LES VIGILANTS

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 Kinkara

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Poulpe
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MessageSujet: Re: Kinkara   Jeu 5 Fév - 18:16

Il était parvenu à monter, en escaladant le mur du manoir, jusqu’à la chambre où, avait promis la Baronne, sa femme se trouvait. Il se laissa tomber sur le balcon, entreprit d’ouvrir la fenêtre en la crochetant, puis, son office terminé, se glissa à l’intérieur de la chambre. La seule source de lumière était une lampe de chevet, à l’abat-jour pourpre, projetant une sombre couleur sur les murs. En face de lui, sur la chaise faisant face à la coiffeuse, la femme qui hantait ses rêves était assise, et se redressa subitement en entendant la présence d’un autre. Elle était habillée comme une soubrette, le dévisagea quelques secondes, puis eut un large sourire. Il marmonna son prénom.

- « Facelia. » fit-il.

Si les circonstances avaient été autres, il aurait sans doute profité plus amplement des retrouvailles avec son épouse, surtout qu’avec cette tenue, elle suscitait son excitation. Mais il marqua un temps d’arrêt. Elle tenait en main un fusil à canon scié, une antiquité qui devait servir autrefois dans un gang de voyou.

- « Tu as trouvé une arme ? Parfait ! Sauvons-nous de cet antre de la terreur ! »

L’embout de l’arme pointa en direction de sa tête, et la dénommée Facelia ne fit pas semblant. La détonation claqua, provoquant un écho jusque dans le petit bois, en contrebas du balcon, éveillant l’intérêt de ses occupants. Les murs se maculèrent de sang, tandis que le corps de l’homme tombait à genoux, avant de s’abattre face contre sol, la tête en moins. L’hémoglobine coulait à flot via les artères déchiquetées par le plomb. Manifestement, les cartouches utilisées étaient prévues pour du gibier de taille. Facelia resta quelques secondes dans l’expectative, se demandant si ce qu’elle avait fait était bien ou mal. Il lui semblait connaître cet homme, mais ces souvenirs étaient troubles, comme noyés dans son cerveau. Tout doucement, sans précipitation, l’embout du canon remonta jusque sous son menton, et le doigt se prépara à appuyer sur la seconde détente.

- « Facelia. » lui fit une voix douce.

Elle baissa l’arme. La Baronne Vanessa Von Berjak se tenait à sa droite, surgie de nulle part. Cette dernière s’approcha lentement, attrapa le fusil, et en dévia la direction. Les souvenirs vacillants de Facelia Garland se noyèrent encore plus profondément, et, de brumeux, passèrent à ténébreux. Le souvenir de l’homme ayant fait irruption dans sa chambre se perdit sous les sentiments dont sa Maîtresse l’abreuvait. Elle s’effondra dans ses bras en pleurant, ne sachant pourquoi ses larmes coulaient.

Quelques heures plus tôt …

Lorsque Francis Garland revint enfin de sa mission, l’agent des services secrets ne trouva pas trace de ce qu’il s’attendait à retrouver. L’appartement où il vivait, avec son épouse, lorsqu’il n’était pas en mission dans un quelconque endroit réputé dangereux, était désert. Il avait parcouru toute la surface de leur habitation, sans dénicher le moindre indice sur la volatilisation de sa femme. Aucune marque de violence, aucun meuble renversé. Il aurait pu croire qu’elle était juste sortie au mauvais moment. Mais il savait que ce ne pouvait être cela. L’éphéméride était encore à une date antérieure de quelques mois, et Facelia mettait un point d’honneur à arracher les feuilles une à une, chaque jour.

Son premier réflexe fut de penser aux industries Crey. Le cabinet auquel était rattachée madame Garland travaillait officiellement pour la Comtesse. De fait, il lui appartenait. Hors, Francis savait, de source sûre, que l’entreprise traversait nombre de mauvaises passes, en ce moment. Il se résolut à les appeler, en dépit de son aversion pour ces gens, et d’apprendre, de la bouche d’une secrétaire, que Facelia ne travaillait plus pour eux. Elle avait manifestement, selon les dires de l’employée de bureau, « trouvé mieux ailleurs ». Il n’y croyait qu’à moitié, et finit par se dire que personne ne quittait Crey sans en éprouver quelques remords … que cela soit forcé ou non. Il entreprit alors d’entrer en contact avec son agence, pour leur demander tout ce qui pourrait lui être utile, mais un grésillement persistant perturba alors son appareil.

