie ? » proposa Joe en regardant Josh Miller.
- « Billie ? » répéta Mason sur le ton de l’interrogation.
- « Billie Heck. » ajouta Josh. « Il a fait parti du même gang que nous, mais lui, il est resté avec les Hellions. Puis, sans prévenir, il s’est tourné vers la Famille, et maintenant, il cherche à faire ses preuves. Si il y’a quelqu’un qui peut te renseigner sur eux, c’est bien lui. »
- « Vous savez où le trouver, votre Billie ? »
- « Non, pas du tout. Mais il doit traîner près de l’arène, d’après ce que je sais. »
- « Et bien, allons voir jusque là. »

Ils sortirent en file indienne, Mason en tête, de l’entrepôt où ils avaient passé la nuit, puis prirent la direction du ferry et, arrivés devant, montèrent avec les moyens du bord jusqu’à la hauteur de l’arène. Là, après avoir discuté avec un Inquisiteur d’Arachnos, ils obtinrent l’emplacement précis où Billie Heck passait ses journées. Celui-ci, bien qu’ayant fait des efforts vestimentaires, avait un relent d’ancien voyou. Cela se voyait à son allure en général, et à son comportement en particulier. Joe Wyatt et Josh Miller le saluèrent.

- « Tiens donc, encore entiers, vous deux ? Vous êtes les derniers que j’aurais pensé un jour voir ensemble ! Qui c’est, lui ? »
- « Marty Bay. » se présenta Mason Brass. Il avait prévenu ses deux associés qu’il se présenterait certainement sous un faux nom, du moins au début, le temps de déterminer quel côté de la Famille était responsable de son arrestation.
- « Et bien, les gars, que puis-je faire pour vous ? »
- « Je dirais plutôt, qu’est-ce que nous pouvons faire pour toi. Je crois savoir que tu as besoin de faire tes preuves auprès de la Famille. De notre côté, nous avons besoin d’argent –on en a jamais de trop, pas vrai ? »
- « J’ai bien quelque chose pour vous. D’après mes informateurs, les Verandi vont tenter une attaque contre les Marcone, d’ici quelques minutes. J’essayais justement de trouver des gars assez dingues pour aller secourir mes nouveaux amis. Si vous vous sentez d’attaque, vous pourriez … »
- « Abrège le suspens. » lui intima Brass. « Et dis-nous plutôt où ça va se passer. »

Après avoir reçu l’information, Brass, Wyatt et Miller partirent vers un vieux bâtiment. Dedans, ils trouvèrent de nombreux membres des Verandi, les Cousins, qui se battaient contre les membres les plus éminents de la Famille, à savoir les Marcone. Prenant leurs armes en main, ils participèrent à la bagarre, aidant les Marcone à repousser les intrus. Parvenus à l’extrémité de l’immeuble, ils y trouvèrent l’un des chefs de la Famille, Emil Marcone en personne. Ce dernier leur somma de se présenter.

- « Qui êtes-vous ? »
- « Je m’appelle Marty Bay. Avec moi, ce sont Joe Wyatt et Josh Miller. Nous venons vous aider, sur demande de Billie Heck. »
- « Alors Billie est sérieux quand il dit vouloir nous rejoindre. Marty Bay, dites-vous ? Nous nous sommes déjà rencontrés ? »
- « C’est possible. »

Leurs regards se croisèrent, et Joe et Josh craignirent que la mince couverture de leur nouveau patron ne suffise pas, et que Marcone le reconnaisse. Mais celui-ci ne sembla pas réagir. Il leur proposa même une nouvelle mission, à savoir kidnapper la nièce de Guido Verandi, en guise de représailles. Mason accepta sans hésiter, mais, selon toute vraisemblance, il devinait que Marcone l’avait percé à jour. Cela l’arrangeait, en un sens, lui permettant de faire croire à son ennemi que trente années de prison avait eu raison de sa rancœur.

La mission donnée par Emil Marcone ne fut qu’un enfantillage. Furie Sanguinaire, l’un des lieutenants de Guido Verandi, n’était pas de taille à arrêter Brass et ses acolytes, et l’aide de Pitbull, un des lieutenants de Marcone, fut simplement superflu. Vanessa Verandi suivit la fine équipe sans trop se faire remarquer, par crainte que Brass ne laisse ses voyous faire ce qu’ils leur plaisaient pour la rendre plus conciliante. Elle se contenta juste de les menacer, en disant que son oncle voudrait assurément les voir morts, ce à quoi Brass répondit par un ricanement dédaigneux.

Pitbull repartit en emmenant Vanessa, tandis que Brass reprenait contact auprès de Billie Heck. Ce dernier leur donna l’adresse d’un entrepôt où, selon ses dires, Emil Marcone avait fait déposé leur récompense. Mason Brass et ses alliés y arrivèrent, et, avant d’entrer, il tint un discours à ses troupes.

- « Les petits gars, je préfère vous prévenir. Nous fonçons droit dans un piège ! »
- « Ah ? » firent en même temps Wyatt et Miller.
- « Vous trouvez normal, vous, de venir toucher une récompense dans un endroit pareil ? Non, les gars, c’est un traquenard. Marcone m’a reconnu et veut se débarrasser des témoins gênants, et de moi en particulier. Ils n’ont pas réussi en prison, ils espèrent le faire ici. »
- « Tu penses que … »
- « Qu’ils vont nous tomber dessus dès que nous serons à l’extrémité de l’entrepôt, là où il n’y a pas d’issue. J’espère que vous êtes prêts à défendre vos abattis. » Miller ouvrit son barillet et compta ses balles.
- « Six pruneaux dans le chargeur, un certain nombre encore en poche. Si jamais la Famille veut la baston, ils vont l’avoir. »
- « Ouais. » approuva Wyatt.

