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 Lady Crow

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Poulpe
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Vigilant : Snow, Tigerwolf, Ogre Noir, Miss Victory et Waka
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MessageSujet: Lady Crow   Mar 6 Nov - 15:58

Fraternité

Anaïs ouvrit doucement les yeux, découvrant autour d’elle une pièce qu’elle ne connaissait pas. Les murs en étaient blancs, décorés de quelques œuvres d’artistes inconnus. On l’avait délicatement allongée sur un divan en cuir de très bonne facture. La jeune fille portait toujours son costume de super-héros, mais son masque dissimulant son identité lui avait été ôté. Elle resta presque une minute à contempler le plafond, puis prit une position assise. Elle n’entendait aucun bruit venant de l’extérieur. Ses idées étaient confuses et brouillées. Elle ignorait de quelle façon elle était parvenue ici.

Elle se souvint d’un combat, mené tambour battant, du visage plein de colère de Kitty Cat, sa demi-sœur, des expressions horrifiées de Waka et Little Bunny, les deux jeunes filles qui les accompagnaient à ce moment-là. Un autre souvenir revint, celui d’hommes en tenue de combat, qui les avaient prises au dépourvu. Ensuite, le souvenir le plus choquant, ce fut ces tentacules noirs, comme ceux dont elle-même se servait, qui l’enserraient, la tirant dans les ténèbres.

C’était bien cela, elle avait été kidnappée.

Les questions se succédèrent dans son esprit. Si ses agresseurs désiraient lui faire du mal, pourquoi l’auraient-ils laissée en plan, au beau milieu d’une pièce qui, manifestement, n’était pas sécurisée ? Pourquoi auraient-ils pris soin d’elle, au point de lui avoir posé, ainsi qu’elle put le voir, de quoi se nourrir sur la table basse ? Elle se servit dans le plateau de petits fours, qui étaient encore chauds, reniflant les mets avant de les ingérer. C’était ridicule, se dit-elle. Pourquoi m’empoisonneraient-ils après tous ces efforts pour me ramener vivante, sans la moindre blessure ?

Les tentacules noirs n’avaient pas marqué la peau d’Anaïs. Ils s’étaient contentés de l’enserrer, doucement, sans violence, et elle avait perdu connaissance lors du franchissement du portail de ténèbres. Elle ne s’inquiétait pas outre mesure. Ses adversaires devaient savoir que la souffrance activerait de nouveau ses pouvoirs. Ils la ménageaient dans le but de ne pas trop lui accorder de puissance. Une heure passa, sans qu’elle ne vit ni n’entende personne. Quelques revues étaient éparses, elle les lut pour patienter. Par la seule et unique fenêtre, elle devina où elle était parvenue, et jugea inutile de tenter de s’échapper.

Seule, à visage découvert, sur les Insoumises, elle n’irait pas loin. Valait mieux attendre que le kidnappeur fasse son apparition.

Au terme d’une nouvelle demi-heure, quelqu’un entra. C’était une femme d’environ vingt-cinq ans, aux cheveux noirs attachés en chignon, un costume de businesswoman sur elle, tailleur et jupe bleu marine, chemise blanche. Anaïs l’imaginait comme une messagère, mais découvrit vite qu’il n’en était rien.