- « Vous ne trouverez rien contre Crey. » fit une voix féminine. « Ce ne sont pas eux, les fautifs. Et si cela peut vous consoler, votre épouse se porte comme un charme ! »

Surgissant des ombres, elle fit naître en lui un étrange sentiment, une lueur croissante de peur et de terreur. Il affrontait des espions de toutes les factions, dans son métier. Il n’avait jamais douté d’avoir un sixième sens. Que quelqu’un se soit caché de lui, pendant qu’il fouillait sa demeure, lui paraissait improbable. Pourtant, de là où elle sortait, cette femme n’aurait pu surgir qu’en étant cachée à l’intérieur de l’appartement. Vêtue d’une armure rouge, le visage caché derrière un masque technologique, elle se tenait là, devant lui, sans crainte.

- « Vous semblez bien renseignée. » lui fit-il, moitié admiratif, moitié en colère d’avoir été surpris.
- « Je me demandais ce qui avait bien pu lui arriver. » Elle tourna ses traits masqués vers lui. « C’est tout. » ajouta t’elle, en lui souriant. Elle avait une voix posée et calme, ne trahissant aucune émotion.
- « Où est Facelia, alors ? »
- « Au service de la Baronne Von Berjak. Je peux vous donner son adresse, si vous le désirez. »
- « Pourquoi feriez-vous ça ? »
- « Mon cher ami, par pure philanthropie. » commença t’elle. Voyant que cela ne prenait pas, elle crut bon d’y adjoindre une autre explication. « Le Masque de Pandore a ses raisons d’agir, qui ne concernent qu’elle. »
- « Et qu’est-ce que cette … Baronne … veut à des gens simples comme nous ? Nous n’avons pas d’argent, et … »
- « Je crois surtout que cette femme est intéressée par le … » Le Masque fit un blanc de quelques secondes. « Je me vois contrainte de vous dissimuler une portion de l’histoire. Et ne sortez pas votre arme, je vous prie. Nous avons chacun besoin de l’autre. » Il s’étonna de la justesse de ses déductions, puisqu’il s’apprêtait, sans en donner l’air, à prendre son arme, pour la menacer. « Croyez-moi, vous n’avez rien à craindre de moi. »
- « Alors, expliquez-vous ! »
- « Je vous dirais simplement que cette dame issue de la noblesse est intéressée par le potentiel psychique des humains. » présenta le Masque de Pandore. Elle fouilla dans son corsage.
- « Pardon ? » Elle lui tendit une carte.
- « Voici l’endroit où est retenue Facelia. Je vous précise qu’il est fort probable qu’on lui ait fait subir une espèce de lavage de cerveau. Vous feriez bien de vous y préparez ! »
- « Pourquoi faites-vous tout cela ? »
- « Allez savoir. » répondit le Masque, en haussant les épaules.

Sans plus attendre, Francis se rendit dans un placard, démonta les étagères, sans prêter attention au désordre qu’il faisait, puis fit pivoter une paroi. Elle dissimulait un équipement moderne d’espion professionnel, allant des cordes de rappel à quelques micros de si petite taille qu’on aurait pu les manger. Un fusil d’assaut était accroché, doté d’une lunette pour la visée nocturne. On pouvait dénombrer aussi deux pistolets de faible envergure, armes conçues pour être dissimulées aux chevilles, ou là où personne n’irait chercher. Il s’équipa pendant une longue demi-heure, se barbouilla de cirage, puis monta dans la voiture de sa femme, le véhicule étant resté sur place depuis le départ de son épouse. La femme à l’armure avait disparue sitôt qu’il s’était habillé.