La porte grinça horriblement, dévoilant l’intérieur de l’immeuble. Les murs étaient décrépits et secs, comme si une grande chaleur s’était abattue dans ces murs. La structure semblait avoir été fragilisée par un incendie, mais cela devait remonter à quelques années, déjà. Brass et ses acolytes progressaient dans les couloirs, sans aucune précaution. Si il s’agissait vraiment d’un piège, il était inutile d’en faire de trop. Dans les couloirs, des Hellions, un gang adverse, patrouillaient. A plusieurs reprises, des bagarres éclatèrent, laissant sur le carreau des Hellions éreintés, devant un Mason Brass bien décidé à maîtriser la situation.

Ils parvinrent jusqu’au bout de l’entrepôt, et, dans la salle sans issue fermant celui-ci, ils ne trouvèrent qu’une caisse, désespérément vide, si ce n’est d’un système électronique indiquant que la boîte avait été ouverte. Brass fit se cacher ses deux comparses de part et d’autres de l’entrée, lui-même attendant, camouflé derrière la caisse. Il valait mieux, selon lui, prendre bonne note de la configuration du terrain, afin de s’en servir comme d’une arme.

Ils n’eurent pas à attendre longtemps, et les mitraillades mirent vite fin au silence anormalement lourd qui régnait auparavant sur l’entrepôt. Plusieurs vagues d’assaut avaient été préparées, mais toutes furent inutiles. De la manière dont ils étaient disposés, les hommes de Brass et leur chef disposaient d’un avantage certain sur leurs adversaires. L’assaut fut terminé quand un cousin d’Emil Marcone heurta à son tour le sol, abattu par Mason en personne.

Ayant à sa disposition le numéro personnel de Heck, Mason appela le jeune homme directement, en emprunta le portable de Joe Wyatt.

- « Billie ? Ici Marty Bay. Dis donc, mon vieux, j’ai comme l’impression que notre employeur nous a trahis. » Il se gardait bien de dire que c’était probablement à cause de lui. « Nous avons eu une réception maison en venant chercher notre récompense. »
- « Pas cool, pas cool du tout ça. » lui fit la voie lointaine de Heck. « Bon, écoute, nous sommes pris entre deux feux. Ce qu’il faudrait, c’est obtenir une monnaie d’échange. »
- « Prendre Verandi et Marcone en otage, donc. C’est là que tu veux en venir, je suppose ? »
- « Oui. Tu t’en sens capable ? Sinon, je peux te trouver des gars de confiance. »
- « Non, ça devrait aller. »
- « Je sais où ils se trouvent. En ce moment, Guido Verandi ramasse ses ‘primes d’assurance’ dans l’entrepôt 47, près de l’arène. Marcone, lui, doit surveiller son casino de près. Je t’envoie les coordonnées, tu devrais trouver facilement. »
- « Oui, je les reçois. Okay, pas de soucis, je devrais trouver ça facilement. »

Mason raccrocha, un sourire sardonique sur son visage. Il avait tout l’air de quelqu’un qui trouvait la situation à son goût. Joe Wyatt et Josh Miller s’entreregardèrent, puis finirent par craquer et lui poser la question qui leur brûlait les lèvres.

- « Dis, Mason, t’as l’air bien joyeux. »
- « Tout se met en place, les gars. De une, je vais pouvoir me venger du pruneau que j’ai pris il y’a trente ans. De deux, nous allons commencer à nous faire une réputation telle que la Famille ne dira rien si nous nous accaparons quelques lieux et boutiques. » Mason rechargea ses armes. « Mais avant que ce rêve ne devienne réalité, il va falloir mettre quelques petites choses au clair avec Emil. » conclut-il, en faisant claquer le chargeur dans son revolver.

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MessageSujet: Re: Mason Brass   Ven 25 Mai - 15:01

Levels 10 et 11 : Wanna fight ?

L’entrepôt 47 était vide, mais retrouver Guido Verandi pendant son exercice quotidien de racket n’était pas d’une difficulté insurmontable. En interrogeant quelques commerçants, Brass et ses hommes furent vite sur la trace du chef mafiosi. Celui ramassait quelques deniers sur le dos d’un honnête contremaître d’entrepôt. Enfin, honnête … le bâtiment devait voir passer nombre de marchandises à la nature douteuse, voire purement et simplement illégale. Les quelques hommes qui surveillaient l’entrée n’eurent pas le temps d’appeler des renforts à la rescousse. Mason et ses punks leur tombèrent dessus, littéralement, ayant grimpé sur le toit de l’entrepôt pour mieux les surprendre.

La double porte qui clôturait l’entrée s’ouvrit sans problème, crochetée par le chef de la bande. Elle s’ouvrit en grinçant, comme pour rappeler qu’elle manquait d’huile, laissant entrer Brass, Wyatt et Miller. La première pièce révéla juste un bureau, derrière lequel, sur le mur, s’affichaient des graphiques et un tableau de commandes de fournitures. Le bureau était d’un style simple, et un rapide examen de sa surface ne donna rien de probant. Quelques stylos trônaient dans un pot, malhabilement fabriqué, peut-être par un enfant en bas âge, et une calculatrice déroulait sa longue bande de papier sur laquelle s’inscrivaient des chiffres qui n’avaient eu du sens qu’au moment où le propriétaire des lieux les avait saisis.

Prudemment, pas à pas, les trois hommes s’introduirent plus avant dans le complexe, qui révéla sa profondeur et la complexité de son organisation, ou plus exactement, comme le fit simplement remarquer Joe, « Quel beau foutoir ! ». Les cartons s’entassaient maladroitement, dévoilant de temps à autre une marque d’impact, des déchirures ou des tâches. Les employés étaient fort peu respectueux de la propriété d’autrui, apparemment. A côté des cartons, qui débordaient sur les rampes d’accès et les escaliers qui conduisaient à l’aire de stockage supérieure, se trouvaient plusieurs grosses boîtes métalliques et de grandes caisses de bois.

