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 [Gore1] Genèse

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Gojira
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Vigilant : Elysian, Gore, Tyah, Lench
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MessageSujet: [Gore1] Genèse   Jeu 10 Nov - 18:23

Je ne sais trop s'il est préférable de se savoir mutant dès la naissance (pour peu qu'un nouveau né sache ce qu'est un mutant, et surtout qu'il ai conscience de lui-même), ou s'il est préférable de le découvrir plus tard, au détour d'une occasion ou d'une autre, comme on le voit souvent dans les films de science-fiction.

De mon point de vu, j'aurai préféré avoir eu le temps de profiter un peu d'une vie normale.
Grandir avec mes parents à mes côtés, aller à l'école, avoir des amis, connaître l'amour, la paternité... enfin bref, tous ces trucs d'humains qui me sont depuis toujours et à jamais hors de portée.


Je ne sais pas comment je suis né, ni de qui, ni pourquoi, et mes premiers souvenirs remontent à peu près à l'âge de trois ans. Et encore, ce ne sont que des impressions floues, et si violentes que je me refuse à les admettre.
Je me souviens être entouré d'animaux. De lions, d'éléphants, de lamas, et surtout de mon ami l'ours Barney.
Ah ! Barney !
Ne croyez pas qu'il s'agissait d'une peluche aux yeux en boutons. Non, il s'agissait bel et bien d'un ours.
Un vrai.

Nous partagions notre logis.
Barney et moi occupions la même cage, qui n'était pas plus grande qu'une cage d'ascenseur. Autant dire qu'été comme hiver il me tenait chaud. Mais oubliez tout de suite la relation fraternelle de Mogli et Baloo dans Le Livre de la Jungle.
Si je n'avais pas été un mutant, il m'aurait bouffé à notre premier rendez-vous.

Ai-je besoin de détailler d'avantage cette première partie de ma vie, qui n'est pour moi qu'un cauchemar venant me hanter encore aujourd'hui ?

Non, je crois que tout le monde a compris.

J'étais une bête de foire, l'incroyable et horrible monstre improbable, capable de soulever trente fois son poids et de coller une rouste à un ours de trois mètres, alors que je tenais à peine sur mes jambes et que je pleurais lorsque j'avais faim.
Et j'avais faim trop souvent.

Ni Barney ni moi n'avions réussi à nous échapper jusqu'à peu près mes sept ans.
En vérité, ni lui ni moi n'y avions vraiment pensé.

Ce fut à la nuit tombée, un jour froid et neigeux, que Barney et moi décidâmes d'en finir avec le cirque.
Ouvrir la cage fut d'une facilité évidente, et étriper les éventuels malheureux qui tentaient de se mettre en travers de notre route un véritable plaisir.
Autant Barney ne pensa qu'à partir le plus loin possible, autant mon seul but fut qu'il ne reste plus rien de vivant autour de moi. La rage au ventre, à sept ans, je venais de réaliser qu'il y avait quelque chose derrière les barreaux de notre cage, quelque chose qui m'appelait, accessible et incroyablement attirant.
Je ne compris que bien plus tard qu'il s'agissait simplement de la Liberté.

Au matin, j'étais couvert de sang et de chairs, et après m'être lavé longtemps dans une rivière avoisinant le camp où le cirque avait élu domicile, je suis parti à la recherche de Barney.
Comprenez qu'il était mon seul ami. Nous battre tous les soirs jusqu'à ce que l'un de nous finisse assommé et sanguinolent nous avait lié pour toujours, si bien qu'une fois purifié de mon massacre, il ne me resta plus que lui à qui penser.

Je dû parcourir la campagne une journée entière (et comprenez bien qu'une telle liberté était pour moi non seulement inédite, mais totalement incroyable) avant d'en retrouver la trace.

Son corps gisait à quelques mètres d'un chemin, la poitrine perforée par un trou gigantesque.


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Dernière édition par le Jeu 10 Nov - 18:35, édité 1 fois
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Gojira
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Vigilant : Elysian, Gore, Tyah, Lench
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MessageSujet: Re: [Gore1] Genèse   Jeu 10 Nov - 18:24

Je laissais enfin le corps inerte de mon ami, que je tenais dans mes petits bras pendant plusieurs heures.
Laissant peu à peu monter le trop plein de sentiments que je ne savais ni vraiment identifier, ni contrôler, je sentis soudain une vague incroyablement sombre m'envahir, et me mis à courir droit devant moi, hurlant et frappant ma poitrine de mes poings, ne sentant ni les écorchures des bosquets d'épines, ni les coups de fouet des branches basses, avant d'arriver subitement au coeur d'un petit hameau.