La voiture roula à tombeaux ouverts, les phares, mal réglés, aveuglant les autres usagers, qui faisaient des appels pour lui signaler. Il coupa l’éclairage, une fois qu’il fut à l’entrée de l’unique voie conduisant au manoir de Berjak. Il était inutile de devenir une proie trop facile. Il parqua la voiture sous le couvert d’un arbre, se rendit au coffre, en sortit une bâche militarisée, bariolée de vert et de marron, et en recouvrit le véhicule. Il aurait l’air fin, si quelqu’un parvenait à lui prendre sa voiture, et qu’après avoir sauvé sa femme, il ne pouvait plus rentrer chez lui qu’en autostop. Il n’avait remarqué aucune caméra de surveillance, et s’en félicitait. La surprise n’en serait que plus étonnante.

Il se barbouilla de nouveau en noir, enfila sa tenue d’infiltration, escalada, avec l’agilité d’un singe, en s’aidant des pieds et des mains, la grille entourant le manoir, et se laissa glisser de l’autre côté. C’était une seconde nature, chez lui, que de rentrer chez les gens sans être vu. Bosquet par bosquet, élément de décor par élément de décor, il parvint jusqu’à l’imposante demeure. Il se servit d’un outil doté d’une longue tige pour ouvrir une fenêtre du rez-de-chaussée, et pénétrer la demeure. Et là, son sixième sens de réveilla, de manière anormale. Des nausées lui retournaient l’estomac, sans qu’il ne s’explique pourquoi. Il se trouvait être dans une cuisine tout à fait banale, et ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il aurait fallu qu’il soit dans un laboratoire où l’on déchiquetait la chair humaine, pour avoir ce sentiment de malaise, encore qu’il n’était pas sûr que celui-ci atteindrait une telle intensité. Il avait vu tellement de choses horribles, avec son métier …

Prenant le dessus sur ses exigences physiques, qui désiraient avant tout voir son estomac se vider au sol, semble t’il, il passa, avec précaution, la porte, utilisa un miroir de dentiste pour examiner le couloir dans lequel elle donnait, puis, ayant constaté que personne ne s’y trouvait, s’y engagea. Le manoir n’était hélas pas un hôtel, et aucun registre ne pouvait lui indiquer dans quelle suite se trouvait exactement son épouse. Il lui faudrait, selon ses propres pensées, fouiller chaque recoin, en espérant que la fameuse Baronne n’ait pas déplacée sa victime. Car, à son avis, il s’agissait d’une prise d’otage, sûrement liée à l’une de ses anciennes affaires, et la pauvre Facelia n’avait eu que le tort d’être mariée à un espion.

Il ne lui venait aucunement à l’esprit que la conversion de sa femme s’était faite un jour banal, où elle était venue rencontrer l’héritière du Baron Von Berjak, avec une proposition alléchante de la Comtesse Crey, désireuse, après le décès de celui-ci, de mettre la main sur son personnel et ses recherches. Hélas, la Comtesse avait eu affaire à forte partie. Facelia Garland n’était jamais revenue au bureau, et s’était contentée d’envoyer une lettre de démission au cabinet, mentionnant qu’« un nouvel employeur a vu plus en elle qu’un simple talent de juriste ». Mais cela, Francis Garland n’aurait pu le savoir qu’en appelant le cabinet où elle travaillait, ce que le Masque de Pandore l’a empêché de faire.

- « Et bien, et bien, qu’avons-nous là ? »

La voix était froide, coupante comme un coup de couteau, et Francis pesta contre lui-même.

- « Ces derniers temps, » pensa t’il, « je ne fais que me faire surprendre. » Il tourna la tête vers l’endroit d’où la voix était venue. « Et encore une femme, en plus ! » fit-il en son esprit, en pensant à nouveau au Masque.

Elle avait de la prestance, celle qui venait de l’interpeller. Il devina aussitôt qu’il devait s’agir de la fameuse Baronne. En nuisette noire, les cheveux attachés pour dormir, elle faisait jeune femme que l’on vient de sortir du lit. Il s’étonnait qu’il ait pu la réveiller. Il avait été parfait, de son franchissement de la grille jusqu’à son effraction. Elle le fixa d’un regard sombre. Il se demandait ce qu’il ferait si il lui prenait la fantaisie d’appeler à l’aide. L’idée de se servir de son automatique lui traversa l’esprit, avant qu’il ne se souvienne n’avoir pas installé le silencieux. Doucement, sans geste brusque, il s’empara d’un couteau de jet. Seulement, il pensa au Masque et à sa faculté de savoir quand il comptait se servir de son arme, et se posa la question de savoir si cette femme n’avait pas de capacités similaires.