- « Ah, tu es réveillée. »
- « Oui. Où est mon masque ? » La femme fouilla dans sa poche, et tendit le morceau de cuir à Doloris.
- « Vous n’en avez pas besoin ici. » lui dit-elle.
- « Qui êtes-vous, que me voulez-vous ? Pourquoi avoir organisé mon enlèvement ? »
- « Du calme. Je vais te donner des réponses. Je m’appelle Lucinda Corbeau, je suis d’origine française. Quand aux raisons qui m’ont poussées à une telle extrémité, je vais te les dire. Connais-tu Jefferson Reeds ? »
- « Je devrais ? »
- « Il était plus connu sous le nom de l’Ecorcheur. »
- « Alors, oui, je le connaissais. Mais pas sous son vrai nom. Je ne l’ai jamais appelé que l’Ecorcheur. »
- « Sache que Jefferson Reeds était mon père. »
- « Mais vous m’avez dit que vous vous appelez Lucinda Corbeau ? Ne devrait-ce pas être Lucinda Reeds ? »
- « Non, il n’avait pas épousé ma mère. Ou plutôt, celle-ci a refusé le mariage. Elle tenait à conserver le nom de Corbeau. »
- « Vous voulez vous venger ? »
- « Non plus. » répondit Lucinda, en souriant. « Je ne l’ai jamais vraiment connu, vous savez. Il a abandonné ma mère, alors que je n’avais qu’un an, pour suivre Vahzilok dans ses délires. Poursuivre une vengeance futile, ça ne m’intéresse pas. On ne venge pas des inconnus. »
- « Mais alors, que me voulez-vous ? »
- « Je te connais bien mieux que tu ne le penses. Je sais comment fonctionnent tes pouvoirs. Et j’aurais besoin de toi. »
- « Si c’est pour des actions malveillantes, ne comptez pas dessus. » La femme en tailleur soupira.
- « Viens voir. » lui dit-elle.

Lucinda se leva, puis sortit de la pièce, suivie de la jeune fille. Anaïs devina qu’elle se trouvait dans une société commerciale, mais bien après l’heure de fermeture. Corbeau monta dans l’ascenseur, avec elle, puis tapota une série de chiffres sur le tableau. Au lieu de s’élever, la cabine s’enfonça dans les profondeurs de l’île sur laquelle elle se trouvait. Les portes s’ouvrirent, dévoilant un laboratoire qui devait avoir dans les quinze ou vingt années, cela se devinait à l’ancienneté des appareils et ordinateurs présents. Lucinda alla jusqu’à une immense porte coulissante, devant laquelle un pupitre de contrôle attendait les instructions.

La femme appuya sur le bouton ‘Open’, et les panneaux de métal s’écartèrent. Derrière ceux-ci s’étalait un gigantesque bloc de glace, maintenu artificiellement pas des tuyaux, dont on devinait l’activité. Prise au piège, en plein milieu, une autre femme. Elle devait être un peu plus âgé que Lucinda, mais plus choquant était sa ressemblance avec Anaïs. On aurait pu croire qu’elles étaient jumelles, séparées par plusieurs années. La jeune super-héroïne vacilla sur ses jambes. Pour la première fois depuis qu’on l’avait libéré de la geôle dans laquelle la maintenait l’Ecorcheur, elle perdait le contrôle de ses nerfs.

- « Je te présente Lucille Corbeau, ma mère. »
- « Mais, mais c’est … » suffoqua Anaïs.
- « La raison essentielle de ton enlèvement. Retire le haut de ton costume, je te prie. Je voudrais m’assurer d’une chose. »
- « Quoi ? Que je me déshabille ? »
- « Garde-le si tu es pudique, je veux juste que tu découvres ton dos, sinon tu risques de tout arracher. »
- « Pourquoi est-ce que je … » commença t’elle.
- « S’il te plait. » l’implora Lucinda. « Ca ne prendra pas longtemps. Juste un petit moment, le temps de vérifier quelque chose de très important. »

Anaïs hésita un peu, puis, constatant que si Lucinda lui avait voulu du mal, elle l’aurait déjà fait depuis longtemps, découvrit son dos. La jeune fille resta ainsi, pendant que la femme lui examinait les omoplates.

