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 Quakestrike et Ava Stryer

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Poulpe
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MessageSujet: Quakestrike et Ava Stryer   Ven 13 Juin - 16:41

Il entra dans le bâtiment déglingué, sa hache sur l’épaule, le dos courbé par une journée de travail épuisante.

L’immeuble avait l’air vétuste, et, pour tout dire, paraissait abandonné depuis des années. La façade ternie ne montrait plus que fenêtres maladroitement bouchées, pour empêcher le vent de se glisser par les vitres brisées. Le vieux panneau publicitaire, tout aussi abandonné que le reste, ne montrait qu’une vieille affiche datant d’il y’a au moins vingt ans, vantant les mérites d’un produit qui, de nos jours, n’était plus prisé que des collectionneurs.

Sans s’arrêter à l’aspect du bâtiment, il entra par la porte principale. La porte était branlante et l’un de ses battants pendait misérablement sur l’unique gond restant, prêt à lâcher à tout moment. Le vernis avait depuis longtemps cessé de protéger le bois, et les termites s’en étaient donnés à cœur joie.

S’ensuivit un long couloir, que le héros de notre histoire parcourut. Comme l’extérieur, l’intérieur était vétuste. Les vieux murs gris ne semblaient tenir que par un sortilège, révélant l’excellence de ceux qui les avaient montés. Le papier peint se décollait par lés entiers, rajoutant, si cela était possible, encore plus de tristesse au décor.

Le colosse pressa un interrupteur, dès qu’il eut fait trois pas, mais celui-ci ne donna pas le résultat escompté. Cette fois-ci, ils les ont achevés, se dit-il. Les derniers lampadaires avaient été arrachés de leur support, et se trouvaient plusieurs dizaines de centimètres en dessous de leur position initiale. La plupart étaient en miettes, sur le sol. Les plus tenaces pendaient toujours au bout des fils électriques, affligeant spectacle de décrépitude.

Il avança dans les ténèbres, tâtant régulièrement les murs, pour s’assurer qu’il ne dépasserait pas la cage d’ascenseur. Lorsqu’il y parvint, il entra dans la cabine de cet engin d’un autre âge, repoussa la grille et ferma le parapet. Ensuite, il appuya sur le bouton des sous-sols, et, devant l’absence de réaction, frappa du manche de son arme sur le boîtier. Un couinement inquiétant se fit entendre lorsque la poulie se mit en marche, et l’ascenseur descendit de deux étages.

L’ancien parking lui aussi était miteux. Cependant, à côté de quelques épaves carbonisées, on devinait des formes humaines, ou presque humaines, qui se réchauffaient autour d’un baril enflammé. Ignorant ces indésirables, il se rendit jusqu’à l’extrémité sud des lieux, où il n’y avait qu’une porte marquée d’un symbole danger. Le gros panneau rouge frappé d’une tête de mort blanche, sous laquelle un imposant voltage était indiqué, annonçait de suite la couleur : « franchissez cette porte si vous voulez mourir ».

S’assurant que les squatteurs du garage ne regardaient pas dans sa direction, il ouvrit, et se glissa dans l’interstice que formaient la porte et le tableau électrique. Il manipula quelques fils dedans, en en débranchant quelques-uns, et en les rebranchant sur d’autres places. Au bout de la troisième manipulation, le panneau glissa sur lui-même.

Il entra alors dans un couloir moderne, aux parois métallisées. Il n’y avait aucun décor, tout au plus une moquette de bonne qualité recouvrant le sol. Le couloir mesurait environ une vingtaine de mètres. A plusieurs reprises, des appareils de mesures surgirent d’orifices prévus à cet effet, le prenant en chasse pendant qu’il marchait vers l’autre porte. Il y’a fort à parier que quiconque d’autre que lui se serait aventuré aussi loin aurait été abattu par des lasers surpuissants. Il parvint sans encombre à la seconde porte, posa sa hache dans un récipient normalement destiné aux parapluies, ôta son imperméable aux manches découpées pour le mettre sur un portemanteau, puis entra dans la salle suivante.

Celle-ci était de forme ronde, d’un diamètre d’environ huit mètres. On aurait dit une tranche de cylindre. Les bords étaient du même métal que les parois du couloir. Les seuls meubles étaient regroupés au centre, sous une énorme lentille lumineuse. Il n’y avait, en tout et pour tout, qu’un fauteuil semblable à celui d’un dentiste, et, à côté de celui-ci, une servante à roulette sur laquelle étaient entassés un oscilloscope et plusieurs ordinateurs. Le seul autre élément du décor se trouvait être une autre porte, à l’exact opposé de celle par laquelle il venait d’entrer.

Il s’installa dans le fauteuil, et celui-ci bascula vers l’arrière, se transformant en une espèce de couchette. Il ferma les yeux quelques secondes, jusqu’à ce que l’autre porte s’ouvre. Manifestement, son retour avait été remarqué, et elle venait jusqu’à lui.

« Elle ». Il ne connaissait pas son nom, pas plus qu’il ne se souvenait de son propre patronyme. Mais elle était là depuis son réveil, pour le conseiller, le guider, veiller sur lui. Elle était assez grande, fine, la peau mate. Ses longs cheveux étaient inhabituels, de couleur pourpre, et ses yeux argentés et brillants, comme ceux d’un chat. Aujourd’hui vêtue d’une tenue d’infirmière, elle monta à califourchon sur lui, ce qui fit remonter sa minijupe, et dévoiler ses longues jambes gainées de bas résilles.

- « Comment qu’il va, mon gros loup, aujourd’hui ? Il a bien travaillé ? » lui demanda t’elle.
- « J’ai encore eu des absences. » lui fit-il, comme unique réponse.
- « Encore ? Tu ne travailles pas assez, mon mignon. »
- « Des gens étranges, dans des costumes étranges. Et puis un nom. Omega Team. Sais-tu de ce dont il s’agit ? »

Elle fit non de la tête, bien que son regard se soit éclairé un court instant. Il ne mit pas sa parole en doute. Il ne doutait jamais de ce qu’elle lui disait. Elle fouilla dans la poche de sa blouse blanche, en sortit une seringue dotée d’une longue aiguille, et remplie d’un liquide translucide. Elle donna une petite secousse avec l’index de sa main libre, appuya légèrement pour faire jaillir quelques gouttes du liquide.