La première chose que je vis fut une petite fille, qui devait avoir peu ou prou mon âge, jouant à la poupée sur le pas de porte d'une maison.
Comme je hurlais toujours, elle se tourna aussitôt vers moi et je vis son visage devenir blanc, ses yeux s'agrandir et sa bouche se mettre à trembler.
Puis des larmes envahirent son visage.
Une femme arriva de l'intérieur de la maison, s'agenouilla à côté d'elle pour lui caresser les cheveux, avant de lever enfin les yeux sur moi.

Je pris réellement conscience du monstre que je suis, et cette première rencontre restera en cela à jamais gravée dans ma mémoire, lorsque je vis cette femme suffoquer et presque mourir sur place. Les yeux révulsés, oubliant son enfant et le monde tout autour d'elle. Ses mains agrippaient la terre, sa bouche s'ouvrait et se fermait, elle ne ressemblait plus à rien, sinon à une chose mourante.

Elle cria enfin, après avoir pris une immense inspiration.
Un cri suraigu et sans fin, insupportable, qui me vrilla la tête.

Je voulu lui dire de se taire.
Mais je ne savais pas comment lui dire.
Alors je l'ai fait taire avec le seul moyen qu'il me vint en tête.
Cela a fait pleurer la fille.
Alors je l'ai fait taire aussi.

Vous pouvez me juger, vous ne saurez jamais à quel point je me suis senti rejeté par ces deux femmes, à quel point j'avais de la haine pour elles, à quel point mon esprit était vide et sombre depuis la découverte de Barney avec son trou dans la poitrine.

Je me suis demandé à ce moment pourquoi j'étais sorti de ma cage.
Puis je me suis demandé pourquoi j'étais en cage.

A sept ans j'étais un enfant analphabète et brutal.
Néanmoins, j'avais réussi à atteindre les limites de la conscience humaine, à me poser la plus grand question de tous les temps : Pourquoi étais-je là ?

Je n'avais fait que me battre.
Et là encore, juste devant moi, il y a avait deux corps sans vie, tordus et sanguinolents, issus de ma colère et de mon incompréhension face au monde.

Malheureusement ça n'allait pas s'arrêter là.
De par ma nature même j'allais être chassé, et les chasseurs deviendraient vite des proies, et tout se finirait encore dans une mare de sang.
Cela semblait inévitable.


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Gojira
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MessageSujet: Re: [Gore1] Genèse   Jeu 10 Nov - 18:24