- « Ils n’ont rien vu, à Paragon ? Rien vu de ça ? »
- « De quoi ? »
- « Tu ne le sais pas non plus ? »

Elle repassa devant et posa sa main sur la poitrine d’Anaïs, au niveau du cœur. La chaleur de la paume augmentait, et, soudainement, un étirement se fit sentir dans le dos de la jeune fille. Se déployant brusquement, deux longues ailes noires venaient de faire leur apparition. Anaïs était inerte, découvrant avec stupéfaction ces organes, qu’elle n’avait jamais deviné, cachés dans son corps. Lucinda, en face d’elle, retira la main de sur son corps, ôta le haut de son costume, jusqu’à apparaître en soutien-gorge. La femme croisa ses bras devant elle, et deux ailes firent aussi leur apparition dans son dos. Deux longues ailes noires, semblables à celles qu’elle venait de faire surgir du corps de la super-héroïne.

- « Nous sommes pareilles. Nous ne nous appelons pas Corbeau pour rien. » Elle regarda vers le corps prisonnier de la glace. « Nous lui devons. »

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Poulpe
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MessageSujet: Re: Lady Crow   Mer 14 Nov - 17:37

Trahison

La lycéenne Symphony Williamson s’était faite enguirlander. Ce n’est pas tant à cause de ses notes, ou de son comportement, cette fois. C’était parce qu’elle avait laissé sa demi-sœur, Anaïs Crowley, disparaître sous ses yeux, sans pouvoir intervenir. La nuit était tombée, ils n’avaient encore aucune nouvelle. Syf avait éteint la lumière de sa chambre, et s’était allongée, toute vêtue, sur son lit, en regardant le plafond. Elle n’arrivait pas à dormir.

Elle entendit un petit bruit, tout doux, suivit d’un autre. Elle dressa l’oreille, devinant que cela venait de la chambre d’à-côté. Elle se leva, sans précipitation, imaginant que c’était sa mère, et se rendit dans le couloir. Elle réalisa son erreur en entendant la voix de sa génitrice, qui parlait en étouffant ses mots, en bas des escaliers. Syf ouvrit la porte de la chambre voisine, et y découvrit Anaïs.

La jeune fille avait quitté son costume de super-héroïne, et enfilé une tenue noire toute moulante, comme celle d’un cambrioleur, le dos largement échancré. Elle enfournait dans un sac quelques vêtements de rechange, et sursauta sans un cri, surprise par l’arrivée impromptue de sa demi-sœur. Avant même que Symphony ne puisse dire quelque chose, elle lui fit signe de fermer discrètement la porte et de se taire. La blonde obéit, ignorant quel mystère se cachait derrière ce comportement anormal.

- « Maman est super-inquiète ! Comme moi, d’ailleurs ! » fit Syf, en baissant la voix. « On attendait des nouvelles du kidnappeur, et je te découvre en train de plier bagages, sans rien dire à personne ! Qu’est-ce que tu fabriques ? »
- « Je m’en vais. » répondit Anaïs, sur le même ton confidentiel.
- « J’avais deviné. Tu partais sans dire au revoir ! »
- « J’ai découvert certaines choses, sur moi. Je ne peux pas rester ici, avec vous. Ca me plairait, mais … »
- « Mais quoi ? »
- « J’ai de la famille, Syf. Une vraie famille. Ils ont des ennuis. Je dois les aider, même si pour cela … »
- « Chut, voilà Maman ! »
- « Partons ! »
- « Comment ? »

Anaïs prit son sac, passa la bandoulière autour de son cou, de manière à le laisser ballant devant elle, puis tendit les mains à Syf. Celle-ci les saisit, devinant que la brune allait les faire atterrir en douceur devant la maison. La blonde ne put qu’étrangler son cri, quand les deux ailes de plumes noires se déployèrent d’un seul coup. Elles descendirent en planant. Devant la maison, une vieille voiture, rafistolée, attendait, avec, au volant, Walter MacCroyers. Le fiancé d’Anaïs devait déjà être au courant de sa fugue, et attendait pour l’accompagner. Comme l’avait dit Syf à Anaïs, une fois, « Tu pourrais aller en enfer qu’il te suivrait. ».

Anaïs grimpa dans le véhicule, à l’avant, pendant que Syf sautait à l’arrière. La voiture démarra dans un bruit de casserole.