- « Tu vas faire un gros dodo, mon bébé d’amour. Oublie, oublie tout ça. Ne pense plus qu’à moi. »

Il sentit cette dernière phrase s’infiltrer en lui comme un doux poison. Il ne savait expliquer comment, mais elle paraissait, à chaque rencontre, l’orienter un peu plus vers elle, comme si elle devenait devenir l’unique phare qui dirigerait sa vie.

Elle nettoya le cou de l’homme avec un morceau de ouate imbibé d’alcool qu’elle portait déjà en poche, laissant deviner que la piqûre aurait été attribuée quelque soient les conditions. Ensuite, elle fit entrer l’aiguille dans les muscles, injectant doucement le contenu de la seringue. Il émit un gémissement partagé entre le plaisir et la douleur, et elle ralentissait le rythme d’injection pour la faire durer. Ensuite, elle ôta l’aiguille du cou, nettoya là où elle avait piqué, et, se penchant en faisant tomber le nez de l’homme directement dans son décolleté, alla chercher des électrodes sous la tête du fauteuil, appareils qu’elle posa sur le front et les tempes du colosse. L’oscilloscope et les ordinateurs sur la servante à roulette se mirent alors en marche.

Elle descendit du corps imposant de l’homme, baissa sa jupe et ferma sa blouse. Elle vérifia quelques données sur l’un des ordinateurs, et, ayant vu ce qui l’intéressait, alla près de l’homme, vérifiant que le produit faisait bien effet. Elle lui ouvrit les paupières, et devant l’absence de réaction oculaire, elle retourna près de la porte qu’elle avait franchi pour venir près de lui. Puis, avant de quitter les lieux, elle appuya sur deux interrupteurs. L’effet ne se fit pas attendre. Le fauteuil sur lequel dormait l’homme se trouvait en fait sur une plaque et celle-ci se mit à tourner à allure réduite, pendant que la lentille lumineuse se mettait à alterner les couleurs d’éclairage de façon douce. L’homme, dans le fauteuil, dormait, mais paraissait comme mort.

Une fois la porte franchie, « elle » retournait dans ses quartiers. Il y avait, en face du couloir qu’avait emprunté l’homme pour revenir, un couloir similaire, conduisant lui aussi à un ascenseur. Mais là, il n’y avait aucune procédure de contrôle, et l’ascenseur était d’un modèle récent. Dans un tintement, la cabine amena la femme au cinquième étage d’un hôtel de luxe, et elle se rendit aussitôt dans une chambre presque immédiatement accessibles dès la sortie d’ascenseur. A peine entrée dans la suite de grand standing, meublée à l’ancienne, le téléphone, ressemblant à un vieux modèle doré à l’or fin, sonna. Elle décrocha, s’asseyant sur le lit à côté duquel était posé le guéridon du téléphone.

Une voix rauque, désagréable, sentant le tabac froid, même à travers une ligne téléphonique, une haleine semblable à celle d’un mourant, questionna directement, sans lui laisser le temps de se présenter.

- « Mademoiselle Ava Stryer ? »
- « Elle-même. » répondit-elle, d’un ton plein de morgue.
- « Ici Ronald Midley. Comment va t’il ? »
- « Mieux, bien mieux. Le traitement est le bon cette fois. Plus le temps passe, moins il se souvient de l’Omega Team. »
- « Parfait. Le succès de notre opération dépend de votre capacité à user de vos dons de mutantes pour qu’il n’obéisse qu’à vous. »
- « Vous pouvez compter sur moi. C’est pour cela que vous me payez, non ? »
- « Bien sûr, bien sûr. Mais je connais assez les femmes pour savoir que … »
- « … que vous avez maintenant une fille douce et aimante, qui vous adule par-dessus tout. Grâce à qui ? » Ronald ne répondit pas. « Vous pouvez le dire ! Grâce à moi ! Mais je peux encore inverser la tendance et la faire vous haïr à un degré tel qu’elle tenterait de vous poignarder à chaque occasion, Monsieur Midley. » Elle eut un petit rire supérieur, puis elle reprit un ton de femme d’affaires. « Mon travail est d’amener ce colosse manipulateur de pierre à devenir l’une des figures emblématiques d’Arachnos. Et je le mènerai à bien. »
- « Je sais que vous et lui … » commença Midley. Manifestement, certaines rumeurs étaient parvenues à ses oreilles. Ava ne cherchait pas à se défendre, mais expliqua tout de même la situation.
- « Je suis enfermée ici, et je ne suis pas du genre à faire appel à des services de … compagnie, si vous suivez mon idée. Alors je fais avec les moyens du bord. »
- « D’accord, mais … » opposa Midley.
- « Je suis une professionnelle, Monsieur Midley. Le chasseur tombe rarement amoureux de sa proie, n’est-ce pas ? En revanche, il joue avec, ça s’est déjà vu. »
- « Bien, je n’ai donc plus rien à vous dire. »
- « Moi, si, en revanche. »
- « Quoi donc ? »
- « Il me faut d’autres injections. Je suis presque à court. » termina t’elle, en faisant tourner la seringue entre ses doigts fins.

Elle raccrocha, sans lui laisser le temps d’une autre réponse, en souriant. Midley ne contrôlait plus rien, c’était elle qui avait désormais toutes les cartes en main.

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Poulpe
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MessageSujet: Re: Quakestrike et Ava Stryer   Ven 25 Juil - 17:46

Quelques semaines avant l’entretien téléphonique …

La salle de réunion était semblable à n’importe quelle autre salle de réunion d’une entreprise similaire. Graphiques de perspectives accrochées aux murs, tableau blanc sur lequel était annoté plusieurs points de développements possibles, des chaises sobres et une grande table ovale. Autour de celle-ci, une dizaine de personnes discutaient à bâtons rompus. Manifestement, la discussion avait un impact majeur sur les gens.

- « Est-on sûr de son identité ? Si ça se trouve, ce n’est pas lui ! »

Ronald Midley, actuel directeur de la société, posait une question, mais celle-ci n’avait pas de cible particulière. De taille moyenne, le visage marqué par les années, vêtu d’un costume sombre, il aurait pu, si les conditions avaient été autres, devenir acteur populaire. Hélas, il n’était, à ce jour, que l’un des associés majoritaires d’une entreprise économiquement rentable, mais à l’avenir plus qu’incertain.

- « Voyons, Ron, tu ne penses tout de même pas nous convaincre comme ça ? » opposa Melinda Blackbird.

Celle qui gérait le personnel de la société était une femme entre deux âges, avec de beaux restes, mais aussi quelques traces d’un passé qui n’avait pas dû être aussi calme que son présent. Sa robe de directrice était simple, mais présentait quelques fonctionnalités montrant bien son tempérament, comme cette fente sur le côté, qui laissait voir ses cuisses rondes d’allure ferme.