- « Et vous êtes ? » demanda, avec une morgue absolument détestable, la Baronne. Francis se résolut à jouer franc-jeu. La sensation de malaise était telle qu’il imaginait fort bien rater sa cible, en dépit du fait que la distance était bien moindre que celle à laquelle il s’entraînait, d’ordinaire, à lancer des couteaux.
- « Je m’appelle Francis Garland. Je viens rechercher ma femme. » Pour la première fois depuis que leurs regards s’étaient croisés, un sourire fit son apparition sur le visage de Vanessa. Elle éclata de rire en s’asseyant sur la plus haute marche des escaliers, dévoilant ainsi à l’homme qu’elle ne portait rien sous sa nuisette.
- « Misère, j’avais oublié que certaines de mes filles avaient des familles ! » Ce simple constat suffisait apparemment à l’amuser. « Mais je ne pensais pas qu’un aurait la folie de venir jusqu’ici ! » affirma t’elle. Elle claqua des doigts, sans qu’il s’y attende. Aussitôt, des dizaines de portes s’ouvrirent, et des femmes en surgirent, en criant des « Maîtresse, maîtresse ! » désespérés. Parmi celles-ci, il reconnut son épouse.
- « Facelia ! » cria t’il. Elle le regarda, comme si elle ne l’avait jamais vu auparavant, puis un éclair de lucidité parut illuminer son regard. La Baronne le vit aisément.
- « Tu la veux, n’est-ce pas ? » Vanessa se redressa, de toute sa hauteur. De loin, il sembla à Francis que sa stature avait changé, un court instant, mais il préféra croire que c’était là le fruit de son imagination.
- « Oui. »
- « Sache cependant que je ne me sépare qu’à contrecoeur de ce que j’ai. »
- « Ce que vous avez ? » explosa Garland. « Dites, on parle d’un être humain, pas d’un objet ! » fulmina t’il.
- « Je vous propose donc un pari. Gagnez-le et je vous la rends ! » Il vit de la peur, dans le regard de sa femme, sa crainte d’être séparée de celle qu’elle avait appelée Maîtresse. « Refusez, et je vous tue ici, et maintenant. »

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MessageSujet: Re: Kinkara   Jeu 5 Fév - 18:17

Il sortit son automatique de son dos, pointant le canon sur la Baronne. Mais Facelia s’interposa, de même qu’une demi-douzaine de femmes, comme pour lui faire un bouclier de son corps. Elles étaient prêtes à mourir à sa place, et, sans qu’il sache pourquoi il pensait cela, Francis ajouta « autant de fois qu’il faudra, si elles le peuvent ». Il laissa ensuite tomber son arme au sol. Quelque chose de dur et de pointu s’enfonçait entre ses omoplates. Encore une fois, il n’avait pas senti une personne se glisser dans son dos. Il mettait ça sur le compte du malaise omniprésent qui l’oppressait.

Celui qui le menaçait était un homme d’environ trente ou quarante ans, pas plus selon les propres estimations de Francis. Mais ses cheveux étaient déjà entièrement blancs, et son regard vide et vitreux comme celui d’un homme mort depuis longtemps.