- « Vous fuguez en amoureux ? » demanda t’elle, quand la maison disparut du rétroviseur, après un tournant.
- « Non, c’est bien plus compliqué que cela. » répondit Anaïs.
- « Qu’est-ce qu’il se passe ? »
- « On ne m’a pas kidnappé. Enfin, pas dans le sens traditionnel du terme. On m’a invité pour déterminer si ce que l’on suspectait à mon sujet était vrai. »
- « De quel genre ? »
- « Mon ‘père’, l’Ecorcheur, s’est servi du code génétique d’une femme pour me créer. Celui de sa femme, ou du moins de sa concubine. »
- « Et alors ? Tout ça, c’est loin derrière, non ? »
- « Il a eu une fille, avec cette femme. Elles sont, comme qui dirait, ma mère et ma sœur. »
- « Et moi, je suis quoi ? »
- « Ma demi-sœur, et tu le resteras, même avec les kilomètres qui nous éloignent et le temps qui passe. »
- « Tu les rejoins ? Pourquoi ? Tu sais, Papa et Maman n’auront rien contre les voir, et … »
- « Elles vivent sur les Insoumises. »
- « Bon, d’accord, c’est un handicap, mais … »
- « Ma mère était une super-méchante du nom de Lady Crow. »
- « Génial. Laisse-moi deviner, tu reprends le flambeau ? » ironisa Syf.
- « Exact. »
- « Hé, ho ! Je disais ça pour rire ! »
- « Moi pas. Lady Crow est actuellement malade. Très malade. Tellement malade qu’on a été obligé de la congeler pour empêcher que sa maladie ne l’emporte. »
- « Et pourquoi tu ferais ça ? »
- « Pour aider ma sœur à la guérir. On a besoin d’informations. Ces informations, ma sœur ne peut les avoir par sa seule présence. Il lui faut quelqu’un pour agir dans l’ombre, à sa place. Elle pourrait reprendre le rôle de Lady Crow, mais, dans ce cas, tout le monde devinerait que c’est elle. C’est pour cela qu’elle m’a demandé de le faire. »
- « En gros, tu prends tous les risques, pendant qu’elle se planque ? C’est quoi, ce comportement ? »
- « Elle prend beaucoup de risques, elle aussi. Elle négocie avec Crey, le Docteur Aeon, Arachnos. Bref, rien que des cinglés. Il faut que je l’aide, du mieux que je peux. Et puis, mes pouvoirs ne sont pas fait pour le bien. »
- « De quoi ? »
- « On arrive. » fit Walter. « C’est juste devant. »

Syf regarda par le pare-brise. On voyait, entouré d’un haut mur, le cimetière de Dark Astoria. On y enterrait encore des gens, en dépit de la dangerosité de la zone. MacCroyers avait savamment conduit pour éviter toute rencontre avec le Panthéon des Bannis. Il était parvenu devant le cimetière de Moth.

- « Tu sais où il est ? » demanda t’il à la jeune fille.
- « Oui. J’ai fait un premier repérage, avant de venir. » répondit Anaïs.

Elle descendit de la voiture, suivie par Syf et Walter. Elle se dirigea vers une tombe, au milieu d’autres. Sur la pierre tombale, une simple inscription résumait la vie de celui enterré sous la terre. « L’Ecorcheur. Puisse l’éternel avoir pitié de son âme noire. ».

- « Qu’est-ce qu’on fait ici ? » demanda Syf.
- « Il s’est servi de moi pendant quinze ans. » fit Anaïs, d’un ton de défi. « A mon tour ! »

Elle plongea la main dans la terre meuble, juste devant le caveau. L’énergie sombre de la souffrance, au plus fort de sa mesure dans un tel endroit, glissa le long de son bras, pénétrant la terre. Symphony la regarda faire, ne comprenant que trop tard. Ce n’est que lorsqu’elle entendit un crissement, suivi d’un hurlement lugubre, qu’elle devina ce qu’il se passait. Le couvercle de pierre se souleva, laissant surgir un cadavre en décomposition. Anaïs le regarda, fixant les yeux vides de l’être, et, sans que rien ne le laisse supposer, il s’enfonça de nouveau dans la terre, par un trou de ténèbres qui s’était ouvert sous ses pieds.