- « Même si c’est lui, que pouvons-nous faire ? »
- « Pourquoi t’être précipité pour le faire ramasser par nos équipes de recherches, alors ? »
- « J’ai pensé que … » Midley suspendit sa phrase.
- « Tu pensais qu’il y aurait peut-être de quoi faire sortir notre société de l’ennui dans lequel elle se trouve ? » demanda Mitchell Barn, l’actuel PDG.

Barn n’avait franchement pas l’air d’un truand, par rapport à Blackbird ou Midley. Bien au contraire, nombreux sont ceux qui lui auraient offert le bon dieu sans concession. Le visage rond en tout point, du front au menton, il avait une physionomie de papy gâteau. Son costume était un peu élimé, mais encore potable. Ses lunettes, aussi rondes que son visage, ne suffisaient cependant pas à cacher l’avidité que l’on pouvait parfois deviner dans ses yeux, comme lorsqu’il interpella Ronald Midley.

La société Scopland, pour laquelle ces trois personnes se démenaient, avait pour client principal Arachnos. Mais leurs liens avec la grande organisation criminelle relevaient de la pure logique commerciale. Ils se contentaient de produire des enveloppes de munitions pour les armes des soldats.

Récemment, une opportunité s’était ouverte devant eux. Lors d’une mission de sondage pour trouver du minerai, afin d’améliorer les performances de leur unique produit, les salariés de Scopland avaient assisté, impuissants, à la chute d’une météorite de belle taille. Lorsqu’ils parvinrent sur les lieux, ils n’y trouvèrent qu’un homme, de stature imposante. Après prise de contact avec leur employeur, ils ramenèrent celui-ci au sein de la société. Avant que le colosse ne se réveille, on lui administra plusieurs dizaines d’injections de sédatifs. Son sort était maintenant discuté par l’assemblée présente.

- « Oui, monsieur le PDG. Cependant, si cet homme est vraiment un membre de l’Omega Team, le garder ici … »
- « Du calme, Ron. » lui fit Melinda. « La situation est à notre avantage. Il n’a pas encore retrouvé conscience, et personne ne nous a vu. »
- « La situation est quand même critique. Si nous le livrons à Arachnos, l’Arc et les super-héros vont nous tomber dessus. Si nous le rendons à sa famille, c’est Recluse en personne qui signera notre ordre d’exécution ! »
- « Situation délicate, il est vrai. » approuva Barn.
- « Alors, sortons du marasme dans lequel nous sommes embourbés. » proposa Melinda. « Nous ne fabriquons pas que des cartouches de munitions, ici ! Nous avons plusieurs projets en cours, qui n’ont jamais été développés par manque de fonds ! »
- « Et tu penses à quoi, Melinda ? »
- « Au projet Déviance. »

Ronald Midley ouvrit de grands yeux, et il y avait de quoi. Le projet Déviance avait pour but de « convertir » quelqu’un à une foi qui n’était pas la sienne, par un lavage de cerveau. Cette technique n’avait jamais eu le développement qu’elle méritait, selon Melinda.

- « C’est une hérésie ! Le projet Déviance est un ratage, un ratage complet ! » fulmina Ronald.
- « Correction. » le coupa Blackbird. « Il n’est un ratage que parce que nous n’avons pas persévéré. Les cobayes employés n’ont jamais donné de bons résultats, parce que nous ne disposions pas, à l’époque, d’un soutien d’un genre … particulier. »
- « Quoi ? Quel soutien ? Celui d’Arachnos ? Ils vont dire que nous piétinons leurs plates-bandes ! »
- « Mais non, Ron. Bien sûr qu’il ne faut pas leur dire. Il faut continuer à développer ce projet dans l’ombre, et n’en avouer le contenu que lorsqu’il sera fiable. Et comment mieux prouver à Arachnos que nous pouvons faire mieux que des cartouches de munitions qu’en s’en servant pour … » Elle ne termina pas.
- « Effectivement. » reprit Barn. « Convertir un ancien super-héros de l’Omega Team à Arachnos, ce serait bon pour nous. » L’homme soupira. « Mais comment faire ? Le projet Déviance a montré ses faiblesses. Les injections n’ont qu’un effet temporaire. Au bout d’un moment, le corps résiste aux effets du sérum. Il nous faudrait le perfectionner, mais nous ne gardons pas assez de contrôle sur nos cobayes pour continuer nos expériences. »
- « D’où le fait que j’ai mentionné un soutien ! »

Pendant que Mitchell Barn prenait la parole, Melinda s’était aventurée dans son sac à main. Elle avait fouillé dedans, sans prêter attention aux regards accusateurs des autres actionnaires, qui ne supportaient pas qu’elle ignore ainsi le vieux PDG. Elle extirpa de ses affaires une carte de visite rose et violette, ornée de petites fleurs.

- « Qu’est-ce que c’est ? » demanda Barn. Melinda lui tendit le petit carton.
- « Une consultante, d’un genre un peu particulier. Ca risque de nous coûter cher, mais le jeu en vaut la chandelle ! »

Mitchell lut alors la carte de visite.

« Ava Stryer, spécialiste en gestion sentimentale. »

S’ensuivait un numéro de téléphone portable, une adresse e-mail, mais pas de numéro de fixe, de télécopie ou d’adresse. Manifestement, cette consultante était vraiment particulière, au point de ne pas être sédentaire. Midley s’était déplacé jusqu’au PDG et avait lu par-dessus son épaule.

- « C’est une plaisanterie, j’espère, Melinda ? Tu veux nous recoller ta conseillère conjugale ? »
- « Elle est bien au-delà, Ron. Vous n’êtes pas tous sans connaître ma situation. C’est mon mari, Ray Blackbird, qui est riche. Pas moi. Il y’a quelques mois de cela, j’ai failli tout perdre, car il avait découvert mes infidélités. Je suis une femme, et j’ai des besoins que Ray ne peut plus accomplir … ou difficilement. »
- « Et ensuite ? » demanda Barn.
- « Pour éviter le divorce, j’ai engagé mademoiselle Stryer. Le résultat est connu par ceux d’entre vous qui ont vu mon mari depuis. Alec ? »

Alec Ranger était le spécialiste en balistique de la société, un ingénieur de génie qui avait mis au point l’actuel procédé permettant de fabriquer les cartouches. Il était aussi, et tous le savaient au sein de la société, l’un des amants de Melinda. L’homme savait bien que la femme en avait d’autres sous le coude, mais peu lui importait, car elle représentait sa seule opportunité de réconfort physique. Travailleur acharné, il n’avait que peu de fréquentations, en dehors de son métier.