Ma seconde rencontre avec un être humain se résuma par le même comportement, et le même dénouement.
Je errais depuis plusieurs jours dans la campagne, passant de collines en forêts et de forêts en plaines, évitant les habitations, me nourrissant de tout ce qui passait à portée de main - insectes, grenouilles, rongeurs, petit gibier -, lorsqu'un matin, au bord d'un étang, je suis tombé nez à nez avec un vieux pêcheur.
En me voyant le vieil homme est devenu livide, s'est agité en tous sens avant de tomber raide mort.
Imaginez mon affliction d'être à ce point un faucheur de vie.
C'est en me penchant sur le cadavre du pêcheur que je croisais mon reflet dans un seau juste à côté de lui ; bien sûr je savais à quoi je ressemblais, mais je n'avais jusque là pas pris conscience de ma différence.
Ou plutôt, je n'avais jamais pris conscience que de l'apparence découlait sa place dans le monde.
J'ai touché le visage du vieil homme, parcourant ses cheveux, ses yeux, son nez et sa bouche, tous ces détails si différents chez moi - et qui l'avait fait mourir -, m'attardant sur les rides profondes de ses joues que je n'aurai jamais.
Pas de peau, pas de ride, équation implacable.
Je remarquais également ses vêtements, et j'eus l'idée malheureuse de vouloir les essayer. J'espérais ainsi devenir invisible aux yeux des autres, mais le frôlement des tissus se révéla insupportable.
Déception supplémentaire, dans un océan de confusion et de haine.
De rage, je rendais le vieil homme à l'étang en le projetant au milieu de l'eau.
Je passerai volontiers mes années de errance dans le monde, faisant fi des frontières, des couleurs et des langues, pour revenir à mes 14 ans, l'âge où ma mutation se fit plus violente encore.
En effet, c'est à cet âge où je découvris la puissance de l'énergie.
Une énergie venue de je ne sais où, se concentrant dans tout mon corps, et capable à la fois de décupler mes forces et de me protéger.
Je fis cette découverte lors d'une rixe particulièrement musclée dans les bas-fonds de Sao Polo où j'avais élu domicile depuis quelques semaines.
J'étais seul contre dix gaillards, mais j'avais largement le dessus. Les corps mordaient la poussière, du sang éclaboussaient les détritus qui volaient autour de nous, lorsque je vis l'un d'entre eux sortir une arme à feu.
Lorsque le coup retentis, je contractais mes muscles comme pour recevoir un coup, et je vis alors la balle s'arrêter à quelques centimètres de mon épaule, puis tomber à terre en clinquant.
Quelques minutes après la zone était pulvérisée, les hommes comme les poubelles de la même manières, ainsi que toutes les vitres du pauvre immeuble crasseux d'à côté.
Je venais de découvrir mon pouvoir immense.
Pris d'une folie soudaine, je nettoyais ainsi toutes les rues, embrasant les voitures, massacrant les pauvres erres qui avaient le malheur de croiser ma route, défonçant les vitrines et arrachant les poteaux.
Je marchais au hasard et rien ne m'arrêtait, je sentais l'énergie vibrer tout autour de moi, et ma haine était aveugle.
J'avais des larmes plein les yeux, je revoyais Barney et son trou au milieu de la poitrine, je revoyais cette femme criant à ma vue, et ce vieillard mourir de peur.
Je revoyais chaque kilomètre parcouru à chercher une réponse à ma question : pourquoi suis-je là ? un pays, une langue, une culture différente mais à chaque fois je revoyais la même peur de me voir, la même envie de me faire quitter cette Terre.
Bientôt les sirènes de Police résonnèrent dans tout Sao Polo, mais leur effectif diminuait au fur et à mesure qu'ils arrivaient. J'entendais les haut-parleurs hurler, les balles siffler autour de moi, mais j'avançais toujours, le visage brouillé par les larmes et mes souvenirs, la cage, Barney, la femme, l'étang, des morts, des morts, des morts...
... une piqûre sourde juste sous mon bras me sortie de la folie sanglante dans laquelle je pataugeais.
je regardais.
Une balle m'avait atteinte.
Une fatigue inouïe me frappa aussitôt.
Nooon !
Une seconde balle m'atteint dans la cuisse, et une troisième sur le côté. Je sentais l'énergie me quitter, et la mort me gagner.
Peut-être n'était-ce pas plus mal.


---

Je ne sentais plus la douleur, je n'entendais plus les sirènes de Police et les hurlements des hommes.
Un petit goût de sang dans la bouche me rappelait que tout monstre de foire que j'étais, je n'en restais pas moins un être humain.
Les 3 projectiles m'avaient mis à terre, et je goûtais le plaisir d'un repos mérité.
J'étais en train de mourir, c'est certain, et j'en étais satisfait.
Entre mourir et courir le monde à la recherche d'une chimère, mon choix était fait.
J'allais sombrer dans une douce torpeur lorsque je sentis une sensation inédite me parcourir des pieds à la tête, comme si des milliers de petits doigts étaient en train de me chatouiller en même temps.
Sensation assez désagréable qui deviendrait banal et indolore avec l'habitude.
On me téléportait.
Lorsque la sensation s'estompa, j'ouvris les yeux péniblement - retour sur terre mon grand - afin de distinguer l'endroit dans lequel je me trouvais.
Un vent léger caressait ma chair à vif, et en levant un peu la tête je vis le ciel étoilé et son spot lunaire.
J'étais sur le toit d'un immeuble.
Ma tête cessa de bourdonner, et j'entendis clairement de nouveau la cohue que j'avais provoqué à Sao Polo : la Police, les pompiers, les ambulances, les radios, tous étaient là pour me rappeler le carnage.
Puis, et je ne sais comment la définir - et même encore aujourd'hui je suis bien incapable de décrire ce que je ressens exactement dans ces moments là -, une autre sensation inédite m'enveloppa, beaucoup plus douce, avec l'impression que mon cœur gonflait et que mes poumons se remplissaient d'un air incroyablement pur.
Quelques secondes plus tard je me relevais.
Je ne mourrais plus.
Je vivais, et je me sentais même extrêmement bien.
"Te sens-tu mieux ?"
Je me tournais vers cette voix, et une silhouette se découpa en contre-jour de la lune.
Une femme.
Femme. Cri. Mort.
J'allais lever le poing sur elle afin d'éviter le cri lorsque pour la première fois j'eus un doute sur la pertinence de mon geste.
Cette femme m'avait amenée ici et m'avait guérie.
Devais-je lui écraser la tête comme les autres ?
Mes yeux s'habituèrent au contre-jour, et je pus mieux distinguer la silhouette qui était devant moi.
Elle avait le teint sombre, des yeux en amande et des cheveux longs attachés derrière la tête, des cheveux d'une incroyable couleur turquoise. Elle était fine, d'apparence fragile, mais elle ne semblait pas avoir peur.
Aussi je baissais le poing.
"Je m'appelle Elysian, et toi ?"
Et moi ?
Je ne su que répondre.
On ne m'avait jamais appelé.
Je me contentais de la regarder curieusement, parcourant ses formes élégantes et harmonieuses, enveloppée dans un vêtement brillant et bleuté.
Une cape flottait faiblement dans son dos.
"Suis-moi."
Et je la suivis.