Devant ces dernières, au pied des escaliers, fumant cigarettes sur cigarettes, deux individus, dont l’aspect évoquait facilement les films de mafieux, patientaient en discutant. L’un était plus petit que l’autre, mais aussi plus large. Le second était grand et fin, et il semblait qu’un coup de vent pourrait l’emporter, telle une feuille. Les voix, cependant, était mal distribuée, et le petit trapu avait une voix de crécelle, montant fort dans les aiguës, tandis que le maigre avait une voix profonde et grave.

- « J’espère que Kasinov ne fera pas d’histoire pour payer, cette fois. Ou il finira avec une paire de semelle en béton. La dernière fois, Guido n’était pas énervé. Aujourd’hui, ça pourrait mal se terminer. »
- « Je ne pense pas. Tout le monde a bien vu que le patron était furieux. Kasinov le verra aussi. »
- « Pourquoi est-il dans cet état-là ? »
- « Marcone tient sa nièce en otage. »
- « Vanessa ? Mais je croyais que Furie Sanguinaire devait la protéger. »
- « Il a échoué. Une bande d’aventuriers l’ont kidnappé, et l’ont livré à Marcone contre espèces sonnantes et trébuchantes. »
- « La pauvre. »
- « Ne vous en faites pas pour ça. On va bientôt régulariser la situation. » fit Brass, d’une voix claire, surprenant les deux individus.

La bagarre qui s’ensuivit fut de courte durée, Joe et Josh ayant attendu que leur chef prenne la parole pour lancer l’assaut. Les balles volèrent, percutant les ennemis des punks, les propulsant en arrière. Les renforts arrivèrent promptement, mais, encore une fois, Mason fit preuve de sa connaissance des techniques de guérilla urbaine, tournant le terrain mal aménagé à son avantage. Les mafieux se prenaient les pieds dans des cartons, ils trébuchaient sur le contenu de ceux-ci, et Miller fit même tomber une pile d’entre eux, relativement instable, sur la tête de toute une équipe.

Ils n’eurent pas longtemps à attendre l’arrivée de Guido. Ce dernier, alerté par le bruit, avait accouru, accompagné de son fidèle second, qui remplaçait Furie Sanguinaire, indisponible pour un instant. Il fixa, de ses yeux de fouine cachés derrière des lunettes de soleil, les responsables du vacarme, évalua la puissance de ses adversaires, et se lança sur Mason. Il fut cueilli par une rafale de balles, provenant du revolver de Brass et de celui de Wyatt, pendant que Miller prenait à part le second. Après quelques minutes d’une furie furieuse, Verandi s’écroula, marmonnant de vagues imprécations et insultes, en italien.

- « Et d’un. Il ne nous reste plus qu’à coincer l’autre et lui faire subir le même sort. »
- « Je sais où est son casino. » fit Miller. « J’y ai laissé mon pantalon plus d’une fois. C’est l’heure des comptes ! »
- « Il sera sûrement protégé, lui aussi. » remarqua justement Wyatt. « On ferait peut-être bien de chercher du renfort, non ? »
- « Pas la peine. J’ai assez de hargne pour lui faire avaler son extrait de naissance, et il risque fort de se prendre un pruneau, histoire de me venger de celui que j’ai pris, il y’a longtemps. » répondit Brass, avec un sourire mauvais.

L’Ancre, la casino de Marcone, était ouvert, ce qui semblait étonnant, à cette heure de l’après-midi. L’endroit sentait le piège, et Marcone, renseigné de l’échec de son émissaire, avait sans doute préparé le comité d’accueil pour Brass. Mason avait maintenant bon espoir de se venger de l’humiliation qui lui avait été faite, avant son incarcération. Il imaginait, à fort juste titre, que la rapide progression d’Emil Marcone au sein de la Famille suivait le fait d’avoir écarté de la circulation un des ennemis des mafieux. Brass réajusta sa casquette, recompta le nombre de balles dans ses chargeurs, et se plaça devant la porte, effrayant un badaud qui se demandait si oui ou non il allait entrer dans le casino.

Contrairement à l’entrepôt où Verandi venait d’être appréhendé, la porte ne grinça pas en s’ouvrant, ce qui aurait fait mauvais genre pour un endroit pareil. Avant même qu’elle ne se referme derrière Brass et ses hommes, une escouade d’individus patibulaires fit son apparition. Mason ordonna à ses acolytes de se baisser, croisa ses armes devant lui, et arrosa largement le couloir dans lequel se pressaient ses ennemis. Nombre s’entre eux s’effondrèrent sous les balles du vieil homme. Wyatt et Miller, allongés au sol, profitaient de leur position basse pour viser dans les parties les plus fragiles de leurs opposants. En quelques secondes, la vague d’assaut, soigneusement préparée, avait trouvé son maître.

- « Et bien, alors, Marcone ? » cria Brass. « On a peur d’un petit tête-à-tête ? »
- « Brass, tu aurais dû rester en prison ! » répondit la voix lointaine d’Emil.
- « Non, on s’y ennuie de trop. L’important, maintenant, c’est que tu me dises qui a payé pour me voir finir en taule. Si tu me le dis, peut-être pourrais-je envisager de ne pas trop t’esquinter ! »
- « Rêve ! »

Brass soupira, et avança, accompagné de ses acolytes qui s’étaient relevés. Dans le petit casino, Marcone regardait Mason progresser comme si il était le maître des lieux. Il avait un petit sourire en coin, partagé entre l’amusement et l’exaspération. Il semblait considérer à la légère cette intrusion dans son domaine.