- « Le pauvre vieux, qui s’offusquait d’être trompé, est maintenant ravi de voir sa femme avoir des amants. Il se félicite d’avoir trouvé une femme aussi désirable. »
- « Pardon ? » demanda Ron.
- « Plutôt que ‘spécialiste en gestion sentimentale’, je dirais plutôt qu’Ava est une pro dans la manipulation. » expliqua Melinda.
- « Moi et Melinda avons eu des relations juste devant son mari. Et il s’en émerveillait. » Alec fit une courte pause. « C’en était même un peu écoeurant. »
- « Je n’ai jamais autant ri de ma vie ! » assura Melinda.
- « Mutante ? » demanda Midley.
- « Je suis persuadé que oui. » affirma la voix d’un des actionnaires, resté dans l’ombre.
- « Et moi, je ne suis pas convaincu que ce soit une bonne idée … » commença Ronald.
- « Qu’est-ce qui te gêne ? »
- « Ca me semble trop beau pour être vrai ! Ton mari ? Et alors ? Il s’est peut-être simplement rendu compte qu’il ne pouvait plus te satisfaire ! Elle le lui aura expliqué, calmement, et il se sera rendu à l’évidence ! » Melinda eut un sourire crispé.
- « Crois-moi, mon mari, même impuissant, n’aurait pas supporté de me savoir avec un autre. Déjà que depuis le début de notre mariage, il se doute que c’est pour son argent que je l’ai épousé. » Elle se leva et ôta la carte des mains de Barn, pour la tendre au directeur. « Il me semble que tu as des soucis, avec ta fille ? »
- « Rien que cette escroc ne pourrait résoudre ! » affirma Midley.
- « Et bien, tente l’expérience. Je suis prête à payer de ma poche, si le résultat n’est pas celui escompté. »
- « Si ça marche … » commença Ronald.

Depuis l’adolescence, sa fille unique et chérie était devenue une harpie encore plus virulente que sa mère. Il se mit soudain à rêver la retrouver aussi gentille et aimante qu’elle l’était lorsqu’elle avait dix ans. Puis son ego reprit le dessus. Il glissa la petite carte dans la poche intérieure de sa veste et apostropha Melinda d’un ton cassant.

- « Nous verrons bien. Si ça fonctionne, alors j’autoriserais le déblocage de fonds pour relancer Déviance. »
- « Si tel est le cas, nous devons décider de ce qu’il convient de faire de notre … candidat. » fit l’homme caché dans l’ombre.
- « D’abord, … » commença Melinda « une petite formation sur le tas. Les informations récoltées laissent entendre que l’homme en question est un magicien manipulateur de terre. Il faudra nous assurer que ses talents ne sont pas perdus … et qu’ils ne seront pas perdus par le traitement proposé. »
- « Ensuite ? »
- « Nous l’envoyons combattre pour Arachnos, et demandons à mademoiselle Stryer de surveiller ses faits et gestes, et de manipuler ses sentiments pour qu’il lui obéisse, ce qui nous permettra d’affiner les données du projet Déviance. Lorsque le lavage de cerveau sera complet et définitif, nous saurons que nous avons réussi, et nous pourrons alors revendiquer auprès de Lord Recluse la perfection de notre méthode. »
- « Après cela, nous nous verrons peut-être confier d’autres tâches, mieux rémunérées. » termina Barn. « Bien. Nous laissons donc monsieur Midley s’assurer de la qualité des prestations de mademoiselle Stryer. Dès qu’il vous donne son feu vert, relancez le projet Déviance. » acheva Mitchell.

Les actionnaires quittèrent la pièce, chacun se félicitant du bon déroulement de la réunion. Il ne restait, dans la pièce, que le vieux PDG et l’homme de l’ombre. Ce dernier s’était relevé, resserrait sa cravate, et prit la direction du mur du fond, où l’on ne voyait aucune porte. Mitchell leva un œil curieux vers celui-ci, ayant fort récemment investi dans la société. Avec les fonds apportés, il était devenu aussi important que l’actuel PDG, voire même plus.

- « Excusez-moi, mais … »
- « Quoi donc ? »

L’homme se retourna, tournant des lunettes rondes et brillantes vers le vieillard.

- « Comment savez-vous qu’elle est mutante ? »

Il redressa ses lunettes rondes avec son majeur, comme une insulte lancée dans le vide, puis mit les mains dans les poches. Il donnait l’impression de trouver la situation amusante.

- « Disons que le nom de Stryer ne m’est pas inconnu. » acheva, avec un sourire sardonique, Mister Zane, avant de disparaître par un portail dimensionnel.

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MessageSujet: Re: Quakestrike et Ava Stryer   Mar 19 Aoû - 15:50

- « Zane ! » cria Bloody Kris, la Dominatrice.

En tenue civile, Cristel Lissel faisait tout de suite moins impressionnante que dans ses atours de combat. Il restait néanmoins assez de froideur dans son regard gris pour empêcher quiconque de l’approcher, maintenant qu’elle portait à l’annulaire de sa main droite une superbe bague, que lui avait passé au doigt le très célèbre Mister Zane. Aujourd’hui habillé décontracté, il s’apprêtait à faire un check-up complet de ses troupes robotiques, lorsque sa douce et tendre moitié, en hurlant, réveilla Brenda Smithson, enceinte, qui faisait la sieste dans le canapé. Cette dernière se releva, en grognant, pestant après Kris et ses hurlements de « furie hystérique », puis gagna sa chambre, pour ne pas assister à l’une des micro disputes du couple, qui survenaient régulièrement, et dont ils semblaient s’amuser.

- « Oui, poussin ? »

Contrairement à Kris, le ton était calme et tempéré. D’une manière générale, Kris criait et Zane la calmait. Cela se passait toujours ainsi.

- « Qu’est-ce qui est arrivé à ton compte d’économies ? Il a pris une claque ! Tu entretiens une autre femme, ou quoi ? » fulmina t’elle, en lui collant un papier sous le nez. Cette fois, contrairement à d’autres, la dispute risquait de prendre une toute autre ampleur.
- « D’où est-ce que tu sors ça, toi ? » demanda le Mastermind, en regardant l’extrait de compte qu’elle tenait en main. Sa femme se mit à rougir en balbutiant quelques mots tels que « trouvé par terre » et « enveloppe ouverte par erreur ».