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Gojira
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MessageSujet: Re: [Gore1] Genèse   Jeu 10 Nov - 18:25

Elle m'emmena loin de Sao Polo, en partageant sa capacité à voler.
Je n'avais jamais vu le monde d'aussi haut, et je me surpris à le trouver beau.
Nous fîmes une première halte à la frontière mexicaine et américaine, en haut d'une colline aride qui surplombait le Rio Bravo.
Elle s'assit sur un rocher et entrepris de faire un feu.

"Il fait froid la nuit dans cette partie du globe."

Si elle savait combien de fois je m'étais endormi à même le sol, me réveillant parfois sous une pluie battante, lorsque ce n'était pas sous une montagne de neige.

Elle fit venir à elle quelques branches, et d'un geste de la main les embrasa. Puis elle leva les yeux sur moi avec un sourire, et m'invita à m'asseoir à son côté.

"Une amie va nous rejoindre, et nous pourrons communiquer."

Effectivement, alors que le soleil plongeait dans le fleuve, un point lumineux apparut dans le ciel. Quelques instants plus tard, elle était parmi nous. Elle portait le même costume brillant que l'autre, mais sa tête était recouverte d'un masque, serti par un gros diadème d'un bleu glacial à l'endroit du front.

"Bonsoir Elysian.
- Bonsoir Seriane, merci d'être venue si vite."

Je sentis ladite Seriane plonger instantanément dans mon esprit.
Aussitôt, des souvenirs remontèrent à la surface, d'abord les plus récents comme mon carnage à Sao Polo, un mauvais coup à Jakarta qui me valait d'être recherché par toute la Police indonésienne, puis elle fouilla de plus en plus vite et de plus en plus loin dans le passé. Je vis mes premières années défiler à l'envers, clairement, horriblement, jusqu'à mon premier souvenir, la cage et Barney.

"Oh mon Dieu ! cet enfant est une furie !
- Une furie ?
- Un mutant hors de contrôle, un enfant abandonné dès la naissance à la barbarie des hommes. Il ne sait pas lire, ni écrire, et à ce que je vois il ne parle pas non plus. Je le sens rempli de haine et d'incompréhension, et comme toutes les furies il ne trouve le réconfort que dans son pouvoir de destruction.
- Presque adulte et totalement ignorant."

Elysian me regarda comme si j'étais un petit chat perdu, et comme je ne connaissais pas le concept de compassion - n'ayant jamais été confronté à ce sentiment auparavant -, je ne su comment lui rendre. Je me contentais donc de sourire, benoîtement.

"Il doit aller à l'école."

Seriane ne laissa aucune chance à ce qu'il en soit autrement.


---

Mon entrée à l'Ecole pour Jeunes Surdoués ne fut pas sans heurt, surtout qu'à mon entrée, surdoué je ne l'étais guère.