- « Monsieur Brass. Que de temps perdu en prison ! Quand je pense au fin leader que vous étiez, il y’a tant d’années de cela ! » Emil Marcone baissa ses lunettes de soleil pour contempler les deux punks, qui attendaient derrière leur chef. « Et maintenant, regardez avec quoi vous êtes obligé de travailler. » Il les redressa. Miller lui fit un geste grossier de la main.
- « Tu n’as toujours pas compris, n’est-ce pas ? Ce n’est pas la quantité qui compte. Ni la qualité. C’est la hargne que l’on peut trouver chez certaines personnes qui fait qu’ils sont forts ou pas. Ils ne payent peut-être pas de mine, ces deux gamins, mais c’est avec eux que je vais te corriger. »

Marcone cessa de sourire, et sortit une mitrailleuse. La rafale qu’il tira se perdit dans le décor du casino, après que Brass eut collé un coup de pied sur le canon pour dévier le tir. Lâchant son arme, Emil envoya Mason voler à travers la pièce d’un coup de poing aussi incisif que violent, et se prépara à achever son adversaire. Il aurait pu réussir si Miller, en ayant terminé avec un sbire du chef mafieux, n’était pas revenu à la charge. Mason se redressa, croqua une tablette de reconstituants qu’il avait pu récupérer lors du braquage de la banque, et commença à participer à la bagarre.

Les balles sifflaient dans les airs, explosant les machines à sous, faisant des trous dans les murs. Mason finit par se dire que la zone était très bien pour établir une domination de clan, car, en dépit de la violence du combat, la Police n’était pas encore arrivée sur les lieux. Marcone se défendait comme un beau diable, envoyant régulièrement voler les acolytes de Brass. Mais on pouvait déjà deviner l’issue du combat. Il s’affaiblissait de minute en minute, alors que la bande de Mason semblait reprendre confiance en elle au fur et à mesure que les coups d’Emil devenaient moins puissants. Finalement, le chef de la mafia locale posa un genou au sol, et Brass acheva le combat d’un solide coup de talon sur le visage de son ennemi. Il vint à portée, rechargea son arme, tout en posant négligemment le pied sur la tête de son ennemi.

- « Et bien, alors, Emil. Si nous reprenions notre petite discussion, hein ? Qui avait offert un contrat sur ma tête ? »
- « Je ne sais pas. Ce n’est pas moi qui ai tiré, à l’époque. »
- « Mais je n’ai jamais dit que c’était à cause de la balle. »
- « … »
- « Allez, crache le morceau. A qui dois-je ces trente années de prison ? »
- « Don Verone. » répondit Marcone, crachant un peu de sang.
- « Mais … Verone est … »
- « Mort, il y’a dix ans. Cancer. Ta vengeance se termine avec moi. Tu t’es évadé pour rien. Il n’y a plus personne au bout du chemin que tu suis ! »
- « Tu fais erreur, Marcone. J’ai encore un bout de route à faire. Verone n’était qu’un bonus supplémentaire. »

Mason et ses sbires livrèrent Marcone, inconscient, à Billie Heck. En possession des deux chefs des Familles rivales, la négociation fut un succès, si ce n’est qu’une rébellion et l’alliance improbable des deux lieutenants des précédents chefs, à savoir Furie Sanguinaire et Pitbull, interrompit quelques temps la discussion, jusqu’à ce que, excédé, Brass propose de calmer les ardeurs des deux sous-fifres. En échange de son immunité, Mason abandonna toute idée de vengeance. Marcone et Verandi furent renvoyés à leurs occupations respectives, moyennant de ne plus ennuyer Billie. Brass, de son côté, leur promit une sévère dérouillée si jamais leurs routes venaient à se croiser encore. Heck demanda alors à Mason et ses alliés de l’aider à se débarrasser de son passé. Les Hellions revenaient en force, ce qui ne l’arrangeait pas. Armés d’une nouvelle destination, le vieil homme et ses acolytes reprirent la route.

- « Vous voyez, je vous l’avais dit : on s’est éclaté, et maintenant, la Famille ne dira plus rien si l’on déborde un peu sur ses plates-bandes. » leur dit Mason. Les deux punks approuvèrent avec des signes de tête frénétiques.

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MessageSujet: Re: Mason Brass   Ven 25 Mai - 15:01

Levels 12 et 13 : One team, one leader

Leur tâche accomplie, Mason fit remarquer à ses acolytes qu’il ne supporterait plus de dormir dans des endroits comme ceux où il avait passé ses précédentes nuits. Ils se mirent donc, tous les trois, à la recherche d’un nouvel home pour la nuit, et, selon les dires de Brass, d’un possible QG. Ils visitèrent les lieux, jusqu’à trouver un antique hôtel, qui avait dû être splendide il y’a quelques années. Cependant, Joe et Josh hésitèrent et marquèrent le pas, tandis que Mason avançait.

- « Un souci, les gars ? » demanda Brass, se retournant.
- « C’est le territoire des Singes. Un gang rival au notre, à la belle époque. Ce ne sont pas des tendres. »
- « Ca tombe bien, moi non plus ! »

Plutôt que d’entrer par l’issue principale, Mason fit le tour du bâtiment, cherchant un autre passage pour pénétrer les lieux. Arrivant à l’arrière, il vit la porte des cuisines, enterrée sous un amas d’ordures ménagères. Sans prêter attention à la crasse environnante, il commença à déblayer les déchets, pour atteindre la porte. Il finit par se dire, au vu de l’état de la petite ruelle ensevelie sous les poubelles, que ce passage ne devait pas être surveillé. Son intuition était bonne, puisque personne ne vint lorsque la porte s’ouvrit. Mason Brass se dit que le comité d’accueil devait être plus loin. Mais là, il fit une erreur.