Zane lui retira le bout de papier des mains, le lut, puis le jeta dans la corbeille en soupirant et levant les yeux vers le ciel.

- « Et bien quoi ? Il en reste encore plus de la moitié, c’est assez pour vivre, non ? »
- « Où est passée l’autre moitié ? »
- « Tu m’aurais donc épousé pour mon argent ? »
- « Non, non, bien sûr. Enfin, pas que pour ton argent. » répondit-elle, acerbement, en insistant sur le ‘que’. « Je me sens très concernée, cependant, par la disparition aussi subite d’une telle somme. Nous ne devons pas avoir de secrets l’un pour l’autre … »
- « Il m’est difficile d’en avoir pour toi, tu mets toujours ton nez où il ne faut pas. » répliqua Zane, en souriant. Elle fit une moue boudeuse. Elle fit comme si il n’avait rien dit.
- « Aussi, si tu as un problème, j’aimerais assez que tu m’en parles. »
- « Je vais faire mieux. »
- « Ha ? »
- « Je vais te faire rencontrer la personne qui m’a fait dépenser tout cet argent ! »

Quelques minutes plus tard, changés et propres, Zane et son épouse se présentèrent devant une riche villa. Le style en était assurément baroque, l’entrée fermée par une grille dorée, repeinte récemment. Dans l’allée, on voyait deux ou trois voitures de marques, rutilantes comme au premier jour. Les propriétaires de l’endroit ne devaient pas manquer de moyens financiers. On voyait la housse couvrant une piscine enterrée, un jacuzzi d’extérieur, et beaucoup d’autres signes extérieurs de richesse.

- « Tu as acheté cette villa ? »
- « Si je me base sur les prix du marché, avec tout ce que j’ai investi, j’aurais pu en acheter quatre comme celle-là ! » plaisanta Zane.

Il sortit de sa poche un zappeur électrique, pressa un bouton, et, dans un grésillement discret, les panneaux de la grille s’ouvrirent. Quelques soient les propriétaires, ils faisaient une confiance aveugle à Mister Zane, pour lui confier la clé de chez eux. En franchissant l’entrée, un énorme dogue vint à leur rencontre, courant à toute allure en aboyant.

- « Ho, bon sang. » fit Kris. « Tu es sûr que nous soyons les bienvenus ? »

Elle avait toujours craint les gros molosses dans ce genre. Le chien arriva vite à leur hauteur, et, contrairement aux angoisses de Kris, qui s’apprêtait à le congeler sur place, se mit à sauter sur Zane et à japper joyeusement. Le Mastermind lui caressa la tête, tout en lui disant de se calmer. L’animal connaissait bien Zane, cela se voyait à son comportement. Une voix se fit entendre. Les aboiements de la bête avaient prévenu les maîtres des lieux.

- « C’est bon, Julius, au pied, maintenant. »

Une voix de femme leur parvint, portée par le vent. Le chien, disposant d’une meilleure ouïe, obéit tout de suite, tandis que Melinda Blackbird faisait son apparition par la porte-fenêtre, en tenue décontractée. Vêtue d’un pantalon ample en toile, qui laissait deviner ses rondeurs de femme, et d’un chemisier léger, elle aperçut les deux visiteurs, et fit signe à l’un d’eux.

- « Zane ? Quelle surprise ! »
- « Toujours aussi gentil, ton chien, décidément. »

Il alla à sa rencontre, tirant sa femme par la main, tandis que Melinda attrapait un ballon et le lançait au chien, pour qu’il coure après. Kris commençait à se demander dans quelle abracadabrante aventure elle s’était embarquée. La femme fit entrer les deux tourtereaux dans son salon, leur demanda de l’excuser pour le désordre. En fait de désordre, il n’y avait que quelques tasses vides et sales sur la table basse, indiquant que la femme avait reçu des invitées féminines, preuve en était, selon Kris, les traces de rouge à lèvres sur les rebords des récipients.

- « Asseyez-vous, je vous en prie. » Elle débarrassa rapidement la vaisselle sale, pendant que le couple prenait place dans les sièges en rotin. Lorsque Melinda disparut en cuisine, Kris prit la parole.
- « Dis donc, Zane, ça ne me semble pas très encourageant, tout ça ! »
- « Tais-toi, et apprend que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être, parfois. »
- « Si c’est ta maîtresse, elle a l’âge d’être ta mère ! »
- « Qui ça, moi ? » fit Melinda, qui revenait en portant un plateau chargé de trois tasses sur des soucoupes. « Ce n’est pas faux ! J’aurais pu être sa mère ! » Elle s’assit en face d’eux, posant le plateau sur la table basse, tandis que Zane reprenait la parole, en même temps que la main de Kris.
- « Melinda, je te présente mon épouse, Cristel. »
- « Je m’en doutais un peu. » répondit Melinda. Elle se tourna vers Kris. « Je suis enchantée de faire enfin ta connaissance. »
- « Cristel, » reprit Zane « je te présente Melinda Blackbird, la directrice en ressources humaines de la société Scopland. Elle est entrée récemment en contact avec moi, pour que je participe activement à une augmentation de capital. Tu sais qui sont Scopland, n’est-ce pas ? »

Inféodée à Arachnos, la Dominatrice ne pouvait pas ignorer ce nom, qui se retrouvait sur chaque douille de fusil de la grande organisation.

- « Oui, mais je ne te savais pas porté sur les armes à feu traditionnelles. »
- « Ho, je t’avouerais benoîtement que je ne suis qu’un humble intermédiaire. »
- « En fait, il me sert surtout pour resserrer mon emprise sur Scopland. » affirma Melinda. « J’aurais bien investi moi-même, car, comme tu peux le constater, je ne manque pas d’argent. » fit-elle, en étendant les bras, pour montrer le décor enchanteur de la villa. « Seulement, les autres actionnaires auraient alors refusé net. Même topo si la proposition d’augmentation venait de quelqu’un ayant des liens avec Arachnos. »
- « En faisant intervenir un tiers extérieur, non rattaché à Arachnos, ils évitent ainsi les problèmes. Et Melinda, grâce à mon soutien, peut ainsi diriger la société de fait, même si, techniquement parlant, elle n’est pas majoritaire. »
- « J’ai fait cette demande auprès de Zane lorsque Scopland a retrouvé un ancien super-héros, blessé et amnésique, sur un point d’extraction de minerais. Pour relancer un vieux projet de Scopland, j’avais besoin d’un appui solide, et c’est là qu’il entre en scène. »
- « Donc, tu as placé ton argent dans cette société. » fit Kris à son mari.
- « Oui. »
- « Sur la demande de cette femme. » ajouta t’elle.
- « C’est tout à fait cela. »
- « Espères-tu en retirer une quelconque récompense ? » Elle le regardait d’un mauvais œil. « Et toi ? » fit elle à Melinda. « As-tu seulement une idée de qui je suis ? De qui est Zane ? »
- « Je crois que ta charmante moitié n’a pas encore réalisé, Zane. » fut la réponse de Melinda.
- « Il faut dire que nos explications ne sont pas claires et ne sont pas dans le courant des réponses qu’elle attend. »
- « Une petite démonstration, alors ? » proposa Melinda. « Cristel, tend la main à plat devant toi. »