- « Ecartez-vous, mesdemoiselles. » Aussitôt, les femmes offrirent Vanessa à la vue de Francis. « Vous êtes quelqu’un qui se croit exceptionnel, à ce que je vois. Venir ici, pénétrer dans ma maison, pour y dénicher quelqu’un que vous n’étiez même pas sûr de trouver en ces lieux. Avez-vous cru un instant que cela se passerait aussi facilement ? »
- « Vous m’avez proposé un pari, quel est-il ? »
- « Une chasse à l’homme. Regardez par la fenêtre, à votre gauche. » Il le fit, et vit, dans le lointain, un immense rocher en bord de falaise, surplombant la mer. « Je vais vous faire conduire là-bas, cher monsieur. Facelia sera dans sa chambre, au dernier étage de ce manoir, face à ce rocher. Dès le lever du soleil, vous n’aurez dès lors plus qu’un seul but, la rejoindre. Si vous parvenez à la faire sortir de la chambre, je vous laisse alors partir. »
- « Ca me parait bien facile, vu comme ça. » s’étonna t’il.
- « Je n’ai jamais dit que je vous laisserais faire ! C’est une chasse à l’homme, monsieur Garland. Vous êtes mon renard, je suis la chasseresse. Montrez-moi que vous avez des crocs. »
- « J’accepte ! » fit-il. Même si elles étaient nombreuses, ses adversaires n’étaient que des femmes.

Il fut ensuite conduit jusqu’au rocher, par l’homme aux cheveux blancs. Ce dernier le fit entrer dans une anfractuosité, dans la roche. Depuis le début, il n’avait pas dit un mot. Francis se persuada qu’il était muet. Il profita des quelques heures précédant l’aube pour prendre un peu de repos, car il savait que la Baronne ne resterait pas sans rien faire. Il sursauta lorsque, peu avant l’aube, un coup de corne retentit. Il sortit le plus discrètement possible de sa cachette, prit ses jumelles et observa la situation. Au pied du manoir, la Baronne était déjà éveillée, en casaque rouge, pantalon blanc, bottes noires, à cheval, une bombe vissée sur la tête. Lorsqu’elle avait parlé de chasse à l’homme et de renard, Francis ne s’était pas un instant imaginé cette mise en scène, et il grogna d’être pris pour un simple gibier.

A côté d’elle, à cheval elles aussi, deux autres femmes patientaient. Elles portaient la même tenue que la Baronne, et, tout comme elle, tenaient en leurs mains un fusil de chasse à deux coups. L’une paraissait noble, probablement habituée à ce genre de cérémonial, sans doute une marquise ou quelque chose s’en approchant. L’autre était un peu plus débraillée, sûrement une servante qui s’était vue octroyée le droit de participer. Aux pieds des chevaux, une dizaine de soubrettes, fusil à la main, participait. En guise de chien, et c’est là que Francis sentit son esprit vaciller, c’était un homme de forte carrure, qui, pour l’occasion avait revêtu une tenue faite de peaux de bêtes. Julius, le favori de la Baronne, lui servirait de traqueur.

Garland constata que le soleil n’était pas encore levé, et pesta de colère lorsqu’il entendit de nouveau le son du cor. Elle n’avait jamais eu l’intention de tenir sa promesse. Il ramassa son équipement, le plus vite qu’il put, sachant qu’elles toutes se dirigeraient d’abord vers le rocher, pour dénicher sa trace. Il prit dans son sac un flacon et vaporisa un peu de produit sur l’endroit où il s’était reposé. Si le chien de garde de la Baronne venait renifler ici, il en serait pour ses frais. Francis se glissa ensuite entre les arbres. Il désirait, avant tout, éviter les femmes à cheval, car il savait qu’il ne pourrait les semer. Plusieurs fois, il dressa des pièges, non pas destinés à tuer, mais simplement à égarer sa trace.

- « Là-bas, je l’ai ! » cria une soubrette, venue faire la rabatteuse. « Merde ! » cria t’elle, lorsqu’une balle se ficha dans un arbre, à droite de son oreille.

Elle tira au fusil, et Francis constata qu’elles étaient toutes loin de plaisanter. Une branche fut déchiquetée par la rafale de plomb du fusil. Un coup de corne rameuta les autres. Francis pesta. Il avait pensé à éviter les femmes à cheval, mais n’avait pas pensé à celle qui tenait le cor, et sur laquelle il venait de tomber. Il tira à deux reprises. La souffleuse de cor tomba à la renverse, touchée à l’épaule, hurlant comme une damnée qu’elle aurait la peau de l’homme pour cela. Le chien de garde de Vanessa poussa une longue plainte, de loin. Francis eut un sourire. Il venait sûrement de tomber sur le produit qu’il avait semé sur sa couche. Il recommença à courir. Le sentiment de malaise ne le quittait plus. Il avait l’impression d’avoir couru des heures, et le manoir ne s’approchait toujours pas. Il trouvait le phénomène étrange. Cette nuit, lorsque le muet l’avait emmené au rocher, il ne lui semblait pas que le trajet eut duré si longtemps.