- « Et d’un. » fit Anaïs, respirant avec difficulté. « C’est plus compliqué que je ne le croyais. »
- « C’est glauque ! »
- « C’est ce que je te disais. Voici la vraie forme de mes pouvoirs. »
- « Qu’est-ce que tu vas faire de ce pauvre type ? »
- « Le faire bosser un peu. »
- « C’est mesquin, comme vengeance. Même dans la mort, il n’aura pas le repos. »
- « Un type comme lui ne le mérite pas ! »

Ils remontèrent dans la voiture. Celle-ci démarra en trombe, bousculant quelques morts-vivants du Panthéon qui s’en étaient approchés. Walter MacCroyers prit la direction d’Independence Port. Ils abandonnèrent la voiture devant un embarcadère. Celui-ci hébergeait un yacht privé, de belle apparence. Plusieurs hommes armés, portant un uniforme bleu nuit, un corbeau stylisé dessiné sur la poche avant, les attendaient. Ils aidèrent Walter et Anaïs à grimper à bord, et allèrent préparer le voyage de retour. Anaïs s’approcha du bastingage.

- « Voilà, c’est l’heure des adieux. Tu m’excuseras auprès de tes parents, et tu leur expliqueras la situation. »
- « Attends, attends. Comment tu veux que je leur dise ça ? Ils vont être furax après moi ! »
- « Mais non. Tiens, je vais te donner une chance de me faire changer d’avis. Si jamais nous venons à nous rencontrer, par hasard ou que vous me retrouviez, toi, Ty ou n’importe qui d’autre, et que vous parveniez à me battre, je rentre sans faire d’histoire, et je renonce définitivement à mes pouvoirs. Ca marche ? » lui fit-elle en souriant, les yeux humides. Le bateau commença à s’éloigner.
- « Je te jure que tu regretteras un jour ces paroles ! » lui répondit Syf, les larmes lui perlant aux yeux.

Quand le navire fut hors de vue, Syf ressuya une larme. Elle prit ensuite son téléphone portable, appela ses parents pour leur confirmer la mauvaise nouvelle, et composa un autre numéro.

- « Mister Zane, braquage de banques à tout heure, que puis-je pour vous ? » se présenta le Mastermind.
- « Merci de nous avoir prévenu. » fit Syf.
- « Y’a pas de quoi. » fit-il, ayant reconnu le numéro. « Rassurez-vous, je garderais un œil sur elle. »

Tenu informé de l’enlèvement, Mister Zane avait retrouvé Anaïs, et, grâce à sa technologie, avait tout suivi de la conversation que Lucinda Corbeau avait eue avec elle. Il avait aussitôt prévenu les Williamson, en commençant par Syf, leur expliquant la possibilité d’un départ soudain. Il attendait probablement de l’autre côté du mince bras d’océan, sur les îles nommées Insoumises, que Lady Crow revienne à la vie.

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MessageSujet: Re: Lady Crow   Mar 20 Nov - 16:11

Réapparition de Lady Crow

- « Parfait, c’est vraiment parfait ! » fit Lucinda Corbeau, à l’attention de Walter et d’Anaïs.
- « J’ai l’impression d’être Alfred, le majordome de Batman. » fit MacCroyers, en regardant son nouveau costume d’employé de la Corbeau Corp.
- « Et bien, au boulot, Alfred ! » plaisanta la femme.

Anaïs avait revêtu l’ancien costume de sa mère génétique. Une tenue noire, composée d’un justaucorps savamment déchiré, d’un masque, de jambières sinistres et de bracelets similaires. Les épaules de la frêle jeune fille étaient couvertes de têtes de mort, de même que son torse et sa ceinture. Le justaucorps était conçu pour laisser passer les ailes.