Celle-ci trouva étrange cette requête, mais, devant le regard que lui adressa son mari, obtempéra tout de même. Elle mit sa main à plat devant elle, paume vers le haut. Melinda se concentra quelques secondes, et le miracle s’opéra. Dans un petit éclair de lumière, l’une des tasses de la table basse réapparut dans sa main. Cristel connaissait fort bien ce genre de pouvoirs.

- « Mais c’est … » commença t’elle.
- « Avant mon mariage, je m’appelais Melinda Lissel. »
- « C’est la sœur de mon père. » fit Zane, goguenard, devant l’air ahuri de sa femme. « Ma tante, quoi. »
- « Jusqu’à il y’a peu, j’ignorais que le célèbre Mister Zane était en fait mon neveu. Je ne dois cette information qu’à une banale discussion, pendant laquelle on m’a rapporté que le Mastermind était mutant et non technophile. »
- « C’est vrai, beaucoup de monde croit que ses pouvoirs sont technologiques. » approuva Cristel.
- « De fil en aiguille, je me suis ensuite persuadée qu’il s’agissait en fait du garçon auquel j’ai changé ses couches. »
- « Melinda … » soupira Zane.
- « Quoi ? Cristel a raison, j’aurais pu être ta mère ! » Elle avait le même sourire goguenard que son neveu. « Je nous ai ensuite arrangé une rencontre, il y’a plus d’une semaine, pour que je puisse mettre ça au clair, et j’ai eu alors la preuve que j’attendais. »
- « Pourquoi tu ne l’as pas invité à notre mariage ? » protesta Kris. « Et puis, je croyais que tu n’avais pas de famille à me présenter, hormis ta sœur ? »
- « Et bien, je croyais Melinda morte. »
- « Merci, c’est sympathique ! » répondit Melinda, en faisant une moue boudeuse. « Bon, j’admets, je me suis faite passer pour morte. J’ai une petite carrière de voleuse, derrière moi, aussi, à un moment, il a fallu que je disparaisse. »
- « De voleuse ? »
- « Mes pouvoirs sont moins étendus que ceux de Zane. Je peux faire déplacer des objets d’un point à l’autre, mais seulement des objets inanimés. Qui plus est, ce pouvoir est limité à ma perception visuelle. Si ça sort de mon champ de vision, je suis incapable de faire quoi que ce soit. Pareil si ça bouge. Avec un tel don, cependant, il m’est facile de faire réapparaître des bijoux exposés dans la devanture d’une joaillerie directement dans mon sac. »
- « Et pour éviter le Zig, car tu as fini par être reconnue sur des vidéos de surveillance, tu as pris la fuite. » termina Zane. « Papa ne parlait pas souvent de toi. D’une, parce que tu étais une mutante, de deux, parce que tu as pris le mauvais chemin. »
- « Richard a toujours été anti-mutants et anti-hors-la-loi. »
- « Il est anti-tout, de toute façon. » fit Zane, moqueur.
- « Donc, c’est pour me rendre service, sans contrepartie, que Zane a participé à mon idée. Si tu as besoin de l’argent, Cristel, je peux vous rembourser. » Elle fit non avec la tête, encore sous le coup de la surprise.

S’ensuivirent vingt minutes de discussion, qui portait plus sur les souvenirs de Melinda sur Zane, enfant, avant sa disparition tragique « dans un accident de la route tellement improbable que les enquêteurs ont dû s’exploser les neurones à essayer de le reconstituer », dixit Melinda, qui partageait vraisemblablement le même goût que son neveu pour les mises en scène rocambolesques et les plans d’actions sur plusieurs échelles. Ensuite, elle raconta à Cristel de quelle façon elle s’était refait une identité sur les Insoumises, abandonnant le nom de Lissel pour celui de Lice, puis son mariage avec Ray Blackbird, le fabricant aéronautique produisant les fuselages des Jets Arachnos. Après, autre un nom intervint dans la conversation, lorsqu’elle énuméra ses amants et la jalousie de son mari.

- « Stryer ? » fit Cristel, choquée. « Mais il n’a pas de pouvoirs mentaux ! »
- « ‘Il’ ? » s’étonna Melinda. « Qui ça, ‘il’ ? »
- « On ne parle pas du même, Kris. Là, il s’agit d’Ava Stryer. Je pense qu’il doit y avoir un lien de parenté avec notre gogo à nous, mais lequel, bonne question. J’ai commencé à trouver cette participation à Scopland très marrante lorsque le nom de cette femme a fait son apparition. »
- « C’est par le biais d’une amie que j’ai appris son existence. Elle-même le tenait d’une de ses connaissances. Et celle-ci en avait entendu parler par l’un de ses collègues de travail. Elle fonctionne beaucoup par bouche à oreille, cette Ava. En tout cas, je peux affirmer que le résultat est valable. »
- « Il n’y a pas moyen d’en savoir plus sur elle ? » questionna Kris.
- « Et bien, il faudra en parler à ‘votre gogo’. » plaisanta Melinda. « Personnellement, je ne lui ai demandé qu’une chose, ça m’a coûté cher, mais ça a été à la hauteur de mes espérances. »

Après encore une heure de discussion, ils quittèrent ensuite la villa, raccompagnés jusqu’à la grille par Melinda et Julius. Revenus à la base, grâce aux dons de téléportation du Mastermind, Cristel apostropha Zane.