Personne ne les agressa. De fait, les couloirs étaient vides, des traces de combat ornaient les murs. Si les Singes avaient vécu ici, c’était il y’a un moment. Aujourd’hui, les lieux étaient désertés. Les installations du restaurant, qui occupaient un tiers du rez-de-chaussée, avaient dû servir il y’a moins de trois semaines. Les échos des pas se répercutaient sur les murs vides. Il n’y avait ici rien ni personne digne d’intérêt. Probablement qu’une guerre des gangs avait eu lieu dans le bâtiment.

Brass examinait les impacts des armes sur les murs, pendant que ses acolytes faisaient le tour des réfrigérateurs, cherchant tout ce qui restait de comestible en ces murs.

- « Ouais ! De la bière ! A volonté ! » fit Josh Miller.
- « Je me demande où sont passés les Singes ? Ce n’est pas leur genre de quitter leur planque en laissant tout derrière. Surtout la bière ! »
- « Je dirais que quelqu’un les a chassés. » fit Brass. « Ou du moins qu’ils ont essayé. »
- « Comment ça ? »
- « Les impacts ne vont pas au-delà de cette limite. Les assaillants se sont servis d’armes énergétiques. »
- « Comment le sais-tu ? »
- « Les traces sur les murs. De ce côté, c’était probablement les Singes. De l’autre, les agresseurs. On peut noter que du côté des Singes, les murs sont noircis, comme brûlés. Ca fait des tâches noirâtres, mais pas des traînées. Ce n’est donc pas une attaque au lance-flammes. Sinon, les dégâts seraient pires. »
- « A ton avis, où sont les Singes ? »
- « Les Singes sont dispersés. » fit une voix.

C’était un brun, avec les cheveux sombres noués en une queue de cheval, vêtu de cuir, comme Mason. Il tenait à la main un pistolet-mitrailleur, armé, et semblait prêt à en faire usage si le comportement des intrus ne lui convenait pas. Il portait un bandage à l’épaule, sans doute suite à l’affrontement qui avait eu lieu ici, mais ne montrait aucun signe de fatigue. Probablement qu’il venait de se réveiller, suite au chahut provoqué par Brass et ses hommes.

- « Brims ? Abe Brims ? » demanda Joe Wyatt.
- « Lui-même. T’es qui ? Dis donc, je te connais, toi ! Et ton pote à la crête aussi. Tu faisais partie des Chats Dingues. »
- « Y’a plus de Chats Dingues. »
- « Il n’y a plus de Singes non plus. »
- « Que s’est-il passé ? » demanda Brass.
- « Il sont partis. »
- « Partis ? »
- « Mais qu’est-ce que je fiche, moi ? » Brims sembla se parler à lui-même. « Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Fichez-moi le camp avant que je ne vous … »

Il commença à lever son arme, pour menacer Brass et sa bande, mais le vieil homme stoppa son geste, en enserrant le poignet avec lequel il tenait le Uzi, afin de détourner le tir, et en plaçant le canon de son Desert Eagle sous le menton de Brims. La scène avait duré un peu moins de quelques dixièmes de seconde. Il fallut quelques secondes à Wyatt et Miller pour sortir leurs armes, faisant pousser à Mason un soupir d’exaspération. Décidément, les jeunes punks n’étaient pas encore au point.