- « Alors, je reprends où j’en étais avant la séance d’habillage. » fit Walter. « Les pouvoirs d’Anaïs, d’où viennent-ils ? »
- « De ma mère. De notre mère, devrais-je dire. » répondit Lucinda.
- « Ce n’est pas très explicite ! »
- « Comment dire ? Nos ancêtres étaient sorciers. Pour éviter d’avoir à recourir à tous les artifices que réclame une telle activité, un de nos aïeux, sûrement le plus doué dans son domaine, a réussi à intégrer les pouvoirs magiques dans nos gènes. »
- « Alors, les pouvoirs que j’ai ne sont pas le fait de l’Ecorcheur ? »
- « Certainement pas. A dire vrai, je me demande si il ne s’intéressait pas à ma mère pour cette simple raison. »
- « Ce qui reste fort probable. Il aura voulu comprendre le fonctionnement de ces pouvoirs, en utilisant l’ADN de … » Anaïs suspendit sa phrase.
- « De Maman. Tu peux le dire, je t’y autorise, tu es sa fille, après tout. » fit Lucinda, à son attention.
- « Ca me fait bizarre. »
- « Je te parie que si nous parvenons à la soigner, elle t’appellera ‘ma fille’. Elle a beau être une super-vilaine reconnue, c’était une mère admirable. »
- « Pourquoi avoir rejoint le camp des méchants, alors ? »

Lucinda leva un sourcil inquisiteur. Anaïs, en dépit de son air juvénile et innocent, savait faire fonctionner ses méninges. Elle avait posé le doigt sur une question que la fille légitime de Lady Crow s’était elle-même posée, bien des années auparavant.

- « Je n’ai pas de réponses à te fournir, pour cette question. Juste des conjectures. »
- « Quelles sont-elles ? »
- « D’abord, manipuler les morts est plutôt mal vu. Ensuite, se nourrir de la souffrance d’autrui est perçu comme un acte malfaisant. »

Anaïs se souvint d’une dispute d’il y’a quelques mois, avec un super-héros rencontré par hasard, qui lui reprochait l’usage de ces pouvoirs. La discussion s’était terminée par l’intervention de Kitty Cat, qui tenait coûte que coûte à régler le différend en arène, avec ledit super-héros. Ce dernier s’était alors rétracté, et ni Anaïs ni Symphony ne l’avaient jamais plus croisé.

- « C’est vrai. »
- « Je pense qu’il y avait une autre raison, bien plus profondément ancrée en nous. »
- « Laquelle ? »
- « Les persécutions. »
- « Pardon ? »
- « Tous les redresseurs de torts se succèdent depuis maintenant des milliers d’années, pour nous chasser. La Sainte Inquisition continue son œuvre, sous une autre forme. Aujourd’hui, ils se font appeler la Lignée. Ils nous haïssent, quoi que nous fassions de nos pouvoirs. »
- « En guise de réflexe de défense, elle aurait alors rejoint le mauvais camp ? »
- « En dépit de ce que l’on peut dire sur les super-vilains, il persiste une certaine forme de solidarité entre eux. Pour la simple et bonne raison qu’il s’agit d’un prêté pour un rendu. Au cas où ils seraient en difficulté, d’avoir sauvé la vie à l’autre peut se voir comme une dette à rembourser le plus tôt possible. Un super-vilain qui laisse ses alliés périr sous les coups de ses adversaires sans bouger le petit doigt se fige dans une image qui colle à son rôle, celui du méchant. Cependant, si il lui arrive une fois d’être en mauvaise posture, ses alliés du moment se diront qu’à leur place, il ne bougerait pas. Un équilibre s’installe donc. »
- « Lucille Corbeau aurait donc rejoint le camp des méchants pour y obtenir une certaine forme de protection ? »
- « Exact. »

Anaïs se dirigea vers les portes coulissantes derrière lesquelles dormait la première Lady Crow. Elle posa sa main sur le métal froid et sans vie. Elle sentait la présence de la femme, prisonnière de la glace. Pour peu, elle pouvait presque sentir ses sentiments, sa peur d’être ainsi condamnée au sommeil éternel, pour échapper à la mort.