- « D’où ton absence de Vendredi soir ? »
- « Conseil d’administration. Melinda m’a briefé, j’ai voté en son sens, je l’ai soutenu pour que son projet soit accepté. »
- « Cet argent, c’est un peu le mien, non ? Je veux participer aussi ! »
- « Non, impossible. Tu es liée à Arachnos. Tu risques de tout mettre par terre. »
- « Flûte. » Elle réfléchit pendant cinq secondes. « Oui, mais si ils découvrent le lien entre Melinda et toi ? »
- « Qui connaît la véritable identité de Mister Zane ? Actuellement, ça se compte sur les doigts des deux mains, et encore ! Ensuite, je te rappelle que ma tante est morte dans un accident de voiture, il y’a presque quinze ans de cela. Melinda Lissel a disparu pour laisser la place à Melinda Lice, devenue Madame Blackbird. Physiquement, nous sommes assez peu semblables. » Kris eut à son tour un sourire goguenard.
- « En revanche, mentalement, vous vous ressemblez ! Vous êtes tordus tous les deux ! »

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MessageSujet: Re: Quakestrike et Ava Stryer   Ven 26 Déc - 13:07

- « Le projet est donc viable ? » demanda Midley.
- « Nous avons pu affiner nos recherches, grâce à la collaboration efficace de mademoiselle Stryer. Seulement … » fit l’un des scientifiques, responsable du projet Déviance.
- « Oui, oui, je sais. Elle a disparu sans laisser de traces, en laissant notre cobaye sans surveillance. » répliqua Melinda Blackbird. « Mais nous avons obtenu d’elle ce que nous désirions, c’est l’essentiel, non ? En plus, elle n’a même pas exigé d’argent, ces derniers temps. On dirait qu’elle a obtenu tout ce qu’elle voulait. »
- « C’est bien là que le bât blesse. » coupa Mister Zane, actionnaire majoritaire au sein de la société, et nouveau patron, depuis le décès prématuré de Barn. « Nous avons donc dans la nature une femme disposant d’informations sur Scopland. Je ne suis pas adepte de la chasse aux fantômes, et d’aucun me trouveront peut-être paranoïaque, mais il pourrait en surgir des ennuis … à plus ou moins grande échelle. »
- « Pardon ? »
- « Je pensais à voix haute, monsieur Midley, c’est tout. Il y’a des évènements qui se profilent, et ceux-ci ne me disent rien de bon. »
- « La société est en danger ? »
- « Vous ne voyez décidément pas plus loin que le bout de votre nez. » lui reprocha le super-vilain. Il soupira. « Concernant Ava Stryer, je vous propose de l’oublier, tous autant que vous êtes. Je pense me charger de son cas … disons de façon personnelle. » Les autres membres du conseil eurent un frisson, en entendant le ton de sa voix, y compris Melinda.
- « Monsieur, il n’est peut-être pas nécessaire de … » commença cette dernière.
- « Madame Blackbird, en tant que nouveau PDG, je prendrais toutes les mesures nécessaires. Et comme vous le savez tous, ici, je ne suis pas un modèle de vertu. »
- « Bien, monsieur. » répondit Melinda, en se disant qu’il faudrait qu’elle ait une entrevue avec son neveu. Elle avait trouvé amusant qu’il prenne ses aises dans le poste laissé vacant par Mitchell Barn, et il fallait lui reconnaître des capacités de management exceptionnelles. Mais elle s’inquiétait d’un tel comportement.
- « Changeons donc de sujet. Le projet Déviance ayant été reconnu par Arachnos, cela nous octroie une nouvelle corde à notre Arc. John Chapman, aussi connu sous le nom de Quakestrike, a été envoyé à Arachnos. Ils continuent les tests sur cet individu, en lui présentant des photos de l’époque où il était un super-héros, en pratiquant de l’hypnose régressive sur lui, bref, en tentant de trouver une faille dans notre traitement. Je suis heureux de vous annoncer qu’ils ont échoués, et qu’ils envisagent donc de nous confier la ‘formation’ de quelques prisonniers, dont ils pourraient se servir. »
- « Sans cette Stryer, le projet sera-t-il viable encore ? »
- « Nous n’avions besoin d’elle que pour maintenir une emprise sur le psychisme du colosse. » expliqua le chef de projet. « Sitôt que les traitements cérébraux ont pu être complétés, sur ce cobaye, nous avons commencé à expérimenter sur différentes personnes. Tous les essais se sont révélés positifs. En fait, ces derniers temps, Ava Stryer ne faisait que nous coûter de l’argent. »
- « Que va-t-il advenir de Chapman ? »
- « Cela ne nous regarde plus. » fit Zane. « Nous l’avons … hum … ‘revendu’ à Arachnos. Ils vont probablement le modeler à leur image, et s’en servir pour de la propagande anti-héros. Si c’est sa santé qui vous intéresse, monsieur Midley, je peux vous rassurer. Il leur est plus utile vivant que mort. »
- « Je ne … »
- « Parlons plutôt argent. Le département Déviance est pour l’instant chichement installé dans les laboratoires étroits du sous-sol, d’où quelques cas de claustrophobie de certains de nos chercheurs.

Le chef de projet eut un sourire. Depuis le temps qu’il demandait des installations plus vivables que celles occupées actuellement, il était ravi de voir qu’il avait été entendu. C’était un grand homme sec, aux cheveux gris et crépus, paraissant étrangement maigre dans sa tenue de laborantin. Ses chaussures étaient maculées de poussière.

- « Nous rénoverons donc l’aile sud du bâtiment quatre, avec une prédilection pour la sécurité. Les accès devront tous être solidement verrouillés. Interdiction formelle d’entrer et de sortir sans accord de la direction, c’est-à-dire mon accord. Oui, monsieur Midley, ça vous inclut dans la liste des personnes que je ne veux pas voir traîner autour des labos de reconversion. Je serais le seul à pouvoir entrer et sortir librement. Si cela vous dérange, vous êtes libre de prendre la porte, mais pas de divulguer nos secrets. En cas de fuites d’informations … mais je vous laisse l’imaginer, vous êtes assez grands pour comprendre ce qu’il risque de vous arriver. » Il se leva et s’étira. « Madame et messieurs, la réunion est terminée. Je vais donc vous donner vos instructions. »

La plupart d’entre eux eurent un rictus, derrière lequel on devinait le mépris. En dépit de son jeune âge, Mister Zane donnait ordre sur ordre, et il valait mieux ne pas le décevoir. Cependant, plusieurs d’entre eux constatèrent qu’il était loin de ne pas connaître le métier, qu’il savait où se diriger, et personne, absolument personne, n’osait contester, surtout depuis la mort de Barn, que beaucoup ne croyaient pas être accidentelle.