- « On se calme. Je ne suis pas venu ici pour faire la guerre à un homme seul. »
- « Toi, je ne te connais pas. Tu es qui ? Un membre des Chats Dingues ? J’ignorais qu’ils recrutaient des vieillards. »
- « Hé, ho, » fit Wyatt « t’es pas en situation de faire le clown, Brims. Je te ferais signaler que tu as un flingue sous le menton ! »
- « Et alors ? »
- « Alors ? » fit Brass. « Josh, débarrasse monsieur Brims de son attirail. » Le punk s’exécuta.
- « Et maintenant ? » demanda Abe.
- « Tu t’assois, calmement, et tu me racontes ton histoire. »
- « Il n’y a pas d’histoire. Les Singes, c’était mon gang. Je l’ai créé, j’ai recruté des gars, on a commencé à faire notre loi. Notre quotidien, c’était la baston contre les autres gangs, le racket, les braquages, les cambriolages. Y’a eu du changement le jour où ce drôle de mec a rejoint ma bande. Peu de temps après, les troupes d’Arachnos débarquaient pour nous faire notre fête. On s’est défendus. »
- « Et même bien. » fit Brass. « Ils n’ont pas dépassé le rez-de-chaussée, pas vrai ? »
- « Tout juste. Mes gars ont résisté jusqu’au bout. Seulement, une fois que les araignées sont reparties … »
- « Mutinerie, pas vrai ? »
- « On a souffert. Y’a plusieurs de mes gars qui sont restés sur le carreau. Les autres ont commencé à croire qu’Arachnos était un trop gros morceau, qu’on ne résisterait pas. Mon meilleur pote, avec qui je dirigeais les Singes, a préféré retirer ses billes, alors qu’on leur avait montré, à ces sales noirauds. Le reste de la bande a suivi. L’attaque a eu lieu il y’a trois semaines. Les Singes comptaient une centaine de membres avant ça. En une semaine, je suis devenu le seul. Ce qui veut dire que les Singes n’existent plus. »
- « Qui était ce type bizarre qui était entré dans votre bande ? Que sont devenus tes gars ? »
- « Je ne sais pas. Il se faisait appeler Corbillard. Je sais juste que Mike l’Enclume, mon associé, l’avait pris comme conseiller. Moi, je me méfiais de ce gars. Il n’était pas très … enfin, je veux dire, je ne le sentais pas. »
- « Bizarre … »
- « Quoi ? »
- « Une attaque aussi organisée ? Un espion dans vos rangs et ils n’ont pas réussi à vous déloger ? Ils savaient pourtant combien vous étiez, et probablement qu’ils connaissaient aussi la disposition des lieux, auquel cas ils auraient pris le même chemin que nous, par la porte arrière, camouflée derrière les ordures. Pendant que toi et tes gars vous reteniez la diversion, ils vous auraient plombé par derrière. »
- « Qu’est-ce que tu veux dire, pépé ? »
- « Que t’es tombé dans un piège, grand benêt. »
- « Comment ça ? »
- « Le gars, là, l’espion, Corbillard, il n’est pas venu pour vous espionner pour lancer une opération de dératisation. Non, c’est plus vicieux que ça. Arachnos apprend que vous savez vous battre. Ils envoient un gars pour mesurer votre force. Quand son rapport est fait, il demande à ce qu’on envoie un escadron à la baston. Ca permet de s’assurer que l’espion n’a pas menti. On essuie quelques pertes, des deux côtés, voire aucune, si tout est bien préparé. C’est encore plus simple dans le cas d’un gang comme le tien, avec deux têtes directrices. »
- « Je pige que dalle. » fit Miller.
- « Je n’ai pas fini, gamin. Après un coup pareil, surtout venant d’une aussi grosse faction qu’Arachnos, la plupart de tes gars ont peur. C’est normal. Alors, ils vont se tourner vers le chef qui propose de ne pas continuer contre Arachnos. Il a une issue de secours pour eux. La colonie de fourmis n’a rien à gagner à rester sur le passage des éléphants, pas vrai ? Il vaut mieux devenir un éléphant. »
- « Tu es en train de me dire que mes gars m’ont trahi pour rejoindre les rangs d’Arachnos ? »
- « Et probablement que ton ancien pote a été acheté par l’espion. Quoi de mieux que de lui faire miroiter une place de sous-chef, d’entrée de jeu ? Etait-il là, lors de l’affrontement ? » Brims réfléchit un peu.
- « Non. »
- « Normal. Il savait ce qui allait se passer. Tu comprends le but de la manœuvre, n’est-ce pas ? »
- « Agrandir ses troupes avec du personnel qui sait déjà se battre. Ca permet d’éviter de perdre un temps fou en formation guerrière. Pour le reste … »
- « Lavage de cerveau, formation nihiliste, bourrage de crâne. »
- « Comment sais-tu tout ça, pépé ? »
- « En mon temps, j’ai procédé parfois de la sorte, dans des gangs rivaux, pour en prendre la direction. Car, retiens bien ceci : le défaut de ton gang a été d’être deux à la tête. Un gang, un chef. C’est tout. Eventuellement des sous-chefs, ça permet d’avoir des idées pour sa succession. Mais il ne faut jamais leur laisser trop de liberté ou de pouvoirs, afin de faire sentir au gang que c’est toujours toi qui contrôle. »
- « Mais bon sang, tu es qui, toi ? »
- « Mason Brass. »
- « Mason Brass ? Le Mason Brass ? L’Empereur de la rue en personne ? »
- « Et j’ai besoin d’aide. Si tu acceptes d’être sous mes ordres, nous tâcherons de trouver l’espion et ton ex-associé, et de leur faire payer cher leur trahison. Les gangs n’ont pas à rejoindre une armée. » Brims cogita un peu, mais pas longtemps.
- « De toute manière, qu’ai-je à gagner à rester seul ? Faire des braquages de boutiques minables ? Okay, ça marche, mais je veux pas être un sous-fifre. »
- « Bien entendu. J’ai besoin d’un bon bras droit. »
- « Quoi ? » fit Miller. « Et nous alors ? »
- « J’ai aussi besoin de vous, les gars. Et, au vu de votre comportement, je suppose que vous savez que Brims est un bon chef, non ? La preuve est que vous n’aviez pas envie de venir sur le territoire de son gang. » Wyatt sembla approuver de suite, et Miller fut obligé de l’imiter dans la foulée.
- « C’est vrai. Du temps des Chats Dingues, tu avais déjà une sacrée réputation. Mais attention, si tu fais un seul mouvement contre Brass, panpan ! » fit Miller, en le menaçant des doigts.

Abe Brims regarda Josh, d’un air entendu, admirant l’effet que Brass faisait sur ses hommes. Il ne doit pas connaître Wyatt et Miller depuis longtemps, se dit-il, et pourtant, si j’essaye de lui piquer sa place, ils me plomberont comme un rien. Il comprenait d’autant mieux ce que Mason venait de lui dire, en expliquant qu’il ne fallait qu’une seule tête à un gang, et ne pas laisser quelqu’un s’interposer dans la direction de la bande. Nommer un bras droit, oui, lui permettre d’obtenir trop d’influence, non. Il admirait le travail déjà magnifique que le vieil homme avait accompli sur les deux punks pourtant peu contrôlables. Aucun d’eux n’obéirait aux ordres de Brims si Brass ne leur ordonnait pas de respecter ceux-ci. Il tendit la main vers Mason, qui lui serra.

- « Et bien, je crois que nous allons faire du bon boulot … chef ! »

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MessageSujet: Re: Mason Brass   Mar 4 Déc - 17:23

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Mason et ses punks prirent leurs aises dans l’hôtel particulier des anciens Singes. En dépit du combat acharné qui s’était déroulé dans ces lieux, la structure du bâtiment n’avait pas faibli, et les installations étaient plus que potables. Brass s’installa en haut de l’immeuble, comme un roi dans son château, pendant que Brims et les voyous se trouvaient des chambres dans les étages inférieurs, en fonction de leur rang. Le chef du gang ordonna une pause de quelques jours, pour se mettre en place proprement, et profiter pleinement des réserves de nourriture et d’alcool restés en cuisine.