Il se rendit compte alors que, sans le vouloir, il était tombé dans un piège compliqué, qui le faisait tourner en rond. Il réussit alors à annuler, par un effort surhumain de sa volonté, l’espèce d’illusion qui le maintenait dans un cercle vicieux. Il sortit du chemin prédéfini, franchit un bosquet de buisson épineux, et n’eut que le temps de baisser la tête, pour éviter les deux rafales de plombs qui désagrégèrent une branche et un rocher de belle taille. La Baronne semblait avoir un don pour le repérer, même en l’absence de son « chien ».

- « Je suis désolée de devoir abréger la chasse, mais sans mon traqueur, je crains fort de ne plus aller très loin. J’en suis navrée, je ne pensais pas que vous disposiez de tant de ressources. »

Elle ouvrit le fusil, pour remettre des cartouches, et il profita de ce court intervalle pour lui lancer un couteau. Il ne savait pas si il l’avait atteint, ou pas. La seule chose de sûre, c’est qu’elle était tombée à bas de son cheval, et que ce dernier, affolé par la chute, l’avait probablement piétinée. Il pensa que c’était bien fait pour elle, et courut jusqu’au manoir. Un bref coup d’œil par les fenêtres du rez-de-chaussée lui apprit rapidement qu’il ne parviendrait pas à ses fins en passant par le hall. L’homme aux cheveux blancs, Igor, attendait, et une demi-douzaine de femmes, elles aussi armées de fusils, se cachaient derrière des éléments du décor, pensant elles aussi qu’il allait rentrer par la porte. Finalement, Francis décida de grimper le mur jusqu’au dernier étage, et il retrouva, ainsi que la Baronne le lui avait promis, sa femme dans la chambre la plus haute du manoir, face au rocher.

Et elle venait de le tuer.

- « Jenny, tu es là ? » fit Vanessa, serrant dans ses bras Facelia, qui ne comprenait pas pourquoi elle pleurait.
- « C’était bien la peine de faire tout ce trinlinlin avec tenue d’apparat et tout, pour que finalement, tu nous laisses derrière, avec la marquise Faustine, pour te téléporter sur l’endroit où l’âme de ce type se trouvait. »
- « Je ne pouvais pas prévoir qu’il était si fort. Il m’a gâché mon plaisir, cet animal. C’est dommage de l’avoir tué. Il aurait pu nous être utile, avec de tels talents ! »
- « Tu voulais me demander quelque chose ? »
- « Je veux savoir de qui il s’agissait. Tout, dans les moindres détails. »
- « Ben, c’était le mari de Facelia, je croyais que t’avais compris. D’après son dossier, il travaille comme commerçant d’import-export en fruits et légumes. »
- « Jenny … »
- « Quoi ? » Vanessa montra son bras ensanglanté.
- « Un commerçant d’import-export ? » Elle avait pris le couteau dans le biceps.
- « Ouais, bon, j’ai compris. Je mets deux contacts infiltrés sur le coup ! » répondit Jenny Burg.

Dehors, cachée dans un arbre, ayant surveillé toute la scène, la mystérieuse femme en armure, le Masque de Pandore, se tenait droite, adossée au tronc. Elle avait posé un doigt sur sa tempe, tout du long que Facelia avait menacé son mari. Elle ne l’avait retiré qu’après l’apparition de la Baronne. Tous ses efforts s’étaient révélés vains.

- « Etrange possession. La briser risque d’être plus compliquée que prévu. »

De fait, si les souvenirs de Facelia, concernant son mari, lui sont revenus en mémoire, ce n’est que par l’intervention extérieure du Masque. Vanessa jeta un regard courroucé par la fenêtre, mais ne vit rien. La démone savait que quelqu’un était intervenu, mais elle ignorait qui.

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