- « Monsieur Midley, je vous charge des travaux de mise en place du laboratoire de reconversion. D’ici un mois, tout devra être opérationnel. Entrez en contact avec nos fournisseurs habituels, pour la fourniture des matériaux de base. Cependant, pour ce qui est des éléments entrant dans le laboratoire, tel des appareils de haute technicité ou tout composant chimique, variez nos sources d’approvisionnement. Il ne faudrait pas qu’Arachnos devine de quelle façon nous procédons. »
- « Bien, monsieur le PDG. »
- « Madame Blackbird, recrutez donc. Il nous faut du personnel compétent, et qui sache garder le silence, sous peine de quoi ils deviendront des cobayes. »
- « Compris. »
- « Monsieur Ranger, nous avons discuté longuement, la dernière fois, de cette nouvelle arme, dont je vous ai apporté quelques plans. Qu’en est-il ? »
- « Nous avons tenté de la reproduire à l’exact, mais je dois avouer mon incompétence à la refaire. »
- « Et c’est tout ce que vous avez à me dire ? » Alec Ranger eut une coulée de sueur sur son front.
- « Nous ne pouvons pas la reproduire exactement, mais nous pouvons développer, à partir de cette technologie, un nouvel équipement. Si seulement nous pouvions voir cette arme en vrai, nous comprendrions sans doute mieux … »
- « Je veux bien vous la montrer, mais je serais obligé de vous tuer, après. Continuez donc, si cela vous a donné une nouvelle piste. » Zane embrassa le reste de la salle du regard. « Quand aux autres, faites comme d’habitude. » Il eut un large sourire. « Allez, hop, tous à vos postes ! » fit-il, en les encourageant, avec force mouvements des mains, à partir.

Ils quittèrent l’un après l’autre la salle de réunion, toujours plongée dans une atmosphère volontairement sombre. Il ne resta bientôt plus que Mister Zane, dans la pièce, et Melinda.

- « Tu t’amuses bien ? » demanda celle-ci.
- « Oui et non. C’est marrant d’être ‘le’ patron. Mais cette histoire avec l’autre qui disparaît, ça me laisse perplexe, et à vrai dire, inquiet. Je ne croyais vraiment pas que … »
- « Que quoi ? »
- « Excuse-moi, mais il vaut mieux pour toi ne rien savoir. »
- « Tu vas vraiment la tuer ? »
- « Non. De toute façon, je ne suis pas sûr d’y parvenir. » Blackbird eut un sursaut, en l’entendant parler ainsi.
- « Qui pourrait te résister ? »
- « Ce n’est pas tant me résister que de parvenir à semer le doute et la distance entre nous. Si elle est ce que je pense, cette Ava, quel que soit son nom de famille, risque de nous conduire vers de gros soucis. Mais peut-être pas maintenant. »
- « Tu penses que dans l’avenir, elle pourrait créer des problèmes ? »
- « Dans l’avenir ou dans le passé. »
- « Pardon ? »

Toutes les strates atemporelles ne se ressemblent pas. Celle de l’Ouroboros, par exemple, nage dans la clarté, la brillance. Les nombreux reflets dorés concourent à cela, et même si les désirs des Horlogers ne sont pas aussi clairs et limpides que leur environnement, on y sent une certaine félicité. Cependant, la strate où se trouve Ava, en ce moment, n’a rien de propre. Dans un nuage de fumée pourpre, sans étoile d’aucune sorte, il y’a un grand immeuble, forme sombre et carré, perdue au milieu de ce passage où le temps ne s’écoule plus. Tout autour, différents objets gravitent autour de ce bâtiment principal, dont la base, détruite, laisse suggérer que la structure a été littéralement arrachée de son emplacement.

L’intérieur de l’immeuble est aussi sombre que le reste. Des lampes halogènes disséminées éclairent le couloir, laissant de longs passages obscurs entre chaque. Les portes sont, pour la plupart, ouvertes et branlantes sur les charnières. Quelques-unes ont été réparées, et c’est là que résident les gens vivant dans cet espace non conventionnel. Dans le couloir, des pas résonnent sur les parois vides. Quelqu’un traverse, à vive allure, mais sans courir, les allées. Sans frapper, cette personne passe une des portes en parfait état et entre dans une chambre où déjà quelqu’un attend. Dans la lumière de celle-ci, on peut la voir, enfin, dans sa plénitude.

C’est une femme, grande et élancée, aux longs cheveux blonds et aux yeux dorés. Elle regarde avec avidité l’occupante de la pièce, en remettant en place son uniforme blanc, légèrement froissé par cette hâte. Les bottes dorées luisent à la lueur de la lampe suspendue au plafond de la chambre. Celle-ci est d’ailleurs fort simple, peu décorée, si ce n’est par quelques photos épinglées sur un mur. Mais plus qu’à des souvenirs, cela ressemble à des informations punaisées ça et là, afin de s’introduire dans un rôle, ou se maintenir informé sur une personne.

Assise sur le lit, en face de l’arrivante, Ava a revêtu, elle aussi, un uniforme blanc et des bottes dorées. Au moment où l’autre est arrivée, elle retirait des pages de documents accrochées au mur, qui, comme les photos, semblent être là comme pour tenir la propriétaire de l’endroit informée en continu. Les cheveux pourpres sont attachés en une queue de cheval haute, transformant le physique de l’ancienne égérie du mutant Blue Howler.

- « Et bien, qui voilà ? »
- « Ce n’est que moi, Ava. »
- « Je le sais. Même si ton apparence est changée. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi il faut que ce soit notre père qui m’annonce ton retour ? »
- « Ca, c’est mon problème. »
- « As-tu obtenu les gènes de cet humain ? »
- « Bien sûr. Ca a juste pris un peu plus longtemps que prévu. »
- « Comment ? Avec les dons que l’on t’a octroyé pour cette mission, tu n’es pas parvenue à tes fins tout de suite ? »
- « J’ai rencontré plusieurs problèmes, parmi lesquels la résistance de la cible. » Elle soupira, puis se tapota le ventre. « N’empêche que j’ai réussi. Ses gènes sont bien à l’abri, là-dedans. Quand a lieu le débriefing ? »
- « Il commencera demain, sitôt que Julia sera elle aussi de retour. »
- « Et ensuite ? »
- « Dès les naissances, les Voleurs de Temps pourront entrer en action. »

Note de l’auteur : à voir, ça pourrait être le départ d’une belle histoire. Ceci marque la fin d’Ava et de Quakestrike.

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