- « On ne fait rien ? » demanda, trois jours après, Josh Miller.
- « Qu’est-ce qu’on s’ennuie. » approuva Wyatt.
- « On prépare un truc, avec Mason. » leur dit alors Abe. « Et, pour ce faire, on a besoin d’un minimum de préparation. »
- « Et nous, en attendant, on se fait ch…. »
- « J’ai quelque chose à vous confier, jeunes gens. » fit Brass, descendant de son étage. « Il y’a quinze boutiques diverses dans le coin. Aucune ne paye de ‘redevance’, si vous suivez mon idée. Aussi, j’aimerais leur faire comprendre tout l’intérêt qu’ils trouveraient à se procurer une bonne assurance-incendie. Joe, tu te souviens de ce que je t’ai appris, dans la supérette abandonnée ? »
- « Trouver le boîtier de l’alimentation, et arracher le câble rouge. » récita le jeune homme.
- « Bien. Tu sais donc ce qu’il te reste à faire. Abe, accompagne-les. »
- « Okay. »
- « On est partis ! » fit Miller, surexcité. « Youhou ! »
- « Allez, les gars, au boulot. » ordonna Brims.

Les trois hommes sortirent de l’hôtel, prenant la direction des magasins alentours. Après avoir terrorisé un herboriste chinois, et les dirigeants d’un magasin de vêtements, ils prirent la direction d’une armurerie. Celle-ci était tenue par un gros homme corpulent, portant des vêtements de coupe militaire, une casquette verte profondément calée sur son crâne, laissant dépasser quelques longs cheveux gris. L’individu ressemblait à l’un de ces fous de guerre, des personnes qui dormaient avec une arme sous leur oreiller, mais qui n’avaient jamais participé à un vrai combat.

- « Ah, oui, c’est vrai. » fit Brims, en entrant. « Mason a demandé à ce que l’on fasse le plein. » Le boutiquier les regarda avec beaucoup de suspicion.
- « Vous désirez quelque chose en particulier ? »
- « Des balles, mon pote. » lui répondit Abe. « Calibre 44, pour eux, avec les chargeurs rapides. » commença t’il à énumérer. « Chargeurs de Uzi, grande capacité, pour moi. Et des balles de Desert Eagle. »
- « Vous avez de quoi payer ? »
- « Dis donc, tu sais qui je suis, non ? »
- « T’es un pauvre diable qui n’a même plus un chien sous ses ordres. Et c’est pas les deux lavettes qui vont … »
- « Hé ! »
- « Laisse tomber, Joe. » interrompit Abe. « Monsieur n’est pas au courant. »
- « Au courant de quoi ? Que les Singes n’existent plus ? Si, je le suis ! Bon débarras ! On n’a pas besoin de minables de votre genre dans le quartier. » L’armurier sortit de sous son comptoir un fusil à canon scié. « Dehors, les rigolos, avant que je n’appelle les flics. »
- « Mon pauv’ vieux Abe, » fit Miller « t’as perdu toute ta belle autorité ! »
- « Peu importe. Voilà le problème, monsieur l’armurier. Un nouveau chef s’est installé dans l’hôtel des Singes. Il n’est pas aussi patient et clément que moi. Il nous a ordonné de mettre le feu si on nous opposait de la résistance. »

Sam Poloni considéra quelques instants les dires d’Abe, puis brandit son fusil de plus belle. Il ne se rendait pas compte de la situation, estimant que l’ancien leader déchu tentait d’exploiter sa peur. Joe et Josh sortirent leurs revolvers, qu’ils avaient passés dans leur ceinture, tandis que Brims armait son Uzi. Le loubard à la queue de cheval soupira en voyant que le boutiquier voulait résister.

- « Voyons, mon pote. » lui dit-il. « Tu vois bien que tu ne fais pas le poids. De une, tu n’as que deux coups dans ton fusil. Même en ayant le temps de tirer tes cartouches, en supposant que tu atteignes à chaque fois ta cible, il restera forcément l’un de nous, qui te plombera à son tour. »
- « Et je te prie de croire que nous, on ne te manquera pas ! » fit Wyatt, en ajustant sa visée.
- « De deux, il reste notre nouveau boss, et je peux te garantir que lui, ce n’est pas un gentil comme nous. Avec ce que tu as montré comme agressivité, il aurait déjà réduit ta boutique en cendres. »
- « Ce n’est pas la première fois que je repousse des gogos comme vous. Déjà du temps des Singes, toi et tes acolytes n’osiez pas approcher ma maison. Ce n’est pas parce qu’un petit merdeux dans votre genre à repris les affaires que je vais céder. »
- « Petit merdeux ? » Brims éclata de rire. « Il a ton âge, pépé. »
- « Quoi ? Un chef de gang qui a mon âge ? »
- « Ouais. » expliqua Miller. « Il est sorti de tôle il y’a peu, et il est bien décidé à reprendre ses vieilles habitudes. » Sam Poloni n’en croyait pas ses oreilles.
- « C’est une blague ? Dites, ce chef, ce ne serait pas … Mason Brass, par hasard ? »

Les trois voyous s’entre-regardèrent. Ils semblaient tomber des nues. Que les loubards comme eux se souviennent de Mason, c’était une chose, l’homme ayant assez marqué les esprits des gangs. Mais qu’un simple boutiquier s’en rappelle, cela leur paraissait étrange.