Je me rendis très vite compte qu'être mutant n'était pas forcement synonyme de physique disgracieux, que j'étais même en quelque sorte une exception à la règle, un cas d'école. Et c'est ma monstruosité qui engendra littéralement mon nom.

C'était seulement deux ou trois jours après mon entrée dans l'école.
Seriane avait réussi à me faire porter un bermuda afin de ne pas choquer les autres élèves, mais je n'avais pu supporter autre chose.

En traversant le couloir principal de l'école, où s'alignaient les casiers, je sentis tous les regards sur moi, me scrutant, me dévisageant, un sourire cynique pour certains et de la terreur pour d'autres. J'en vins à baisser les yeux, pour ne pas laisser monter la rage qui commençait à me tirailler l'estomac. Néanmoins je ne pu rater une conversation alors que je passais à côté d'un groupe.
"Tu as vu le nouveau ?
- Oui, il a une drôle de gueule.
- C'est clair. On peut dire que sa mutation lui colle à la peau !
(rires gras)
- Non mais c'est un peu dégueulasse tout de même.
- C'est carrément gore tu veux dire !"

L'expression fit son chemin aussi vite qu'une traînée de poudre, et du statut de "nouveau" je passais à celui de "le mec carrément gore", puis à "Gore" tout court.

L'un d'eux, Tom Bekart alias Le Toqueur, essaya de populariser "steak haché en bermuda". Malheureusement je fus un des premiers à l'entendre, ce qui lui valu la machoire, plusieurs dents, une arcade sourcilière et le nez cassés, et pour moi un premier blâme.

Mon physique particulier me fut en revanche fort utile pour palier à mon retard scolaire.
N'étant pas sujet aux effusions d'hormones comme tous mes camarades que l'adolescence avait temporairement transformé en paons et en idiots, je pu en effet me concentrer sur les cours, rattraper une partie de mes lacunes, et parvenir très vite à des résultats encourageants.
Seriane accélérait de temps en temps le processus d'apprentissage en développant artificiellement ma culture générale, ce qui fut sans doute une des expériences psychiques les plus incroyables que j'ai connu. Imaginez connaître des tas de bouquins sans les avoir lu, de films et de feuilletons télé sans jamais les avoir vu... je ne voudrai en aucun cas aujourd'hui être manipulé de la sorte, mais à l'époque j'en avais simplement besoin pour m'intégrer.

J'arrivais assez facilement, avec le temps, à obtenir le respect des autres élèves. Grâce aux séances d'entraînement au combat, où je brillais par mon expérience, j'obtins même une certaine popularité.

Entre les cours théoriques et les TP de Stratégie Appliquée, nous jouions à ce que Kassi Noukima, alias Candle, avait nommé le "Gore contre tous", et je devais user de mille stratagèmes pour ne pas les réduire en charpie d'un coup non contrôlé, et eux prenaient bien soin de ne pas provoquer ma colère.
Je faisais facilement 2 têtes de plus que la plupart d'entre eux, et à 17 ans j'avais naturellement développé une musculature très impressionnante. A ma connaissance, vers la fin de ma scolarité, je ne comptais mes véritables adversaires que sur les doigts d'une main.

Je n'ai jamais gravement blessé un camarade durant ces séances d'entraînement, mais Elysian me demandait de ne pas leur faire de cadeau, la vie étant de toute façon dure avec nous les mutants, si bien qu'une ou deux fois j'envoyais un peu de travail à l'infirmerie.


Dès qu'un élève avait 18 ans, la règle établie par l'école faisait d'eux des adultes. Ils étaient alors confrontés au choix de rejoindre la Hero Corp à Paragon City, la plus puissante faction de super-héros au monde, ou de devenir un Ambassadeur. Les Jeunes Ambassadeurs choisissaient alors un pays auquel était rattachée une City combattant les Rikti. Ainsi, Candle avait fini par repartir en Egypte et avait intégré la Pyramidal Freedom Force au Caire, et Eric Tissier, Alias Cheval de Troie, avait intégré la Patrouille Eiffel, à Paris.

Chaque anniversaire était mêlé à de longs adieux, et je fus surpris de voir qu'à mon propre anniversaire, beaucoup d'élèves étaient présents et avaient même décoré la salle d'entraînement pour moi.
J'en fus très touché, et ce jour là, pour la première fois de ma vie, la haine disparu quelques instants de mon coeur.

En tant que furie, un seul choix s'offrait à moi : Paragon City.
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