- « Bon, admettons qu’elle ait eu raison de rejoindre les vilains. Pourquoi devrions-nous continuer ? Il y’a de bons savants de l’autre côté aussi. »
- « Je le sais. Je suis en contact quasi-permanent avec le S.E.R.A.P.H. Ils ont un échantillon sanguin de Maman, et je leur ai donné toutes les données en ma possession, tout ce qui pouvait les aider à la guérir. Cependant, malgré toutes ces années, ils en sont au même point. Ils ont beau être intelligents, ils sont limités par des considérations morales dont il est dur de s’affranchir. »
- « Et peut-être savent-ils que ce sang appartient à Lady Crow et qu’ils ne veulent pas être responsables de son retour. »
- « Ce qui reste probable aussi. Il me reste une solution, alors. Faire appel à la puissance de destruction de Lady Crow. »
- « Pourquoi ne pas reprendre toi-même le titre ? »
- « A cause de ma position. Je converse avec des tas de gens importants. Je leur pose des questions. Mais ils cachent bien leurs secrets. Hors, ces secrets contiennent peut-être des indices pour guérir Maman. Il me faut donc continuer à entretenir des relations commerciales avec eux, mais enquêter dans leur dos. Seulement, ils pourraient … »
- « Faire un parallèle entre tes heures de travail et l’apparition de Lady Crow. D’où le fait de quérir mon aide. »
- « Ca explique pourquoi tu veux que nous vivions dans la base. » ajouta Walter.
- « Oui, comme cela vous êtes cachés aux yeux de tous. L’avantage de cette installation est que vous disposez de points de sortie variés. »
- « Et donc, impossible d’établir une relation entre la Corbeau Corp et Lady Crow. »
- « Sauf si un linguiste comprend que Corbeau en français signifie Crow en anglais. Et même en faisant cela, il peut se dire qu’il ne s’agit que d’une pure coïncidence. »

Anaïs tripota quelques ordinateurs. L’équipement, hormis celui du glacier artificiel, était ancien. Les gros écrans couleurs affichaient les programmes dans une résolution basse, et ces derniers étaient aussi vieux que le reste de l’attirail.

- « C’est assez ancien, tout ça. »
- « Exact. Tout est resté tel quel. Seule la gestion de la cryogénisation a été modernisée. »
- « Nostalgie ? »
- « Oui. J’ai pratiquement grandie ici. Tiens, regarde. »

Lucinda ouvrit une icône sur l’écran qu’Anaïs manipulait, dévoilant plusieurs jeux relativement âgés.

- « Maman me laissait ici, quand elle partait, sous bonne garde. Je me passais le temps en faisant mes devoirs –elle était intransigeante sur le travail scolaire- et en jouant. J’avais toujours un ou plusieurs employés de ma mère en guise de nounous. »
- « Ils étaient au courant qu’ils servaient Lady Crow ? »
- « Oui. »
- « En parlant d’employés, je me pose une question. »
- « Laquelle, cette fois ? »
- « Que fais la Corbeau Corp ? Si tu me dis que tu trafiques des armes ou de la drogue, je te préviens … » Lucinda se retint difficilement de rire.
- « Maman ne trempait pas là-dedans, et moi non plus, d’ailleurs. Je n’ai aucune envie de la mettre en colère lorsqu’elle se réveillera, en faisant des choses pareilles. »
- « Alors, que fabriquez-vous ? »
- « Import et export. En particulier import de produits français. Haute couture, parfums, vins et liquoreux, meubles anciens. Les produits européens ont une bonne côte, ici. »

Anaïs soupira de soulagement. Au moins, les revenus de sa nouvelle sœur venaient d'un commerce honnête.

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