- « On va pouvoir faire affaire, alors. Emmenez-moi le voir ! » proposa Poloni.
- « Tu veux voir le boss ? » demanda Brims.
- « C’est un piège, il veut savoir où il est pour le vendre aux flics. » suggéra Miller.
- « Il sait déjà où il est, Josh. » lui répondit Abe. « Il sait que je suis un ancien Singe, et que, forcément, Mason a repris mon hôtel. » Puis il se tourna vers l’armurier. « Pourquoi est-ce qu’on t’emmènerait lui rendre visite ? Tu sais, Brass, ce n’est pas un rigolo. »
- « Conduisez-moi à lui. Après, si ça ne vous convient pas, vous pourrez me rosser et vider ma boutique. »
- « Bon, okay. »

Il laissèrent à l’homme le temps de fermer son magasin, et, l’escortant tel un prisonnier, l’amenèrent à l’hôtel. L’entrée avait été fortifiée, et il fallait désactiver plusieurs pièges pour entrer dans l’immeuble. Cela fait, les quatre hommes pénétrèrent dans les lieux, et, après un appel infructueux d’Abe, décidèrent de monter jusqu’à l’étage. Brims ordonna de prendre les escaliers, les ascenseurs étant hors service depuis fort longtemps. Poloni, toujours sous bonne garde, montait avec eux. Il aurait été plus simple de demander à Brass de descendre, mais si l’armurier leur avait menti, Brims voulait éviter de faire se déranger leur leader pour rien.

Au dernier étage, le sous-chef du gang se rendit non pas à la chambre 512, où dormait Mason en temps normal, mais à une salle de conférence. L’hôtel, anciennement dédié aux affaires, disposait d’une telle pièce. C’était ici que Brims tenait ses réunions avec ses anciens sbires, aujourd’hui dispersés. Maintenant, c’était le lieu où Mason préparait ses projets. Abe frappa cinq coups sur la porte, et n’entra que lorsqu’il entendit l’ordre de son chef.

Le vieil homme était debout devant la grande table ovale, lisant une carte de la région. Il avait la même tenue que la veille, son pantalon de cuir noir, ses bottes de moto et un débardeur vert. Le blouson aux manches arrachées avait été pendu à un porte-manteau, qui pliait sous le poids du vêtement renforcé. Il ne regarda même pas ses acolytes.

- « A mon avis, vous n’avez pas fini. Retournez au boulot et ne revenez qu’avec la promesse des boutiquiers du coin qu’ils verseront la redevance en temps et en heure. »
- « Y’en a un qui voulait te parler, chef. » fit Brims.
- « Me parler ? » Brass releva les yeux. « C’est lui ? »
- « Dis donc, Mason, » fit Poloni « la prison ne t’a pas réussi ! »
- « On se connaît ? »
- « Bah oui, bien que j’ai pris du poids et que j’ai perdu quelques cheveux. » répondit Sam, ôtant sa casquette. Mason réfléchit quelques secondes, puis son visage s’éclaira.
- « Sam ! Sam Poloni ! Vieille fripouille ! » Il vint vers l’homme et lui posa une main amicale sur l’épaule.
- « T’as pas perdu la main, en tout cas. A peine arrivé, et t’envoies déjà de solides gaillards pour récupérer l’argent où il est. »
- « Qu’est-ce que tu fiches ici ? » Il se tourna vers les trois autres, qui étaient abasourdi. « Joe, va chercher de la bière, s’il te plait. On arrête pour aujourd’hui. »

Ils attendirent quelques minutes, que Wyatt remonte avec les canettes, et, pendant que celui-ci était descendu, les autres avaient pris leurs aises dans des fauteuils au rembourrage sortant par de larges fissures.

- « Hé, Joe, on a bien failli faire une ânerie ! » lui dit Miller, dès son entrée. « Le vieux, là, c’est un pote de Mason, du temps qu’il était à Paragon. »
- « Ouais. » fit Poloni. « Quand Brass s’est fait arrêter, on a tenté de le faire sortir, mais on a vite été pris à parti par les Régulateurs. On s’est battu comme des manches, sans les ordres du boss, et on a tous écopé de peines de prison. J’en ai pris pour dix ans. »
- « Tu faisais quoi, dans le gang de Mason ? » demanda Brims.
- « La même chose que je fais maintenant, mon petit gars. »
- « Armurier ? »
- « Ouaip. Et si j’ai voulu voir Mason, c’est pour lui proposer de reprendre mon ancien job. J’ai toute une réserve de balles non marquées, que j’ai préparé au cas où on arriverait à te faire sortir du trou. Seulement, après la prison, beaucoup ont voulu se réinsérer socialement. »
- « Et comme tu n’étais pas un combattant … »
- « A cause de cette fichue rotule. Je ferme boutique. Je déménage mon matériel ici, et je vous fournis en armes et munitions. Ca vous tente, les gamins ? »
- « Ouais ! » fit Wyatt.

Mason eut un large sourire satisfait. De retrouver de vieux amis lui importait peu, sauf si ceux-ci étaient partant pour le rejoindre, afin de revenir à la gloire d’antan. Ils discutèrent pendant quelques heures, parlant de tout et de rien, évoquant de vieux souvenirs. Les jeunes écoutaient attentivement, apprenant beaucoup du Mason qui avait surnommé l’Empereur de la Rue.

- « Seulement, tu n’iras pas loin avec juste trois gars. » remarqua Sam. « Je sais bien que tu es balaise, Mason. Mais la force ne suffit pas toujours. Tu en as eu la preuve lors de ton combat contre le Cogneur. »
- « Justement, » coupa Abe « on doit recruter quelqu’un, prochainement. »
- « D’où mes plans. » ajouta Brass.
- « Fais voir. » fit Sam. « Mais ? C’est l’asile de Mad Monkey ! »
- « Exact. »
- « Qui allez-vous pouvoir trouver, là-dedans ? »
- « Mon petit frère ! » répondit Brims.

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